‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 82 sur 106 · ABCS DE LECTURE ET DE L'ÉCRITURE · texte numérisé non relu

ABCS DE LECTURE ET DE L'ÉCRITURE

maître^ au moinSy si on le Teot, de ne pas écrire en caractères microscopiques, de se faire une écriture plus grosse, et par là de fatiguer moins ses yeux, dans les besognes successives où ils ont une part importante, pour écrire, relire, corriger, etc., quand il s'agit du travail de composition et de rédaction? Nos manuscrits sont-ils destinés à Timpression? quelle peine nous nous épargnons, quel tra%ml de patience, quelle perte de temps, quelle fatigue de moins pour les yeux, si une écriture large, bien lisible, des lignes espacées, des mots qui n'empiètent pas les uns sur les autres, nous permettent de coUationner aisément manuscrit et épreuve, et réduisent dans une proportion considérable Fingrat, coûteux et fatigant labeur des corrections ! Est-il besoin de rappeler comment les légendaires épreuves de Balzac se succédaient, se multipliaient à TinGni? La raison en était, non seulement que Fauteur avait voulu, — mauvais calcul, — supprimer ce facteur indispensable à Tenfantement de toute œuvre, le temps (tel des romans de Balzac, comme le dit un journal de 1837, n'a-t-il pas été composé, écrit, corrigé, à quinze repri$e$y en vingt jours^ et déchiffré, débrouillé, et réimprimé quinze fois dans le même délai !) ; mais c'est qu'aussi une écriture illisible, des caractères informes faisaient commettre erreurs sur erreurs, et que ces corrections innombrables, juxtaposées, superposées, enchevêtrées dans tous les sens

et dans toutes les directions, dans une indescriptlbla'1 et inextricable conrusion, devenaient aussi impossi-^ bles à décliiffrer pour l'auleur lui-rnême, que pour] les irapiiraeurs, qui n'oublieront jamais un type!

d'écriture auprès duquel les lùéroglyphes semblent] un jeu d'enfant à décliiiïrer! Sans nller jusqu'à C»\ cas extrême, combien d'auteurs, par négligence, par ignorance du danger, allongent ainsi inutilement leurs veilles, e1 soumellenl leurs yeux à des travaux excessifs, en tris grande partie (['vitables, à des fatigues dont la répétition compromet bientôt fatalement la portée et l'intégrité des organes de 1 vuel

V. — Veille el sommeil. — Mais le repos relatif ' quejreprésenle la variété dans le travail ne suffit p Successivement mis en œuvre, facultés et organes exigent, à un certain moment, ce repos absolu que donne seul le sommeil. L'hyperliémie cérébi'ale, i tretenue par une activité inleHectuclle qui a duré ' tout le jour, doit faire place à celle anémie relative qui se produit dans l'organemis au repos, et qu'exigent les lois de la nutrition organique. C'est pour avoir trop souvent résisté à ce besoin physiologique et éludé ses lois, en prolongeant leurs veilles, que beaucoup de penseurs, d'écrivains, présentent, parmi les symptômes de la surexcitation intellectuelle, et ) comme conséquence d'un état congestif chronique ' kdu cerveau, ou un ^^ommeil pénible, inccssnmment .

LE DANGER DES VEILLES. IGl

troublé, un véritable coma vigil, ou mêtne ces insomnies^ symptôme beaucoup plus grave, et plus caractéristique encore de la fatigue et de l'épuisement intellectuels.

Le séjour dans le cabinet de travail a ses limites, et, pour faire aussi large qu'elle doit l'être la part du sommeil, il faut encore tenir compte du temps néces saire pour que le cerveau passe décrétât de surexcitation où on Ta tenu, au calme d'un repos réparateur. L'accoutumance dont parle Littré, et grâce à laquelle il était arrivé à passer immédiatement de la veille au sommeil après les travaux les plus excessifs, est un fait exceptionnel, et un privilège si rare, qu'il est prudent de ne pas abuser des veilles en espérant l'acquérir.

RIANT. Il

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