APPRÊTECRS D'ÉTOFFES EN GÉNÉRAL
L'eczéma des mains et des bras, l'irritation chronique <lu corps papillaire du derme, les gerçures {lux doigts, certaines éruptions et ulcérations spéciales sont des alTections communes à tous ceux qui apprêtent et nettoient les étoffes. Elles trouvent leur cause dans le lavage et le iïlanchiment des étoffes, dans les opérations de dégraissage et de mordançage, la préparation des bains de couleur, l'impression des dessins avec des rongeants ou des couleurs rongeantes, etc.
La simple énumération des agents chimiques employés nous donnera une idée suffisante de la variélé des inconvénients qui peuvent résulter de ces diverses opérations. C'est ainsi que, 1° comme agents de blanchiment, nous rencontrons : les acides sulfurique et sulfureux, le chlore, les chlorures de chaux et de soude, les lessives à la potasse et à la soude, etc. ; 2° comme agents de (h'^graissage, les mêmes, plus Tammoniaiiue, le fiel de bœuf, certaines huiles volatiles (térébenthine, benzine), les alcools ordinaire et composés, et les terres grasses absorbantes, elc. ; 3° comme agents de dissolution, mordants et rongeants, les acides nitrique, hydrochlorique, acétique, oxalique, chromique et picrique, etc. , les nitrates d'alumine, de cuivre «t de plomb, l'alun, les bioxalale, chromate, bichromate et prussiate de potasse, les chromate et acétate de plomb, Tarséniate et i'arsénite de potasse, les chlorures d'étain, etc.
Ainsi donc, absorption de vapeurs irritantes (acides ou alcalines), parfois toxiques, et leur action sur les voies respiratoires et sur les centres nerveux; contact immédiat et permanent avec des agents caustiques et altérants, et leur action, le plus souvent locale, mais quelquefois générale sur l'organisme : telles sont les deux grandes sources de maladies et d'accidents que nous trouvons condensées dans rénumération précédente.
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Le contact habituel avec des liquides acides ou alcalins finit par amener, à la longue, une certaine insensibilité de la peau des mains avec engourdissement musculaire. Chez les foulons occupés à dégraisser les draps, l'épiderme de ces parties est blanchi, ridé et soulevé par places, surtout aux faces correspondantes du pouce et de l'index, entre lesquels on tient les pièces. de drap en les déroulant (Tardieu, Dict. d'hyg,, t. I, p. 224, 225).
Chez les imprimeurs sur étoffes, l'opération de l'épaississement des mordants et des couleurs est celle qui est la plus dangereuse. En effet, l'usage des épaississants est indispensable pour toutes les impressions faites à la main. Il se fait en mélangeant de l'amidon, de la fécule grillée ou de la gomme adragant aux couleurs et aux mordants, qui sont ensuite étendus sur l'étoffe au moyen d'une brosse. Pendant cette opération, l'ouvrier est couvert des éclaboussures du mélange et singulièrement exposé à l'action nuisible de la substance employée; c'est ainsi que la teinture en vert des étoffes avec les verts arsenicaux détermine des accidents spéciaux. (Voy. Fleuristes.)
L'usage des sels de plomb, surtout de l'acétate employé comme mordant, provoque quelquefois des accidents d'intoxication saturnine avec liséré bleuâtre des gencives. (Voy. Plomb.)
L'emploi du bichlorure de mercure comme mordant pour la teinture des plumes avec la murexide (purpurate d'ammoniaque) détermine chez les ouvriers qui plongent ces plumes dans le bain du mordant, et chez les ouvrières qui travaillent ensuite ces plumes, des accidents sérieux, tels qu'irritation très-vive de la peau des mains et des doigts, surtout à la face dorsale, des ulcérations très-douloureuses sur ces parties, des coryzas chroniques et rebelles, dus à Taclion sur la muqueuse pituitaire des par-
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licules du sel caustique que les ouvriers respirent pendant la mise en œuvre des plumes, et qui s'accompagnent parfois d'ulcérations de la cloison nasale. Des symptômes prononcés d'intoxication mercurielle peuvent aussi se présenter chez les teinturiers en plumes; il n'est pas rare de les voir affectés de gingivite mercurielle avec salivation abondante, et même de tremblement caraléristique. (Voy. Mercure.)
Nous avons parlé d'ulcérations nombreuses et variées aux doigts que présentent la plupart de ces ouvriers. Voici comment ces lésions arrivent généralement : l'épiderme des mains, continuellemenl immergées dans les bains de préparation, se flétrit, s'altère, s'amincit ; les parties superficielles du derme s'irritent et deviennent d'une sensibilité extrême; bientôt sur les parties latérales des doigts se forment de petites vésicules au niveau des papilles irritées; l'épiderme aminci se crève, laissant la papille à nu, entourée d'une aréole de squames. C'est alors que le contact avec -les acides et les caustiques, principalement l'acide picrique, les chromâtes de potasse, la chaux et les chlorures, etc., vient déterminer en ce point, où l'épiderme protecteur n'existe plus, d'abord une inflammation plus vive, puis une ulcération. 11 est rare qu'un ouvrier teinturier n'ait point présenté, à un moment donné, de semblables lésions.
L'influence d'une atmosphère toujours humide et chargée, à certains moments, de principes gazeux irritants finit par amener chez les apprêteurs d'étoffes des affections chroniques des bronches et de l'estomac; le catarrhe bronchique avec emphysème, mais surtout les dyspepsies gastro-intestinales, sont des maladies fréquentes chez les vieux teinturiers. Les irritations de la gorge, des gencives et des lèvres se rencontrent communément chez eux : nul