‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 90 sur 106 · LE TRAVAIL PARLÉ · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL PARLÉ

un fonctionnement indispensables, el représentent une très heureuse application de l'hygiène.

Pour qui n'est-il pas utile de rompre les longs silences nécessités parla méditation?

IV. — Les avantages du travail parlé : une gymnastique à faire dans le cabinet de travail. — Le travail parlé est l'exercice vraiment efficace pour l'avocat préparant ses plaidoyers, le magistrat son réquisitoire ou ses conclusions, le professeur sa leçon, le prédicateur son sermon, le candidat sa leçon de con. cours, l'acteur étudiant et répétant ses rôles ! Quel profit on tire de ce qu'on se dit ainsi tout haut à soimême, de ce qu'on adresse à un adversaire fictif, de ces demandes, de ces réponses, de ces objections, de ces réfutations parlées ! Ne fait-on que dicter, comme les pensées s'élaborent, s'éclairent, et se formulent, en même temps qu'on les parle ! Quelle différence avec les mêmes idées, seulement écloses dans la pensée, ou directement confiées à l'écriture ! C'est dans ces conditions que naissent un beau mouvement, une réplique pleine de chaleur et de vie, un argument sorti tout animé du feu de la pensée, bien autrement vrai et saisissant que celui que les tâtonnements de la plume ont refroidi, amoindri, appauvri, énervé ! Quoi de mieux pour éprouver sa propre confiance en sa thèse, pour en bien sentir le fort et le faible, que de la plaider tout haut, dans son cabinet? Comme ce qui est faux ou médiocre nous apparaît, comme <

qui est douteux nous frappe, comme ce qui est vrai nous saisit et nous satisfait ! Et cela s'applique, avec les nuances nécessaires, à un mémoire, à un rapport, à tout travail intellectuel.

Ce ne sera donc pas perdre son temps.

L'hygiène, en outre, y trouvera son compte. Parler haut, lire, déclamer est un exercice favorable à l'estomac, à la digestion. « Les morceaux caquetés se digèrent le mieux >, disait Madame de Sévigné. <£ Orationem grœcam latinamve clare et intente, non tam vocis causa quam stomachi lego », écrit Pline à Fuscus. La médecine est d'accord avec l'expérience personnelle des auteurs. Celse approuve, pour favoriser la digestion, la pratique de lire à haute voix « clare légère ».

Enfin l'orateur trouve encore dans l'exercice de la récitation ou de la lecture à haute voix une préparalion spéciale, indispensable à la pratique de la parole publique.

L'essoufflement, cette pierre d'achoppement de tant d'orateurs, n'est qu'une respiration plus forte et plus fréquente que dans l'état normal. Or, on peut acquérir par l'exercice, par l'habitude, un type respiratoire tout difiîérent, d'où résulte, d'une part, l'accroissement des diamètres de la poitrine, et d'autre part, le ralentissement des mouvements thoraciques.

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