‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 20 sur 98 · APPRÉTEURS D'ÉTOFFES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

APPRÉTEURS D'ÉTOFFES EN GÉNÉRAL

lalioa aussi incomplète que celle qui existe dans le plus grand nombre de ces fabriques, la santé des ouvriers, notamment de ceux qui, voisins de la cuve, impriment aux éclieveaux ou aux tissus le mouvement de rotation, ne soit pas profondément atteinte par Tinspiralion incessante de ces vapeurs délétères. »

Pendant l'essorage et le bobinage, en effet, il se fait une véritable dissémination de particules liquides qui en favorise la vaporisation, et ces opérations deviennent par cela même particulièrement nuisibles aux ouvriers.

Les vapeurs d'essence de térébenthine et de benzine donnent lieu à des accidents particuliers, tels que céphalalgie, malaise, lassitude extrême, troubles nerveux auxquels les dégraisseurs sont le plus souvent exposés.

La note suivante, lue par Perrin à la Société médicale d'émulation de Paris, et que nous reproduisons en entier, est du plus grand intérêt :

« Dans les teintureries, on dégraisse les étoffes en les plongeant dans de grands baquets remplis de benzine pure ; après quoi on les sèche en les étalant sur une essoreuse à laquelle on imprime mécaniquement un mouvement rapide de rotation. C'est surtout dans cette dernière opération que la volatilisation de la benzine a lieu et que l'ouvrier est exposé à ces émanations qui ont pour résultat de produire une véritable ébriété. Ainsi, il est telle maison de teinturerie dans laquelle les ouvriers refusent d'entrer parce qu'on y fait un usage journalier de la benzine ; tandis que dans bien des établissements le dégraissage ne s'y fait qu'accidentellement. Outre cette aclion générale sur les centres nerveux, la benzine produit encore sur les mains, sur les bras, un effet local qui a pour résultat de déterminer un léger tremblement dans ces parties, avec sensation pénible de fourmillement et d'engourdissement.

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