SUR BOIS
L'encartage est de tous ceâ travaux celui qui force le plus à garder la position assise. Ce travail peu fatigant est exécuté, en général, par des femmes ou jeunes filles, mais exige, pour les plus assidues, Timmobilité du corps. Cette attitude, de même que Tapplication soutenue des yeux, les expose à tous les inconvénients déjà et si souvent décrits : fatigue de la poitrine, lenteur du mouvement de nutrition générale, arrêt de développement du corps, troubles fonctionnels de la vue, blépliarites, etc. Mais la cause principale des maladies qui peuvent affecter les ouvriers de cette industrie, c'est le dégagement de poussières nuisibles. Non-seulement ces poussières sont considérables, surtout dans les ateliers de découpage, mais il s'en exhale encore une odeur de substance animale due à la composition même des coquilles. Aussi, l'eau dans laquelle baignent les meules devient promptement infecte et rend à Touvrier le travail du meulage encore plus insalubre.
Il est facile de se rendre compte maintenant des maladies particulières que l'on observe chez les nacriers. Ce sont, chez les uns, une toux opiniâtre, des bronchites chroniques accompagnées d'une expectoration considérable, causée par la poussière qui pénètre dans les ramifications bronchiques; parfois des hémoptysies, et le plus souvent de l'emphysème; — chez les autres, des ophthalmies chroniques (blépharites, conjonctivites) assez intenses pour les forcer d'abandonner momentanément, et quelquefois pour toujours, leur travail ; chez presque tous, des crevasses aux mains, crevasses très-douloureuses et qui se renouvellent très-fréquemment. Les femmes qui s'oc-
LAYET. 25
cupent surtout de la gravure en éventail et de Tencarleuient des boutons sont très-sujettes à la chlorose, aux flueurs blanches et aux étourdissements; ce qui tient à leur mauvaise hygiène privée et au défaut d'exercice nécessaire.
Toutefois, les ouvriers nacriers ne seraient pas plus su-, jets à la phthisie tuberculeuse que la moyenne des artisans. Il serait rare de voir la bronchite chronique dégénérer en phthisie caséeuse, et Tasthme humide serait l'inûritiité la plus ordinaire (bronchorrhée professionnelle).
Hygiène. — La ventilation sous toutes ses formes : ventilation de Tatelier, ventilation des établis ; aspirateurs agissant de haut en bas et entraînant les poussières au dehors; l'emploi des appareils préservateurs de l'absorption des poussières (respirateurs de toute sorte) ; les soins de propreté individuelle : changement de vêtements^ ablu« tiens fréquentes générales et partielles; une alira^nta^ tion suffisamment réparatrice ; de Texercice, des promenades en plein air les jours de chôrhage ou de repos, etc. : tels sont les préceptes de T hygiène professionnelle préservatrice. (Voy. Hygiène génékale et celle des Aiguiseurs.)
MàHIKK et A. Chëvaixieh, Mémoire sur les oiivrieis qui travailieiit les coquilles de nacre de perle (Aiiu. d'hyjj. publ., 1" série, t. XLVIU,
PAPETIEEN. — Les premières opérations que subissent les chiffons, pour être convertis en papier, sont le démoth tage des tas, le délissage, le découpage et le blutage. Celte première partie du travail donne lieu à un dégagement considérable de poussières impures qui agissent, à la longue, sur. les yeux et les organes respiratoires des ouvrierSv
Outre ces inconvénients, il est certains chiffons particulièrement saies et grossiers dont le contact peut provoquer des affections cutanées et môme des maladies infectieuses (ceux qui viennent d'Afrique par exemple).
Une autre catégorie d'opérations qui exposent singulièrement à l'action de l'humidité sont celles que comprend le lessivage. Le lessivage s'accomplit dans d'immenses eu- ▼iers cylindriques ou sphériques remplis à la fois de chiffons, de lait de chaux et de vapeur. Chaque cuvée est de huit heures, ou de deux périodes de quatre heures chacune, séparées par un rinçage à l'eau pure. La température élevée et humide qui règne dans l'atelier du lessivage Citigue beaucoup les ouvriers.
Il est deux opérations dans lesquelles ces derniers ont particulièrement à souffrir; ce sont le blanchiment au chlore des chiffons et le collage de la pâte. ~ L'action du dilore sur l'organisme est des plus nuisibles, et toutes les précautions doivent être prises pour faire dégager le gaz dans des caisses hermétiques et mises en communication, à un moment donné, avec la cheminée centrale de l'usine. Toutefois, il est presque impossible que l'atmosphère de la salle de blanchiment ne contienne pas d'odeur. « 11 est telle fabrique où le blanchiment est brassé en moins d'une heure; où l'on emploie i2 à 15 kilog. de chlorure pour 100 kilog. de pâte; où l'on jette dans la pile, afin de décomposer brutalement ce chlorure, !2 ou 3 kilog. d'acide sulfurique; où Tataiosphère de l'atelier devient verte par la présence du chlore dégagé, et où les ouvriers sont obligés de s'entourer la figure d'un mouchoir pour ne pas être asphyxiés. (Aimé Girard, De la fabrication fMderne du papier^ in Journal de la librairie et Revue des CùUrB icieniifiques^ TùdiV^ \W]\,)
Mais c'est seulement dans les fabriques de papier à
écrire^ de papiers de tenture, que les. choses se passent ainsi; dans les fabriques de papier d'impression, l'opération est toujours conduite avec une prudence exemplaire.
