CHAPITRE XV
Bntretien déi Têtements et du mobilier.
Conservation du linge et des vêtements. — La conservation en bon état des effets de vêtement, linge et chaussure, exige des soins particuliers, faute desquels ils ne tardent pas à se trouver Jiors de service, et doivent être reniplacés. Les ennemis du linge et des vêtements âê drap sont les insectes, spécialement les teigii^à, papillons de très-petites dimensions, aux ailes argentées ou dorées, qui pénètrent partout, dé-* posent leurs œufs dans l'épaisseur des tissus, et donnent naissance à de très-petites chenilles qui commettent de déplorables dégâts jusqu'au moment où elles se transforment elles-mêmes en papillons. Les teignes ne mangent pas sous leur dernière forme; elles ne rongent les étoffes que tandis qu'elles sont à l'état de chenilles ou larves, improprement nommées vers. Car^ pour le dire en passant, il n'y a de vers, à proprement parler, que ceux qui vivent et meurent sous la même forme, sans en changer; ceux qui, après avoir passé un certain temps sous forme de vers, doivent finir par s'enfermer dans une chrysalide pour devenir soit des papillons, soitd'autres insectes ailés, sont des chenilles ou des larves. Une fois que la femelle de la teigne a opéré la ponte de ses œufs dans l'épaisseur d'un tissu
il n'y a pas moyen de les en déloger; chaque œuf produira une larve, et chaque larve^ pour se nourrir et subir ses transformations, vivra aux dépens du tissu, dans lequel elle fera son trou. Pour préserver les vêtements du malheur d'être piqués des vers, selon l'expression reçue, ee ne sont pas les larves qu'il faut tenter d'expulser, ce qui n'est pas praticable, ce sont les papillons qu'il faut écarter, afin de prévenir la ponte des œufs. On écarte le papillon de la teigne des armoires ou des commodes au linge et aux habits, en y déposant diverses substances odorantes, telles que des plantes aromatiques, du camphre et du poivre. Le vé-' tiver des Indes, qu'on peut se procurer partout à bas prix, est propre au même usage. Mais il a, comme le camphre et le poivre, le grave inconvénient d'imprégner les vêtements d'une odeur persistante, si bien qu'on ne peut sans étemuer aborder une dame dont le châle a été saupoudré de poivre pour le préserver des teignes. Le thym, le serpolet, la lavande, le baume (menthe sauvage à feuilles rondes), et généralement les plantes les plus odorantes, sauvages ou cultivées, écartent suffisamment les teignes, et quand le linge ou les vêtements sont sortis de l'armoire, le contact de l'air ne tarde pas à dissiper l'odeur des plantes sèches employées à leur conservation. On signale particulièrement aux personnes qui ont dans leur voisinage Un parc renfermant un ou plusieurs pcmlovmias, les fleurs sèches de ce bel arbre du- Japon, aujourd'hui très-répandu dans toute l'Europe.
Au Japon, la fleur du paulownia, que les Japonais nomment ki-ri, est le symbole de l'amitié, parce que plus elle vieillit à l'état sec, plus son parfum est délicat. L'odeur de la fleur sèche du paulownia tient le milieu entre la violette et la vanille; c'est une
de œlles que le papillon de la teigne redoute le plus. D'autres insectes, sans attaquer directement les tissus, font au linge de corps ainsi qu'aux draps de lit un tort considérable, en s'en prenant à la peau humaine qu'ils piquent pour se nourrir de notre sang. La propreté la plus minutieuse ne sufHt pas toujours pour délivrer de ces insectes les chambres à coucher. Depuis quelques années la fabrication en grand des poudres insecticides sous diverses dénominations a pris les proportions d'une branche importante d'industrie. La plus efficace de ces poudres pour la destruction de toute espèce d'insectes parasites, est connue sous le nom d'insecticide- Vicat, du noîn de son inventeur. Cette poudre ne tue pas immédiatement les insectes par son contact ; elle Jeur donne la mort lentement, mais avec certitude, et pourvu qu'elle soit employée assez souvent, en quantité suffisante, elle produit dans un temps donné l'effet désiré. Cette poudre possède sur plusieurs autres proposées pour le même usage, l'avantage important de ne produire ni rougeurs ni démangeaisons à la peau.
