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L'ÊCLAIRJIOE DC SOIR ET LA MYOPIE

Enfin, y a-t-il on combustible d'éclain^e préférable pour le travail du cabinet?

En ce qui touche l'intensité du foyer lumineux :

La physique nous fait connaître l'inlensité comparée des diverses sources de lumière. Mais, a-t-on jamais ramené cette étude théorique à ses applications au cabinet de travail?

L^abbé Hoigno a précisé, de la façon suivante, la valeur éclairante, pour un même poidsy des combustibles d'éclairage les plus usités :

fiongiedettéarioe, prise pour ooitédelomière. 100

Bougie de paraffine 130

Haile de colza bien effarée (Cmreel oa modérateur 168

Gaz de hooille (à fr. 30 le m. c) 70

Pétrole d'Amériqoe à 210* 279

Pratiquement, on admet que la combustion de 100 litres de gaz, pendant une heure, donne la même lumière que Ton obtient, soit avec une lampe Carcel, soit avec huit chandelles ou sept bougies de cire.

Dans les usages domestiques, le combustible n'est pas tout : il faut ajouter à sa valeur propre, ou en retrancher les avantages ou les inconvénients de l'appareil employé, de la lampe dont on se sert; tenir compte du nombre, du diamètre des orifices dont sont percés les becs, du courant d'air qui règle et

active la combustion, etc., conditions qui font varier la consommation des combustibles et l'intensité de la lumière.

Enfin, la distance du foyer fait varier l'intensité de la lumière qui est, comme on le sait, en raison inverse du carré des distances.

La vue est-elle exposée à être atteinte par l'intensité de la lumière artificielle, dans le cabinet de travail?

Théoriquement, on peut dire, avec le D' Javal, que l'éclairage artificiel ne sera jamais trop intense, car jamais, quelle qu'en soit la source, il n'approchera de l'intensité de la lumière solaire : toute source de lumière artificielle devient négligeable, au point de vue de sa force, si on la compare à la lumière naturelle.

Mais le foyer de la lumière solaire est placé à une telle distance que son intensité n'est jamais nuisible, quand on ne reçoit pas de rayons directs, et qu'il ne s'agit que de lumière diffuse, la seule qui convienne/ à l'œil, tandis que nos foyers de lumière artificielle, si pauvres comparativement, quant à leur intensité d'origine, peuvent, lorsqu'ils sont trop rapprochés ou mal placés, avoir une action funeste pour la vue, / soit en raison de l'intensité croissante qui résulte de ce rapprochement, soit à cause de l'influence des rayons réfléchis et des rayons directs qui l'emportent ici sur les rayons de lumière difl^use.

CBOIX dKS COMBUSTIBLES, APPAIIKILS» DlSl^OSlTlKS. 73

Or, pour augmenter Tintensitô de nos foyers d*éclairage, sans élever la dépense, nous les plaçons près, très près, trop près de nous. Ce n'est plus alors de la lumière diffuse qui nous éclaire, c'est de la lumière reQéchie sur le papier, qui frappe nos yiuix et les fatigue. Un lustre portant un très grand nombre de bougies, suspendu au plafond du cabinet do tra< vail, verserait dans la pièce, une lumière iullniment plus abondante, bien mieux ré|>artie, mais beaucoup moins nuisible pour les yeux (luo cotte lampe de bureau, voisine de notre papier. C'est donc moins l'intensité du foyer que la qualité de la lumière qu'il faut considérer.

Laissant de côté, pour le moment, la question de viciation de l'air, que nous traitons plus loin, faut-il condamner certains combustibles d'éclairage, accusés par le vulgaire et môme par beaucoup d'hygiénistes, de donner une lumière trop intense, ou spécialement fâcheuse pour la vue?

Est-il vrai que le pétrole donne une lumière trop vive, dont l'éclat et la blancheur fatiguent rapidement la vue?

Est-il démontré que la lumière du gaz soit dangereuse pour les yeux dans les conditions où on en use pour le travail du cabinet? Un bec unique donne-t-il un éclairage trop intense? Ceux qui accusent le gaz de ce défaut, ne songent-ils pas un peu trop aux lustres à gaz des magasins, théâtres, cafés,... dont

les dispositifs n'ont rien à voir avec le simple bec de gaz du cabinet de travail?