Dans l'atelier de fermentation de la colle, les ouvrières sont assez souvent atteintes de céphalalgie et de troubles des sens, dus au gaz acide carbonique qui se dégage en grande quantité. — Il .'est une fabrication récente, celle du papier à la paille, qui donne naissance à une corruption particulière des eaux de lessivage due à l'action de la soude sur la paille. Les émanations qui s'en exhalent sont des plus incommodes. A la papeterie d'Essonne, près Corbeil, MM. Darblay et Béranger ont réussi à obtenir l'évapôration complète de ces eaux et ont résolu le problème d'une manière satisfaisante.
Les blépharites chroniques, les angmes et le catarrhe des bronches sont des affections fréquentes chez les ouvriers et ouvrières employés dans les fabriques de papier. Les maladies cutanées sont communes ; les éruptions furonculeuses doivent être signalées entre toutes.' Peut-être sont-olles dues au mauvais- état des voies digestives que Ton observe assez souvent chez eux.
Le travail des formes donne lieu, chez quelques-uns, à une certaine macération de Tépiderme des mains et à des crevasses analogues aux grenouilles des débardeurs. L'emploi de la machine Robert mettra à l'abri de pareils inconvénients. — D'après Max. Vernois, chez les plieuses et les brocheuses, le frottement répété de la peau des doigts à la surface du papier amène, à lia longue, une certaine hypcresthésie de ces parties, avec congestion papillaire du derme.
Nous devons citer encore les accidents qui peuvent survenir pendant le fonctionnement des diverses machines en usage, les découpeuses, les effileuses, les raffineuses, etc. ;
PAPIERS PEINTS (Ouvriers en). • 437
mais surtout les brùkres graves, conséquences de l'explosion des cuves destinées au lessivage des chiffons et à la macération de la paille dans une solution alcaline chaude. Ces explosions, malheureusement, ne sont que trop fréquentes dans les papeteries.
Hygiène. — Les principales mesures d'hygiène industrielle préservatrice consisteront à prévenir l'action fâcheuse des poussières, par l'emploi de ventilateurs spéciaux adaptés aux blutoirs et aux découpeuses mécaniques ; à faciliter l'écoulement des eaux par le dallage des ateliers, et à favoriser l'échappement au dehors des vapeurs nuisibles, par la bonne disposition des cuves et des bassins au-dessous de hottes et de cheminées as^iratrices. Dans la grande papeterie de M. Godin à Huy (Belgique), où l'on blanchit au chlore gazeux les chiffons les plus grossiers, on fait arriver le gaz dans des caisses en grès parfaitement mastiquées, qui peuvent être mises en communication avec une cheminée centrale d'une dizaine de mètres de hauteur environ. On établit ainsi une vive aspiration avant l'ouverture et le déchargement des caisses (Ch. de Freycinet).
Max. Vernois, De la main des ouvriers et des artisans au point de vue de l'hygiène et de la médecine légale (Annales d'hygiène, 1862, 2« série, t. XVII). — Ch. de Freycinet, Rapport sur l'assainissement industriel et municipal dans la Belgique, Paris, 1865, p. 10; et Traité d'assainissement industriel, Paris, 1870, p. 147.
PAPiEpis PEiKTS (ouvriers en). — Les ouvriers en papiers peints se divisent en broyeurs ou délayeurs, fonceurs, tireurs, imprimeurs, satineurs et découpeurs,
La première opération consiste à préparer le mélange de la couleur. L'ouvrier qui en est chargé broie, délaye la
m PAPIEBS PEINTS (Ouvriera en).
couleur dans de Teau additionnée de- colle et de, .talc, «t remue le tout avec la main^ de manière à obtenir une pâte homogène.. — Les fonceurs sont ceux qui appliquent la première couche au moyen d'une brosse ronde, à l'aide de laquelle on étale la couleur détrempée sur les Tenilles de papier. L'ouvrier tirmr égalise, avec des brosses du même genre, la couleur ainsi étalée, et suspend le rouleau de papier tiré et égalisé sur Tétendage. L'ouvrier imprimeur est celui qui applique sur les fqnds, au moyen de presses à la main, des dessins qui se détachent de ces fonds. Lorsque les rouleaux sont bien secs, on les porte au salineur, qui, au moyen d'une brosse' très-dure, frotte C(^ papier jusqu'à -ce que la surface soit devenue brillante. Le découpeur procède à la dernière opération en réduisant les feuilles imprimées à la forme voulue.
