U HYGIÈNE DES PROFESSIONS
culeuse et la phthisie caséeuse. Mais cela fait, nous nous trouvons en présence de résultats statistiques qui démontrent de la manière la plus évidente la supériorité du nombre de phthisiques dans les classes ouvrières.
Hannover, à qui l'on doit des recherches spéciales à ce sujet (Mal. des artisans d'après les relevés des hôpitaux civils de Copenhague, in Ann. dliyg., 1862, 2* série, t. XVII, p. 294), a trouvé à Copenhague que sur 1000 malades fournis par les artisans il y a près de 100 phtisiques; tandis que chez les non-artisans il n'y a plus que 59 phthisiques pour 1000 malades.
LXV. — Il est un fait qui ressort encore de toutes les recherches entreprises par les auteurs pour connaître l'influence des professions sur le développement de la phthisie pulmonaire : c'est que l'influence propre des conditions professionnelles peut être considérée comme secondaire, en présence de celle plus généralement funeste de la misère et de l'inconduite.
C'est là un point de philosophie sociale sur lequel nous ne voulons point nous arrêter. On comprendra toutefois combien, à côté de l'hygiène préservatrice véritablement professionnelle, c'est-à-dire industrielle et physique que nous traiterons bientôt, devront marcher de pair les mesures préventives d'hygiène morale.
LXVI. — Un autre résultat de l'action nocive des poussières , c'est l'irritation qu'elles provoquent sur les parties du corps où elles se déposent et séjournent. — Comment agissent ces poussières? — Nous avons déjà vu que quelques-unes, en se dissolvant dans l'enduit sébacé qui recouvre la peauj pénètrent dans l'organisme par les voies d'absorption périphériques et donnent lieu, suivant leur nature, à des symptômes généraux plus ou moins caractéristiques. Ce sont toutes les poussières salines. D'autres
poussières, inertes par elles-mêmes, se mêlent à la sueur souvent abondante pendant le travail professionnel, forment de petits amas qui obstruent les orifices des conduits excréteurs des glandes cutanées, et provoquent de petits foyers d'inflammation circonscrite, quelquefois des furoncles et des abcès (abcès tubéreux de l'aisselle , abcès glandulo-ciliaires). Dans d'autres circonstances, et cela arrive généralement avec les poussières végétales, de toutes petites aiguilles fibreuses s'introduisent sous la couche superficielle de la peau et donnent lieu à des démangeaisons très-vives (broyeurs de tan et d'écorces pharmaceutiques, peigneurs de chanvre, etc.).
Quoi qu'il en soit, la blépharite ciliaire et les éruptions lichénoïdes sont les affections que l'on rencontre le plus communément. Mais ici encore les mauvaises conditions hygiéniques, l'habitation dans une chambre petite, mal aérée, l'absence de soins de propreté individuelle, et surtout la nature de la poussière, ont une influence incontestable sur le développement de ces affections.
LXVÏÏ. — Le lichen professionnel a pour siège ordinaire les parties découvertes : face, cou, avant-bras, mains; il est caractérisé par une éruption de papules plus ou moins volumineuses, éparses ou confluentes, sans disposition régulière, souvent excoriées, d'une teinte rouge, accompagnée le plus souvent d'un prurit modéré habituellement et quelquefois très-vif; d'autres fois encore il y a une sensation de cuisson et de chaleur. Cette affection, en général d'une durée proportionnée à la persistance delà cause, est sans retentissement sous la peau. On la rencontre communément chez les épiciers, les fabricants de produits chimiques, les boulangers, les criniers, les ouvriers des filatures, les batteurs en grange, les ouvriers en tabac, les corroyeurs, etc.