‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 91 sur 106 · LE TRAVAIL PARLÉ · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL PARLÉ

Applications à Vhygiène des professions intellectuelles. — La gymnastique produit ce double résultat chez les jeunes militairespréparés,parlagyranastique, aux marches, aux courses rapides. M. Marey a constaté au moyen du pneumographe Tagrandissement du thorax. On a également vérifié qu'une fois entraînés, les hommes respirent deux fois plus d'air qu'avant l'entraînement ^

De même, la lecture à haute voix, la déclamation, la récitation bien conduite, constituent une gymnastique pulmonaire dont l'effet est de rendre l'inspira-

1 . Dans les expériences si intéressantes faites à VÉcole de la Faisanderie, en 1874, par M. Marey, avec le concours de M. Hillairet, les tracés montrent que, dans les premiers temps, chez les sujets n*ayant pas encore pris part aux exercices, la respiration était notablement modifiée par la course; mais, vers la fin des expériences, c*est-à-dire après quatre à cinq mois d'exercices, il était à peu près impossible de constater un changement de la respiration, sous Tinfluence de la course, bien que l'on parcourût 600 mètres en 3 mi* nutes 50 secondes.

Ces mômes tracés ont prouvé de plus que la modification des mouvements est permanente, c'est-à-dire qu'elle continue à ôlre observée sur l'homme au repos. Le nombre des respirations a été réduit, en moyenne, de !20 à 12 par minute, et leur amplitude a plus que quadruple. Les auteurs de ces expériences et de ces observations ont donc pu en conclure que ces jeunes soldats, après avoir subi les effets de la gymnastique, respiraient au moins deux fois plus d'air qu'avant d'avoir été soumis a l'entraînement.

S'il y a, et cela est bien démontré actuellement, une gymnastique capable de préparer ainsi des hommes à la course, il y en a une non moins utile pour préparer les orateurs à l'exercice et aux fatigues de la parole publique, et pour suppléer, au moins chez tous les hommes appartenant aux professions intellectuelles, à l'activité pulmonaire insuffisante.

composition de son Traité de la goutte et de VhydropisieK L'observation est d'autant plus frappante que l'auteur la faisait sur lui-même.

J'ai parlé des bains ! c'est un moyen auquel on ne recourt que de loin en loin ; ils représentent une perte considérable de temps pour l'homme très occupé. On peut y suppléer par des lotions, des ablutions quotidiennes, par l'emploi de l'éponge mouillée d'eau pure, d'eau de savon, d'eau salée. Quelques minutes suffisent à pratiquer cette minime opération, matin et soir. La propreté est ainsi assurée chaque jour. Il y a plus : les frictions qui suivent ces ablutions rapides activent, régularisent la circulation; on a la tête moins chaude, les pieds moins exposés au refroidissement ; la peau devenue plus vivante; les chances de fluxions intérieures, ou la disposition catarrhale diminuent, grâce à cette modeste hydrothérapie que l'on peut si sommairement pratiquer en tout temps, chez soi, et même, au besoin, sans sortir du cabinet de travail.

1 . Cum vero omnem cogitundi vim atque omnes nervos his rébus plus salis intendendo, atrociorem podagrœ paroxysmum mihi accersiverim quam quo aliàs, ut puto, fueram mulctandus, res Ipsa inonebat, ut bas lucubrationes vel invitus ponerem, et mihi tandem ipse consulerem, hos tantum morbos duos quadantcnus expedivisse contentus. Quoties enim ad hœc studia me recipiebam, toties et podagra recurrebat. » Sydenham. De podagra et hydrope. Ep. iedic.

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