‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 71 sur 106 · LE TRAVAIL DU MATIN · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL DU MATIN

du monde, et trouver, comme il peut et où il peut, la place de ces huit heures de travail. De repos régulier, il ne peut plus être question; tout exercice physique utile est supprimé, bien entendu, faute de place et de temps. Quant aux heures qui devraient être réservées au sommeil, le sommeil en aura ce que le travail laissera de libre : la nuit est le fonds de réserve sur lequel se paient toutes les pertes de temps volontaires ou involontaires de la journée. La question de la dose du travail se complique donc de celle de sa distribution, qui devient même la plus importante. Seul, peut-être, un savant, qui vit en dehors de toute obligation professionnelle ou mondaine, est le maître à peu près absolu de la distribution de son temps de travail.

En dehors de cette situation quelque peu exceptionnelle, celui qui doit concilier les obligations d'une profession active avec le travail du cabinet, cherchera surtout dans une bonne distribution de la journée le secret de faire à ce travail une part aussi large que possible, sans porter atteinte à la santé.

V. — Le travail du matin, — Le travail du matin est, chacun le sait, le plus facile, le plus profitable ; il dépend plus de notre seule volonté et peut être, par conséquent, plus régulier. Prendre l'habitude de se mettre au travail de bonne heure, n'est pas moins habile que salutaire. Deux heures données au travail, avant toute fatigue, avant tout dérangement

avant le trouble que les affaires et les relations vont apporter dans nos idées et nos occupations, sont cent fois plus fructueuses que le même temps prélevé sur les heures du soir, après le labeur d'une journée bien remplie. Ce travail attardé ne nous donnera que des résultats médiocres ; — encore sont-ils douteux! En effet, si le travail du matin est définitivement acquis et à l'abri de l'imprévu, remis aux heures tardives du jour, il a toutes les chances possibles d'être supprimé pour mille motifs, ou d'être reporté à la période de la nuit qui réclame un sommeil auquel on ne peut rien retrancher, sans péril pour la santé.

VI. — Le travail du soir et de la nuit : Leibniz, Bossuet, — Le travail du soir, et surtout le travail de la nuit, est plus incertain, moins régulier, moins productif. Habituel, le travail de nuit serait pour les facuhés intellectuelles une cause de surmenage et d'épuisement. Beaucoup le préfèrent, sous prétexte qu'ils ne peuvent, disent-ils, penser, écrire aisément que dans le calme et le silence de la nuit. Le matin n'offrirait-il pas les mêmes avantages, avec la fatigue du cerveau en moins, avec la facilité, l'abondance et la fraîcheur des idées en plus?

Or, ce travail du matin, si fructueux, on le perd, quand on travaille la nuit. Si peu que Ton accorde à la nécessité du repos, il faut bien, quand on a passé toute la nuit dans le cabinet de travail, réserver au

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