Entretien de la chaussure. — De toutes les parties du costume, la chaussure est celle qui s'use le plus vite et qui doit être renouvelée le plus souvent. Dans beaucoup de ménages peu favorisés de la fortune, on croit réaliser une notable économie en faisant remettre à des souliers à demi usés des semelles entières, puis des demi-semelles, réparations qui, mises au bout Tune de l'autre, finissent par représenter beaucoup au delà de la valeur réelle des souliers, de sorte qu'en fin de compte on a payé au réparateur de la chaussure humaine \m tribut fort lourd en pure perte; on a dépensé beaucoup pour être très-mal chaussé. La vé-
ritable économie consiste à payer un prix convenable pour acheter de bonnes chaussures, à les faire durer le plus possible par des soins judicieux d entretien, et non pas à prolonger indéfiniment l'existence des chaussures rapetassées.
Dans les ménages aisés et riches, il y a lieu de se tenir en garde contre Texcès opposé, qui consiste, pour les amateurs d'une élégance exagérée, à porter habituellement des chaussures d'un prix élevé, dont on ne peut se servir qu'une ou deux fois. L'anecdote suivante à ce sujet circulait dans le public du temps où le célèbre Sakoski était, de l'aveu de tous, le premier bottier de la capitale. Un provincial, de passage à Paris, veut se permettre une paire de bottes de Sakoski ; il les paye 60 francs. Heureux de se trouver si merveilleusement chaussé, il va faire un tour de promenade ; une averse survient ; les semelles de ses bottes de 60 fr. restent dans le ruisseau. Il retourne chez Sakoski. « Monsieur, dit-il, vous m'avez vendu cette paire de bottes 60 fr. ; c'est votre prix, je n'ai pas fait d'observations ; il y a de cela une heure tout au plus, et me voilà nu- pieds! »
Sakoski répond avec un grand sang froid : *• Est-ce que Monsieur va à pied ? »» Il ne chaussait que des gens à équipage ; ses bottes étaient excellentes pour ne pas marcher avec. jj.
L'agent principal de la conservation de la chaussure, c'est le cirage. Les traités d'économie domestique du commencement de ce siècle, entre autres V Encyclopédie domestique f contiennent des éloges exagérés du cirage au pinceau, dont ils donnent des recettes variées, eA, des imprécations contre les cirages à la brosse, importation alors toute récente de la Grande-Bretagne. De nos jours, on a totalement renoncé au ci-
rage au pinceau, et Ton a bien fait. L'un des inconvénients de ce cirage, quelle que soit sa composition, c'est de ne pas résister à Thuraidité ; si, par exemple, vous sortez avec des chaussures cirées au pinceau, et que vous donniez le bras à une dame dont la robe n'est pas noire, pour peu que l'air soit humide, la robe de la dame aura une bordure noire de votre côté. C'est ce qui n^arrive jamais quand les chaussures sont cirées à la brosse. C'est ce dernier genre de cirage qu'il faut adopter quand on ne peut pas porter des chaussures vernies, les plus propres, les plus élégantes, mais aussi les plus chères de toutes.
On croit devoir, en faveur de ceux qui tiennent aux anciens usages, donner ici la recette du meilleur cirage au pinceau. Ce cirage, dù temps du premier empire, était seul en possession de l'entretien des chaussures; les décrotteurs du Pont-Neuf ne manquaient pas de dire aux passants : « A l'huile ou à la cire, ma pratique? «Tout cela est relégué au rang des souvenirs.
Cirage au pinceau. — Faites bouillir dans trois litres de vin rouge trente grammes de noix de Galle et trente grammes de bois de campêche, jusqu'à ce que le liquide soit réduit à un litre et demi. Passez la décoction; lorsqu'elle -ÊÊt refroidie, ajoutez-y un lître et demi d'eau-de-vie. Faites fondre dans ce liquide 500 grammes de gomme arabique, 500 grammes de cassonade blonde , et 30 grammes de sulfate de fer. La dissolution de la gomme et de la cassonade, ainsi que la réaction du sulifate de fer sur la décoction de noix de Galle, doivent se faire très-lentement, dîJhs un lieu où règne une température douce, par exemple au coin d'une cheminée de cuisine.
Ce cirage au pinceau peut encore trouver son emploi dans les départements où les pluies sont rares et dont le climat est généralement sec. Il est certain que les domestiques qui ont une multitude de souliers et de bottes à cirer, dans un hôtel garni, par exemple, ont bien plutôt fait d'étendre le cirage au pinceau que de s'évertuer à brosser les chaussures Tune après l'autre pendant un quart d'heure chacune pour les faire re^ luire. Mais, partout où le climat est humide, le retour au cirage au pinceau n*est plus proposable, le mauvais vouloir des domestiques contre le cirage à la brosse n'y peut rien.
