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CHAPITRE XVI

Coimétiqnefl.

Depuis qu'il y a des femmes qui désirent conserver leur fraîcheur en faisant tout ce qui dépend d'elles pour la perdre, il y a à côté d'elles des spéculateurs qui font d'excellentes affaires à leurs dépens, en leur vendant fort cher, sous le nom d^ cosmétiques, des préparations de tout genre destinées à réparer ou seulement à dissimuler les ravages du temps. On peut, sans offenser en quoi que ce soit la plus belle moitié du genre humain , faire observer aux dames que le temps n'est pas toujours seul responsable des rides précoces et des altérations de la peau du visage; les tourments, les inquiétudes, l'irritabilité y sont aussi pour quelque chose. Contre ces causes de détérioration du visage, tous les cosmétiques dont se compose la boutique du parfumeur sont impuissants ; on ne peut leur opposer que deux cosmétiques d'un effet sûr et qui ne coûtent rien : le calme d'esprit, et la bonne humeur; à la vérité, n'en a pas qui veut.

Beaucoup de cosmétiques, parmi les plus usités, ont pour effet de rendre à la peau et au teint un éclat passager, suivi d'altérations profondes et irréparables; d'autres nuisent sérieusement non-seulement à la fraîcheur, mais encore, ce qui est plus grave, à la santé de

celles qui en font habituellement usage; ceux-là ne doivent pas même être nommés dans ce traité. Les cosmétiques dont on indique la préparation et Temploi sont complètement inofFensifs. On est prévenu qu'ils ne produisent pas toujours avec certitude lefFet désiré, parce qu'ils sont sans action sur le tempérament, l'agitation du sang, les troubles nerveux, toutes causes qui le plus souvent occasionnent la perte de la fraîcheur; cela ne veut pas dire (Jiie les cosmétiques inoffensifs sont sans utilité : ils peuvent au contraire trèsbien remplir leur destination, mais c'est à la condition que des causes étrangères ne viendront pas entraver leur action et neutraliser leur effet utile.

De tous les cosmétiques, le premier, sans contredit, c'est Teau, surtout l'eau de pluie, la meilleure dé toutes quand elle est filtrée et parfaitement limpide. Pour les jeunes filles et les jeunes femn^s durant la période la plus brillante de là jeunesse, alors qu'elles sont douées d'une florissante santé, Teau pure, em--. ployée fraîche en toute saison, suffit f)our maintenir l'éclat de la peau; tout au plus peut-ôn y joindre un peu de savon de toilette ou quelques gouttes d'eau dé Cologne ; tout autre cosmétique serait plus nuisible qu'utile. Plus tard, la nécessité de réparer les dommages causés par les occupations du ménage et les > travaux domestiques, peut exiger quelque chose de plus ; on a recours alors aux préparations suivantes :

Pâte d'amandes. — Jetez dans l'eau bouillante 250 grammes d'amandes douces et autant d'amandes amères ; enlevez les peaux; faites refroidir les amandes dans l'eau fraîche ; laissez-les bien égoutter ; pilez-lea dans un mortier de marbre pour en faire une pâte parfaitement homogène. Ajoutez vers la fin de l'opéra-

tion deux cuillerées de jus de citron et autant de bonne eau-de-vie. Conseryez la pâte d'amandes dans un pot de faïence fermé d'un parchemin, dans un local frais sans être humide.

La plupart du temps, la pâte d'amandes est préparée avec le son d'amandes, c'est-à-dire avec le parenchyme sec de l'amande qui reste après qu'on en a retiré l'huile, -substance beaucoup moins chère que les amandes entières. 11 faut dans ce cas ajouter à la recette [précédente pour 500 grammes de pâte d'amaur des, 15 grammes d'huile d'amandes douces qu'on y incorpore exactement. Ofi peut aussi pour la parfumer y joindre quelques grammes de racine d'iris de Florence en poudre fine. De quelque manière que la pâte d'amandes ait été préparée, on en prend gros comme une noisette pour en frotter les mains et le visage, qu'on lave immédiatement après avec de l'eau froide ou tiède^ selon la saison. La pâte d'amandes adoucit la peau et prévient les gerçures.

