LA PUSTULE MALIGNE
S'il est facile, dit HoëfFer, de séparer nettement le charbon du furoncle et de l'anthrax bénin, il n'est pas aussi aisé de le distinguer de la pustule maligne.
En effet, Tun et l'autre sont éminemment contagieux et transmissibles des animaux à l'homme. Aussi un grand nombre d'auteurs les ont-ils confondus, tandis que d'autres se sont efforcés, mais en vain, [d'établir entre les deux affections une ligne de démarcation bien tranchée. En général, la pustule maligne est, dans le principe, une maladie toute locale, qui existe seulement dans le point qui s'est trouvé en contact avec le virus septique ; le charbon, au contraire, est le résultat d'une altération profonde et primitive du sang ; c'est là la principale différence entre deux maladies si rapprochées Tune de l'autre ; dans le fait, la pustule maligne n'est que le charbon inoculé.
Le Livre d'or du Curé de campagne dit en effet que la cause de la pustule maligne est un principe délétère et putride, provenant des animaux attaqués de fièvres malignes et charbonneuses, et qui se communique par un contact immédiat ou médiat, par inoculation, par la respiration ou la déglutition ; les tanneurs, les bouchers, les fermiers et généralement tous ceux qui soignent les bêtes et manient leurs dépouilles y sont sujets.
L^excellent recueil de recettes que nous venons de citer ajoute : « La pustule maligne se manifeste sous deux états différents : dans l'un, la maladie ne présente aucune élévation et ne grossît pas dans les premiers jours ; le volume de la partie malade s'endurcit et semble même au-dessous du niveau de la peau (c'est la pustule déprimée) ; dans l'autre, au contraire, la tumeur se présente sous la forme d'un tubercule placé sur un gonflement ; de là deux variétés de la maladie. »
Pustule proéminente. Elle parcourt aussi plusieurs périodes. Première période : on aperçoit d'abord sur
la peau un point semblable à une morsure de puce qui cause de la chaleur et de la démangeaison ; bientôt s'élève une petite phlyctène ou vésicule qui devient brune, qui s'ouvre, et sous laquelle est un petit tubercule ferme et livide, de la forme et du volume d'une lentille. Deuxième période : l'auréole qui l'entoure s'étend, prend une couleur brune ; la douleur, la cuisson et le gonflement augmentent; il se forme de nouvelles phlyctènes, et le tubercule central devient brunâtre, insensible, il se change en une tache évidemment gangreneuse. Troisième et quatrième période : le mal pénètre d'abord dans le tissu cellulaire, puis dans les muscles et toutes les parties profondes ; il devient une affection générale, bientôt suivie de la mort.
traitement de la pustule maligrne.
Cette maladie, non moins redoutable que le charbon proprement dit, dont elle ne diffère du reste que par sa cause, qui est toujours externe et locale, se guérit avec le même succès que le charbon lui-même par l'application du remède de Dardelle, en la forme et de la manière que nous allons bientôt dire.