Cirage a la brosse en pâte, dit cirage anglais, — Incorporez dans 200 grammes de mélasse, 20 grammes de gomme arabique en poudre et 100 grammes de noir d'ivoire. Eclaircissez la pâte en y ajoutant par petites portions un demi-verre de bière et deux cuillerées d'huile d'olives. Quand le mélangé est bien intime, ajoutez-y 15 grammes d'acide sulfurique. Ce cirage en pâte peut être conservé dans des pots ou dans des boîtes de sapin ; s'il se durcit en vieillissant, on doit, chaque fois qu'on s'en sert, le ramollir avec quelques gouttes de vin ou de bière. L'emploi de ce cirage est très-économique; il n'en faut qu'une très-petite quantité pour ^enduire les chaussures, qu'on brosse vivement avant que l'enduit soit parfaitement sec; il rend les chaussures très-brillantes et d'un beau noir.
Cirage liquide a la brosse. — La recette est la même que la précédente; quand le mélange des substances est opéré, on délaye le tout dans un litre de bière. Il en résulte un liquide épais dans lequel on
trempe le bout d'un pinceau dont on se sert pour humecter la brosse à étendre le cirage sur les chaussures. Quand on fait usage constamment du cirage à la brosse, en pâte ou liquide, il est utile, une fois par mois, de laver les chaussures avec une éponge bien mouillée. On les laisse sécher à Tair, puis on les enduit d'huile de poisson. Au bout de 24 heures, l'huile ayant pénétré le cuir qu'elle a rendu souple, on peut recommencer à cirer les chaussures avec le cirage à la brosse.
La plupart des décrotteurs de profession dans les grandes villes préparent leur cirage à la brosse de la manière suivante : Dans 200 grammes de mélasse ils incorporent 30 grammes de sulfate de fer en poudre ; puis ilsdélayent le mélange dans un litre devnjaigre. Ce cirage à la brosse est beaucoup moins cher que le vrai cirage anglais ; mais il est beaucoup moins beau, et il dispose le cuir à se crevasser par l'action alternative de l'humidité et de la chaleur.
Enduit imperméable pour la chaussure. — Il y a des chaussures qui ne doivent jamais être cirées ; ce sont les gros souliers et les bottes à l'usage des chasseurs, qui doivent la matin traverser des prairies humides de rosée, ou bien chasser au marais. Ces chaussures sont habituelleflient graissées d'huile de poisson ; mais, outre que cette huile exhale une odeur peu agréable, elle ne peut pasexchire Thumidité aussi complètement que le fait la composition suivante. Faites fondre sur un feu très-doux 250 grammes de suif, 120 grammes de saindoux, 50 grammes de cire jaune et 50 grammes de térébenthine. Quand ce mélange est complètement fondu, ajoutez-y en le remuant vivement 60 grammes d'huile d'olives. Cet enduit doit être
appliqué tiède sur les chaussures; quand la première couche a bien pénétré le cuir, on en donne une seconde, après quoi Ton peut compter sur l'imperméabilité des chaussures dont Tenduit prolonge en même temps la durée. ^^
Entretien du mobilier. — Dans toutes les positions de la vie, la m^tresse de maison doit tenir à être entourée dans son intérieur d'un peu de ce luxe qui ne saurait jamais être exagéré, et qu'on peut nommer le luxe de la propreté. Les idées et les habitudes ont bien changé quant "au mobilier depuis la fin du moyen âge. Avant la Renaissance, on ne se servait que de meubles massifs, d'une durée pour ainsi dire indéfinie. Dans les petites villes et les bourgs de la presqu'île armoricaine, on trouve encore des armoires et des bahuts en chêne sculpté qui remontent au moyen âge; ces meubles incommodes et laids, mais antiques, font le bonheur des amateurs, qui les payent à des prix extravagants à ceux qui consentent à les leur vendre. A Paris, il y a des fabriques importantes d'imitation de meubles antiques ; les produits de ces fabriques trompent les plus habiles connaisseurs.
A l'exception des familles opulentes dont les gros meubles sont en palissandre ou en accajou massifs, le mobilier de la plupart des familles se compose de meubles plaqués en feuilles d'acajou ou de noyer d'Amérique. Dans l'arrangement du mobilier, on doit autant que possible placer les meubles plaqués hors de la portée des rayons directs du soleil, et suffisamment éloignés du foyer de la cheminée. Une chaleur trop vive soulève de place en place le placage toujours trèsmince; il en résulte des boTirsouflures d'un effet dés-
agréable. L'aspect propre et neuf des meubles plaqués est plus ou moins promptement altéré par les mouches et la poussière, deux fléaux dont il n'est pas toujours facile de les garantir.
