CHAUDRONNIERS, TOL1ERS-R1VEURS
rillons forcés, phlegmons de la main, rétraction des tendons fléchisseurs, notamment de l'annulaire et du petit doigt. Suivant Chevallier, crépitation douloureuse des tendons extenseurs, mais surtout rétraction palmaire et contracture consécutive. (Voy. Cloutiers.)
Les ouvriers qui travaillent les feuilles de tôle, ceux employés dans nos arsenaux maritimes aux bâtiments en fer, et particulièrement les riveurs, sont exposés à des lésions traumatiques des yeux par les éclats du métal qu'ils travaillent; de là des kératites graves, des perforations de la cornée, des inflammations violentes de l'œil entraînant la fonte purulente de l'organe. Ce funeste résultat est malheureusement assez commun.
On ne saurait donc trop recommander l'usage de lunettes grillées préservatrices.
Les plaies contuses aux doigts et à la main sont excessivement fréquentes chez cette catégorie d'ouvriers. Elles présentent presque toujours un état de dilacération et de mâchure des tissus qui les rend si difficiles à guérir, et expose à des suppurations étendues de la main et même de l'avant-bras et du bras.
Il est des accidents, avons-nous dit, qui dépendent de la nature même du métal employé. C'est ainsi que les chaudronniers en cuivre sont exposés à l'action nocive des vapeurs cupriques qui se dégagent pendant la soudure des objets.
Le nettoyage et la réparation des vieux cuivres (casseroles, chaudrons, etc.) sont particulièrement dangereux quand on opère en frappant avec un marteau afin de détacher la couche de sel de cuivre plus ou moins épaisse qui les recouvre. Il se dégage une poussière toxique qui, absorbée, agit à la fois sur les poumons et sur les voies digestives.
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Lorsqu'on procède par flambage ou par l'action du feu, comme dans le brasage des vieux tuyaux, les ouvriers sont exposés à une fumée chargée de poussières acres, d'oxyde et de carbonate de cuivre. — Il peut en résulter des effets dyspnéiques très-prononcés, tels qu'oppression, nausées, angoisse thoracique, etc., et tous les symptômes de l'empoisonnement professionnel que nous trouverons décrits à l'article Cuivre.
En dehors de ces maladies intrinsèques, les ouvriers, chaudronniers présentent encore assez fréquemment des panaris, des furoncles, des éruptions cutanées diverses, et une certaine dureté de l'ouïe pouvant aller, dans les grands ateliers de chaudronnerie, par suite de la succession répétée des coups de marteau sur des feuilles de tôle, jusqu'à la surdité complète. D'autrefois, il y a des perversions du sens de l'ouïe assez curieuses à noter : ainsi, par exemple, quelques ouvriers ont perdu la faculté d'entendre les sons élevés ; chez d'autres, c'est la perte subite de la perception des sons graves que l'on observe. Chez un vieux contre-maître d'atelier j'ai rencontré cette singulière observation, qu'on ne parvenait à se faire entendre de lui qu'au milieu du plus fort tapage. Dans toute autre circonstance, il se plaignait de bourdonnements continuels d'oreille. Ce sont là sans doute des symptômes morbides dus à des lésions matérielles des extrémités du nerf acoustique par ébranlement des membranes auditives. Pour éviter cet ébranlement, on fera bien de faire usage de coton dans les oreilles, en se gardant toutefois de trop le tasser.
"Voir Hygiène préservatrice des ouvriers qui travaillent le cuivre. — A. Layet, Hygiène et pathologie des ouvriers de l'arsenal maritime de Toulon, article Atelier de la grosse chaudronnerie (Arch. de méd. nav., 1873, t. XX, p. 29).
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CHEMINS DE FER (EMPLOYÉS DES). — NOUS trouvons
parmi les employés des chemins de fer : les agents et ouvriers des gares, les chefs de train et conducteurs, les mécaniciens et chauffeurs, et les ouvriers employés au matériel de la traction, dans lesquels nous rencontrons à peu près toutes les professions. Mais c'est seulement des agents et employés sur la voie que nous devons nous occuper ici. Leur pathologie professionnelle nous offre à considérer les maladies auxquelles le genre de vie et de travail de ces divers agents les expose plus particulièrement, et les nombreuses affections chirurgicales qui sont la suite des accidents si communs sur les chemins de fer.
On comprend combien ici les vicissitudes atmosphériques, la fatigue, l'exposition, les efforts professionnels doivent peser dans la balance étiologique. C'est ainsi que les maladies des organes respiratoires et digestifs, le lumbago et les rhumatismes, les varices et les hernies, s'observent particulièrement chez les agents et les ouvriers des gares (Devilliers); les maladies des yeux, chez les conducteurs et les chefs de train; le varicocèle, les abcès, les ophthalmies, les névralgies sciatiques, chez les mécaniciens et chauffeurs.
