VERRIERS, TAILLEURS DE CRISTAL, POUSSEURS DE GLACES
dangereuses qui peuvent occasionner, chez les uns, des symptômes d'intoxication saturnine, et chez les autres, des accidents arsenicaux.
Le mouvement professionnel vient, à son tour, s'ajouter à toutes ces causes morbides par les efforts et la fatigue qu'il imprime à l'organisme.
Il est un genre de travail sur lequel nous devons d'aborJ insister; c'est le soufflage du verre; les ouvriers nombreux qui travaillent le verre ne le font point isolément; ils sont réunis par série de trois, et chacun des trois collaborateurs souffle alternativement, avec la plus grande force, daiis un long tube de fer ayant la forme d'une queue de billard, et cela très-rapidement, sans intervalle et sans la moindre perte dft temps. Ce tube en fer, appelé canne, présente quelquefois, à son embouchure, des rugosités qui peuvent déchirer les lèvres des souffleurs, d'autant mieux que dans la manœuvre ils sont obligés de faire exécuter à la canne, en soufflant, un mouvement de rotation rapide, lequel ne peut s'opérer impunément que chez les ouvriers dont les lèvres sont, à la longue, durcies et faites au métier.
Cette manœuvre développe, en efl'et, une irritation chronique avec turgescence du derme muqueux et gerçures fréquentes aux commissures. « Ceux qui soufflent dans les tubes, dit encore Pâtissier, ont ordinairement, à la suite d'un travail assidu, les joues pendantes et plissées. »
Il est un accident des plus fâcheux qui a attiré particulièrement l'attention des hygiénistes; c'est la transmission de la syphilis entre les ouvriers souffleurs de verre. On comprend facilement, d'après ce que nous avons dit, comment cette transmission peut s'opérer par l'intermédiaire de la canne dans laquelle on souffle alternativement. Diday, entre antres, a insisté, à plusieurs reprises, sur cette singulière et triste cause d'infection syphilitique. C'est ordinai-