C. — Causes iiitelIcclueUes cl morales
Outre la culture trop assidue des beaux-ar§ de l'étude d'une musique tendre et mélodieuse, du dessin des formes masculines, de la fréquentation habiluelle des jeunes gens, qui sont des causes prédisposantes de manuélisation, je range surtout dans celte classe les causes occasionnelifi qui suivent :
DE t'ONANlSME CHEZ LA FESrSIE
a. La vue d'images lascives, telles que les caries jouer Iransparenles fabriquées en Allemagne et en Belgique, et les photogiaphies microscopiques quij eurent tant de vogue, il y a quelques années ;
6. La vue de statues aux poses voluptueuses et impudiques, ainsi que de peintures de nudités;
7. Les conversations et les gestes obscènes, quî^ éveillent une curiosité iatale, ainsi que l'accouplement des animaux domestiques, auquel assistent, auquel aident même les femmes de la campagne et{ parfois les jeunes filles;
3. La lecture de romans ou de livres malsains, qui surexcitent l'imagination, engendrent des pen- 5es lubriques et hâtent d'une façon active la coription des mœurs et leur dépravation. « Combien de jeunes gens des deux sexes, — s'écriCj ^ A. Schwartz, — n'ont-ils pas été rendus esclave ; de l'onanisme par la lecture des romans ! > Et I ajoute : « J'ai connu à Lille, en Flandre, unej [jeune personne d'un tempérament bilioso-san- : guin et d'une imagination exaltée, chez laquelle Iles romans firent naître cette malheureuse pasfsion avec tant d'impétuosité qu'elle fut atteinte fen très peu de temps d'un tremblement des exflrémilés supérieures et d'une faiblesse de la j'vue(î). »
(f ) loe. cit., p. 9.
BE l'onanisme citez LA FEMME
£. Certaines pièces de théAtre agissent d'une façon plus marquée, quoique moins bien connue peutêtre. Au sortir du speclacle, en effet, et rentrées dans leurs chambres, sous l'impression, vive ei^j core, du roman qu'elles ont vu se dérouler deva^f leurs yeux, les jeunes filles se mettent à songer , la tête sur l'oreiller, de toutes pièces elles se font héroïnes; leur cerveau délire, elles aiment, elley sont aimées d'un être idéal qu'elles créent à lc*^| fantaisie. Suivant leur rêve pas à pas, avec ténacité, elles se voient unies, après mille empêchements, à l'objet de leur amour, cl, insensiblement, l'imagination aidant, elles se livrent, comme sans y penser, à quelque manœuvre coupable.
<. Le mauvais exemple, toujours contagieï tient aussi une large place dans le tableau des caï ses morales. Dans les maisons d'instruction, vér; tables foyers d'infection, c'est en compagnie de marades d'études — ajoutant toujours l'exemple précepte — que se commet la première faute suiv de bien d'autres plus tard.
« Une coupable négligence, dans les paisiotma de jeunes demoiselles, y laisse trop fréquemment introduire le désordre de la masturbation. Celte pratique est dissimulée aux yeux impénétrants ou inattenlifs des maîtresses sous le voile de l'amitié, poussée, chez les adolescentes, jusqu'au scanda\«- Les liaisons les plus intimes sont formées sous
DE l'onanisme citez Là FEMME
spécieux prétexte ; un même lit reçoit souvent les deux amies, et, par un raHinemenl inouï, l'on voit des jeunes lilles se déchirer l'épidenne léger qui recouvre les lèvres et se donner des baisers ensanglantés, afin de mieux attester l'ardeur qui les dére et leur fidélité (1). »
Je ne puis résister au désir de reproduire ici une ,tatioD, que j'emprunte à iMenville de Ponsan (2). Chez les Francs, nos aïeux, le comble de l'éducation était d'empêcher la trop libre communication des sexes, et il n'y a pas même plus de deux siècles qu'on pensait avoir atteint le sublime de ^l'Institution quand on remettait entre les bras d'un ^■poux parc des grâces et des forces de l'adolescence, ^Bne jeune fille belle et surtout vierge encore. ^^ « Nous avons un peu ralfiné sur ces mœurs, devenues trop gauloises, et je n'oserais décider si, dans les hymens d'aujourd'hui, celte dernière condi- •n est la plus exigée ou la plus exigible ; mais les œurs en sont à ce point de corruption que ce n'est s de la part des hommes que les jeunes filles ont
plus de dangers à courir Eh ! qui se méfierait,
pourtant des doux embrassements d'une sœur, des esses d'une amie?...
