III. — DES MUSCLES
Exercice proprement dit .
Les paroles de Plutarque restent toujours vraies : ceux qui n'exercent que leur corps sont trop durs et ceux qui n'exercent que leur âme trop mous.
Peu de gens travaillent uniquement par plaisir ou par intérêt ; et la dureté habituelle des ouvriers est plutôt reprochable à la civilisation qui les y condamne. Nombre de sédentaires, au contraire, pourraient s’exercer alors qu’ils ne le font pas, et leur mollesse n’a aucune excuse valable. J ’avotie* cependant, que les administrations et les particuliers font peu de chose pour assurer l’exercice
corporel de leurs employés de bureau ; je n’en connais pas qui aient eu l’idée d’interrompre de temps à autre le travail de l’esprit pour faire place à celui du corps. Cela viendra bientôt, espérons-le ; et je me félicite en pensant que ce petit livre pourrait bien y être pour quelque chose.
Je suis fort peu exigeant, en effet, au point de vue du temps qu’un homme de bureau doit consacrer à l’exercice Deux heures suffisent : une heure et demie pour la locomotion, et une demi-heure pour les mouvements aux exorciseurs ou l’exercitation volontaire. En admettant que la journée de cet immanuel soit de huit heures, il restera donc six heures pour le travail effectif. C’est bien suffisant pour un employé modeste ; ce serait beaucoup pour un grand travail de réflexion.
Cette période de temps m’étant accordée, en principe, il me reste à prouver qu’elle est suffisante, pour tirer dcv l’exercice tout ce qu’il est capable de donner.
Nous sommes en droit de lui demander trois choses ;
1° La santé ;
2° La force (et par force il faut entendre, non seulement la puissance des muscles, mais la vitesse et l’adresse) ;
3° La beauté.
Tous les exercices de santé sont nécessairement des exercices de force, dans une certaine mesure ; mais tous les exercices de force ne sont pas forcément des exercices de santé : nous verrons plus tard qüe pour faire des muscles, il faut de V estomac en trop. Quant à la beauté, elle est plutôt favorisée par l’exaltation de la santé que par celle de la force*
DE L’EXERCICE