‹ Hygiène des professions et des industries, précédée d'une étude générale des moyens de prévenir et de combattre les effets nuisibles de tout travail professionnelChapitre 38 sur 98 · CHIFFONNIERS · texte numérisé non relu

CHIFFONNIERS

Chez un employé des postes, il se déclara une encéphalite aubaigue à marche progressive ; les phénomènes de paralysie s'accusèrent de plus en plus, et le malade mourut d'un ramollissement chronique du cerveau.

En Angleterre, on désigne les symptômes pathologiques développés à la suite d'une collision sur les chemins de fer, du nom expressif de railrway spine.

£. BUCHESNE, Des chemins de fer et de leur iniluenco sur la santé des mécaniciens et des chauffeurs, Paris, 1857, in-i2. — De Martinet, CommunicaUon à rAcadémie des sciences, 1857. — Devillikus, Recherches statistiques et scientiflqucs sur les maladies des diverses professions du chemin de fer de Lyon, 1857, in-8o. — Bisson, LcUre à M. Duchesne, in Union médicale, 1858. — Oulmont, Ntttc sur l'influence exercée par les chemins de fer sur la santé des ouvriers, 1860. — PiETRA - Santa , Chemin de for et Santé publi(|ue. Hygiène des employés et des voyageurs, Paris, 1861. — T. (Iallard, De l'influence exercée par les chemins de fer sur Thygiène publique (Compte rend, de l'Acad. , des sciences, 18G1;. — Lor.iADu:, la Question des accidents des chemins de fer, thèse de doctorat, Strasbourg, 1868. — Ambr. Tardieu, Accidents des cheuiins de fer; étude médico-légale (Ann. d'hyg. publ., 1871, 2o série, t. XXX).

• CHiFFONNlfiBS.— € Les Statisticiens ont fait sur le chiffon une foule de calculs approximativement exacts, d'après lesquels, en France, 100 000 personnes au moins vivraient du glanage des chiffons, iOO 000 êtres humains presque tous faibles, infirmes, femmes ou enfants débiles , qui trouvent dans ce travail une existence qu'ils seraient forcés de demander au vol, à l'aumône ou à l'assistance publique.» (Turgan, Grandes Usines,)

Vêtus de guenilles et munis d'une hotte qu'ils portent sur leur dos, on les voit ramassant au milieu d'ordures, ou achetant, les uns des chiffons, d'autres des peaux de lapins, tous en général des os et du verre cassé. D'autres

ÎJ20 CHIFFONNIERS.

s'en vont fouillant dans les ruisseaux pour ramasser les débris de toute espèce que l'eau charrie avec elle (ce sont les regrattiers); d'autres encore recherchent dans les lits des rivières des substances et des corps tels que particules métalliques, fer, cuivre, plomb, étain, argent et or, qu'ils lavent ensuite dans une grande sébile à la maaière d'un minerai. Ils restent ainsi, et quelquefois pendant de longues heures, plongés dans l'eau jusqu'à la ceinture. De retour chez eux, ils entassent pêle-mêle , dans la chambre où ils couchent, chiffons sales, os, vieux papiers, peaux et débris de toute espèce. Ils reposent sur des grabats saus draps, souvent sans couverture, conservant leurs vêtements souillés, et exposés à toutes les émanations qui se dégagent de matières sordides accumulées autour d'eux.

On comprend combien une hygiène aussi révoltante, jointe à la misère, peut être dangereuse pour leur santé. Les maladies de peau occasionnées par le contact d'objets sales et de matières irritantes sont extrêmement communes chez eux. Ils sont exposés à gagner la gale et certaines maladies contagieuses par l'intermédiaire des chiffons qu'ils manient. Les fièvres graves, revêtant presque toujours un caractère d'adynamie, sont fréquentes chez les chiffonniers. Plus que personne ils sont frappés par les épidémies, le choléra et la fièvre typhoïde entre autres. Les douleurs rhumatismales et les affections de l'intestin se rencontrent assez souvent dans la profession ;Ollivier (d'Angers) ayant été appelé à visiter un magasin de chiffonnier où se trouvaient amoncelés des os et des débris de toute espèce, fut atteint, quelques heures après, de nausées, d'évacuations liquides très-félides, de sueurs froides, de syncope, véritables symptômes d'empoisonnement putride qui se dissipèrent peu à peu.

On trouve chez les gratleurs de ruisseaux et les rava-

Page 1