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PAPETIERS

écrire, de papiers de tenture, que les choses se passent ainsi; dans les fabriques de papier d'impression, l'opération est toujours conduite avec une prudence exemplaire.

Dans l'atelier de fermentation de la collé, les ouvrières sont assez souvent atteintes de céphalalgie et de troubles des sens, dus au gaz acide carbonique qui se dégage en grande quantité. — Il est une fabrication récente, celle du papier à la paille, qui donne naissance à une corruption particulière des eaux de lessivage due à l'action de la soude sur la paille. Les émanations qui s'en exhalent sont des plus incommodes. A la papeterie d'Essonne, près Corbeil, MM. Darblay et Béranger ont réussi à obtenir l'évaporation complète de ces eaux et ont résolu le problème d'une manière satisfaisante.

Les blépharites chroniques, les angines et le catarrhe des bronches sont des affections fréquentes chez les ouvriers et ouvrières employés dans les fabriques de papier. Les maladies cutanées sont communes ; les éruptions furonculeuses doivent être signalées entre toutes. Peut-être sont-elles dues au mauvais état des voies digestives que l'on observe assez souvent chez eux.

Le travail des formes donne lieu, chez quelques-uns, à une certaine macération de l'épiderme des mains et à des crevasses analogues aux grenouilles des débardeurs. L'emploi de la machine Robert mettra à l'abri de pareils inconvénients. — D'après Max. Vernois, chez les plieuses et les brocheuses, le frottement répété de la peau des doigts à la surface du papier amène, à la longue, une certaine hyperesthésie de ces parties, avec congestion papillaire du derme.

Nous devons citer encore les accidents qui peuvent survenir pendant le fonctionnement des diverses machines en usage, les découpeuses, les effileuses, les raffineuses, etc. ;

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mais surtout les brûlures graves, conséquences de l'explosion des cuves destinées au lessivage des chiffons et à la macération de la paille dans une solution alcaline chaude. Ces explosions, malheureusement, ne sont que trop fréquentes dans les papeteries.

Hygiène. — Les principales mesures d'hygiène industrielle préservatrice consisteront à prévenir l'action fâcheuse des poussières, par l'emploi de ventilateurs spéciaux adaptés aux blutoirs et aux découpeuses mécaniques; à faciliter l'écoulement des eaux par le dallage des ateliers, et à favoriser l'échappement au dehors des vapeurs nuisibles, par la bonne disposition des cuves et des bassins au-dessous de hottes et de cheminées aspiratrices. Dans la grande papeterie de M. Godin à Huy (Belgique), où Ton blanchit au chlore gazeux les chiffons les plus grossiers, on fait arriver le gaz dans des caisses en grès parfaitement mastiquées, qui peuvent être mises en communication avec une cheminée centrale d'une dizaine de mètres de hauteur environ. On établit ainsi une vive aspiration avant l'ouverture ef le déchargement des caisses (Ch. de Freycinet).

Max. Vernois, De la main fies ouvriers et des artisans au point de vue de l'hygiène et de la médecine légale (Annales d'hygiène, 1862, 2e série, t. XVII). — Ch. de Freycinet, Rapport sur l'assainissement industriel et municipal dans la Belgique, Paris, 1865, p. 10; et Traité d'assainissement industriel, Paris, 1870, p. 147.

papiers peints (ouvriers en). — Les' ouvriers en papiers peints se divisent en broyeurs ou délayeurs, fonceurs, tireurs, imprimeurs, satineurs et découpeurs.

La première opération consiste à préparer le mélange de la couleur. L'ouvrier qui en est chargé broie, délaye la

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couleur dans de l'eau additionnée de colle et de talc, et remue le tout avec la main, de manière à obtenir une pâte homogène. — Les fonceurs sont ceux qui appliquent la première couche au moyen d'une brosse ronde, à l'aide de laquelle on étale la couleur détrempée sur les fenilles de papier. L'ouvrier tireur égalise, avec -des brosses du même genre, la couleur ainsi étalée, et suspend le rouleau de papier tiré et égalisé sur l'étendage. L'ouvrier imprimeur est celui qui applique sur les fonds, au moyen de presses à la main, des dessins qui se détachent de ces fonds. Lorsque les rouleaux sont bien secs, on les porte au salineur, qui, au moyen d'une brosse très-dure, frotte ce papier jusqu'à ce que la surface soit devenue brillante. Le découpeur procède à la dernière opération en réduisant les feuilles imprimées à la forme voulue.

Toutes ces opérations, préparation de la couleur, foncage du papier, étendage, satinage, impression et découpage, mettent plus ou moins les ouvriers en contact avec le mélange colorant. L'énumération des couleurs employées va nous faire comprendre à quels dangers ces ouvriers sont ainsi exposés.

Les papiers que l'on fabrique en plus grand nombre sont les papiers à fond blanc et à fond vert; — or, le plus souvent, le fond blanc est obtenu avec le blanc de plomb ou céruse, et le fond vert, avec le vert arsenical de Schweinfurt. Les couleurs rouges employées sont la laque et le carmin; mais on y ajoute souvent de Yarsenic pour leur donner plus d'éclat et de durée; d'autres fois encore on se sert du rouge arsenical (arséniate d'alumine), mais surtout du minium ou sesquioxyde de plomb. — Quant aux couleurs jaunes, elles sont presque toutes formées par des sels de plomb : chromate, oxyde, oxychlorure, iodure.

