‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 39 sur 106 · Fleury, H^jièhet t. I · texte numérisé non relu

Fleury, H^jièhet t. I

CILCUL £T IPPLICATIONS PRATIQUES. 81

de charboa non brûlé, l'oxygène est remplacé par des gaz plus ou moins toxiques : acide sulfureux, gaz ammoniac, oxyde de carbone, sulfure de carbone, acide salfhydrique, etc.

L'hygiène générale proscrit l'éclairage du cabinet de travail par le gaz, bmlant à l'air libre, dans la pièce.

La Ticiation de Tair est beaucoup moins rapide et beaucoup moins grave avec l'éclairage à l'huile. La combustion de Thuile élève moins la température : tandis qu'un bec de gaz élève, en une heure, 154 mètres cubes d'air de 0° à 100*, une lampe à huile ne porte, dans le même temps, que 20 mètres cubes d'air a 100*. Tandis qu'en une heure un bec de gaz verse dans l'air d'une pièce plus de 125 litres d'acide carbonique, une bonne lampe à huile n'en donne que 15 litres environ.

Une lampe à huile, consommant 42 grammes par heure, exige, dans ce temps, 1 m. c. 26G d*air, soit le tiers de cette quantité d'oxygène. Nous sommes loin des 2S4 litres d'oxygène nécessaires, par heure, pour un bec de gaz !

Les produits de la combustion de l'huile sont moins dangereux. Une bonne lampe à huile, bien réglée, à courant d'air, réduit au minimum les produits de combustion incomplète : fumée, charbon, carbures, etc. Déjà plus maniable, l'éclairage à l'huile est donc encore, dans Tétat d'imperfection de nos

miAXT. 6

moyens d'éclairage des pièces d'habilâLiou, celui qui, avec un appareil convenable, altère le moins vite çt le moins complètement l'atmosphère respirable. Il y a quelques mois, on aurait pu citer, mais alors, à titre de curiosité seulement, l'éclairage par la lumière électrique, éclairage si favorable, à priori^ en ce qu'il n'élève pas la température, et ne vicie pas l'air des pièces habitées ; mais encore eut-il fallu se borner à en parler pour le cas plus ou moins improbable où cette lumière deviendrait divisible, maniable, égale, fixe, à bon marché, etc. Enfin, il eut fallu réserver toute appréciation pour le temps où ces conditions essentielles auraient été réalisées. Mais l'année 1882 a montré les progrès inespérés qu'a pu faire ce mode d'éclairage, et en particulier au point de vue de la distribution, de la division, et surtout de la fixité, indispensable pour le travail. Déjà, l'on éclaire non plus seulement des rue?, mais des quartiers, des trains de chemin de fer, des bateaux àvapeur, des magasins, des théâtres, une gare entière (la gare de l'Ouest), à la lumière électrique. Tout cela, je le reconnais, n'est pas encore l'éclairage appliqué à un cabinet de travail; mais le temps est proche où des essais suffisamment étudiés et prolongés permettront à l'hygiène de se prononcer, non plus à priori j mais après expériences, sur un mode d'éclairage, qui ne peut manquer d'être excellent, quand il aura reçu les perfectionnements indispen-

COULEURS DES PAROIS. MURS, PAPIERS, TEi^TTURES. 83

sables qu'eiige cette nouvelle et plas délicate application.

Pour terminer ce sajet, il reste une obsenration à faire :

Partant de ce principe que le travail de cabinet, pour n'avoir pas d'influence fâcheuse sur la santé, ne doit pas condamner i une attitude trop longtemps continuée, à la station assise indéfiniment prolongée, mais qu'il doit être entrecoupe, interrompu par la marche, par des allées et venues, constituant une très utile diversion physique, un temps d'arrêt, un repos, où l'esprit puise des forces nouvelles afin de se remettre à l'œuvre avec plus d'entrain, il nous parait très avantageux que l'appareil d'éclairage permette le travail assis, et le travail debout, à la table Tronchin, par exemple, ou même la lecture en marchant dans le cabinet. Ces deux dernières conditions ne sont réalisables qu'avec une lumière tombant d'un point élevé.

La lampe àhuile se prête à ces exigences. Elle peut être placée surle bureau, pour le travail assis; dans une suspension ou sur des supports appliqués aux murs pour le travail à la table Tronchin, pour la lecture en marchant.

