II* partie, chap. iv, g m
LA SCUnQUE, LA CRAMPE DES ÉCRIVAINS. 93
Il n'y a pas d'adulte intelligent qui , son attention éveillée sur ce sujet, ne trouve la hauteur de siège qui lui convient le mieux, la hauteur de table qui lui permet de se tenir droit pendant le travail, pendant qu'il écrit, et qui soit en rapport avec la portée de sa vue. Chacuti comprend, dès qu'il y réfléchit, que pour lire, il y a une inclinaison (45*) différente de celle qui est nécessaire pour écrire (15* à 18').
Nous n'avons jamais conçu le fol espoir d'astreindre le penseur, l'auteur, Fécrivain à prendre une attitude mathématiquement déterminée et régulièrement observée. C'est déjà peut-être aller bien loin que de compter retenir l'attention sur ce point d'hygiène, qui a cependant une réelle importance.
Il est bon que le fauteuil de bureau ne soit pas assez confortable pour que Ton soit tenté de ne pas le quitter. La disposition hémorrhoïdaire, si commune chez les hommes de bureau doit, toutes les fois que cela sera possible, être combattue et par Tusage d'un siège plat, un peu dur, et surtout par l'habitude de se reposer de temps en temps de la station assise, en changeant de place, d'attitude; quelques instants de mardie dans le cabinet reposent à la fois l'esprit et le corps.
Mais la marche ne permet plus que la méditation ou la lecture ; et parfois la besogne à expédier, les feuillets à remplir, la copie à fournir, les signatures
à donner à une heure déterminée, ne permettent pas que Ton quitte la plume.
Un pupitre élevé, une table Tronchin, sur lesquels on peut écrire debout, forment une excellente addition au mobilier du cabinet de travail; on obtient ainsi la variété des attitudes, même quand l'uniformité du travail s'impose.
Je dis : variétés (Tattitudes; en effet, j'ai connu des écrivains qui, exagérant l'excellent conseil de faire usage de la table Tronchin, avaient, pour ainsi dire, remplacé leur bureau par ce meuble, en ce sens qu'ils n'écrivaient plus jamais que debout. J'en sais qui ont payé cette pratique abusive par des varices fort gênantes des membres inférieurs : pour éviter un mal, ils en avaient créé un autre. La prescription avait été mal suivie, ou peut-être mal faite; le danger d'une attitude trop longtemps continuée a pour remède, non pas une autre attitude également constante, mais la variété des attitudes : il faut donc faire
alterner le travail au bureau ou travail assis, et le travail à la table Tronchin ou travail debout !
L'hygiène, et ce qu'on appelle le confortable, sont loin d'être synonymes.
Le cabinet garni de grands rideaux, le plancher couvert de tapis, constituent des dispositions que le confortable approuve, mais que l'hygiène accepte avec moins de faveur. Toutes ces étoffes de laine qui ne sont que fort rarement enlevées, nettoyées à fond,