CHAPITRE IV
Signes.
lîoiiiinent (lia;;nostiqucr la masturbation? '
C-ela est (iiiolquerois, je l'avoue, peu facile. ^ n'osi à i)roproiiieut parler, aucun signe sûr, auc^* syinptoinc vraiment patliognomonique de ce vie*» loulolbis il (îxistc un certain nombre de caractè*^ <jui, |)ris individuellement, ne diraient rien, m^''^ <lont l'ensemble donnera une forte présomption un observateur attentif et fera même presque
<'()np sûr, reconnaître l'habitude manuelle, mal^ les (léii('}çations dos intéressées, à un œil adroit ^ exercé.
Je classe ces signes sous trois chefs : A. SigC^^^ pliysi(pies généraux. — B. Signes intellectuels ^' moraux. G. — Signes physiques locaux.
A. Un teint pâle, blême, blafard et plombé; 0-^ yeux tristes et troubles ; les pupilles dilatées pC^''" tées en haut et en dedans, quelquefois en dehor^»' les paupières rouges, engorgées, lourdes, surtopi^^
DE L ONANISME CHEZ L.V FEMME
les supérieures, accolées au réveil, et entourées inférieuremenl d'un demi-cercle bleu brunâtre ; un regard fixe et hébété, dirigé vers le sol; des lèvres iivides ; i'allongemeat et l'aspect lançruissanl du visage, quelquefois une légère bouHissure des Itominettes ; l'amaigrissement rapide, sans maladie qui en rende compte et malgré la voracité de l'appétit, un aspect chétif; une démarche chancelante et mal assurée ; un défaut de coordination des mouvements; une faiblesse musculaire plus ou moins prononcée, surtout vers la région lombaire ; un Ireroblement des membres supérieurs et inférieurs ; des sueurs nocturnes ; une urine trouble et sédimenteuse ; uu frisson presque continuel ; la mabière de s'asseoir; la position des mains dans le lit ou durant la veille ; un développement incomplet Bt en disproportion avec l'âge ; une stature ti-apue Bl ramassée, ou une taille trop svelle, trop élancée ; gaûn une susceptibilité nerveuse extrême ; des élouf- Fements, des battements de cœur, des intermittences du pouls ; de la céphalalgie ; de la gastralgie ; des lipothymies, des syncopes faciles ; un somrneil troublé par des rêves voluptueux ou des cauchemars terrifiants : voilà les signes physiques généraux.
1^^. Une sorte de tristesse instinctive inexplicable, llj^ossée jusqu'à la taciturnité ; un caractère peu- , r&u, inégal et chagrin, porté jusqu'à la colère; une
DE L UNAMSME CHEZ LA FEUME
timidité exagérée en présence des parents et farouch à l'aspect des étrangers; une grande inaptitude a travail ; une mémoire rebelle ; un esprit obtus ; ut
indifférence pour le jeu et les travaux d'esprit "
l'amour outré de la solitude ; une paresse profonde riiabitude du mensonge ; les embrassements et 1 caresses exagérées entre jeunes filles; enfin un ci tain aspect, un je ne sais quoi plus facile à sai
qu'à exprimer par des mots : tels sont les signes i ^b telleclueis et moraux. ^|
C. La croissance prématurée de l'appareil génL tal externe ; la déchirure de l'hymen quelquefois ; l'h — humidité anormale du vagin cl de la vulve; la béan ^e, la dilatation et la pâleur ou la rougeur exlraot- binaires de ces organes ; les écoulements leucorrl^me/ques ; l'allongement et la sensibilité morbide clitoris où souvent siègent les excoriations ; enfin' les corps étrangers de toutes formes et de toute matières trouvés dans les organes génilo-urinairesj ou le plus souvent rencontrés dans le lit, cachésJ sous le matelas, constituent la sémeiologie physique ' locale.
