II. — Hygiène de la déclinance
Nous connaissons déjà les désordres, produits par l’âge, et il suffira d’indiquer, dans l’ordre, les moyens d’v remédier.
1° D’abord le sang s’appauvrit, et l’on doit tout faire pour l’enrichir. Les promenades en air vif, très avantageuses en tout temps, deviennent ici presque indispensables : elles sont, peut-on dire, le salut des déclinants. L’alimentation par la viande rouge saignante, qui en tout temps contribue si puissamment aux beautés du sang, est particulièrement précieuse lorsque les globules pâlissent et que le sérum s’hydrate : son excès, ou pour mieux dire son usage irraisonné, a pu seul faire croire le contraire. La sudation, qui à toute époque de la vie contribue si efficacement au dépoisonnement, devient de plus en plus importante à mesure que la nutrition se trouble et que la part des principes toxiques éliminables par la peau augmente : il faudra donc se protéger contre le refroidissement et se livrer, de temps à autre, à des exercices de sudation, à la course de préférence. Courez peu,
si vous ne pouvez courir beaucoup ; courez en flexion, s’il vous est pénible de courir en extension; ne faites que 100 mètres, si une plus longue course vous donne des battements ou vous essoulïle; mais courez toujours, courez pour ainsi dire jusqu au seuil de la vieillesse : vous ne sauriez trouver un meilleur moyen de vous conserver.
2° Ensuite, les muscles s’atrophient et la graisse les remplace, en grande partie. Les exercices en général permettront de limiter cette substitution; mais il ne saurait y avoir entre eux aucune comparaison : Vexer citât,ion volontaire est souveraine pour conserver les réserves de chair.
3° Enfin, la digestion est de plus en plus imparfaite, et les dangers d’une formation plus considérable de poisons (toxémie gastro-intestinale), ou d’une absorption plus grande (auto-intoxication) s’accroissent. Que fait Metchnikoff pour nous tirer de là ? Ne pouvant obtenir l’extraction du gros intestin, il en acidifie le contenu par le petit-lait aigri ; et bientôt des urines claires annoncent que l’auto-infection s’est, en effet, très restreinte. Mais on ne change pas impunément, pour longtemps, la réaction d’une portion de l’intestin; nombre de personnes ont de la diarrhée et à peu près toutes du dénourrissement : certaines combinaisons minérales très précieuses passent dans les urines. Ces inconvénients sont peut-être peu sensibles chez des montagnards, qui ont pour eux une grande densité de tissus, un milieu exceptionnellement excitant, et très souvent un petit-lait fort riche (celui que donnent les brebis béarnaises au moment où elles pâturent dans la montagne contient encore plus de beurre que le meilleur lait de vache). Mais doit-on s’en rapporter à des obser-