CAUSE DE LA CRAMPE DES ÉCBITAIISS. ISS
plus demander aux organe, à chaqae faculté, qu'un mode d'activité limitée, alternant avee des intervalles de repos.
m. — La crampe des écrivaint. Causes. Traitement hygiénique rationnel. — Ce qui est vrai du cerveau n'est pas moins vrai des autres organes mis en œuvre à propos du travail intellectuel. Une maladie, la crampe des écrivains, est fréquente chez ceux qui écrivent sans interruption, sans repos.
On sait que la crampe des écrivains {Schreiberkrampf, choreascriptorum^ etc.) est une maladie caractérisée par rinaptitude de certains muscles du pouce et de Tindicateur de la main à se contracter régulièrement, pendant que Ton écrit : inaptitude qui contraste de la manière la plus frappante avec la conservation de l'état normal, de la force et de la contractilité des autres muscles de la main et de l'avant-bras.
Pendant que la médecine poursuit ses recherches à Teffet de déterminer la nature de la maladie et de lui assigner son vrai nom : crampe, contracture, chorée, paralysie, spasme fonctionnel,... et d'établir le traitement rationnel et efficace de cette affection, l'hygiène tient, point de vue plus pratique, à bien préciser les causes de la maladie, pour la prévenir, ou pour en atténuer les effets.
Cette question est des plus intéressantes, aujourd'hui que la plume est dans toutes les mains, ^'
qu'elle se ressent, elle aussi, de notre fiévreuse et dévorante activité, de ce nervosisme que notre littérature traduit si bien, graphiquement et moralement. Nous croyons l'hygiène en mesure de se prononcer, dès à présent, sur les causes de la crampe des écrivains. Des faits nombreux, un grand nombre d'observations raisonnées, concluantes, mettent l'hygiéniste à même de remontQr sûrement des symptômes observés dans cette maladie, à leurs conditions pathogéniques.
Longtemps on s'est contenté de cette affirmation banale, que la crampe des écrivains a pour cause l'abus de l'écriture. Cette notion générale n'aboutirait qu'à une conclusion hygiénique : cesser d'écrire ou écrire moins : inutile ou désespérante solution pour qui n'est pas libre de déposer sa plume ou de modérer son travail; enfin solution n'allant pas au vrai but, n'indiquant pas les moyens préventifs, ou prophylactiques, faute d'avoir pour point de départ une connaissance moins grossière, plus précise de l'étiologie.
Encore que la dose exagérée du travail écrit contribue à augmenter le mal, la question est moins de savoir combien l'on écrit, que comment l'on écrit. Et l'on va voir que l'étude des procédés mis en œuvre est ici plus intéressante et plus féconde en déductions hygiéniques et pratiques, que la notion de l'abus du travail écrit.