Pommade Contke les bides. — Pilez des oignons de lis blanc dans un mortier de marbre ; exprimez-en le jus. D'autre part, faites fondre sur un feu très-doux 60 grammes de cire blanche. Versez la cire fondue dans un mortier de marbre, que vous aurez préalable^ ment rendu tiède en y versant de l'eau bouillante, afin que la cire fondue ne se fige pas immédiatement. Incorporez à la cire fondue, en l'agitant vivement et longtemps, 60 grammes de suc d'oignons de lis, et 60 grammes de très-beau miel blanc de Narbonne.^ Ajoutez-y quelques gouttes d'essence de bergamote. On enduit le visage de cette pommade le Soir en se couchant; on l'enlève le matin avec une très-légère eau de savon de toilette. L'effet de ce cosmétique est

nul contre les plis de la peau qui ne sont pas réellement des rides provenant de l'âge, mais qui résultent du ' froncement fréquent des sourcils, par suite de Tirritabilité et de la mauvaise humeur habituelle, contre lesquelles aucune pommade ne saurait être efficace.

Opiat contre le hale. — Délayez dans trois blancs d'œuf s très-frais 60 grammes de belle farine de froment ou de seigle; ajoutez-y 10 à 12 gouttes d'eau de Cologne. Cet opiat s'emploie comme la pommade contre les rides et s'enlève de même. Il est fort utile pour préserver du haie les dames qui passent la moitié de Tannée à Paris ou dans les grandes villes du nord dé la France, et qui passent l'été à la .campagne dans nos départements au sifii de la vallée de la Loire. L'opiat contre le hâle empêche la peau de noircir sous l'influence du climat méridional. Il n'est nullement nécessaire de s'assujettir à en faire usage tous igs jours ; il suffit d'y avoir recours une on àenx fois par semaine, pendant les plus fortes chaleurs.

Mixture contre les rougeurs. — Quand les personnes d'un âge déjà avancé ont le visage parsemé de taches d'un rouge vif, causées par des infiltrations du sang qui n'indiquent aucune maladie de la peau et qui n'ont rien de douloureux , elles sont ce qu'on nomme vulgairement couperosées; contre cet inconvénient dans ces conditions, il n'y a pas de remède, et tous.les cosmétiques vendus dans ca but ne peuvent donner lieu qu^àdes déceptions. Mais il arrive assez souvent qu'à la suite de maladies, ou seulement par suite d'échauffement du sang par une cause accidentelle , la^ peau du visage des personnes encore jeunes, et du reste en bonne santé, se couvre de rougeurs, qu'il y a dans ce cas moyen de faire disparaître.

Pilez des oignons de narcisse blanc pour en extraire le jus. Délayez dans un jaune d'œuf très-frais une cuillerée de suc d'oignons de narcisse; ajoutez-y deux cuillerées de suc de cresson alénois. Humectez le soir la peau du visage avec cette mixture ; laissez-la sécher sur la peau. Humectez de nouveau la figure le matin en vous éveillant, avec le n>ême mélange ; ne vous lavez la figure qu'une heure après, et renouvelez cette application deux ou trois fois ; les taches rouges disparaîtront. Quand on fait usage de cette. mixture, il faut la préparer tous les jours, et n'en pas faire à la fois plus que la dose indiquée; elle se corrompt très- vite, surtout entêté, et une fois qu'elle commence à se gâter, elle perd ses propriétés utiles.

Pommade a la rose. — La pommade à la rose trèsusitëe pour entretenir la fraîcheur des lèvres et les empêcher de 9e gercer, a^pour base la graisse de j»rc fondue sur un feu très-doux, avec un cinquième de son poids de ' ciré blanche. Ce mélange est mis dans un vase de faïence, et maintenu en fusion au moyen de la chaleur d'un bain-marie très-modérément chauffé. On mêle à la graisse fondue autant ^e pétales de roses fraîches qu elle en peut absorber. La pommade doit rester fondue, en contact avec les pétales de roses pendant 24 heures, sans interruption . Au bout de ce temps la pommade est passée à travers un linge blanc, soumise à une forte pression, rechargée de pétales de roses remises au bain-marie, et chauffée 24 heures, comme ci-dessus. L'opération est répétée exactement de la même manière une troisième fois. Alors seulement la graisse est considérée comme étant suffisamment imprégnée du parfum de la rose. Afin de lui donner une nuance agréable, après l'avoir passée et

pressée une dernière fois, on y incorpore une trèspetite quantité de carmin liquide; puis, avant qu'elle soit figée, elle est coulée dans des pots oii elle se conserve au frais d'une année à l'autre.

