DE?)TELL1ÈRES, BRODEUSES
d'un pupitre, le mouvement de leurs jambes serait tout aussi facile chez elles que chez les autres ouvrières, et elles ne seraient pas exposées, comme on en voit beaucoup à Lille, à avoir leurs genoux ankylosés dans leur vieillesse; enfin le meilleur conseil qu'on puisse leur donner, c'est de quitter l'habitation des caves et des chambres noires humides. » (Thouvenin.)
Il est un travail qui expose les dentellières à des accidents d'intoxication saturnine ; c'est la confection des volants à fleurs d'applications dites de Bruxelles. Les ouvrières qui font ce travail s'appellent sfn5'tt^use5(strikessen). Blanchet, puis Thibault, ont attiré, les premiers, l'attention sur l'insalubrité de l'opération qui comprend le blanchiment des fleurs et leur mode d'application.
Pour bien comprendre comment l'absorption plombique peut avoir lieu, il est nécessaire d'entrer dans les détails de ce travail. Nous les empruntons à l'ouvrage de Turgan : « Sur un chevalet bombé on étend des couvertures plusieurs fois doublées, puis une toile cirée noire bien étendue ; alors, au moyen d'un parchemin piqué qui reproduit le dessin, et du carbonate de plomb pulvérisé que l'on tamise au-dessus, on reporte en blanc, sur le fond noir de la toile, tous les contours de ce dessin. On prend ensuite les fleurs ou ornements divers qui doivent figurer dans le volant, et on les frappe entre deux papiers gris dans lesquels du blanc de plomb est pulvérisé : le blanc pénètre dans l'épaisseur des fils et donne aux fleurs une rigidité et un éclat extraordinaire. Une fois blanchies, les fleurs sont légèrement bâties sur la toile cirée à la place que le transport en blanc du dessin leur a assignée, puis on étend sur elles le réseau du volant auquel on les fixe très-solidement par les petits œillets qui leur servent de bordure. » Les striqueuses ont les mains couvertes de céruse;