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Les accidents résultant de l'action des sels de plomb et d arsenic sur l'organisme, telles sont donc les affections professionnelles qu'il nous faut signaler en premier lieu. — De toutes les opérations, celle qui expose le plus les ouvriers en papiers peints, c'est le satinage des rouleaux alors qu'ils sont bien secs. Il se détache, pendant ce travail, par le frottement de la brosse, une infinité de particules très- fines de matière colorante qui peuvent être respirées par l'ouvrier, ou qui, se trouvant en contact avec la peau de la face, les orifices des voies nasales et buccales, agissent directement et donnent lieu à des lésions spéciales. (Yoy. Plomb.)

Pietra-Santa, qui a observé, chez les fabricants d'abatjour verts, reconnaît qu'il existe chez eux une affection professionnelle caractérisée par la manifestation de vésicules, pustules, plaques muqueuses et ulcérations, situées sur les parties exposées au contact immédiat de la pâte colorante. Ces accidents, suivant cet auteur, ne présenteraient le plus souvent aucune gravité. Us seraient purement locaux, sans troubles des systèmes circulatoire et assimilatif, sans retentissement sur l'organisme en un mot ! (Yoy. Arsenic.) Leur fréquence est en rapport direct avec le défaut de propreté et la négligence des ouvriers eux-mêmes.

Il est une opération plus particulièrement dangereuse, c'est le veloutage des papiers peints. Les surfaces sont enduites d'une colle d'empois ou de gomme et saupoudrées avec du drap réduit en poudre fine et coloré par les verts arsenicaux, les rouges d'alumine (arséniate) ou le minium, etc. Ce tamisage, on le comprend facilement, donne lieu à un développement de poussières extrêmement nuisibles.

Voici quelles devront être les mesures d'hygiène pré-

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servatrice : Ablutions fréquentes de la figure et des mains, surtout avant les repas; bain général deux fois au moins par semaine; division du travail de manière que chaque ouvrier ne fasse que pendant un certain temps une opération donnée; repos de temps à autre; usage de gants et de vêtements de travail; emploi d'un masque préservateur pendant le veloutage et le satinage; usage d'une brosse surmontée d'un manche de bois élevé. Mais, une fois les lésions confirmées, elles seront utilement et promptement combattues par un traitement approprié : lotions d'eau salée sur les parties que l'on saupoudre immédiatement de calomel à la vapeur. (Voy. Fleuristes.)

L'emploi des couleurs arsenicales, avons-nous dit, donne le plus souvent lieu à des accidents cutanés plutôt qu'à des symptômes généraux d'intoxication. Il n'en est plus de même des mélanges colorants à base de plomb. La colique saturnine est une affection que l'on rencontre très-fréquemment chez les ouvriers en papiers peints. Mérat, Tanquerel-Desplanches, Grisolle, dans leurs ouvrages spéciaux, mettent ces derniers à côté des broyeurs de couleur de profession. (Voy. Plomb.)

Il est rare, toutefois, que les manifestations pathologiques prennent un caractère plus grave, si ce n'est chez les fabricants de cartes dites de porcelaine, préparées au blanc de plomb, où les phénomènes de paralysie sont assez souvent observés. Cette fabrication comprend la même succession d'opérations dangereuses, fonçage et satinage, etc. Souvent on polit au laminoir, et pendant tout le travail, l'ouvrier est penché sur son établi, absorbant la poussière plombique qui se dégage. On retrouve chez les cartiers les effets de la pression du brunissoir dans la paume de la main : callosités et ampoules au niveau des plis métacarpo-phalangiens. On peut de plus

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constater la présence d'un durillon ou d'une bourse séreuse ta l'avant-bras droit sur le bord cubital.

Gallard a signalé chez les ouvrières employées à. la fabrication de l'enveloppe des cahiers de papier ta cigarettes, des accidents semblables ta ceux que nous venons de passer en revue, et causés par les poussières qui s'échappent des paquets de papier d'enveloppe, lesquelles contiennent en général des sels toxiques. (Yoy. Cuivre, Arsenic, Plomr.)

Quant aux ouvriers chargés de mettre en place dans les appartements les papiers peints, l'habitude de retenir le rouleau avec le coude gauche, et de lisser avec le dos de la main droite, est la cause du développement de bourses séreuses accidentelles 1° sur la partie postérieure du cubitus gauche, 2° sur la face postérieure des cinquième et deuxième métacarpiens droits. -Ces bourses séreuses sont très-susceptibles de s'enflammer.

Blandet, Mémoire sur L'empoisonnement externe produit par le vert de Schweinfurt, ou De l'éruption professionnelle des ouvriers en papiers peints (Journal de médecine de Beau, t. III, 1845). — A. Chevallier, Essai sur les maladies qui atteignent les ouvriers qui préparent le vert arsenical, et les ouvriers en papiers peints qui emploient dans la préparation de ces papiers le vert de Schweinfurt (Ann. d'hygiène publ.,lrc série, 1847, t. XXXVIII). — Pietra-Santa, Existe-t-il une affection propre aux ouvriers en papiers peints qui manient le vert de Schweinfurt ? (Ann, d'hyg-. publ., 2e série, t. X, 1858).

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