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CHAPITRE XIII

Blanchissage.

Le blanchissage du linge est une affaire importante dans tout ménage grand ou petit; il ne dépend pas toujours de la maîtresse de maison de faire ou de faire faire cette importante opération dans les meilleures conditions possibles. A Paris et dans les grandes villes, les lavoirs publics, d'institution toute moderne, tournent heureusement la difficulté pour les ménagères des classes laborieuses; elles y lavent elles-mêmes leur linge avec facilité et économie. Quant aux familles de la classe moyenne, le temps et le local leur manqueM également pour faire couler la lessive chez elles ; elles ne peuvent que recourir aux blanchisseuses de profession, dont les services ont deux inconvénients à peu près inévitables : elles se font payer fort cher, et elles détruisent en peu de temps le linge le plus solide; il y quelques^ exceptions sans doute, pliais il, y. en g, peu-Ce n'est guère • qu a la campagne . çSi (lid.nB le« .?iltes. du second et; du troiâème ordre, que te ^ blanôbiisagfe domestfque est réellement* praticable ; il va sans ^jdire que* partout iaù ce blanchissage est possible^ il doit êtr-e adopté.

* AVBsnt de déccfre.les jpfôcédés du blanchissage do-' mest^ue^ ilèst utile de prendre un aperçu des diverses

sage du linge ne soit beaucoup plus commode et plus économique que le lessivage ordinaire ; l'opération ne dure que deux heures ; il n'y a pas de main-d'œuvre, et la dépense en combustible est presque nulle. C'est de tous les procédés de blanchissage celui qui mérite le plus d'être recommandé partout où les conditions de logement permettent de Tadopter*

Blanchissage de fin. — On comprend sous cette désignation le blanchissage de toutes les pièces qui ne doivent être soumises ni à la lessive ni à aucun des procédés qui en tiennent lieu. Ce blanchissage n'emploie qu'un seul procédé : toutes les pièces de linge fin sont trempées dans une eau de savon blanc plus ou moins chargée; on les fait bouillir dans cette eau pendant im quart d'heure, puis on les savonne avec d'autant plus déménagements que leur tissu est plus délicat. A Paris et dans les grandes villes, la profession de blanchisseuse de fin est distincte de celle de bfemchisseuse en gros; c'est un métier qui exige un long apprentissage, parce que le linge fin ne doit pas être seulement blanchi ; il faut encore qu'il soit empesé, gaufré, plissé^ tuyauté; il y a un art de blanchir et de repasser les pièces brodées, de façon à faire valoir le mérite de la broderie; tout cela exige de l'adresse et du goût; une bonne blanchisseuse de fin est dans son genre une artiste ; ne l'est pas qui veut.

Le blanchissage de fin peut toujours être pratiqué à la maison, au moins en grande partie, même quand la situation du ménage oblige à donner le gros linge à blanchir au dehorSi Les bonnets de linge, les cols de femme et d'homme, les mouchoirs brodés, ne devraient jamais passer par les mains de la blanchisseuse, qui ne manque pas de les exterminer; la pratique du blan*

chissage de fin devrait faire partie obligée de l'éducation de toutes les jeunes filles de condition moyenne ; aucun talent ne saurait leur être plus utile.

Repassage. — La partie la plus délicate et la plus difficile du blanchissage de fin, cest le repassage; cette opération s'applique aussi au plus grand nombre des pièces de linge passées à la lessive. Les draps de lit, les nappes etJes serviettes peuvent s'en passer; il suffit, quand ces pièces sont bien sèches, de les étirer dans les deux sens de la longueur et de la largeur, et de les mettre en presse, pour rendre leurs surfaces suffisamment unies. Le reste du linge de corps et tout le linge fin, sans exception, doivent être repassés. L'opération du repassage ne peut s'apprendre que par la pratique ; on ne peut prétendre à l'enseigner en en donnant la description. On a indiqué (chap. X) les changements introduits dans la manière de chauffer les fers à repasser, sur un fourneau portatif sjurmontéd'un tuyau conique à compartiments pouvant chauffer six fers à la fois. Cette innovatioi#É été sans doute suggérée par la manière dont les blanchisseuses du Nord chauffent leurs fers à repasser. Comme elles ne font point usage de charbon de bois, elles ne peuvent poser les fers immédiatement sur le feu ; le contact de la houille enflammée les mettrait bientôt hors de service ; elles les posent sur une plaque de tôfcft?jchauffée par-dessous, de sorte que la nature du chauffage est sans action sur les fers. De là à l'invention du fourneau- Grenier (c'est le nom de l'inventeur) il n'y avait qu'un pas. En plaçant ce fourneau dans le foyer d'une cheminée, aucune parcelle de gaz acide carbonique ne peut se répandre dans l'intérieur de l'atelier des repasseuses. Cette amélioration toute moderne est géné-

ralement appréciée et adoptée par les blanchisseuses de Paris et des grandes villes; il n'en est pas de même dans beaucoup de départements. On y tient encore par habitude avec obstination à l'ancien fer creux, dont le dessus est grillé; on le remplit de braise allumée ; le mouvement de va-et-vient du fer pendant le repassage entretient la combustion de la braise, et la repasseuse trouve ce fer très-commode, parce qu'elle n'a pas besoin de se déranger à chaque instant pour en changer. On ne peut rien imaginer de plus malsain que ce mode de repassage, puisqu'il oblige les repasseuses à respirer toute la journée un mélange d*air et de gaz acide carbonique. Le fer creux, à foyer intérieur, devrait être proscrit, et il pourrait l'être d'autant plus facilement qu'on obtient le même résultat, celui de repasser longtemps sans interrompre le travail, en se servant d'un fer creux, à ouverture latérale, dans lequel on introduit une brique chauffée dans le foyer. Mais la n^ssité de chauffer cette brique exige une dépense assez forte de combustible; la supériorité reste toujours *àcquise au. fourneau-Grenier pour le chauffage des fers à repasser.

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