La même recette sert pour la préparation des pommades au jasmin, à la tubéreuse, à la jonquille, à l'œillet, à l'héliotrope, à l'acacia. Quand ces pommades doivent semr exclusivement à l'entretien de' la chevelure, on supprime la cire dans la recette, et l'on fait macérer les fleurs dans la graisse de poro seule, sans mélange de cire. C'est encore par le même procédé qu'on incorpore diverses odeurs à la moelle de bœuf fondue, quand on veut la convertir en pommade.

Opiat dentifrice. — Il n'est rien qui amène plus «ûremént et pTus rapidement la perte des dents que Tusage fréquent des poudres dentifrices, dont la base est la crème de fartre. Ce sel tr^s-acide rend effectivement les dents très -blanches; mais c'est parce qu'il attaque l'enduit solide^de phosphate de chaux dont la nature a revêtu les dents, et qu'on nomme vulgairement leur émail; il faut donc s'abstenir de toutes les poudres dentifrîèes qui contiennent un principe acide, si faible qu'en soit la dose. L'opiat dentifrice rend les dents aussi propres et aussi blanches qu'elles peuvent l'être, sans leur porter aucun préjudice, parce qu'il est €xempt de toute acidité.

Miel blanc, 60 grammes ; sucre blanc en poudre fine, 30 grammes ; poudre de corail, l5 grammes.

Incorporez exactement, à frdîd, la poudre de sucre •et la poudre de corail ^u miel blanc. Quand le mélange est bien homogène, ajoutez quelques gouttes de teinture de girofle, et autant de teinture de vanille. Lrf poudre de corail coûte fort cher, et il est difficile de

9^en procurer. On peut, dans la recette précédente^ remplacer la poudre de corail par des coques d'écre-^ visses pulvérisées. On prépare la poudre de coques d'écrevisses en lavant à trois ou quatre reprises différentes cé^ coques dans leau bouillante, et en les plongeant après Xîhaque lavage dans de l'eau frès-fraîche. Elles sont ensuite séchées à Tair libre, calcinées dans un vase clos, pilées et passées au tamis de soie. On les emploie avec lé sucre et le miel, à la même dose que la poudre du corail; Teffet quant au nettoyage des dents est le même.

Eau de mélisse. — Les liqueurs alcooliques parfumées^dont on verse une petite quantité dans de l'eau fraîche pour les usages de la toilette journalière, sont au nombre des cosmétiques à la fois les plus utiles et les plus inoffensifs; ils raffermissent la peau et la rendent souple, sans lui causer aucun dommage; telle est en particulier leau de mélisse. ^

Mélisse fraîche en fleurs, 2 kil. ; romarin, sauge, serpoUet, de chaque 250 grammes; écorce de Scitrons^ coupés par petites lanières : cannelle, anis, coriandre^ de chaque 150 grammes. Versez sur ces substances 12 litres de vieille eau-de-vie, dans un vase bien bou- - thé ; laissez macérer pendant quinze jours ; âltrez, metteïen bouteilles, et conservez dans un lieu frais. On comprend qu'on peut' préparer n'importe quelle quantité d'eau de méligse, en observant les mêmes proportions des substances indiquées. Jamais l'eau de mélisse ainsi préparée par infusion ne vaut celle qu'on obtient par distillation; mais elle en a les propriétés seulement un peu affaiblies, et peut servir aux mêmes usages.

Eau de beauté. — Battez quatre blancs d'œufs tràefrais dans un litre de vinaigre blanc; émiettez dans ce mélange 150 grammes de mie de pain de seigle. Au bout de vingt-quatre heuBes, exprimez foîfemeat; laissez reposer la liqueur qui s'éclaircira d'elle-^même ; décanjez et filtrez au papier gris. L'eau de beauté, gomme tous les vinaigres de toilette, pourrait endommager la peau, si elle était employée pure; mais à la dose.de quelques gouttes dans un demi-verre d'eau, elle Ae nuit sous aucun rapport, bien qu'elle ne produise pas les effets merveilleux qui lui ont été longtemps attribués, lorsque sa composition était un secreî.