Les conseils partout répétés de masquer la flamme du gaz par des verres dépolis, des verres azurés ou de couleur jaune n'ont-ils pas leur origine dans la confusion que je signale? Pour moi, dans toutes les classes, les études, où l'on a appliqué ces palliatifs d'une lumière considérée comme excessive, j'ai toujours vu en réclamer la suppression pour cause d'insuffisance d'éclairage.

Est-il prouvé que les combustibles, tels que bougies, huiles végétales, d'un pouvoir éclairant moins intense, soient plus favorables à la vue ; que les rayons jaunes qu'ils fournissent soient mieux acceptés par les milieux de l'œil *?

Est-il mieux établi que les rayons chimiques fournis par tel ou tel combustible d'éclairage aient une grande importance, quand il s'agit de l'éclairage si modeste du cabinet de travail?

Les défauts bien connus, et ici particulièrement intolérables, de la lumière électrique, telle que Ta-

1. Une expérience comparative a été faite dans un lycée de Paris, et semble avoir réduit à sa juste valeur rinfluence nuisible pour la vue attribuée à l'éclairage par le gaz. En comparant entre elles deux périodes de trois années chacune (pendant la première, le gaz senl a été employé dans la salle d*étude; durant la seconde, on s'est servi uniquement de lampes à huile végétale), le résultat a été celuici : les ophthulmies ont été plus nombreuses pendant cette dernière période.

riNTENSlTÉ ET LA COGLEUR DES RAYONS LUMINEUX. 75

valent fait connaître de premiers essais trop imparfaits, doivent-ils faire condamner absolument ce mode d'éclairage, pour le cabinet de travail, malgré les avantages dont nous allons parler un peu plus loin, et les perfectionnements dont il est susceptible?

Il est certain^que les bougies donnent une lumière presque toujours insufGsante, vacillante, et par conséquent tout à fait impropre à un travail de quelque durée.

La vivacité de la lumière du pétrole et du gaz, la blancheur de ces flammes ne deviennent un danger que si, — comme on le fait trop souvent, — on place les lampes à pétrole à la même distance du papier ou du livre, à laquelle on placerait une bougie ou une lampe à huile végétale.

La distance du foyer lumineux au papier — distance horizontale ou verticale, — devrait être calculée, suivant Tintensité de la lumière.

Avec une flamme fixe et non tremblotante, sans vibrations, — ce qui est essentiel et peut toujours être réalisé*, sauf avec les bougies, — les dangers

i. On obtient cette fixité de la flamme du gaz au moyen d*un régulateur spécial adapté au compteur, soit mieux encore, par un petit appareil ajusté à chaque bec. Nous avons vu un régulateur de ce genre adapté à tous les bee* de gaz de VEcole Monge. Le gaz traverse une petite boite dans laquelle un chapeau métallique, dont les bords plongent dans de la glycérine, se soulève plus ou moins, suivant la pression, règle le passage du gaz et sa consommation.

de réclairage pour la vue liennent moins au com-r bustible employé, qu'à Tusagc presque toujours irrationnel que Ton en fait, et aux dispositifs dont on se sert.

La lecture, l'écriture, le travail trop prolongés, même à la lumière diffuse naturelle, fatiguent la vue, sans que Ton songe à accuser cette lumière. Faut-il s'étonner que ces abus de travail soient encore plus à craindre avec des foyers de lumière artificielle, si mal disposés, si rapprochés de nos livres, que nous ne recevons plus que des rayons réfléchis par des surfaces blanches?

Est-il étrange que la vue s'altère dans cette pièce où un point seul, le bureau, est vivement éclairé, tandis que tout le resie est dans une obscurité relative presque complète, où l'œil passe sans cesse, des teintes sombres de la pièce à l'éclat de la lumière réfléchie par un papier blanc?

La question est bien complexe, et il n'est pas li aisé de dégager et d'affirmer la part du mode d'éclairage, au milieu de causes si nombreuses : couleur du papier, caractères d'imprimerie trop petits, contraste entre la blancheur du papier et la couleur noire des caractères, etc., qui concourent à produire les altérations de la vue chez les hommes de cabinet. *

Quant à l'intensité de la lumière, ce qui paraît le mieux démontré jusqu'ici, et ce qu'il convient peut-

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