LES SAINTES
Population, 1435. Décès, 174. Prop. p. cent, 12,1254.
LosSanctos de Christophe Colomb, qui les découvrit en 1493, groupe d’îlots volcaniques situé au S. de la Guadeloupe et à quatre ou cinq lieues de la Basse-Terre. Les deux principaux, dits Terre de haut ou du vent et Terre de bas ou de sous le vent, sont seuls habités.
Ces îles possédaient autrefois de puissantes fortifications qui les firent nommer le Gibraltar des Antilles. Ces fortifications ont été réeemment restaurées, sous le gouvernement du général Frébault.
Passées sous la domination anglaise en 1794, les Saintes échappèrent ainsi aux fureurs révolutionnaires de Victor Hugues, qui couvrirent la Guadeloupe de sang. Ce même Victor Hugues fut plus tard envoyé à la Guyane française pour y rétablir l’esclavage ! Voilà les hommes qu’il faut à la politique. Honneur à elle.
L’épidémie a commencé le 24 novembre par un marin, d’autres ont dit un ouvrier terrassier, qui venait de la Guadeloupe et qui a succombé en quelques heures de maladie. Les premiers cas qui ont suivi celui-là se sont déclarés dans des cases voisines de celle où était logé le malade.
Il a été question de nuages cholériques, à propos de l’apparition du choléra aux Saintes, et, sous la préoccupation de cette théorie, les faits d’origine paraissent avoir été un peu négligés. Le 5 décembre il y avait au moins douze décès, écrivait le maire de la commune, mais on n’en comptait à cette époque qu’un seul ayant les caractères de l’épidémie et l’on attribuait les autres « à des cholérines mal soignées ou compliquées d’accès putrides. » Voilà à quelles difficultés vient quelquefois se heurter l’appréciation des faits médicaux.
La population de ces îles, composée en grande partie de pêcheurs, est en général très-pauvre. Elle a souffert doublement,
car en même temps que l’épidémie la décimait, la suspension devenue nécessaire de la pêche, — parce que tous les pêcheurs mouraient, — la privait de sa principale nourriture et de son principal objet d’échange. Le maire lui-même reconnaît et constate qu’une des causes qui ont le plus contribué à aggraver l’épidémie, c’est l’insuffisance de nourriture. M. le docteur Poumeau, médecin de la marine en retraite, qui habite les Saintes, a consacré tout son temps au soin des malades à la terre du haut. Il est regrettable que cet honorable confrère ait paru pencher à priori vers des idées de transmission de l’épidémie par la voie des impondérables; cette tendance de son esprit nous a probablement privés de renseignements plus complets que ceux qu’il a été possible d’avoir sur les faits relatifs à l’origine de l’épidémie dans ces îles. M. Buisson, médecin de la marine, envoyé à la terre du bas pendant l’épidémie, y a aussi déployé beaucoup de zèle.