‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 68 sur 106 · LE SURMENAGE CONTINU. W. SCOTT. LAMARTINE · texte numérisé non relu

LE SURMENAGE CONTINU. W. SCOTT. LAMARTINE

Tant qu'il n'aspire qu*à la gloire, je ne dirai pas que W. Scolt ménage prudemment une santé devenue , délicate, ou déjà compromise par le travail ; ^sar c'était un malade qui dictait ces iO volumes, parmi les luels figurent : Ivanhoë^ la Fiancée deLammermoor^ les Contes de mon hôte, le Monastère^ VAbbé^ Kenilvjorthy etc.. Cependant, au début, le rude labeur que l'auteur s'impose, est encore tempéré par le régime sévère auquel il consent à se soumettre.

Mais après 1826, après le désastre de Constable, son éditeur, pour lequel il avait engagé sa signature, mais quand il s'agit de travailler pour sauver son honneur, W. Scott lutte sans trêve, sans ménagement, sans pitié pour lui-même. De six heures du matin à une heure très avancée de la nuit, il travaille, interrompant à peine pour prendre ses repas, sa fiévreuse et incessante activité. Quand enfin le docteur Abercrombie put l'arracher à ce travail forcené, surhumain, son client, son ami était paralysé, usé. L'honneur du nom était sauvé ; la noble tûche était remplie; mais W. Scott était mort!

Nous avons vu Lamartine se condamner à ce travail d'ilote. Il devait, lui aussi, conjurer une ruine, ruine volontaire, et pendant des années, il écrivit aussi vite que pouvait courir sa plume : plume agile, s'il en fut, qui fournissait les livraisons sans nombre du Conseiller du peuple^ les pages de V Histoire de

la Restauration, de Raphaël, de Geneviève, de "^aziella, des Constituants, de tant d'autres ouvrat,-<;s, avec une fécondité que l'dge ne diminuait pas. Ce furent les lecteurs, les admirateurs de Lamartine qui se lassèrent avant lui !

III. — Le surmenage accidentel. Les livres qui m sentent pas Vkuîle. Examens ; contowrs; le crnm~ ming. — Mais ce qui est bien plus commun et peutêtre plus insidieux encore que le surmenage continu, c'est le surmenage intellectuel que j'appellerai accidentel, temporaire, ne portant que sur une période de temps plus ou moins longue : jours, semaines, mois, années, pendant laquelle on nequitte plus le cabinet de travail, pendant laquelle on vit dans un état constant de surexcitation mentale et d'anxiété, ne laissant aucune place à la réflexion, à l'observation de soi-même. C'est ce qui arrive, par exemple, dans cette période qui précède les examens, les concours', dans ces jours de fièvre où l'on doit préparer en toute hilte, et pour une heure déterminée, un rappori, un mémoire, un discours, un plaidoyer, un article, un livre, dont les matériaux, les documents, les éléments, les pièces indi^ pensables ne sont obtenus le plus souvent qu'à la

1. Elles sont nombreuBes aujouril'hiiî les carrifcrïs oit il y a une limito d'âge, où an examen, un concours, un dipldme forment une bsrriËre qu'il l^ut franchir, souvent i jour flxe. On conçoit quelle dose, quelle intensité de travail el de surcxcilatiun mentale cei conditions impoMnt à la jeunesse!

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