Destruction des mouches. — Bien des procédés di- ' vers sont en usage pour la destruction des mouches, qui, par leur déplorable facilité de multiplication et par les taches innombrables dont elles couvrent tous les objets à. leur portée, deviennent pendant une partie de l'été et de l'automne un véritable^ fléatu Cet insecte justifie trop bien le nom que lui ont donné les naturalistes, qui le désignent sous le titre de mouché Importune (musca importuna)^ Dans les cuisines, les laiteries, les boutiques d^épiceries, où! se trouvent réunies des substances de nature à attirer particulièrement les mouches, on emploie généralement la poudre et le papier tuemouches. Ces deux moyens de destruction ont le même inconvénient; les mouches empoisonnées ne meurent pas immédiatement ; elles vont tomber partout, assez souvent dans les mets et les boissons, auxquels elles communiquent des propriétés nuisibles qui ne sont pas sans danger.
En Belgique on se sert pour détruire une grande quantité de mouches à la fois, du procédé suivant : On pose debout sur une table, dans la position d'un livre entr'ouvert, une couverture de vi^ux registre dont les surfaces intérieures sont légèrement enduites de miel commun; les mouches, attirées par le miel, s'y réunissent par centaines. [En rapprochant vivement les parois du registre, on les écrase d'un seul coup, et le local infesté de mouches en est bientôt délivré. Mais on comprend que, dans une chambre habitée, un^^l moyen n'est pas admissible. On en possède un autre auquel
il ne manque, pour être d'un usage général, que d'être .plus connu. Un constructeur de Paris, M. Fasbender, vend, sous le nom de cage tue-mouches, un appareil également simple et ingénieux, qui fait par rapport aux mouches Teffet de la nasse pour le poisson : elles y entrent et n'en peuvent plus sortir. Au lieu d'aller, après s'être empoisonnées, tomber de tous côtés, elles meurent à l'intérieur de la cage, qu'il faut avoir soin de vider plusieurs fois par jour. La cage tue-mouches est suspendue comme une cage d'oiseau; il y en a de diverses grandeurs, plus on moins ornées, pour s'harmoniser avec le mobilier dont elles doivent faire partie; c'est le meilleur moyen qitii puisse être mis en usage pour, détruire les mouches àl'iiitérieur d'un appartement élégamment ou simplement meublé.
Les objets en bronze brun ou doré, les pendules, les cadres des tableaux, perdent rapidement leur éclat quand les mouches peuvent les salir sans obstacle. On les en écarte d'une manière sûre en passant sur ces objets, avec un pinceau, une mince couche de décoction de poireaux, qu'on laise sécher et qui ne ternit pas la dorure. Mais la décoction de poireaux répand dans l'appartement une odeur alliacée qui n'a rien d'attrayant, et cette odeur est très-persistante. L'huile de laurier,, d'une odeur légèrement aromatique, éloigne aussi les mouches, moins sûrement toutefois que la décoction de poireaux; cette huile doit être appliquée sur les dorures en couche aussi mince que possible, en se servant d'un pinceau à peine graissé. Tels sont les moyens par lesquels on peut prévenir ou limiter les dommages que les mouches causent au mobilier.
Contre |a poussière, il n'y a que l'usage fréquent du torchon, de l'éponge douce humide, et de l'époussetoir. On fait observer qu'il se produit peu de poussière
dans un appartement dont les cheminées tirent bien, et où l'on a soin de tenir, lorsqu'on balaye, les portes et les fenêtres ouvertes.
En dépit de tous les soins et de toutes les précautions, les mouches, la poussière, et aussi le contact de Tair humide et de la fumée, finissent toujours par ternir les glaces, les bronzes, les dorures et les gros meubles; on leur rend un aspect neuf par divers procédés de nettoyage.
