‹ Hygiène des Salons de CoiffureChapitre 9 sur 19 · PORT · texte numérisé non relu

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la baisait avec respect et on ne devait pas la couper, tandis que les cheveux longs, d’abord en honneur, furent ensuite considérés comme trop efféminés et durent être coupés, sauf autour des tempes, où la loi religieuse prescrivait de les respecter pour que les Hébreux se distinguent des peuples voisins qui se rasaient le tour de la tête. La femme portait les cheveux longs, mais elle ne les tressait pas ; elle ne les laissait pas non plus pendre naturellement : elle les enduisait de baume, d'huile et de parfum et les enfermait dans un filet plus ou moins riche et parfois tressé d’or et de soie. Tous se servaient d'huile et de parfums divers pour oindre la barbe et les cheveux.

Les Indiens tressaient leurs cheveux qu’ils portaient longs ; ils se rasaient les joues, mais laissaient au menton la barbe peinte de diverses couleurs ; leurs femmes portaient les cheveux longs et pendants, alors que les jeunes filles les ramenaient en les nouant sur le front.

Les Mèdes portaient la barbe et s’ornaient souvent d'une chevelure artificielle. #

Les Lydiens portaient parfois une sorte de turban comme les Orientaux modernes, mais contrairement à ceux-ci, ils ne se rasaient pas les cheveux, de sorte que ces derniers retombaient sur le front en petites boucles serrées qui descendaient jusqu'aux sourcils.

Les Samiens laissaient flotter leurs cheveux sur les épaules.

La chevelure fut en Grèce l’objet de soins tout particuliers ; jusqu'au v° siècle, hommes et femmes indis-

tinctement portaient de longs cheveux finement et sa-

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vamment bouclés, grâce à la frisure à l’aide du fer, et symétriquement disposés en longues tresses dans le dos, agrémentés sur le front et les tempes de mèches bouclées souvent surajoutées à la chevelure. Les hommes portaient la barbe frisée et en pointe. Après le v® siècle, les hommes devenus éphèbes se faisaient couper les cheveux, les adultes ne portaient plus la barbe ; parvenus à un âge avancé, ils laissaient pousser cheveux et barbe, mais sans exagération. À partir dela même époque, les femmes grecques obéissant à des caprices de la mode, après avoir enduit leurs cheveux de, parfums variés disposaient leur chevelure avec un art consommé suivant des modalités diverses ; chez certaines, les cheveux pendant en chignon dans le dos étaient séparés par une raie, sur le front ; chez d’autres, ils étaient réunis en nœud sur le sommet de la tête ; d’autres les portaient très relevés sur le front et rejetés en arrière par un diadème ; toutes enfin donnaient à leur chevelure la disposition que réclamaient leurs fantaisies individuelles. Le passage suivant d’un dialogue entre Lycinus et Théomneste sur les Amours (œuvre complète de Lucien de SamosaTE, traduction- Eugène TazLor), nous renseigne sur ce qu'étaient les soins de la chevelure féminine à Corinthe et à Athènes au n° siècle après Jésus-Christ : « Mais ce qui dépense le plus de temps, c’est la frisure des cheveux. Les unes, au moyen de drogues qui rendent les boucles aussi étincelantes que le soleil à son midi, les teignent comme de la laineet leur donnent un éclat blond qui leur fait perdre leur

nuance naturelle. Celles qui croient qu'une chevelure

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noire leur sied mieux, épuisent à les parfumer la fortune de leurs époux :; leur tête exhale l’Arabie tout entière. Des instruments de fer chauffés à une flamme douce contraignent les cheveux à se rouler en longs anneaux dont les boucles, conduites avec un soin minutieux jusqu'aux sourcils, ne laissent au front qu'un étroit intervalle, tandis que les tresses de derrière flottent fièrement sur le dos et les épaules ».