Cet ensemble de signes, dont la connaissance fer» ' éviter toute erreur, ne permettra pas de révoquer en doute, comme cause originelle, le vice de masturbation chez celles qui les présenteront. Aussi dois-jc ajouter ici que — tant est répandue cette triste passion — chaque fois que le praticien, mis en pre-
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^Bbce d'une des maladies dont nous allons nous occuper, ne pourra lui assigner une cause à peu près certaine, il lui sera permis de soupçonner chez sa patiente des manœuvres illicites; et il devra diriger ses investigations de ce côté.
« Combien de fois, — écrit Réveillé-Parise, — ^^-t-on pas attribué des maladies, résultant de ^^nanisme, à des causes fort innocentes, aux causes
Ri étaient signalées soit par le malade lui-même î se croit intéressé à donner le change sur le mal 'il éprouve, soit par des personnes abusées et aaas défiance I Combien de fois, en ce qui me concerne, me suis-je abstenu de questions nécessaires que tous les parents entendent avec déplaisir, que la plupart même repoussent avec empressement comme un outrage! »
Le praticien ne doit pas se laisser influencer par des dénégations même catégoriques ; sou devoir lui commande d'insister lorsqu'il se croit dans le vrai. Trop souvent on le trompe avec la meilleure foi du monde. Les mères ne peuvent que difficilement croire aux défauts, à plus forte raison aux vices de leurs lilles. a En général, trop confiantes et trop crédules, — a dit Lachaise, — les mères se reposent sur les effets probables d'une éducation toute morale et religieuse dans laquelle elles les élèvent, ou s'imaginent trop volontiers que l'innocence de leurs filles doit les mettre à l'ubri d'un tel fléau, et dans
DE LiiNANlSME CHEZ L.\ KKMME
mi
tous les cas ne reconnaissenl le mal que lorsqu'il fait d'immenses progrès et qu'on leur en a manil'ei lemcnt découvert la sonice. »
Dans ces dernières années, le D'" Baraduc a d couvert un nouveau signiN pour ainsi di(e certai de aianiiclisalion. Malheureusement , ce sigi n'existe que dans quelques cas, je veux dire ch les blessées, les amputées, les fracturées avec plai et les brûlées, en un mot chez toutes celles q~ sont atteintes d'une solution de continuité des té ments.
D'après le If Baraduc, chez les blessées qui maniiélisent, on ne tarde pas à voir apparaître, f- Itp la cicatrice récemment formée ou en voie de t'mmmrmalion, « un petit bouton, un point blanc jaunâ tre peu proéminent, de la grosseur, de la forme et de la couleur d'un grain de millet. C'est une pe^t-ite vésicule contenant une matière un peu visquem^j qui produit le soulèvement d'un cpilhélium tra.n, parent et de nouvelle formation. Cette membrane se déchire au bout de vingt-quatre ou de trente-s/i heures et laisse voir une ulcération irrégulière, à fond grisâtre ou jaun;\lre, dont les bords SODI presque taillés à pic et restent souvent revêtus de
la matière qui occupe le fond de l'ulcération
Souvent il existe une seule ulcération sur un point de la nouvelle cicatrice; quelquefois il s'en développe deux à distance l'une de l'autre, succédant
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uwjours à leur vésicule miliaire. Dans d'autres cironstances on voil, dans le voisinage de l'ulcéraion, une ou plusieurs granulations miliaires, qui e convertissent promptement en ulcérations par i rupture de l'épitliélium sous lequel, ou dans 'épaisseur duquel, la matière visqueuse, grisâtre II jaunâtre est d(^posée. Plusieurs ulcérations se éunissent alors pour en former une seule plus tendue, à bords irrégulièrement dentelés, taillés à lie, s'ils sont dépouillés de la matière visqueuse aunâtre; mais paraissant inclinés de la surface vers B fond, lorsqu'ils sont revêtus ou doublés de cette natière, qui en recouvrant le (bnd et les anfracluoités des bords, en dissimule ou en masque la configuration réelle.