Toutes ces opérations, préparation de la couleur, fon- (;age du papier, étendage, satinage, impression et découpage, mettent plus ou moins les ouvriers en contact avec le mélange colorant. L'énumération des couleurs employées va nous faire comprendre à quels dangers ces ouvriers sont ainsi exposés.
Les papiers que Ton fabrique en plus grand nombre sont les papiers à fond blanc et à fond vert; — or, le plus souvent, le fond blanc est obtenu avec le blanc de plomb ou céruse, et le fond vert, avec le vert arsenical de Schwcinfurt. Les couleurs rouges employées sont la laque et le carmin ; mais on y ajoute souvent de V arsenic pour leur donner plus d^'éclat et de durée; d'autres fois encore on se sert du rouge arsenical (arséniate d'alumine), mais surtout du minium ou sesquioxyde de plomb. — Quant aux couleurs jaunes, elles sont presque toutes formées par des sels de plomb : chromate, oxyde, oxychlorure, iodure.
PAPIERS PEINTS (Ouvriers en). 439
Les accidents résultant de Taction des sels de plomb et J arsenic sur l'organisme , telles sont donc les affections professionnelles qu'il nous faut signaler en premier lieu. — De toutes les opérations, celle qui expose le plus les ouvriers en papiers peints, c'est le satinage des rouleaux alors qu'ils sont bien secs. Il se détache, pendant ce travail, par le frottement de la brosse, une inûnité de particules très- fines de matière colorante qui peuvent être Inspirées par l'ouvrier, ou qui, se trouvant en contact avec la peau de la face, les orifices des voies nasales et buccales, agissent directement et donnent lieu à des lésions spéciales. (Voy. Plomb.)
Jietra-Santa, qui a observé chez les fabricants d'abatjour verts, reconnaît qu'il existe chez eux une affection professionnelle caractérisée par la manifestation de vésicules, pustules, plaques muqueuses et ulcérations, situées SBr les parties exposées au contact immédiat de la pâte colorante. Ces accidents, suivant cet auteur, ne présenteraient le plus souvent aucune gravité. Ils seraient purement locaux, sans troubles des systèmes circulatoire et assimilatif, sans retentissement sur l'organisme en un mol ! (Voy. Arsenic.) Leur fréquence est en rapport direct avec le défaut de propreté et la négligence des ouvriers eux-mêmes.
Il est une opération plus particulièrement dangereuse, c'est le velotUage des papiers peints. Les surfaces sont enduites d'une colle d'empois ou de gomme et saupoudrées avec du drap réduit en poudre fine et coloré par les verts arsenicaux, les rouges d'alumine (arséniate) ou le minium^ etc. Ce tamisage, on le comprend facilement, donne lieu à un développement de poussières extrêmement nuisibles.
Voici quelles devront être les mesures d'hygiène pré-
m PAPIERS PEINTS (Ouvriers en).
servatrice : Ablutions fréquentes de la figure et des mains, surtout avant les repas ; bain général deux fois au moins par semaine; division du travail de manière que chaque ouvrier ne fasse que pendant un certain temps une opération donnée ; repos de temps à autre ; usage de gants et de vêtements de travail ; emploi d'un masque préservateur pendant le veloutage et le satinage; usage d'une brosse surmontée d'un manche de bois élevé. Mais, une fois les lésions confirmées, elles seront utilement et promptement combattues par un traitement approprié : lotions d'eau salée sur les parties que Ton saupoudre immédiatement de calom'el à la vapeur. (Voy. Fleuristes.)
L'emploi des couleurs arsenicales, avons-nous dk, donne le plus souvent lieu à des accidents cutanés plutôt qu'à des symptômes généraux d'intoxication. Il n'en est plus de même des mélanges colorants à base de plomb. La colique saturnine est une affection que Ton rencontre très-fréquemment chez les ouvriers en papiers peints. Mérat, Tanquerel-Desplanches, Grisolle, dans leurs ouvrages spéciaux, mettent ces derniers à côté des broyeurs de couleur de profession. (Voy. Plomb.)
II est rare, toutefois, que les manifestations pathologiques prennent un caractère plus grave, si ce n'est chez les fabricants de cartes dites de porcelaine, préparées au blanc de plomb, où les phénomènes de paralysie sont assez souvent observés. Cette fabrication comprend la même succession d'opérations dangereuses, fonçage et satinage, etc. Souvent on polit au laminoir, et pendant tout le travail, l'ouvrier est penché sur son établi, absorbant la poussière plombique qui se dégage. On retrouve chez les cartiers les effets de la pression du brunissoir dans la paume de la main : callosités et ampoules au niveau des plis métacarpo-phalangiens. On peut de plus
PEAUSSIERS (Ouvriers), Tanneurs, Corroyeurs, Méf^issiers, etc. 441
constater, la présence d'un durillon ou d'une bourse séreuse à Tavant-bras droit sur le bord«cubital.
