RÉSUMÉ DES FAITS, CONSÉQUENCES THÉORIQUES QUI EN DÉCOULENT
J’ai étudié l’origine de l’épidémie dans toutes les îles et dans toutes les communes de la Guadeloupe; j’ai fait voir qu’elle a commencé par importation, démontrée partout où l’on n’a pas négligé de constater la provenance des premiers cas, et qu’un autre mode d'origine n’a été constaté nulle part.
Chaque île, chaque commune a eu son épidémie particulière, composée d’une multitude de petites épidémies partielles, développées dans chaque hameau, chaque maison. Les malades et leurs émanations transmises par l’air atmosphérique ont formé le lien de toutes ces épidémies et de tous ces foyers. Chaque malade est ainsi devenu un foyer d’irradiation qui a allumé d’autres foyers, dans les limites de sa sphère d’activité, tant qu’il s’y est trouvé des individus doués de l’aptitude morbide.
La transmission du choléra par l’intermédiaire de l’air a toujours paru se faire à de très-petites distances ; c’est auprès des malades ou des objets contaminés que se sont constamment déclarés les nouveaux cas.
Les nuages cholériques transportant la maladie à de grandes distances sont une hypothèse sans fondement. Autant dirai-je de l’influence des impondérables et de l’épidémicité occulte des non-contagionnistes.
L’épidémicité ainsi entendue est un mot vide de sens quand il s’agit du choléra.
L’atmosphère épidémique ne fait des malades que quand les malades ont formé une atmosphère épidémique, elle est un effet consécutif à l’apparition de la maladie, non la cause de cette apparition. L’inlluence épidémique, l’épidémicité ne doit s’entendre que de l’action engendrée et entretenue par la pré-
sence des malades et par celle des objets qui renferment le germe de la maladie.
La distinction chère aux non-contagionnistes entre le choléra des masses encombrées qui transmettraient seules la maladie, et les cas isolés de choléra qui ne la transmettraient pas, tombe devant tous les faits d’importation dont la Guadeloupe a été le théâtre. Ce ne sont pas des navires encombrés de malades qui ont introduit le choléra à la Pointe-à-Pître, à Marie-Galante, aux Saintes, à la Désirade ; c’est par des cas isolés qu’il a pénétré partout. Il n’y a d’autres différences entre les agglomérations de malades et les malades isolés, si ce n’est que les premières forment des foyers plus puissants que les seconds.