‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 88 sur 106 · I. Ctnfwmiimit. miA IHI · texte numérisé non relu

I. Ctnfwmiimit. miA IHI

170 EXERCiCKS, ATTITUDES, SOINS HYGIÉNIQUES.

aux exercices au grand air, il faut que les Socrate, les Platon, les Aristote modernes ne s'abstiennent pas de promenades quotidiennes régulières, sous les portiques; il faut que, sauf à les mesurer moins parcimonieusement et à les multiplier, nos Cicéron ne négligent pas d'imiter, pour leur santé, les petites promenades, c duobus spatiis tribusve factis^y » auxquelles le maître des jardins de Tusculum attachait tant de prix^

V. — Les promenades de Cicéron, de Bossuet, de BoileaUjde J.-J. Rousseau, de Beethoven, etc. — il y a toujours un peu de vrai et souvent une idée juste au fond de toute exagération ou de toute manie d'un esprit supérieur. Critiquer, se moquer, c'est aisé, mais-stérile. Il y a plus deprotU à dégager celte part de vérité, à rechercher l'idée juste. Le calcul si minutieux de Cicéron montre le penseur jaloux des instants qu'il dérobe au travail; ne révèle-t-il pas aussi, — oublions les chiffres^ — la nécessité d'apporter la mesure convenable dans les exercices physiques de l'homme d'étude?

Trop prolongé, ou violent, l'exercice ne convient plus au travailleur intellectuel. Il entraîne une fa-

is Cic, De orai., I, 7.

2. Dans son exactitude et sa régularité pour tout ce qui regardait le soin de son corps, Cicéron allait jusqu'à régler le nombre et la mesure de ses frictions, de ses exercices, de ses promenades. Plut. G te, u.

LES PROMEXJLDES FÉCONDES. i7t

tigoe, une surexcitation défaToraUes a Pétade. Il produit un appétit immodéré, U nécessite nne alimentation abondante, fortement réparatrice. Qr, surcharger Testomac n'est pas le bon moyen d^alléger le labeur intellectuel.

Indispensable, Texercice approprié doit donc être modéré, il doit avoir ses heures régulièrement distribuées. A cet égard, Thomme d'^de pèche tantôt par défaut, tantôt par excès, sourent par irrégularité. Quand il s'atise de prendre de l'exercice, il se contente d*une dose tout à fait insuffisante, ou il Ta trop loin. Ou bien encore, après un travail sans relâche, après avoir habité sans trêve son cabinet pendant de longs jours, il croit satisfaire au précepte hygiénique, en prenant tout à coup, nne bonne fois, et pour en être quitte, un exercice violent, prolongé (une journée de chasse, par exemple). Nous voilà loin de la pratique de Cicéron. Celui-ci était peutêtre trop méthodique : nous sommes trop fantaisistes. Où est le progrès? Où est le mieux? Surtout où est le vrai ? Yest-il pas ici, comme ailleurs, in mediof

Yoici des écrivains, des hommes de lettres, des poètes, des artistes qui s'approchaient davantage de cette heureuse, mais trop rare mesure :

Pétrarque étudiait, écrivait, composait au milieu des champs, dans sa solitude de Vauduse, tout comme devant sa table de travaiL

A Saint-Germain, dans le petit parc de Versailles, ou à Fontainebleau, Bossuet avait coutume de travailler en se promenant, à certaines heures, avec des amis ou des disciples, à la manière de Plalon, ou de saint Augustin à Cassiciacum. Ce fut pendant ces promenades faites régulièrement, durant douze années (1673-1685), que Bossuet composa et dicta à son secrétaire deux importants ouvrages : Notes et commentaires sur VÉcriture sainte, et Dissertations sur les Psaumes. Le temps de cette promenade hygiénique n'était donc pas du temps perdu pour le travail.

Boileau a pris soin de nous apprendre combien il appréciait un mode de travail aussi salutaire pour le corps que fécond pour l'esprit.

« Tantôt un livre en main, errant dans les prairies, J'occupe ma raison d'utiles rôveries ; Tantôt, cherchant la fin d*un vers que je construi, Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avait fui. »

Jean-Jacques Rousseau estime que la marche a quelque chose qui anime et avive ses idées : « Je ne puis, dit-il, presque penser quand je reste en place; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit. >

Beethoven aimait à composer en se promenant dans la campagne; c'est là qu'il a trouvé ses plus belles idées musicales. Ne montre-t-on pas encore, aux environs de Schœnbrunn, la place où Beethoven

L'UYÛUOTUÉRAPIL bL LUOMME D£ CABliNËT. 173

aimait à se livrer aiusi, en plein air, âu travail de la composition ?

VI. — L'exercice et les fonctions de la peau. V excès de travail et la goutte. Sydenham. — Bains. Frictions. Hydrothérapie. — N'oublions pas que les exercices, même modérés, doivent être suffisants pour rétablir, dans la mesure où elles sont nécessaires, les fonctions de la peau, presque totalement supprimées chez l'homme de cabinet.

Pour la transpiration sensible, la sueur, cette voie d'élimination si efficace et si indispensable des déchets du travail et des combustions organiques, c'est évident. Quant à la transpiration insensible, à l'évaporation qui doit se faire sur toute la surface cutanée, une peau sèche, aride, sans souplesse, peu perméable, à peine vivante, comme celle de l'homme physiquement inaclif, est absolument impropre à cette fonction d'élimination et de respiration. L'exercice, aidé de bains et de frictions, peut seul rétablir la vitalité de la peau, qui ne saurait êtreanéantic ou diminuée dans une trop grande mesure, sans que, tôt ou tard, les poumons ou les reins, chargés de la suppléer, fussent eux-mêmes atteints, et que des désordres graves (albuminurie, catarrhe, goutte, diabète, etc.) vinssent à se produire. Sydenham avoue que le travail poussé h l'excès réveillait en lui des accès de goutte terribles : il en donne comme exemple l'accès plus cruel que jamais, dont il souffrit pendant la

composition de son Traité de la goutte et de VhydropisieK L*observ£lion est d'autant plus frappante que l'auteur la faisait sur lui-même.

J'ai parlé des bains ! c'est un moyen auquel on ne recourt que de loin en loin ; ils représentent une perte considérable de temps pour l'homme très occupé. On peut y suppléer par des lotions, des ablutions quotidiennes, par l'emploi de l'éponge mouillée d'eau pure, d'eau de savon, d'eau salée. Quelques minutes suffisent à pratiquer cette minime opération, matin et soir. La propreté est ainsi assurée chaque jour. Il y a plus : les frictions qui suivent ces ablutions rapides activent, régularisent la circulation; on a la tête moins chaude, les pieds moins exposés au refroidissement ; la peau devenue plus vivante; les chances de fluxions intérieures, ou la disposition catarrhale diminuent, grâce à celte modeste hydrothérapie que l'on peut si sommairement pratiquer en tout temps, chez soi, et même, au besoin, sans sortir du cabinet de travail.

1 . Gum vero omnem cogitandi vim atque omnes nervos his rébus plus satis intendendo, atrociorem podagrœ paroxysmum mihi accersiverim quam quo aliàs, ut puto, fueram niulctandus, res ipsa inonebat, ut bas lucubrationes vel invitus ponerem, et mihi tandem ipse consulerem, hos tantum morbos duos quadantcnus expedivisse contentus. Quoties enim ad hœc studia me recipiebam, toties et podagra recurrebat. » Sydenham. De podagra et hydrope. Ep. iedic.

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