Nettoyage des glaces. — Un peu de blanc d'Espagne délayé dans quelques cuillerées d'eau et autant d'eau-de-vie étendue sur la surface d'une glace qu'on frotte ensuite avec une peau blanche très-douce, c'est le procédé ordinaire de nettoyage, appliqué de la même manière aux carreaux de vitre. 11 n'y aurait rien à dire si le blanc d'Espagne était, ainsi qu'il devrait l'être, composé de craie blanche parfaitement pure. Mais le meilleur blanc d'Espagne contient toujours quelques grains imperceptibles de sable siliceux très-fin. Quand on s'en sert pour nettoyer les carreaux de vitre, le sable qui raie le verre y produit de petites lignes dont on s'aperçoit à peine. On les voit très-bien, au contraire, à la surfaxîe d'une glace; à la longue, une glace rayée dans tous les sens finirait par perdre toute sa valeur; on ne doit donc procéder au nettoyage des glaces qu'avec de la craie préparée de la manière suivante : Dans un litre d'eau pure, délayez un pain de blanc d'Espagne ordinaire; ajoutez deux cuillerées de fort vinaigre; secouez fortement le liquide, puis laissez-le reposer pendant un bon quart d'heure. Il se sera formé au fond du vase un dépôt abondant. Néa^oins, la liqueur surnageante sera encore laiteuse, en raison
d*une petite quantité de craie qu'elle tiendra en suspension; décantez cette liqueur, ^ui ne contient que de la craie pure , et servez-vous-en en toute sécurité pour le nettoyage des glaces. Les grains de sable que contenait primitivement le blanc d'Espagne sont tombés par leur propre poids au fond du vase; le liquide laiteux ne peut plus en contenir aucune parcelle.
Nettoyage de l'argenterie et des bijoux. — Le nettoyage de l'argenterie exige de grands ménagements depuis que l'ancienne argenterie en argent plein n'est plus en usage que dans les maisons opulentes, et que partout ailleurs elle est remplacée* par le métal blanc argenté par les procédés de la galvanoplastie. Une légère eau de savon, employée avec une brosse douce, commence à rendre à l'argenterie son poli primitif; la restitution est complète qiiand, après le savonnage, les pièces argentées ou pleines sont trempées dans l'eau blanchie par la craie, préparée comme pour le nettoyage des glaces. On les laisse sécher à l'air libre; étant sèches, elles sont couvertes d'un très- mince dépôt de craie à un état de division extrême. On frotte alors vivement chaque pièce d'argenterie avec une peau blanche douce; après quoi l'on y passe une brosse douce sèche, afin d'enlever toutes les parcelles de craie qui peuvent y rester adhérentes. Quand l'opération est bien conduite, l'argenterie redevient telle qu'elle était dans son neuf.
Pour les bijoux en or, on commence, comme pour l'argenterie, par le savonnage à la brosse douce. Puis, pour rendre aux bijoux tout l'éclat de leur premier poli, on fait brûler des croûtes de pain dont le charbon
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leur, qui doit être soigneusement ménagée, on agite le contenu du matras au moyen d'un long tube de verre d'un petit diamètre ; sans quoi, les substances résineuses attaquées par l'alcool se prendraient en masse, et il serait très-difficile d'en obtenir la complète dissolution. Le verre pilé, qui d'ailleurs ne contribue en rien à la composition du vernis, sert à prévenir Tagglomération des substances. Quand tout est dissous, et qu'il ne reste au fond du matras que le verre pilé, on y introduit 100 grammes de térébenthine, et le vernis est terminé. On lapplique froid, avec un pinceau plat ; une couche suffit, mais il faut prendre beaucoup de précautions pour que la poussière ne puisse s'attacher au vernis avant qu'il soit entièrement sec, ce qui suffirait pour le ternir.
En procédant comme on vient de l'indiquer, mais en éliminant de la recette la résine copal, on obtient un vernis clair, excellent pour toute espèce de cartonnage plus ou moins orné.
Les dessus de marbre des gros meubles ont aussi besoin de temps en temps d'être remis à neuf; il snffit pour cela de les frotter patiemment, d'abord avec on morceaa d'étoffe de laine légèrement graissé d'hiul e, ensuite avec une pièce de même étoffe non graissée.
On fait observer que trop souvent ni ce procédé,
ni aucun autre de même genre, ne parvient à rendre
un aspect neuf aux dessus de marbre des gros meu-
hlp!$. non plu3 qu'aux appuis des cheminées en
^ .'est que, dans ce cas, on n'a pas pris assez
préserver le marbre du contact
I rent en altérer le poli. Si» par
'nadvertance sur un marbre
on bien si l'on y a laissé
tomber quelques gouttes de limonade, de jus de groseilles, ou de tout autre liquide plus ou moins acide, il en résulte une tache que nul frottement ne saurait faire disparaître.