‹ Hygiène des pays chaudsChapitre 24 sur 49 · SAINTE-ROSE · texte numérisé non relu

SAINTE-ROSE

C’est M. le docteur Diavet qui, dans cette épidémie, a donné des soins aux malades de Sainte-Rose. Ses observations sur ce fléau ne sauraient être passées sous silence; elles sont de nature à éclairer de nouveau l’opinion sur le véritable caractère de la maladie à son début dans la commune l.

1. Nous avons vu quel a été le grand caractère de la maladie à son début, partout l’importation, la transmission, la contagion. Quand les passions s’en mêleront, il arrivera longtemps encore que les hommes auront des yeux pour ne pas voir.

« La dernière fois que je vous ai rencontré à la Pointe-à-Pitre écrivait M. Diavet au docteur Granger , je croyais que nous avions ' i a Sainte-Rose le choiera de l Inde. Mais je n’ai pas tardé à revenir de cette opinion. Je ne sais même pas comment j’ai pu commettre une pareille erreur. Cela tient sans doute à ce que les premiers cas que j’ai observés avaient tous présenté des crampes , de la cyanose , une émaciation très-prononcée, mais j’aurais dû tenir compte de la violence, toujours très-grande, qu’acquièrent tous les symptômes d’une maladie qui passe à l'état épidémique, et des complications qui s’y ajoutent.

» Pla :é en face d'observations plus nombreuses , j’ai constaté la rareté des crampes , la variété de la cyanose, l’émaciation peu marquée, la )nort si douce, V existence des points névralgiques que je ne me rappelle pas avoir vus dans le choléra , la chaleur du front, persistant jusqu’au dernier moment, enfin l’absence de ce masque cholérique si caractéristique.

® Quant aux observations de fièvres paludéennes cholériformes que j’ai faites de 1856 à 1864, l’un de mes prédécesseurs,

M. Montmédant, qui en 1832 avait vu le choléra à Paris, a cru plusieurs fois en avoir reconnu des cas dans la commune, il a même pressé les inhumations afin d'éviter la contagion.

b C’était évidemment à la fièvre algide cholériforme qui existe aujourd'hui, qu'il avait affaire et que , lui aussi , avait prise pour le fléau indien. » (Extrait d’une lettre du 18 février 1866. J

L’opinion toute personnelle exprimée dans cette note par un honorable médecin n’est point à discuter; mais on comprend qu’en un sujet si grave, il faut plus que de simples assertions pour faire accepter une manière de voir si peu justifiée par les bonnes observations de fièvres pernicieuses que possède la science : où et quand a-t-on vu des fièvres pernicieuses à la fois épidémiques, migratoires et contagieuses qui ressemblent au choléra comme deux gouttes d’eau et ne ressemblent à aucune autre fièvre? Le nom de fièvre pernicieuse devrait être à jamais banni delà science pour le mal qu’il a fait. Les maladies qu’on a appelées et qu’on appelle encore de ce nom, n’ont souvent rien de commun entre elles et ne constituent réellement pas un groupe pathologique naturel, comme j’ai essayé de le prouver à propos du diagnostic différentiel entre les fièvres pernicieuses et le choléra.

Page 1