‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 92 sur 106 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

I. Les fonctions soumises à la volonté. — II. On oublie de respirer. — m. Nécessité dé la gymnastique pulmonaire; lecture, récitation à haute voix, déclamation. — lY. Les avantages du travail parlé une gymnastique à faire dans le cabinet de travail. — Y. Expériences de VEcole de la Faisanderie. Applications à l'hygiène des professions intellectuelles. — VI. Un jardin et de grands espaces : illusions. Buifon à Montbard. Voltaire à Ferney. — Vacances et déplacements nécessaires.

I. — Les fonctions soumises à la volonté, — Au milieu des préoccupations de la vie dans le cabinet de travail, les fonctions d'excrétion directement soumises à la volonté sont oubliées; à force de résister à leur sollicitation, leurs salutaires avertissements se taisent peu à peu, et ainsi se préparent la constipation, la rétention d'urine, infirmités trop communes chez les hommes voués à la vie sédentaire. Il n'y a qu'un moyen de prévenir ces paralysies plus ou moins complètes et si tenaces une fois qu'elles sont contractées, c'est de se faire une loi d'interrompre le travail à des heures fixes, déterminées, et de quitter le cabinet de travail, mécaniquement, à tels el tels moments de la journée. Tout cela est fort terre à terre, j'en conviens ; mais nous, qui avons entendu

derniers ouvrages infiniment plus de perfection que dans les premiers. » Et ce témoignage est vrai, au moins pour les Époques de la nature, qu'il écrivit à soixante-dix ans,etqu'il avaitdix-huit fois recopiées^ »

Deux fois impardonnable, Buffon écrivait l'histoire de la nature, et il ne la regardait pas! A plus forte raison, ne songeait-il pas à demander à ces jardins et à ces bois la force et la santé!

Voltaire résida près de vingt ans à Ferney, (1759 à 1777). La situation de Ferney est charmante, en pleine vue des Alpes et du Mont-Blanc. Mais les fenêtres de la maison, excepté celles de la bibliothèque, tournent le dos au paysage. Voltaire regardait-il souvent de ce côté ; reposait-il souvent ses yeux fatigués de lire et d'écrire, sur ces beaux horizons? — Vous en doutez comme moi, écrivains, docteurs, savants incessamment plongés dans vos lectures, dans vos méditations, et courbés sur vos chers manuscrits!

Dans le jardin, il y a une longue promenade en berceau, formée de charmilles qui se rejoignent par en haut en forme de voûte, un vrai cloître, avec des ouvertures de distance en distance, permettant un coup d'œil sur un admirable panorama. C'est là que Voltaire pouvait se promener, en allant et venant, dictant à ses secrétaires.

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