‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 78 sur 106 · VOLTAIRE, ROUSSEAU, BOERHAAVE, DAUBENTON · texte numérisé non relu

VOLTAIRE, ROUSSEAU, BOERHAAVE, DAUBENTON

se reposait plus complèleraent par un travail purement mécanique : il copiait de la musique.

Le grand Frédéric abandonnait un instant les lettres pour jouer de la flûte.

Boerhaave, qui cultivait avec un égal succès la science et la pratique médicales, donnait un conseil qu'il était, lui-même, le premier à suivre.

€ Idem objectum frangit animum; varietas recréai, Ergo a mathematicis œntemplation ibus oporlel ad poeseos délicias transirez et a medicis meditationihuSy ad historiée flores descendere *. » Il n'ajoute pas, mais Fontenelle nous l'apprend, qu'il savait aussi se distraire du travail sérieux par la musique, et que, quand il ne pouvait soilir de chez lui, pour prendre du repos, il jouait de la guitare *.

€ Les travaux de l'esprit poussés trop activement exigent surtout des intervalles de repos qui rétablissent Ténerçie de l'oipine cérébral. Bien plus, si les excitations de la pensée vous font une sensation trop impétueuse, trop irritante et dangereuse, arrêtezvous, on do moins faites que l'intelligence, outre des inler\'alles de repos, de rémission, se reporte souvent sar des objets qui ne peuvent la raligner. C'est ainsi qu'un administrateur célèbre, obligé à de rudes et longs travaux sons Napoléon, mettait, comme Daubenton, $on esprit à la diète. Ce qu'il

i. Boerbaave, PntUctiomes.

S. FonleaeOe, Éhge de Boerkmëwe,

préférait à tout, étaient les spectacles gais, d'un comique vulgaire, où se trouvent bon nombre de lazzis, de ces amusantes niaiseries qui font rire et digérer*. f>

Qui n'a pas ces précautions, ces goûtsj^ ces loisirs peut, sans interrompre un travail pressé, introduire encore une utile variété dans le fond, dans la forme ou le mode de travail auquel il est astreint. La réalisation de toute œuvre intellectuelle comprend un certain nombre d'actes qui peuvent être exécutés tous par la même personne, ou dont l'auteur peut confier à un aide la partie matérielle. Ainsi, tel auteur, après avoir arrêté le fond et la forme de son idée, fixe lui-même par l'écriture la formule définitive qui traduit sa pensée. C'est le travail complet. Tel autre n'écrit plus lui-même, mais il dicte celte formule, à mesure qu'elle s'élabore dans son esprit. C'est un travail partiel. Travailler en dictant repose de travailler en écrivant. On peut dicter debout, en §e promenant dans son cabinet. Écrit-on soi-même? on peut se reposer du travail assis, en écrivant debout, à la table Tronchin. Le travail de la méditation, de la composition peut se faire assis, debout, en marchant. De là, et pour le même travail, d'utiles variantes qui permettent, même sans changer de sujet, sans faire succéder une œuvre à une autre, de ne

1. Réveillé-Parise, Études sur V homme dans Vétal de santé et dansVétatde maladie, 2* édition. Paris, 1845.

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