‹ Hygiène des professions et des industriesChapitre 22 sur 49 · BR0SS1ERS, CRINIERS · texte numérisé non relu

BR0SS1ERS, CRINIERS

doigts et amène quelquefois de la contracture du médius et de l'annulaire.

D'autres fois, pour faciliter la prise des ciseaux sur les soies fines, on les saupoudre avec du plâtre.

Ces diverses opérations donnent lieu à la production d'une quantité considérable de poussières et de débris très-déliés de soies qui se mêlent à l'air que respire l'ouvrier, s'attachent à la peau du visage, au pourtour des paupières, s'introduisent dans les cheveux et la barbe, et pénètrent dans les fosses nasales. Ces poussières, ainsi composées de débris d'épithélium, de sang desséché, de boue, de plâtre, parfois de chaux, déterminent des irritations vives des bronches, du pharynx, des fosses nasales et des bords libres des paupières en même temps que des éruptions cutanées. Tardieu a signalé, en outre, l'emploi d'un apprêt plombique qui servirait à la préparation des soies de porc et qui détermine des accidents saturnins (mélange de litharge et de chaux).

Parmi toutes les affections auxquelles les brossiers sont prédisposés, il en est une qui, en raison de sa fréquence, a attiré plus particulièrement l'attention des hygiénistes : c'est la phthisie pulmonaire. Ludw. Hirt (de Breslau) donne le chiffre très-élevé de 49 phthisiques sur 100 brossiers malades. L'absorption des poussières par les voies respiratoires ne doit pas être regardée comme la cause unique de la maladie ; l'attitude des ouvriers, les habitudes d'une vie sédentaire, l'absence d'une hygiène privée convenable et, suivant Vernois, les refroidissements brusques auxquels ils s'exposent en dirigeant sur leur table de travail des courants de ventilation, sont tout autant de causes prédisposantes.

L'usage de vêtements appropriés, l'emploi d'un masque à grillage métallique, les soins de propreté générale et

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locale, une ventilation bien entendue seront d'excellents moyens de préservation. Le meilleur, toutefois, consistera à éloigner de la profession tout ceux qui ont de la prédisposition à la phthisie.

Nous retrouvons chez les criniers, qui apprêtent le crin, qui le battent, le lavent et le peignent, tous les inconvénients signalés clans la préparation des soies (poussières et buées incommodes qui se dégagent des chaudières). — Ibrelisle, qui a observé, dans les maisons de détention, chez ceux qui manipulent, le crin, a constaté la fréquence des éruptions furonculeuses et des anthrax. L'habitude d'enrouler le crin autour de la main droite déterminerait, suivant Tardieu, chez les peigneurs de crin, un gonflement et une rougeur assez vive, limitée à la face dorsale de la main, au niveau du quatrième et du cinquième métacarpien. Mais le déballage et le battage surtout des crins de mauvaise qualité, provenant d'animaux morts de maladies contagieuses, doivent être particulièrement redoutés, parce qu'ils exposent à la pustule maligne. Dans le rapport du conseil de salubrité publique en 1817, il est même parlé d'un cas de morve contractée en pareilles circonstances. On comprend quelles précautions il faudra prendre clans la manipulation des ballots de crin, qui ne seront ouverts qu'au grand air, et combien les ouvriers ne devront négliger aucun soin de propreté générale et individuelle.

Ibrelisle, Sur les accidents qui peuvent résulter de la manipulation des crins (Compte rendu des travaux de la Société de médecine de Metz, 1844, in-8°, p. 48, reproduit in Ann. d'hyg. publ., 1845, t. XXXIII). — Max. Vernois, Note sur la préparation des soies de porc et de sanglier, et sur les ateliers de brosserie (Ann. d'hyg. publ., 1861, t. XVI, p. 289). — Ludw. Hirt, Die Krankheiten der Arbeiter, Breslau und Leipzig 1873, analysé par Schwartz, in Ann. d'hyg. publ., 1874.

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