X. —7 Parois^ murs, papiers^ tentures^ rideaua\ tapis du cabinet de travail. Influence de la couleuvy delaparosilé des surfaces. — 11 faut compléterici, par quelques indications, ce qui a été dit plus haut, à

propos de réclairage du cabinet de travail. Le soin que l'on a pris d'éviter les reflets du dehors serait superflu si les murs, parois, papiers, tentures, tapisseries, tapis, meubles, pouvaient, par leur couleur très claire, former des surfaces propres à réfléchir les rayons lumineux venus de l'extérieur, ou émanés des appareils d'éclairage artificiel.

L'usage a presque consacré, pour le cabinet de travail spécialement disposé à cet effet, les tentures et papiers à fond vert, vulgairement regardés comme plus favorables pour la vue. Cette teinte a au moins l'avantage incontestable d'éviter les reflets. On se défiera toutefois des peintures, papiers, tentures, tapis de couleur verte ; on s'assurera que le vert de Schweinfurt, c'est-à-dire que l'arsenic n'entre point dans la matière colorante, car il est prouvé que non seulement les sels arsenicaux toxiques se détachent des papiers ou étoCTes, sous forme dépoussière, mais qu'ils peuvent se dégager, même sous la forme gazeuse, qui rend plus inévitable encore l'absorption de ces composés vénéneux.

Les papiers à teinte bleue ou chamois, un peu moins sombres et un peu moins tristes le soir, sont considérés par quelques auteurs, comme propres à rendre les mêmes services pour l'hygiène dala vue, On n'acceptera papiers et étoffes, qu'après avoir acquis la preuve qu'ils ne renferment aucun composé plombique ou arsénifère.

LE MOBILICE DC CÂBf5ET DE TRAVAIL. 85

Enfin, dans une pièce très souvent et très longtemps habitée, soumise pendant de longues heures, diaqae joar, aux émanations organiques, à la condensation de la vapeur d'eau provenant de Tévapora* tion pulmonaire et cutanée, il faudrait pouvoir, de temps en temps, laver à fond, lessiver, désinfecter, ou renouveler toute surface capable de s'imprégner de ces produits. Il faudrait remplacer les enduits poreux, les peintures à la colle des plafonds, par des peintures à Tbuile et des vernis, que Ton pourrait laver chaque année. Les papiers chargés de colle, c'est-à-dire de matière oi^nique, surtout ces papiers veloutés que recherche la mode, semblent de vraies éponges placées sur les parois des pièces habitées, pour y recevoir, et y condenser les miasmes. 11 y a tout avantage à employer des papiers plus unis, moins^Jt^aux peut-être, moins coûteux, mais qui seront plus souvent renouvelés.

XI. — Mobilier du cabinet de travail (siège, bureau, bibliothèque). Hauteur de la table et du siège. Distance; influence sur les attitudes et la myopie. Table à la Tronchin. La propretéy les poussières et les micumes. — Encore que nous n'ayons à étudier ici le mobilier du cabinet de travail qu'au point de vue deThygiëne, il ne sera pas déplacé de recommander un mobilier simple, choisi dans toutes ses dispositions, en vue de l'utilité plus que de l'effet. D'ailleurs, la simplicité de sa construction et de ses dis-

positions, l'adoption des lignes droites, le soin d'éviter les sculptures, moulures et autres effets décoratifs, auront l'avantage de supprimer les nids à poussière, déjà trop nombreux dans une pièce souvent encombrée délivres et de papiers, qu'il est bien difficile, sinon impossible de remuer, et d'épousseter souvent. Or, dans un milieu habité un si grand nombre d'heures, en général si peu, si mal aéré, si rarement, si inefficacement ventilé, où bibliothèque, livres, papiers, casiers, tapis, rideaux, présentent déjà tant de surfacespropresà retenir les poussières, les miasmes humains, les débris organiques, tout doit être combiné pour atténuer, et non pour aggraver des conditions déjà si défavorables.

Il est important de ne pas encombrer de meubles inutiles une pièce souvent déjà trop exiguë, trop pleine délivres, de cartons, de dossiers, de papiers, au détriment du cubage d'air, et de l'espace où l'on peut se mouvoir, dès que l'on quitte la position assise.

On devrait se contenter dans le cabinet de travail des meubles les plus essentiels : tels que bibliothèque, bureau, sièges.

Les bibliothèques ouvertes en forme de casiers, à une seule rangée de livres en profondeur, sont plus favorables aux recherches, peut-être à la conservation des livresque les vitrines fermées, et en forme de meuble, surtout dans les rez-de-chaussée et les

Page 1