Gallard a signalé chez les ouvrières employées à la fabrication de l'enveloppe des cahiers de papier à cigarettes, des accidents semblables à ceux que nous venons de passer en revue, et causés par les poussières qui s'échappent des paquets de papier d'enveloppe, lesquelles contiennent en général des sels toxiques. (Voy. Cuivre, Arsenic, Plomb.)
Quant aux ouvriers chargés de mettre en place dans les appartements les papiers peints, l'habitude de retenir le rouleau avec le coude gauche, et de lisser avec le dos de la main droite, est la cause du développement de bourses séreuses accidentelles 1° sur la partie postérieure du cubitus gauche, 2° sur la face postérieure des cinquième et deuxième métacarpiens droits. Ces bourses séreuses sont très-susceptibles de s'enflammer.
Blandet, Mémoire sur l'empoisonnement externe produit par le vert de Schweinfurt, ou De Tcruption profossioimelle des ouvriers en papiers peints (Journal de médecine de Beau, t. III, 1845). — A. Chevallier, Essai sur les maladies qui atteignent les ouvriers qui préparent le vert arsenical, et les ouvriers en papiers peints qui emploient dans la préparation de ces papiers le vert de Schweinfurt (Ann. d'hygiène publ.,l'-c série, 1847, t. XXXVIU). — Pietra-Saiîta, .Existe-t-il une* affection propre aux ouvriers en papiers peints (jui manient le vert de Schweinfurt? (Ami. d'hyg. publ., 2^ série, t. X, 18r,8).
PEA€f§^SIERN (orVRIERS), TANNEURS, CORROYEURS, MÉ-
GissiERS, etc. — La préparation des peaux tannées comprend le nettoyage ou craminagej le pelainage ou ébourrage^ le travail des cuves, le travail du chevalet, le tannage proprement dit, ot enfin le corroyage.
Les peaux sèches venues de l'étranger et les peaux fraîches (vertes) sont soumises à des lavages successifs,
443 PËAUSSIfe^RS (Ouvriers), Tanneurs, Gorroyeurs, Mégrissiers, etc.
réitérés, et grattées, à difTcrentes reprises, avec descouteaux ou tranchants à bords mousses, afin de les débarrasser de toute souillure et de leur donner un premier degré de souplesse. Le pelainage.Si pour but d*amener la chute des poils, ce qui se fait le plus communément en les trempant successivement et en les laissant séjourner quelque temps dans des cuves remplies d'eau de chaux ou d'une solution de soude caustique. On emploie quelquefois le procédé de réchauffe, ou celui qui consiste à faire subir aux peaux un commencement de fermentation putride, ou bien encore on se sert de sulfure d'arsenic ou orpiment. — Les peaux sont ensuite transportées sur lé chevalet, sorte de billot en bois, où on leur fait subir une série de grattages ou écharnage, opération qui les dépouille de tout lambeau de chair ou de tissu cellulaire qui pourrait y adhérer, les aplanit, les assouplit, les rend aptes, en un mot, à recevoir l'action du tan. Après le tannage^ qui s'opère en laissant les peaux séjourner pendant des mois entiers dans des fosses remplies de poudre de tan que l'on arrose d'eau, le cuir ainsi préparé est livré aux corroyeurs pour être mis en façon.
Le travail des corroyeurs consiste à enlever les crasses du cuir, les écorchures faisant saillie à la surface, à le ramollir et à Tassouplir ; ce qui se fait sur un chevalet ou sur un banc avec des instruments particuliers tels que l'étiré, le valet, le couteau, la marguerite ou roulette; on termine le plus souvent en faissant passer, la peau au marteau pilon.
Nous trouvons dans ces diverses opérations deux causes principales de maladies : l'humidité continuelle au milieu de laquelle vivent les ouvriers, et l'extrême fatigue qui résulte de l'attitude et du mouvement professionnels; courbés sur le chevalet, les membres supérieurs toujours en
PEAUSSIERS (Ouvriers), Tanneurs, Gorroyeurs, Mégiisiers, ete. ilS
mouvement, le tronc alternativement incliné et relevé, tandis que les membres inférieurs conservent la station debout et l'immobilité : telle est l'attitude que gardent, pendant de longues heures, les ouvriers employés t ce genre de travail. »
Les efforts auxquels ils se livrent, et la pression de la tète du chevalet sur le bas-ventre, occasionnent de la fatigue respiratoire et des troubles gastro*intestinaux. Shann parle de gastralgies et de dyspepsies, conséquence de cette fâcheuse attitude. Pécholier et Saint-Pierre ont signalé chez les tanneurs des coliques spéciales qui se faisaient sentir principalement chez les débutants, d'une durée de quelques heures et reparaissant à intervalles assez éloignés.