^b L'ulcération ou les petites ulrèralions dispa- •aissent assez rapidement , qtiarante-lmil lieures luffjsenl; la cicatrisation de la plaie se rallérmit )endaDt plusieurs jours; puis subitement apparaît ine nouvelle ulcération. Cette intermittence est .'indication d'une susjiensiou , de même que la réapparition des ulcérations décèle !a reprise des manœuvres auxquelles le malade a l'iiabitude de se livrer. »
A l'appui de son dire, le D'' Raraduc cite huit observations. N'ous allons reproduire la première et la dernière, dont le lecteur pardonnera cerlaine- «nent la longueur à cause du grand intérêt qu'elles
IIE L ONANISME Cllli/, I.A FKMME
présenteril el de la valeur que comportent leurs dl tails.
« Une jeune (îllc de 12 ans, d'une bonne constilution, fraîclic eL bien porLanle, non lyiopliatiquï est renversée par une voiture dont la roue pas sur sa jambe y;auche et la fracture à la réunion tiers inférieur avec, le tiers moyen. Une large plj existe à la partie antérieure» cette plaie a 5 cent mètres de longueur sur 2 de lari,'eur; elle est oblj que de dedans en dehors et de haut en bas ; l'os à nu, plusieurs esquilles devront être détachée Un appareil de Scidlet maintient la fractiirej chaque jour la plaie est pansée avec cérat et chî pie, quelques cataplasmes sont appliqués. 11 développe du gonflement et de rinilammalion l'on combat par des affusions froides. Trois semsj nés après l'accident, rinnamiiialion avait dispar on enlève trois petites esquilles. La /raclure tarde pas à se consolider et la plaie se cicatriâ Après la septième semaine, la plaie est remplac par une cicatrice de -i centimètres de longueur sd I il 2 de largeur ; sa couleur est d'un rouge viotac Deux jours plus tard on devait donner des béquilld à la petite malade, pour lui faire faire ses premie pas, lorsque je fus détourné de ce projet par présence d'une ulcération de 2 millimètres env ron, située sur le bord de la cicatrice. Le fond cette ulcération est recouvert d'une couche tr
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mince d'une matière adhérente, un peu visqueuse, d'une couleur gris-perle légèrement lavée de jaune. es bords ont un demi-millimètre de hauteur et ^nt uniquement formés par la pellicule cicatricielle; ils sont presque taillés à pic, à la manière les chancres hunlériens, sans relief et sans coloration particulière de la cicatrice environnante. A 2 ou 3 millimètres de l'ulcération se trouvent deux granulations de la grosseur d'un quart et de la moitié d'un grain de millet, à peine en saillie sous l'épilliélium de nouvelle formation : l'im paraissant d'un blanc grisâtre, c'est le moins voinminmix; l'autre d'un gris Jaunâtre : le lendemain, la pelliile étant déchirée, deux ulcérations existent. — Pur^ation, pansement avec vin aromatique, repos. Je préviens la petite malade qu'elle doit s'allen- Ire à ne pas se lever avant la giiérison des trois ilcérations. Quatre jours après, la première ulcéllion est guérie, les deux autres ont leurs bords aflaiàsés, leurs fonds sont superficiels ; et le sixième jour, ulcérations anciennes et récentes ont cnliè- Bment disparu, laissant à peine traces de leur Ititislence.
» Des béquilles sont données à la malade qui [fait quelques pas dans la salle, heureuse de pouvoir sortir prochai.iement de l'hôpital. Cependant is lorces ne reviennent pas, la figure reste pâle, On peu bouilie. Deux jours après que la malade
DE L ONANISME CHEZ LA FEMME
eut commencé à marcher, j'examine la jambe, avait de rcnllure à la hauteur de la cheville; puis, jetant un coup d'oeil sur la cicatrice, j'aperr une nouvelle ulcération, de même nature que précédentes, située au centre môme de la cicatric Dans l'ignorance où j'étais de sa cause, j'attribu cette ulcération à la marche des jours précédents; j'ordonnai le repos, et les pansements au vin ar^d matique recommencèrent. ^^
» Le lendemain un groupe de quatre à cinq petits boutons ou vésicules se forme tout près et i dedans de la première ulcération. Ces granulalio^ ont la plus grande ressemblance avec de pelfl grains de millet placés sous l'épilhélium transp renl. Vinf^t-quatre heures plus tard, ils formaie autant d'ulcérations irrégulières, réunies à la plii ancienne et aiïeolanl en miniature la forme phag dénique.