Existe-t-il quelque maladie spéciale à la profession? On peut tout d'abord reconnaître un certain caractère de spécialité professionnelle au varicocèle, qui, par sa très-grande fréquence, mérite une mention particulière. Il est provoqué par les secousses que la trépidation imprime aux éléments du cordon chez les mécaniciens et chauffeurs, obligés de se tenir debout. Il n'en est pas un qui ne reconnaisse bientôt la nécessité de porter un suspensoir. — Duchesne a décrit un ensemble de symptômes particuliers dont fl a voulu faire une maladie professionnelle spéciale. — Mais la plupart des auteurs se sont élevés contre
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lui et ont traité sa description de purement imaginaire. — Nous pensons qu'on est allé trop loin, et que le seul tort de Duchesne, qu'on ne saurait en pareille circonstance accuser d'invention, est d'avoir voulu trop généraliser et rendre commune une affection qui existe réellement chez quelques-uns. Nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici les conclusions de cet auteur :
« En général, après une ou deux années de service sur les locomotives, les mécaniciens, les chauffeurs, choisis d'ailleurs parmi les plus robustes des ateliers, deviennent plus forts; ils résistent mieux aux vicissitudes atmosphériques et jouissent d'une excellente santé. Beaucoup d'entre eux, surtout parmi les mécaniciens, prennent un embonpoint considérable. » — Tous les médecins de chemin de fer sont unanimes pour admettre cette première conclusion. — Il n'en est plus de même de la suivante : « En général, mécaniciens et chauffeurs sont fatigués après dix ans, souffrants après quinze ans, et peu capables après vingt ans de faire un service actif sur les machines. Cette mauvaise influence du service sur les locomotives se traduit par une diminution notable de la vue, par la perte plus ou moins complète de l'ouïe, par des douleurs rhumatismales surtout à droite, et enfin par des douleurs sourdes, continues, persistantes, accompagnées d'un sentiment de faiblesse et d'engourdissement; elles rendent la marche et la station debout très-pénibles, et finissent quelquefois par empêcher tout service sur les locomotives. — Ces douleurs se font sentir dans la continuité des os et dans les articulations des membres inférieurs seulement, à droite et à gauche indistinctement. — Elles dépendent probablement d'une affection de la moelle épinière, qui a pour cause la station debout prolongée et la trépidation incessante des locomotives. »
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La congestion pulmonaire est fréquente chez les employés dont nous parlons. Suivant de Martinet, elle serait, dans certaines circonstances, le résultat d'une véritable paralysie de la respiration, occasionnée par l'action vive et subite d'un violent courant d'air froid qui, sous l'influence de la vitesse du train, vient les frapper au visage.
Il faut rapporter à cette même cause les troubles plus ou moins prononcés de la vue qui surviennent par suite de l'impression anomale que subissent, dans ce cas, les branches du nerf trijumeau qui se distribuent à la face, et qui est transmise par action réflexe à la membrane sensible de l'œil. — Les autres maladies des yeux sont des conjonctivites, des inflammations des paupières et des brûlures. — Les bruits de la machine et les déchirements du sifflet finissent par entraîner, chez les conducteurs de train et les mécaniciens, une dureté très-marquée de l'ouïe pouvant avoir de fâcheuses conséquences pour la responsabilité de leur service (E. Duchesne). Abordons maintenant l'étude des accidents de chemin de fer.
D'une manière générale, on peut diviser ces accidents en accidents de manœuvre et en accidents de marche.
Les premiers arrivent pendant la manœuvre ou le travail et atteignent plus particulièrement les hommes d'équipe, les employés des gares et les aiguilleurs. — Le docteur Zandyck (de Dunkerque) a principalement insisté sur les mutilations produites par les engrenages de la grue dont se servent souvent les chargeurs. — Les chauffeurs et les mécaniciens sont exposés à leur tour, soit par le mauvais état d'une machine, soit par toute autre circonstance fortuite, à des fuites de vapeur qui leur font des brûlures étendues et singulièrement dangereuses (brûlures du pharynx, du larynx).
Les accidents de marche atteignent plus spécialement
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les employés des compagnies que leur service attache aux trains en marche : les mécaniciens, les chauffeurs, les graisseurs, les conducteurs de trains, d'une part; et de l'autre les ouvriers qui travaillent aux terrassements, à la pose ou à la réparation des rails ; les aiguilleurs, les cantonniers qui séjournent sur la voie, etc.
Les chiffres suivants rendront un compte exact de la fréquence, du nombre et de la nature des accidents auxquels les agents des compagnies de chemins de fer sont exposés. — De 1835 à 1854, sur un total général de 1700 personnes atteintes, tuées ou blessées dans les gares, aux stations, sur la ligne, on trouve un nombre d'agents des compagnies tués ou blessés dans les proportions de 62 p. 100. — La liste qui suit énumère les causes des accidents, et suffit pour permettre de se faire une idée de leur fréquence.