Les Etrusques hommes et femmes à l’origine, frisalent et tressaient leurs cheveux en longues nattes ou en boucles. Après le v° siècle avant notre ère, les hommes portaient les cheveux courts et les femmes se peignaient à la mode des femmes grecques.

Les anciens Romains, peuple de laboureurs et de soldats, gardaient cheveux et barbe incultes. Après le v° siècle et jusqu’à la fin de la République, les cheveux des hommes étaient courts et droits et la’barbe rasée ;. les femmes nouaient les leurs derrière la tête. Au temps des empereurs, les cheveux des hommes étaient d’abord simplement frisés et descendaient sur le front; au temps des Antonin, ils étaient bouclés ainsi que la barbe et parfois recouverts de perruques. À cette époque, les dames romaines se servaient du fer à friser et leurs façons de se coiffer étaient tellement nombreuses qu'au dire d'Ovide on ne pouvait pas plus-les compter que les chênes d’une forêt ou les abeilles de l’'Hybba; elles ajoutaient d’ailleurs parfois à leur chevelure naturelle, des cheveux empruntés ; c’est ce qui faisait dire * à Ovide : « une femme peut se parer d’une épaisse che-

velure qu’elle aura achetée, avec de l’argent, elle répare

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par des cheveux étrangers la perte des siens ». Elles les teignaient de préférence en blond avec une sorte de savon venu de Gaule ou portaient des perruques blondes venues de Germanie.

Les Pères de l'Eglise condamnaient ces usages, mais les chrétiens cédant souvent à l’entraînement, ‘se coiffaient de la même manière et s’attiraient les reproches de Tertullien ; celui-ei trouvait excessifs les soins qu’elles donnaient à teur chevelure et il leur disait « Ne parez pas vos têtes saintes et chrétiennes de la dépouille de quelques têtes étrangères qui sont pêutêtre impures, malsaines et condamnées aux peines de l’enfer ».

Les Gaulois aimaient se blondir les cheveux, de même d’ailleurs que les Germains ; ils portaient de longs cheveux tombant en liberté sur les épaules ou tressés en deux longues nattes ; ils se rasaient en général les joues et le menton pour ne garder que de longues et épaisses moustaches. Leurs femmes se coloraient en rouge les cheveux, les divisaient sur le front et les laissaient ruisseler sur leurs épaules natu- rellement d’abord, puis en tresses parfumées pendant la période gallo-romaine. Avant le 1x° siècle, c'était un privilège réservé aux hommes libres de porter les cheveux longs ; une chevelure rase était la marque de l'esclavage comme la tonsure était le signe distinctif des moines et du clergé. A la fin du x° siècle, tous les hommes ne portaient plus les cheveux que courts et arrondis en forme de calotte sur le haut du crâne:

Du x° au x siècle, la façon de porter la barbe ou

les cheveux varia continuellement suivant la forme du chapeau ou le désir de plaire au souverain. C’est ainsi que Charles VII devenu chauve donnait à ses courtisans l’ordre de raser leurs cheveux et que la cour de François I”, porta les cheveux ras et conserva la barbe à partir du jour où une blessure reçue obligea le ne à couper les siens. Le souverain donnait la mode. Le jour où Louis XII laissa tomber ses cheveux en désordre sur ses épaules, la cour adopta cette mode et ceux qui n'avaient pas assez de cheveux pour la suivre se munirent d’une perruque ; le port s’en généralisa après que le roi ayant perdu ses cheveux se mit à en porter une. On gardait alors la barbe avec les moustaches en croc.

Les femmes au xr° siècle tressaient leurs cheveux en deux nattes tombant dans le dos, nattes remplacées au xr1° siècle par un chignon qu’au xim° siècle, elles enfermèrent dans des résilles. Au xiv° siècle, elles les teignaient en blond ou en noir et les relevaient au-dessus de la tête, et au xv° siècle, alors qu’elles portaient le touret, puis le hennin, à peine quelques mèches frisées apparaissaient sur le front et sur les bords de ces coiffures. Sous Charles IX, elles frisaient et poudraient leurs cheveux en faisant adhérer la poudre au cheveu à l’aide d’un mucilage. Au début du xvrr° siècle, vint la mode des coiffures élevées avec des cheveux frisés, encollés, ce qui obligea la plupart des femmes à ajouter des faux cheveux à leur chevelure et fit naître l'usage des perruques ii gagna

les hommes.