Il est un genre d'affections que l'on rencontre assez souvent, et qui, la plupart du temps, selon nous^ trouverïûent leur cause dans le frottement répété de l'hypogastre, de l'aine et des parties génitales contre la tête du chevalet : nous voulons parler de l'irritation des voies urinaires,.de l'orchite et des adénites inguinales. Beaugrand, le premier, en a signalé la fréquence chez les tanneurs, et nous même avons eu l'occasion de les rencontrer un certain nombre de fois chez les corroyeurs. — Chez ces derniers, nous avons aussi constaté Teczéma des bourses' avec plissement et suintement de la surface cutanée ; mais c'est à Faction irritante de la poussière des cuirs parés qu'il faut en attribuer la cause.
Les varices et les ulcères des jambes, signalés déjà par Parent-Duchâtelet, ont été aussi notés par Beaugrand. Armieux, le premier, a décrit, chez les ouvriers occupés à rébourrage et au travail des cuves, une affection singulière à laquelle il a donné le nom plus singulier encore rie rossignol; mais le plus grand nombre des ouvriers la connaissent sous le nom de pigeon ou pigeonneau.
M PEAUSSIERS (Ouvriers), Tanneurs, Corroyeurs, Mégissien, etc.
Le pigeon se montre sous la forme d'un petit pertuis que Ton croirait percé avec un poinçon ; les bords en sont blanchâtres, comme l'est Tépidernie macéré, et ce cercle blanc est lui-même entouré d'une aréole d'un rouge plus ou moins foacé, le tout n'excédant pas le diamètre d'une lentille. La petite ouverture est d'abord saignante, plus ou moins douloureuse suivant les individus; mais elle ne tarde pas à se remplir d'une matière plastique qui se coagule ^ ferme le trou et en favorise l'oblitération. Le plus souvent, cette affection n'entrave pas les occupations. Elle atteint plus spécialement encore les ouvriers dont l'épiderme, ramolli par le travail des rivières, est soumis à l'action de la chaux. Beaugrand signale encore, comme occasionnées par cette action caustique de la chaux, des ecchymoses situées sous l'épiderme très-mince qui recouvre les faces latérales des doigts, et qui, lorsqu'elles sont excoriées, deviennent extrêmement douloureuses.
Mais. ces excoriations aux doigts prennent un tout autre caractère lorsqu'on se sert pour Tébourrage des peaux d'une pâte composée de chaux et d'orpiment (sulfure d'arsenic). C'est ainsi que nous retrouvons chez les mégissiers surtout, qui en font souvent usage, les lésions caractéristi(iues signalées chez les ouvriers qui manient les préparations arsenicales (fleuristes, ouvriers en papiers peints). Ces accidents résultent ici de la transformation du sulfure d'arsenic par son contact avec la chaux, en sulfure (le calcium et en acide arsénieux, et de la proportion considérable de cet acide toxique dont les peaux se trouvent couvertes après l'action de la pâte épilatoirc, et an moment où les ouvriers détachent les toisons et procèdent au lavage.
Il en est de même chez les corroyeurs, lorsque pour la teinture des cnirs en jaune ils se servent de l'orpiment;
PfiÀUSSIERS (Ouvriers), Tanneurs, Corroyeurs, Mé^issiers, etc. i45
les cuirs ainsi colorés laissent facilement, quand ils sont secs, dégager la poussière arsenicale au moindre frottement. (Voy. Arsenic.)
Il est un accident des plus graves, très-rare heureusement chez les lanneurs, mais auquel sont plus particulièrement encore exposés les mégissiers qui préparent les peaux vertes de jeunes animaux tels que chevreaux, agaèaux, etc.'; c'est la pustule maligne.
Cauvière, cité par J. Bourgeois (d'Etampes), prétend qu'il existe sur certains cuirs de petits kystes dont la rupture laisse sortir un liquide brunâtre susceptible de transmettre le bouton malin. D'après les renseignements qui m'ont été fournis, les peaux provenant de chèvres de Syrie doivent surtout être redoutées. C'est pendant le craminage que les ouvriers sont exposés à s'inoculer le virus. Ils crèvent le kyste en grattant sans faire attention, et le liquide virulent jaillit quelquefois jusque sur leur visage. Le mode d'inoculation peut s'expliquer par les excoriations dont nous avons parlé, ou par les blessures et piqûres que l'on est exposé à se faire avec les instruments chargés de principes charbonneux.
Les phlegmons, selon Beaugrand, et les abcès sont assez communs' chez les tanneurs. Les éruptions cutanées se* remarquent en plus grand nombre chez les corroyeurs ; on doit les attribuer à l'action de la poussière qui se dégage en abondance dans les ateliers, pendant le façonnage des cuirs. Les blépharites, dont ces mêmes ouvriers sont souvent atteints d'après Desmarres, sont dues à la * même cause. Mais c'est principalement pendant le broyage du tan que les ouvriers se trouvent soumis à l'influence pathogénique d'une atmosphère remplie de poussières.
