‹ Hygiène des professions et des industriesChapitre 17 sur 49 · ALLUMETTES PHOSPHORIQUES · texte numérisé non relu

ALLUMETTES PHOSPHORIQUES

vement professionnel. On trouve encore comme maladies externes en dehors dès lésions oculaires : affections cutanées et furoncles, 11 pour 100 ; abcès, phlegmons des membres supérieurs et panaris, 8 pour 100; ulcères et varices aux membres inférieurs, 4 pour 100. Comme maladies internes, après la phthisie et la bronchite, viennent par ordre de fréquence : embarras gastriques et fièvre muqueuse, 9 pour 100; affections gastro-intestinales, 7 pour 100; rhumatismes et lumbago, 8 pour 100.

A. Tardieu, Dict. d'hyg. publ. et de salubrité, 2e édit., art. Tourneurs,

1864. Maisonneuve, Hygiène et Pathologie professionnelles des

ouvriers des arsenaux maritimes (Arch. de méd. navale, t. VII, 1867). — A. S. Layet, Hygiène et Pathologie professionnelles des ouvriers de l'arsenal maritime de Toulon, article Atelier de l'ajustage (Arch. de méd. nav., t. XX, 1873).

JSXEUMETTES PHOSPHORIQUES (OUVRIERS QUI FA- BRIQUENT les). — La fabrication des allumettes phosphoriques comprend diverses opérations, qui sont : 1° la préparation du mastic inflammable ; 2° la mise en presse et le trempage des allumettes ; 3° le dépôt à l'étuve ou séchoir; 4° le démontage des presses et la mise en boîtes ou en paquets.

Les deux causes principales des accidents qui atteignent les ouvriers dans l'exercice de leur profession sont la déflagration des mastics inflammables et l'absorption des vapeurs phosphorées. C'est surtout dans la préparation et le broiement du mastic qui doit être employé à froid que les explosions ont lieu avec la plus grande facilité, et occasionnent des brûlures graves et même des incendies. — En effet, la pâte inflammable se faisait autrefois et se fait trop souvent encore aujourd'hui à l'aide d'un mélange de chlorate de potasse et de phosphore; on ajoute un corp

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pulvérulent (verre pilé ou tan) qui divise le phosphore ; et une matière colorante (minium ou bleu de prusse) ; la pâte, qui doit être employée à chaud, est simplement formée de phosphore, de colle et de verre pilé ; mais si elle n'expose plus aux déflagrations, elle donne lieu à des vapeurs phosphorées plus abondantes que le mélange à froid. Les brûlures causées par le phosphore qui fond en brûlant, sont, en général, graves, parce que le phosphore laisse dans la plaie un acide très-corrosif, l'acide phosphorique, qui est le résultat d'une combustion vive. On a conseillé de laver les parties brûlées avec de l'éther ou du sulfure de carbone. Ralier a indiqué l'emploi de l'huile dans de semblables brûlures, parce que l'huile se combine, dit-il, avec le phosphore. Suivant Legouest, l'explication n'est pas exacte; les bons effets de l'huile, qui dissout à peine le phosphore, sont dus, dans ce cas, à ce qu'elle forme une couche imperméable à l'air et empêche ainsi le phosphore de passer à l'état d'acide phosphorique.

Le trempage des allumettes consiste dans l'application du mastic sur de grandes quantités d'allumettes serrées h la fois dans des cadres ou presses spéciales. Cette opération expose beaucoup moins aux déflagrations ; mais à la condition de se servir de cuvettes de cuivre à fond plat de 1 à 2 centimètres de profondeur dans lesquelles on place le mastic, à la surface duquel on applique, sans appuyer les extrémités soufrées ou non, des tiges de bois qui forment les allumettes. En revanche, cette opération, en même temps que le dépôt des allumettes dans l'étuve ou le séchoir et le démontage des presses, expose particulièrement à l'action délétère des émanations phosphorées.

Il est une manœuvre étrangère au maniement du phosphore, mais qui n'en offre pas moins des inconvénients sérieux. Les bois qui doivent servir à faire des allumettes,

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