Eau-de-vœ de ij^vande. — De même que l'^eau de mélisse, l'eau-de-vie de lavande ne peut être r^lement bonne que quand elle est préparée par distU- * lafion, ce qui n'est pas possible en dehors des établissements des parfumeurs de profes^sion. Mais, on peut faire par infusion, pour l'usage domestique, une eaude-vie de lavande trës-passable, dont les propriétés approchent de celles de l'eau-de-vie de lavande dis- ^ tillée.

Sommités fleuries de lavande, 500 grammes; espritde-vin, un litre. Faites infuser pendant deux jours; passez. Versez l'esprit- de-vin sur une nouvelfe quantité de lavande ; au bout de deux jours^ passei^de nouveau, et répétez l'infusion avec de nouvelles fleurs une troisième fois. Filtrez et coupez i'esprit-de-vin ainsi parfumés avec un volume égal au sien d'eau-devie faible. L'eau-de-vie de lavande par infusion gagne en vieillissant ; on peut, en se conformant aux doses indiquées, en faire plusieurs litres à la fois ; plus elle sera ancienne, plus son parfum aura de suavité.

Eau pour les gencives. — On se sert habituellement pour raffennir les gencives de Talcool de cochléaria distillé par les parfumeurs et les pharmaciens; on en met quelques gouttes dans un verre d'eau pour nettoyer la bouche matin et soir. On peut, sans distillation, préparer une eau pour les gencives, possédant à très-peu de chose près les propriétés de Talcool de cochléaria; elle s'emploie de la même manière, et à la même dose.

Feuilles fraîches de cochléaria, 150 grammes; feuilles fraîches de cresson, 150 grammes ; pétales de roses rouges (sans les calices), 15 grammes; cannelle fine, 30 grammes ; clous de gérofle, 10 grammes ; écorce de deux citrons. Faites infuser toutes ces substances dans un litre et demi d esprit-de-vin; au bout de huit jours, passez et filtrez. Cette eau peut remplacer avec avantage la plupart des compositions débitées sous le nom d'eaux dentifrices ; elle en a les propriétés utiles et ne coûte pas si cher.

Eau de Cologne. — Le temps déjà fort long qui s'est écoulé depuis que Peau de Cologne est en possession de la réputation qui en fait à très-juste titre l'un des cosmétiques les plus usités, ne lui a rien fait perdre de son antique renommée. Cette préparation ne possède réellement toutes ses propriétés recommandables que quand elle a été distillée en grand dans l'usine d'un parfumeur ; celle que chacun peut préparer chez soi, sans alambic, ne peut jamais être que de seconde qualité, et elle ne revient paEs à] beaucoup meilleur marché que la bonne eau de Cologne véritable, telle qu'on la trouve dans le commerce de la parfumerie. Toutefois, on donne ici la recette de l'eau de Cologne

par simple mélange, en faveur de ceux qui en eni-

ploient beaucoup et qui tiennent à réaliser une petite économie sur cet article.

Alcool à 90 degrés, 1 litre ; essence de citron et de bergamote^ de chaque 15 grammes ; néroli (essence de fleurs d'oranger),' â) gouttes ; teinture de benjoin et teinture d'ambre gris, de chaque 10 gouttes. Il ne faut pas faire ce mélange en été pendant les fortes chaleurs, afin d'éviter Tévaporation de l'alcool et des parfums. L'eau de Cologne par mélange est toujours plus ou moins trouble; on la filtre au papier gris, dans un entonnoir fermé ; sans quoi, même en hiver, la perte par évaporation ne peut être évitée.

Eau de bleuets. — Ce cosmétique, autrefois trèsusîté, est tombé dans un oubli tel qu'il serait diflBcile d'en trouver chezrun parfiimeur; il est néanmoins fort Utile, tant pour maintenir la fraîcheur et la souplesse de la i^eau, que pour faire disparaître le gonflement et la rougeur des paupières, après des nuits passées soit à lire à la lueur d'une bougie, soit dans des lieux de réuhion éclairés par une lumière trop vive.