fl; Dictionnaire des Sciences médicales, t. XXXI. I Histoire philosophique et médicale de la femme, elc, etc.,
ie8-63, t. n.
DE L ONANISÏTE CHEZ LA FEMME
5 Fuis, jeune viei^e, un souffle empoisonné; égarée par une erreur de la nature, une fatale ressemblance, une ardente imagination, Zulmis, ei te prodiguant ces baisers, croit embrasser ui amant... C'est Sapbo pensant étreindre Phaon dans chaque objet qu'elle rencontre... Prends-y gardi ce délire nouveau mène plus loin qu'on ne pense Mais non, elle n'a pas même celte criminelle excuse... Homme, elle l'aimerait moins, et, convaincue de ton sexe, elle t'adore davantage.,.. Ah ! n'abandonne pas à la recherche de ces mains outrageantes ces charmes innocents, ces pudiques contours ; sais repousser une coupable tentative réserve à de plus doux combats cette molle résii tance...
» Il n'est plus temps, entraînée par la confianc d'un môme sexe, le trouble des sens, l'inexpérien du premier âge, la curiosité, il ne lui reste pi rien de nouveau à sacrifier à un époux : fraîcheu: innocence, elle a tout perdu, et la fleur est fan plutôt que cueillie; enfin, dupe d'un coup affreu mais qu'ensuite elle partage, elle va chercher à s< tour des victimes parmi ses compagnes novic et bientôt, à sa dangereuse école, celles-ci vo; préluder par des jeux solitaires, à ces ridicule! combats.... En vain la nature réclame contre ci plaisirs précoces et les punit par une existen douloureuse de l'infraction à la première de
DE L ONANISME CHEZ LA FEMME
lois ; rien ne saurait les ramener au sentier dont elles ont dévié... »
Ailleurs ce sont des précepteurs, des valets ou des servantes qui, marchant à pieds joints sur les devoirs moraux qui leur incombent, initient la jeunesse aux pratiques honteuses. Je pourrais citer h ce propos, s'il en était besoin, une foule d'observations de divers auteurs : Tissot, Salzmann, Rast fils, Bœrner, etc. Je me contente de renvoyer le lecteur aux écrits de ces savants et de ne mentionner que le cas suivant qui m'a semblé fort intéressant:
<e On connaît à Strasbourg l'histoire d'un certain •» précepteur qui abusa d'une manière indigne de » la confiance qu'on lui avait donnée, pour l'ins- !> truction de deux petites filles. Voici le fait: » L'aînée de ces enfants ayant témoiiiné un jour » une certaine répugnance d'assister à la le- » çon, la mère s'en étonna et la pria de s'expli- » quer; l'enfant hésita d'abord; mais, enfin, elle instruisit sa mère de tout ce que le pré- » cepteur se permettait avec elle. La mère, indignée de ce qu'elle venait d'apprendre, engagea son enfant à assister encore pour la dernière fois à la leçon. Elle épia le scélérat, et le surprit sur le fait. C'était un homme déjà d'un certain âge et père de famille. Il fut li-
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> rré à la justice et puni, selon la rigueur des »lois(l). »
Enfin ne voit-on pas tous les jours des nourrices mercenaires et quelquefois des mères pousser la stupidité jusqu'à chatouiller les organes génitaux de leurs nourrissons, afin d'apaiser leurs cris et de calmer leurs pleurs?
