‹ Hygiène des sédentairesChapitre 44 sur 56 · DES SAISONS · texte numérisé non relu

DES SAISONS

L’alimentation ne sera pas ce que l’on dit, au contraire : elle nourrira beaucoup sous un petit volume, de façon à laisser une large place à la digestion des boissons. On mangera donc peu, mais on mangera bien ; les rôtis seront substitués aux bouillis et les vins concentrés aux vins dilués : un peu de vin rouge pur sera un excellent tonique pour ceux dont le sang s’appauvrit et dont le système nerveux s’affaisse.

Peu de ragoûts, peu ou pas de rôtis au four, moins de bouillons ou soupes et plus d’œufs, de poulets, de porc froid, de fruits et d’aliments végétaux à vertu acide ou acidifiés artificiellement.

• Si l’estomac se fatigue, malgré tout, on insistera sur les claquements froids régionaux et sur les promenades en endroit ombragé et frais. On se lèvera de bonne heure pour goûter un peu la fraîcheur matinale. Entre 11 heures et 11 h. 1/2, on appliquera des compresses froides sur la région de l’estomac et du cœur ; vers 5 heures, quelques mouvements très doux à l’exerciseur élastique, et le soir, lorsque le soleil aura perdu ses feux, quelque temps de course, plus rapides que prolongés.

Par les chaleurs excessives, ce sera le repos à peu près complet avec claquements froids ou bains prolongés : on pourra se frotter humblement trois fois par jour : localement le matin au lever et de 11 heures à midi; en totalité de 6 heures à 7 heures du soir. Des bains d’air et de lumière suivront autant que possible les frottements-claquements.

3° Pour la santé vive l 'automne ! L’appétit revient, et l’on peut prendre des aliments plus lourds ; le ton général s’élève, et il est loisible d’augmenter la quantité d’eau

aux dépens des liqueurs fermentées. C’est la saison la plus favorable aux manifestations de la force : on exercera beaucoup ses muscles, et l’on ne résistera pas trop aux excitations sexuelles.

4° Enfin, voici Yhiver, qui devrait encore augmenter notre vigueur, et qui nous rend si souvent malades. La faute en est au monde et la faute en est à nous.

Au monde, parce que l’hiver n’est plus l’hiver. Nous ne voyons plus le ciel bleu qui égaye, ni les neiges abondantes et durables qui clarifient l’air le plus chargé, et donnent du brillant aux peaux les plus ternes; nous ne respirons plus l’air piquant et subtil qui avive les foyers et assainit tout. Nous n’avons qu’un ciel nuageux et bas, des vents d’Ouest soufflant périodiquement en tempête et une grande humidité ; c’est le climat relâchant de la Grande-Bretagne que les Français appellent plus vaguement temps mou.

Impossible de prévoir combien durera cette perturbation cosmique, qui affaiblit peu à peu notre race; qui nous apporte sous forme de grippe les principales maladies hivernales, et qui afflige par instants les plus solides. A l’époque surtout où le soleil, atteignant sa plus forte déclinaison australe, semble nous abandonner, en cette période de la Noël qu’on pourrait bien appeler le point mort de l'année, un froid excitant est nécessaire pour relever l’âme attristée.

La faute en est à nous qui devrions, par un surcroît d’hygiène, combattre cette mauvaise constitution médicale. Nous savons que la sueur disparaît presque, et nous ne faisons rien pour la ramener. A part quelques illettrés qu’un instinct solide dirigeait de ce côté, personne jus-

Page 1