L'emploi des divers instruments propres à la profession nécessite des efforts et des pressions qui donnent
UO PKAUSSIERS (Ouvriers), Tanneurs, <k>rroyeurs, Mégissien, etc.
lieu au développement de durillons et de bourses séreuses accidentelles susceptibles de s'enflammer et de suppurer. Il en est une qui porte avec elle un cachet professionnel bien tranché, c'est celle qui est située au coude même, et qui est provoquée par la pression de cette partie du corps sur la marguerite dont les corroyeurs se servent pour adoucir les cuirs et leur imprimer le grain. Cette manœuvre est des plus fatigantes; et tous les efTorts de l'ouvrier portant sur 1 avant-bras qui agit, il en résulte une hypertrophie marquée des muscles de cette région. Vernois parle même d'une déviation de la colonne vertébrale, qui amènerait la saillie des côtes du côté opposé et qui serait lo résultat à la longue de l'altitude professionnelle du corroyeur. — La préhension de l'élire donne naissance à un durillon transversal du centre des deux mains ot à des callosités de toutes les parties saillantes des doigts. La contracture, la crépitation des tendons, l'arthrite du poignet, peuvent être la conséquence d'un mouvement professionnel exagéré. — Beaugrand a constaté chez tous ces ouvriers la fréquence des rhumatismes, dos lumbagos et des névralgies sciatiques; et Shann attrihue à l'influence fâcheuse des mouvements continus et répétés dos bras, la prédisposition aux maladies du cœur qu'il a euToccasion d'observer assez souvent chez eux.
Rien n'est sombre comme le tableau que Ramazzini nous a tracé de la santé des tanneurs au commencement du xviii® siècle. Mais il s'en faut que cette manière de voir soit partagée par ses propres traducteurs : Pâtissier en P'rance, Tiirner-Thackrah en Angleterre, sont loin de regarder la profession comme dangereuse. Quelques-uns même, sous l'influence de cette opinion généralement répandue, que les atmosphères chargées de principes orga-
PEAUSSIERS (Ouvriers), Tanneurs, Corroyeuis, Mégissicrt, etc. 447
niques sont favorables à la santé des ouvriers, reconnaissent aux tanneurs une certaine immunité contre les épidémies et les fièvres graves. Déjà le Paulmier Tavait admise contre la peste, Lancisi contre les lièvres intermittentes ; et Pécholier et Saint-Pierre, de nos jours, disent ravoir observée pendant la dernière épidémie de choléra (1865). Mais des observations rigoureuses viennent à rencontre d'une semblable assertion : Ilannover, à Copen* hag^e, cite les tanneurs comme particulièrement exposés aux fièvres bilieuses et gastriques; Shann, en Angleterre, et Beaugrand, en France, l'ont la même remarque; et ce dernier même, qui s'est livré à des recherches intéressantes sur la profession, a trouvé qu'en i849 les tanneurs, loin d'être préservés du choléra, furent exceplionnellement décimés.
Suivant Weber (de Siegburg), on ne trouverait guère dans l'atmosphère des tanneries que de l'acide carbonique, de l'hydrogène sulfuré ou carboné, d-e l'ammo* niaque, c'est-à-dire des substances plutôt nuisibles qu'a* vantageuses pour la santé. Cet auteur pense donc que les natures saines et vigoureuses peuvent seules se livrer d'une manière continue à ces travaux, sans en ressentir d'inconvénients.
Les affections des voies respiratoires, telles que bronchite, asthme, pleurésie, la pneumonie surtout, occupent le premier rang parmi les maladies, dans les statistiques dressées par Beaugrand. Le chiffre des décès fournis par elles forme la sixième partie de la mortalité totale ; proportion élevée qui doit attirer l'attention. Mais, en dehors des causes extrinsèques à la profession, telles que genre de vie, excès, imprudences, auxquelles Beîiugrand tend à reconnaître une influence primordiale, l'humidité des tanneries joue, selon nous, un rôle prépondérant dans l'é
448 PËAU8S1ËRS (Ouvriers), Tanneurs, Gorroyeurs, Mégissiers, etc.
tiologie des catarrhes pulmonaires; et nous allons voir qu'il est une autre cause tout aussi importante, c'est la pénétration des poussières dans les bronches.
Pendant le broyage du tan et le corroyage, il se dégage, en effet, une infinité de particules végétales ou minérales qui saisissent les ouvriers à la gorge, les font tousser et cracher, et provoquent des angines et des laryngo-bronchites spéciales.
Une autre branche de l'industrie peaussière, l'apprêt des peaux et le lustrage exposent davantage encore à celte action nocive.