» La peau est sèche, le pouls irrcgulier et ne veux ; la face est pâle, les paupières un peu golj nées, les pupilles sont très largement dilatées nièn à la lumière. — Pour la première fois, il me vinti la pensée que la jeune malade, d'ailleurs très telligente, se livrait à certaines habitudes qui po voient bien être la cause de l'apparition irrcgulié et si fréquente de toutes ces ulcérations. — causai avec elle, je la raisonnai : et, après l'avo un peu effrayée à l'occasion du retour de ces pelitl
DE L OXASISME CHEZ LA FEMME
plaies, je lui dis en, fixant moa regard sur le sien : « Ma chère enfant, je n'ijinorc plus la cause de toutes ces ulcérations et vous ne guérirez jamais, vous avez une habitude qui vous en empêchera; vous portez vos mains... où vous ne devez pas. Vous l'avez fait il n'y a pas plus de vingt-qualre heures, je le vois à votre plaie ;... il y a déjà longlemps que vous avez cette habitude, n'est-ce pas? ^pOh ! non, monsieur... cela ne m'est arrivé que Irois fois, me dit la pauvre eufant en rougissant beaucoup. » Après cet aveu, je rassurai la malade Bl la calmai un peu en lui disant: « Voyons, chère enfant, voulez-vous guérir promptemenl, marcher comme tout le monde et sortir de l'hôpital, ou rester au lit toute votre vie et périr misérablement?... Cela dépend de vous. » Quelques larmes coulèrent, puis je fus mis au courant de la situation, l'exigeai la promesse de ne plus recommencer, et tel était le vif désir de cette malade de sortir de l'hôpital qu'elle me dit avec la plus grande insénuilé : Je ne sais vraiment si j'aurai la nécessaire pour tenir ma promesse ; faitesaltaclier les rnaiiis, cela sera plus sûr. — Pauvre enfant !... Cela ne devait pas être une garantie suffisante contre sa funeste habitude. Atcc son consentement je lui fls passer la camisole et attacher les deux mains de manière lÉtt qu'elle pût les porter à la lèle eV à. \^ ^^civ-
DE L OXAXISIIE CHEZ LA. FEMME
trine, mais nullement au-dessous de la lailli^ » Pendant douze jours, les mains sont ainsi maintenues pour vaincre riiabitude. La cicatrice de fl plaie est bien consolidée; les ulcérations se guérissent et la petite malade semble assez alVermie dai sa résolution. Les huit premiers jours se passe ainsi, au bout desquels nouvelle ukéralion !.. . Ulj à chaque angle de la cicatrice. Evidemment, l'ei fant a dû se faire détacher pour donner satisfacti^ à quelque besoin légitime, et elle aura mis le 1er à profil '.... Il n'en est rien : l'enfant nie le fait, mains n'ont point été libres un seul instant; el n'a pu s'en servir h l'usai^e défendu!... Elle pleu^ el n'avoue rien. Les malades voisines confirme ce que dit la jeune fille. Cependant la preuve est doublement représentée par chacune des ulcé^ lions: — à quoi attribuer leur existence?' — A état particulier du sanj;?... — A une diathèse que conque?... Je ne pouvais l'admettre ; à son arrivéj l'enfant avait tous les caractères d'une excelleil santé et d'une constitution parfaite.
» Tenant essentiellement à être fixé sur cefl question, je priai la sœur de la salle de redoub^ de surveillance. A quelques jours de là, sur huit heures du soir, la .sœur m'exprima quelque soupçons, et nous allâmes visiter la malade. Kl était endormie et, sans la réveiller, nous relcvoj subilewenl la couverture el le drap des pieds à
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pte : nous trouvons l'enfant couchée sur le dos, les bras maintenus écartés, la jambe (brtement fléchie sur la cuisse, appuie les orteils sur îa cuisse opposée et lixc ainsi le talon au-dessous de la régioç ubienne.
