‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 81 sur 106 · COMMENT ON PEUT PRÉVENIR LA MYOPIE · texte numérisé non relu

COMMENT ON PEUT PRÉVENIR LA MYOPIE

alors plus étendu. Tout cela est vrai, indiscutable.

Et maintenant, pratiquement, est-ce réalisable? Songe-t-on à ces détails, quand on se met à écrii*e, quand on travaille à son bureau? La vérité est que Ton ne prend aucune de ces précautions, que l'on écrit comme on se trouve, sans veiller à la position du siège, en se plaçant le plus souvent fort mal. Pour les écoliers, une fois que l'on a eu déterminé la meilleure position du siège par rapport à la table, la solution a été simple : on a invariablement fixé ces deux meubles dans cette position type ; ce qui n'est pas d'ailleurs sans quelques inconvénients, même à l'école. Pour les adultes incorrigibles, incapables de prendre à la table de travail une attitude convenable, ce sera une ressource extrême : l'expérience en a prouvé toute l'efficacité. Pour les autres, nous venons d'exposer les principes, d'indiquer les moyens. Ils ne pourront plus exciper de leur ignorance. Bien s'asseoir devant la table de travail, est synonyme de s'asseoir le plus près possible de son bureau, et cela sert non seulement à bien écrire comme le conseillent les maîtres d'écriture, mais à éviter cette infirmité : la crampe des écrivains, que nous avons vu durer une, deux, trois années, quand elle n'est pas définitivement incurable.

IV. — La myopie. La lecture intensive. L'habitude d'écrire en caractères microscopiques. Manus-

crits et corrections d'épreuves. Lècrilnre et les corrections légendaires de Balzac, — La myopie est commune chez les hommes de lettres qui abusent de la lecture : Tapplicalion prolongée de la vue pour regarder des objets rapprochés, ne pouvant avoir lieu que par la tension permanente de l'appareil d'accommodation de l'œil, la fatigue qui résulte de la lecture est plus grande et plus prompte, comme l'observe le D"^ Javal, que celle qui se produit, quand on écrit, parce que la lecture prolongée pendant des heures, ne laisse aucun repos à l'œil, tandis que, même pour le copiste, il y a des temps d'arrêt nécessaires, des moments de reprise. C'est bien plus vrai encore pour l'auteur qui rédige et écrit sa pensée, à mesure qu'elle naît et prend un corps. De là, le précepte, que l'hygiène revendique autant que la discipline intellectuelle, de s'arrêter, pendant la lecture, pour penser, pour méditer, pour prendre des notes, afin de laisser reposer l'appareil d'accommodation de l'œil; de là, l'utilité d'interrompre la lecture par le travail écrit, et réciproquement.

Le lecteur n'est pas libre de choisir la justification et les dimensions des caractères de l'ouvrage qu'il lit ; — nous avons dit ailleurs * combien et comment le texte trop fin, la justification trop large de nos livres, exposent à la myopie. Mais n'est-on pas

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