L'apprêt des peaux comporte deux opérations principales : le dégraissage au moyen du plâtre et de la sciure de bois ; et le 6a//agfe, qui a pour objet d'extraire des peaux le plâtre dont elles ont été chargées pendant le dégraissage. Le lustrage consiste à enduire les peaux de lapin, de lièvre, de fouine, de martre, etc., d'un mordant d'alun et de chaux qu'on étend à la brosse ; puis on applique la teinture et on sèche k Fétuve ; on soumet ensuite es peaux à un foulon, et on les met dans un tambour à grillage, où elles sont agitées avec de la sciure de bois. Blépharites chroniques, angine, bronchorrhée et éruptions cutanées, telles sont les affections que l'on rencontre le plus communément dans ces diverses professions. — La fréquence de la phthisie serait représentée ici, d'après Hirt, par le chiffre de 23 phthisiques sur 100 malades. Mais une fabrication dangereuse à plusieurs égards, c'est celle des cuirs vernis ; elle consiste à appliquer sur les peaux tannées une couche de colle de Gand avec la brosse (encollage) ; puis, au moyen de grès pilé et d'un ponçage pour adoucir la surface, on enlève une grande partie de cette colle desséchée; on passe ensuite les couches d'apprêts (apprétage) et on ponce de nouveau. En dernier lieu on
PEAUSSIERS (Ouvriers), Tanneurs, Corrbyeurs, Mégissicrs, elc. i49
applique le vernis, dans lequel il entre de la litharge et de la céruse. L'absorption de poussières siliceuses et plombiques, telle est la cause pathologique qui permet de ranger les vernisseurs de cuir à côté des ouvriers émailleurs. (Voy. ce mot.)
Chez les empailleurs, remploi des préparations d'arsenic et des sels de mercure (savon arsenical de Bécœur, sublimé corrosif) pour préparer et conserveries peaux, expose à des accidents spéciaux tels que éruptions arsenicales et ulcérations mercurielles. (Voy. Arsenic et Mercure.) — Le séjour dans un atelier où des animaux empaillés se trouvent réunis en grand nombre peut être funeste pour la santé ; la matière préservatrice, devenue sèche et pulvérulente par l'action du temps, se détache et se répand à l'état de poussière qui, se mêlant à l'air respiré, provoque à la longue des symptômes d'intoxication arsenicale chronique. (Delpech, Note sur une cause encore non signalée de Vintoxication arsenicale chronique, 1870, in Ann, d'hyg, pub,)
Nous arrivons, maintenant, à un point très-controversé et très-intéressant de la pathologie professionnelle des tanneurs : nous voulons parler de la rareté ou de la fréquence de la phthisie chez cette catégorie d'ouvriers. Lombard (de Genève) et Beaugrand ont établi, d'après leurs recherches statistiques, que la phthisie pulmonaire se rencontre assez souvent chez les tanneurs; le dernier donne même une proportion de 1 décès par phthisie sur 3 décès; ce qui est une moyenne très-élevée. Mais la plupart des auteurs s'accordent pour reconnaître au tannage proprement dit une influence des plus favorables à ce sujet. Dans les relevés de Hannover, ce sont les ouvriers tanneurs qui présentent le moins de décès par phthisie. Dodd et Nasse reconnaîtraient même à l'inspiration des poussières de tan
450 PEAUSSIERS (Ouvriers), Tanneui?, Corroyeurs, Mégissiers, etc.
une action préservatrice du développement de la phthisie pulmonaire. Il en est de même de Pécholier et de Saint- Pierre, qui concluent à l'extrême rareté de la phthisie dans la profession. C'est là aussi ce que nos propres recherches nous ont permis de constater.
Quant à Tàge moyen des décès, Beaugrand a trouvé pt»ur les tanneurs celui de quarante et un ans, pour les mégissiers quarante- trois et pour les corroyeurs quarantesix; tous chiffres inférieurs à celui donné par Lomhard, qui est de cinquante-cinq ans.
Hygiène et thérapeutique. — On comhattra la grande humidité des tanneries par des mesures d'hygiène générale, qui consisteront à bitunver les ateliers, à favoriser l'écoulement des eaux vers la rivière ou les égouts ; on pavera à chaux et à ciment les lieux de dépôt des peaux fraîches, et Ton y entretiendra une ventilation constante.
Pour éviter les inconvénients de l'ébourrage ou épilage, on se servira du tonneau purgeur. Les peaux sont îigitées et lavées dans cet appareil pendant une heure et demie, et abandonnent toute leur chaux ainsi qu'une partie des poils. — Les billots de bois ou chevalets sur lesquels on pratique i'écharnage retiennent les débris organiques et exhalent continuellement une odeur de fermentation; une ,(iisposition simple consistera à les recouvrir d'une feuille (le zinc.