» L'enfant n'est pas encore nubile; aucun signe I puberté n'existe au-devant du pubis ; mais toutes fes régions pubiennes et sous-pubiennes sont poin-| UUées de gouttelettes de sang, et offrent l'aspect] un vésicatoire auquel on vient d'arraclier sa pre-j mière couche pseudo-membraneuse. Quels frottements ont été nécessaires pour produire an pareil ésullat! Quelle aberration de la sensibilité a puj ire poursuivre un plaisir à travers de si vives] douleurs? — N'est-ce pas là un fait qui prouve] ue plaisir et douleur sont deux sensations dont extrêmes se confondent, et ne permettent plus ['assigner à l'une ou à l'autre ses limites respeces? C'est cette ardeur, dont les traces sanglantes uvriraient de honte la pauvre enfant, qu'elle eflbrçait à ne point laisser connaître. Aussi resctâmes-nous son sommeil, et ce ne fut que le 'Cndemain, en présence de la sœur seulement, que Je démontrai à la malade la nécessité de se sounjcllre à un traitement qui la mît dans l'impossi- •>ililé de se livrer à sa faUile habitude. Après un con-
I lentement plein de spontanéité, les jambes furent ■aintenues allongées et écartées Tune de l'autre.
» Yoici donc la pauvre petite dans l'impossibililè de porter lys mains et les pieds dans les régions sur lesquelles elle exerçait avec tant de fureur son ardente nymphomanie.
» Huit jours ont suffi pour cicatriser une ulcéralion de 15 millimètres de diamètre, formée parla 1|^ réunion de plusieurs ulcérations simples. La Jeuoe ^H fille, plus que jamais désireuse de vaincre sa fu- ^H nesle habitude, est restée quinze jours encore dans ^ l'impossibilité d'éluder ses promesses. Pendant c^^ ^ temps, toutes traces d'ulcération ont disparu; 1»-^ santé est devenue excellente, et la convalescenle^^^ quitte enfin l'hôpital, l'esprit et le cœur pleins de '^ bonnes résolutions, s
— « Une belle jeune fille de 12 ;\'13 ans, brune, aux yeux noirs, d'une bonne constitution, mais d'une maigreur excessive, est conduite chez moi à l'occasion d'une brûlure phlycténoïde occupant le dos de la main gauche.
T> Cette brûlure, occasionnée par de l'eau en ébullition, est au sixième jour de l'accident. L'épiderme a disparu, la plaie est à vif, mais présente quelques traces de cicatrice à sa circonférence. Pansement avec huile d'amandes douces délayée dans un lait de chaux. Quatre jours plus tard, la cicatrice recouvre les deux tiers de la plaie. Une plaque cicatricielle en occupe aussi le centre et forme une île, au milieu de laquelle apparaît une granulation
<l'un gris jaunâtre, de 1 millimètre de diamètre,
.sans rougeur autour d'elle, et seiiible être un grain
le millet placé sous un êpitbélium transparent.
I^lusieurs autres granulations de même nature et
de même couleur apparaissent aussi sur celle partie
le la cicatrice qui existe en bordure autour de la
»laic. Ces granulations ne tardent pas à produire
des ulcérations caractéristiques par la rupture de
J'épilhélium nouvellement formé. Ces petites plaies
^«nt peu profondes, l millimètre environ, les
.lr»ords et le fond sont recouverts d'une matière
^^risàlre, assez visqueuse, sous laquelle le tissu est
m:M 'une couleur gris-perle un peu losé. La présence
ni « la matière donne à l'ultéralion la forme d'un
P^«tit cratère à bords inclinés; mais, après avoir
^^Mlcvé cette matière mucoso-visqueuse, on voit les
B>«)rds de l'ulcération comme taillés à pic ou à l'em-
»^«rte-picce.