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À ceux-ci Louis XIV devait imposer la perruque. Sous son règne, les hommes portaient les cheveux courts sous la perruque, la barbe était rasée, on laissait toutefois une légère mouche au menton, la moustache était petite et relevée:

Vers 1630, les femmes cessèrent de porter les perruques dont les hommes continuèrent à faire usage : elles divisaient alors leurs cheveux en trois parties, celle du milieu formait chigon en arrière et les deux des côtés tombaient en frisettes sur les oreilles. En 1680, elles les portaient liés en coque sur le sommet de la tête, à la fontange. Au début du xvii° siècle, elles gardaiïent la coiffure basse avec des cheveux très frisés, très bouclés et surtout abondamment poudrés, mais vers 1750, elles portèrent les cheveux bouclés, pommadés et relevés très haut, elles les recouvraient de chapeaux à forme des plus inattendues, forme de frégate par exemple.

À la fin du règne de Louis XV, vers 1770, les hommes avaient cessé de porter eux aussi la perruque et se contentaient de leurs cheveux naturels longs, bouclés et frisés de mille manières.

Après 1770, les coiffures de femmes changèrent continuellement ; Marie-Antoinette lançait chaque jour une forme nouvelle particulièrement haute jusqu’au Jour où perdant ses cheveux à la suite d’une couche en 1780, elle adopta le chignon plat.

Après la Révolution, avec Sieyès et la Constituante, les hommes portaient la chevelure courte avec cato-

gan, plate avec Marat, à la victime (cheveux très courts

derrière et barbe rasée) après la Terreur, ét après les Incroyables à l'antique avec le Directoire et Barras, c'est-à-dire blonds, frisés, bouclés et enduits d'huile. Les femmes fertiles en inventions nouvelles portèrent après la révolution, les cheveux de façons diverses, mais surtout tombant bas sur le front, les tempes et le eou avec de longues boucles sur les épaules’; sous le Directoire, comme les hommes, elles se coiffaient à lantique; mais avec les Merveilleuses reparurent les perruques.

Avec Bonaparte, les hommes rasés portaient les cheveux courts ; les femmes les portaient courts aussi, mais frisés et ceints d’un bandeau.

Sous la Restauration, les hommes étaient revenus au port de la moustache’et frisaient leurs cheveux, mais les gardaient peu longs, malgré les perruques des émigrés ; les femmes frisèrent les leurs et en firent des chignons. | ro,

Sous Louis-Philippe, les personnages officiels se crurent obligés de relever leurs cheveux en un toupet sur le front ; cette mode persista jusqu'en 1818, alors que les jeunes adoptaient la coiffure romantique. Depuis, les hommes ont conservé les ‘cheveux plus ou moins courts, avec ou sans barbe jusqu'à nos jours où, suivant des modes importées de l'étranger, les jeunes surtout, rasent barbe et moustache, portent cheveux longs et savamment frisés.

Les femmes sous Louis-Philippe, portaient leurs cheveux en touffes, en bandeaux ou en anglaises ; sous le

second Empire, on les vit d’abord avec des bandeaux

\ plats, des cheveux liés par un ruban et tombant sur le

cou, puis avec des chignons énormes de cheveux teints en blond ou en roux. Après 1870, elles faisaient grand usage et grand abus des faux cheveux. De nos jours, elles se contentent de leur chevelure naturelle qu'elles teignent de couleurs variées et qu’elles portent courtes depuis que les hommes ont tendance à les porter longs, : et s’épilent les cils en se fardant exagérément le visage.

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