Ce n'est pas toujours d'eux-mêmes, spontanément, que les enfants du premier âge contractent ces déplorables habitudes, — dit un auteur que nous avons déjà cité (2). — Souvent, trop souvent, ils le doivent à l'initiative et à l'intervention inqualifiables d'une personne étrangère; l'on connaît depuis longtemps le triste rôle qu'exerce en ce cas la nourrice ; mais il est rare, je le crois et je l'espère, de rencontrer, relativement à la forme de l'intervention, des faits semblables au suivant: bien que je ne l'aie pas observé moi-même, j'en puis garantir l'authenticité, car je le tiens de mon père.
» Dans une famille à laquelle il donnait ses soins, un petit enfant de 12 à 15 mois, du sexe masculin, était allaité par une nourrice, laquelle avait du lait tout à fait insufûsant; or, pour calmer l'appétit non rassasié et les pleurs du petit
(1) Schwarlz, loc, cit., p. 9.
(2; Journal des Sages-Femmes, 10 mai 1875. Article emprunté à la Revue scientifique.
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,re, durant la nuit, et sans doute aussi pour sauvegarder ses intérêts, cette horrible mercenaire l'avait pas trouvé de meilleur moyen que de praquer la succion des parties gétiilates du nourrisson. Un enfant plus à|îô, frère de celui-ci, qui couchait dans la même chambre, témoin inconscient de la chose, la raconta naïvement à la mère.
I » Quelque monstrueux qu'il soit, ce fait le cède ^^ncorc en ce genre à celui que nous allons rappor- ^Ber et qui est aussi authcnli(|ue.
^H » Une petite lille, âgée de 5 ans, ayant contracté ^Bes liabiludes de masturbation, s'y livrait avec une ^^éritahle frénésie le jour et la nuit. Sa mère — et quelle mère! — n'avait rien imaginé de mieux, pour empêcher sa fillette de pratiquer aussi fréquemment ses attouchements vicieux, que de lut romettre, si elle s'en abstenait le jour, d'inlerveir elle-même le soir au moment du coucher ; et ïlle tenait sa promesse, car elle n'a pas hésité à la réaliser une fois devant une de ses amies, qui assistait au coucher de l'enfant, en expliquant à celle-ci, lupéfaile, la raison, qu'elle semhiail, trouver toute alurelle, de sa coupahie faiblesse.
ï Nous disions au commencement de ce récit : uelle mère ! Et, en effet, l'ahsence de tout sens moral nu la perversion sont seules capables d'expliquer, sans la justifier, une semblable détermination. Tout ce que nous pouvons dire à cet égard,
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c'est que la mère, dont il s'agît, était manifestement hystérique; l'influence de cet état maladif est certainement de celles qui sont le plus de ture à donner la raison d'aussi monstrueuses ab^ rations.
» Quoi qu'il en soit, voilà des faits, qui, on le connaîtra, méritent de lixer Tattention et appelle toute la sollicitude tant du médecin que du mot liste, car ils constituent une double plaie sociale j pathologique. >
T(. Chez certaines femmes mariées, un pencha contrarié, la haine qu'elles ont pour leur mari sonT aussi des causes déterminantes d'onanisme. Forçai de subir les embrassements d'un homme qu'el méprise ou déteste, l'épouse s'y soumet sans rai mure, mais avec une répugnance intime, en pc sant à celui qu'elle voudrait sentir près d'elle qu'elle aime en secret. Alors peu à peu, sous ïià fluence de ces idées, elle substitue, en rêve, à l'époq véritable l'amant imaginaire et commet ainsi un sorte d'infidélité morale, ftien à reprendre jusqu 'ici | mais bientôt, dans la solitude, elle refait le nicra^ rêve, en remplaçant le mâle absent par des pratique libertines.