Pour obvier aux inconvénients de la pression de la tète du chevalet sur Thypogastre et les parties du corps exposées à être froissées, les ouvriers feront usage d'un tablier en cuir épais, ou mieux d'une planchette à bords mousses et arrondis, et rembourrée autant que possible. Ils seront, en outre, garantis de tout contact avec les débris humides de peau et éclaboussures, par l'emploi de vêlements de travail en toile cirée. Ils porteront des sabots. Les plus
PEÂOSSIERS (Ouvriers), Tanneurs, Gorroyeurs, Mégissiers, etc. 451
grandes précautions seront prises dans la manipulation des peaux charbonneuses. Les ateliers de corroyag^ seront ventilés de la façon la plus complète. Pour le broyage du tan, il sera pratiqué dans des moulins parfaitement cios, munis d'un orifice d'aspiration par lequel un ventilateur lance les poussières fines dans une caisse de dépôt. Cet appareil permettra en même temps d'utiliser ces poussières, que quelques fabricants reconnaissent, à poids égal, plus actives que le tan ordinaire.
Les opérations de dégraissage, battage et apprêtage des peaux devront se faire sur des établis où une ventilation spéciale agissant de haut en bas sera* rigoureusement appliquée. L'usage de masques grillés préservateurs et d'appareils clos sera au besoin recommandé. L'emploi de l'orpiment pour le pelainage devra être rejeté. Dans le cas contraire, on fera porter des gants de taffetas aux ouvriers exposés au contact de l'arsenic. On ne s'ei\ servira pas non plus pour la teinture des cuirs en jaune, et l'ocre sera employée de préférence.
Les ulcérations spéciales des doigts, pigeonneau, ecchymoses, macération et irritation sous-épidermique, seront traitées par des lotions astringentes et aromatiques. Quelques ouvriers ont recours à des lotions de jus de tan et à des applications de goudron. Les corroyeurs, broyeurs de tan, apprèleurs et luslreurs de peaux se livreront à dos ablutions fréquentes de la face et du corps. — Quant au traitement de la pustule maligne, il consistera dans l'excision de la tumeur, el, après cessation de l'Iiémorrhagie, on cautérisera avec le sublimé corrosif, 1 à 2 deux gram., pur ou incorporé à l'axonge ; le fer rouge sera appliqué à la périphérie, et l'on couvrira la plaie d'émollients (cataplasmes) pendant la réaction piilegmasique ; puis de topiques excitants.
452 PÉCHEURS, PLONGEURS, POlSSONiNIERS.
A l'intérieur on prescrira des excitants, des diaphorétiques et des toniques (acétate d'ammoniaque, rhum, quinquina).
Andrews Dodd, The Lancct, 1829. — Turner-Thackrah, The Effects of principal Arts, Trades and Professions on Health and Lon^evity, London, 1832, in-8o. — Lombard (de Genève), De Tinfluence des professions ^ur la phthisie pulmonaire (Ann. d*hyg^. publ., 1834). ^ f. L. Leuret, Note sur la fréquence des afTcctions charbonneuses chfîz les tanneurs et mégissiers à Chartres (Ann. d'hyg. publ., 1837). — Halfort, Entstehung, Verlauf und Behandlung der Krankheiten der Kunstlcr und Gewerbetreibenden, Berlin, 1845. — Nasse, Rheinische Monatschrift fîirprakt. Acrzte. Koln 1847, et Schmidt's Jahrbîicher, Band LXVII. — Weber (de Siegburg), Rheinische Monatssclirift fiir praHt. Aerzte. Kôln, et Schmidt's Jahrbiicher, Band LXXYI, 1852. — Aruieux, Compte rendu de la Société de médecine de Toulouse, et Gazette des hôpitaux, 1853, p. 420. — Hichter, Gasper's Viertcljahrschrift fur gerichtlichc Medicin, Band IX. — Hannover, Die Krankheiten der Handwerker, einBeitrag'zurKenntniss zunâchst der Yerhaltnlssc in Copenhagen in Beilâge zur deutsche KHnik, 1861, no* 5, 6, 7 (Maladies des artisans), traduit par Beaugrani! (Ann. d'hyg. publ., 1802, t. XYII, p. 294). — Trebuchet, Du travail des peaux et autres débris d'animaux (Rapport général sur les travaux du conseil d'hygiène publique et de salubrité de la Seine, 1860, et Ann. d'hyg., 1861, t. XVI). — Beaugrand, Recherches historiques et statistiques sur les maladies des ouvriers qui préparent les peaux en général et sur celles des tanneurs en particulier (Ann. d'iiyg. publ., t. XYlIl, 2c série, 1862. — Pécholier et Saint-Pierre, Hygiène des ouvriers peaussiers (Montpellier médical, 1864).
PÊCHEURS, PLONGEURS, POISSONNIERS. — En dehors des sinistres auxquels les expose incessamment le mauvais temps, les pêcheurs de profession sont, plus encore que les navigateurs au long cours, soumis à tous les inconvénicHts d'une vie passée au milieu d'une continuelle humidité. Les phlegmasies de la poitrine et les rhumatismes sont des maladies extrêmement communes chez eux. Le