Froissez entre les doigts 120 grammes de fleurs de bleuets avec leurs calices ; faites-les infuser à froid pendant 24 heures dans un litre d'eau, filtrez l'infusion. D'autre part, faites infuseo)endant 6 jours dans 60 grammes d'eau-de-vie, 10 gammes de benjoin et 10 grammes defleurs d'oranger sèche; filtrez et réunissez les deux infusions. L'eau de bleuets s'emploie à la dose d'une cuillerée dans deux cuillerées d'eau fraîche, pour laver les paupières le matin et dans le courant de la journée; lajmême quantité d'eau de bleuets ajoutée à un verre d'eau est excellente pour laver le visage et les mains.

MlXTtRE POUR FAIRE REPOUSSER LES CHEVEUX. —

Quand l'âge ou d'autres causes qui tiennent au genre de vie et au tempérament, ont causé la perte des cheveux, il n'y a pas de remède; les cosmétiques les plus renommés tels que la pommade du lion et celle du chameau, très- avantageux pour ceux qui en font le coftimerce, sont impuissants pour faire revivre la chevelure. C'est ainsi notamment que nulle pommade ne saurait rendre des cheveux aux ouvriers chapeliers devenus chauves par l'exercice de leur profession.

Mais quand une personne jeune encore, d'un bon tempérament, livrée à des occupations habituelles qui n'ont rien d'insalubre, a perdu ses cheveux à la suite d'une maladie grave suivie d'une guérison complète, il " arrive assez souvent que les cheveux repoussent avec une lenteur désespérante. On peut alors, non pas faire revenir des cheveux sur une tète chauve, ce qui n'est pas possible, mais hâter la croissance des cheveux dont la racine subsiste ; la mixture suivante est, dans ce cas, d'une efficacité certaine :

Pilez dans un mortier de marbre 250 grammes d'aurone citrpnelle à l'état frais ; faites bouillir cette plante pendant un bon quart d'heure dans un litre de bon vin rouge et up litre d'huile d'olives fine. Passez la décoction bouillante ; ajoutez -y la même quantité d'aurone fraîche pilée ; faites bouillir pendant un quart d'heure; passez ; renouvelez une troisième fois la décoction avec de nouvelle aurone, toujours à la même dose; passez une dernière fois, et faites fondre dans la mixture 150 granmies de moelle de bœuf. La tête dont les cheveux tardent à repousser doit être enduite de cette mixture trois ou quatre fois par jour.

Vin de bouleau. — On sait que dans les pays du Nord, spécialement en Russie, on obtient par la fermentation de la sève sucrée du bouleau un vin capiteux, agréable à boire, fort estimé dans tous les pays dont le climat n'admet ni la culture de la vigne ni celle des arbres à fruits à cidre. En France, le vin de bouleau, dédaigné parce qu'on dispose partout de boissons fermentées qui loi sont évidemment supérieures, peut être utilisé en qualité de cosmétique. On se procure au printemps la sève du bouleau au moment du premier développement des feuilles de cet arbre, en pratiquant sur le tronc une incision longitudinale profonde, au bas de laquelle on adapte un bout de tuyau de pipe, on bien un tube de verre d'un petit diamètre. Une sébille de bois placée au-dessous du tuyau reçoit la sève à mesure qu'elle s'écoule.

Sève de bouleau, deux litres; lait, deux litres; sucre, 500 granmies. Placez ce mélange dans un lieu où règne une température douce, et laissez-le fermenter pendant quelques jours, jusqu'à ce qu'il exhale ime odeur vineuse agréable ; surveillez la fermentation pour l'arrêter avant qu'elle passe à l'acidité. Filtrez alors le liquide et conservez-le dans un lieu frais, dans des bouteilles bien bouchées. Le vin de bouleau ainsi préparé s'emploie soit pur, soit mêlé par parties égales à de l'eau fraîche, pour laver le visage et les mains. U est particulièrement utile pour raffermir la peau et lui rendre son éclat, lorsqu'elle est plus ou moins altérée à la suite de maladies qui ont été accompagnées d'éruptions, altération qui se manifeste souvent après la rougeole et la fièvre scarlatine, quand ces maladies atteignent des personnes adultes.

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