‹ Hygiène des sédentairesChapitre 14 sur 56 · calories, c’est-à-dire d’élever d’un degré 2 litres à · texte numérisé non relu

calories, c’est-à-dire d’élever d’un degré 2 litres à

2 litres et demi d’eau, suffirait largement à notre entre-

tien quotidien.

La méthode de statistique urbaine, qui consiste à relever

ALIMENTATION

sur les registres d’octroi, la quantité de substances alimentaires introduites, et à diviser ensuite par le nombre d’habitants, pèche par un excès contraire : la ration ainsi lixée est toujours trop forte. C’est que l’on ne tient nul compte de la perte par avarie naturelle ou gaspillage. Ainsi, pour la viande, on ne défalque pas ce qui est saisi par le service sanitaire, ce qui s’avarie par les fortes chaleurs de l’été ou ce qui se perd dans les placards des ménagères imprévoyantes ; pour le pain, on ne tient pas compte non plus des croûtes qui alimentent des milliers de porcs dans la banlieue des grandes villes. Ni pour la viande, ni pour le pain, on ne songe à la consommation énorme qu’en font les animaux enfermés dans les grandes villes, les chiens principalement. D’ailleurs, que penser des moyennes établies entre des individus absolument différents. Ainsi, pour la viande, les enfants au sein qui n’en mangent pas et les enfants en bas-âge, qui n’en mangent guère, comptent autant que les ouvriers manuels. Il est vrai que, selon Gautier, qui fait autorité en la matière, ceux-ci prennent en plus, à peu près exactement, ce que ceux-là prennent en moins ou ne prennent pas, si bien que les deux causes d’erreur se corrigent de la façon la plus heureuse !!!

La méthode la plus simple, celle qui donne les résultats les plus approchés, consiste à déterminer la nourriture quotidienne d’un grand nombre d’individus de condition différente et de tempérament différent, soit dans les familles, soit dans les restaurants, soit ailleurs. C’est en procédant ainsi que j’ai pu fixer, comme suit, la ration des hommes "de bureau :

1° Pain 300 à 500 gr.

2° Viande 3° Légumes 4° Fromage 5° Fruits .

6° Bouillon 7° Boisson

120 à 150 gr.

500 à 700 gr.

80 à 100 gr.

200 à 300 gr.

500 à 800 gr.

800 à 1000 gr.

Dans le cas où le poisson ou les œufs rentrent dans la ration, la viande et les légumes sont diminués d’autant.

La ration des travailleurs manuels, dont je parle ici par l’intérêt seul de la comparaison, diffère surtout de celle des immanuels par la proportion de pain : cette dernière est deux ou trois fois plus forte, suivant le genre de travaux.

Ceci démontre que, malgré les progrès du bien-être le pain reste, pour notre race tout au moins, l’aliment le plus économique et peut-être aussi le plus physiologique du travail musculaire.

11 est relativement plus facile de fixer la qualité des aliments que leur quantité : la prédominance du travail du cerveau sur celui des muscles crée, chez les sédentaires, des besoins à peu près analogues, nécessitant en quelque sorte une ration de production commune. Aussi, en dehors des différences inhérentes aux tempéraments, j’aurai surtout à me préoccuper de la situation pécuniaire des individus : la qualité coûte plus que la quantité, dans les limites où je me place en ce livre.

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