i Selon la mère, la jeune fille est depuis long- ^^împs malade, elle a été traitée pour dilTérentes •^-Ifeclions de poitrine et des entrailles, mais sans ^^uccès, dit-elle, et, depuis six mois surtout, elle a ^^xjbi un amaigrissement progressif effrayant. En <îfl"el, ses joues sont creuses, ses pommelles saillantes, ses arcades zygomaliques sont fortement H «n relief au-dessous de la fosse temporale. L'enfant H est devenue triste, ses paupières sont gonflées, ses H pupilles largement dilatées ; une petite toux sèche
Dii LONANISME CHEZ LA KKMME
existe depuis quelques jours, accompagnée de quenles palpitations. La jeune malade est d' irritabilité excessive; ses digestions sont difTiciies, elle est dyspeptique ; des pesanteurs se l'ont ressentir à l'estomac après chaque repas. Le pouls est petilj faible, fréquent et irrégulier, du dévoiemenl existe depuis plusieurs jours ; c'est le comniem ment de la lin.
» La mère se désole, elle adore sa fille. La fiIJ pleure en voyant les larmes de sa mère. — frofoi dément ému de celte situation, j'ausculte, j'examine avec le plus grand soin tous les organes splanchniques, et, ne trouvant rien qui me rende romple de tous ces accidents, je reste bien convaincu que j'ai en ma présence un terrible exemple des effets les plus funestes de la nymphomanie. L'existence des ulcérations ne me permet pas un doute.
s La mère ne peut croire cl partager les idées que je lui communique en particulier; elle se révolte à ce soupçon qui ne (ait d'abord que planer sur sa (îlle chérie ; puis elle se récrie avec la plus vive énergie et nie la possibilité du fait que je Im affirme. — La c/iosc n'est pas même probable; elle ne quille son enfant ni le jour ni la nuit, elle l'accompagne dans les lieux les plus secrets ; c'est dont tnaléi-ieUemcnl im^ios^ihh. Pauvre mère!... Elle n* comprend pas que de petites ulcérations soient po! moi une preuve irrécusable.
DE LONAMSME CHEZ LA FEMMK
» Je prie l'excellente femme de me laisser seul avec sa flile. Aussitôt je fais à cette enfant le tableau de sa situalion, de la douleur de sa mère si elle vient à la perdre. La pauvre enfant se rattache à la vie avec une ardeur fébrile : — Je ne veux pas mourir, dit-elle, et cependant je sais bien que je n'en ai pas pour toni;temps !
» Je lui parle alors de ses souffrances, je lui dis que j'en connais la cause et que, si elle veut m'aider à la tirer de ce fâcheux état, il n'y a pas de temps à perdre ; cela peut encore être possible, mais il faut qu'elle mette en moi une coniîancc absolue et qu'elle ne me cache rien de ses secrets les plus intimes, de ceux quelle m dit pas même à sa mère. Après de nombreuses hésitations entrecoupées de Wen des larmes, j'apprends que, malgré la surveillance incessante de sa mère qui ne la quitte pas d'une seconde et qui couche avec elle, la jeune lille parvient encore à tromper sa vigilance.
i> Voici le fait tel qu'elle me l'a raconté : « Je me mets au lit la première et je ne tarde pas à faire semblant de dormir; je ronlle même un peu, pour bien rassurer ma mère et lui faire croire que je dors ; mais il n'en est rien. J'écoute, et lorsque j'ai acquis la certitude que ma bonne mère est bien endormie, je me liùte de me livrer à ma funeste mais insurmontable habitude. Au matin, ma mère, I très confiante, me trouve endormie, le front baigné
DE L ONANISME CHEZ LÀ FEMME
de sueurs, ou très fatiguée au réveil. J'ai Lien d remords de la voir si peinée, mais cela ne m'e pêche pas de recommencer, me promettant toujou que ceLle fois sera la dernière, u
» Je fus autorise à mettre la mère dans la confidence. La foudre tombant à ses pieds ne l'aurait pas plus atterrée que celle révélation, quoique fail avec tous les ménagements possibles, la pauvi femme n'en revenait pas d'avoir été abusée au longtemps, elle qui jurait, par ses grands dieux, sa fille était paifaitement innocente du crime doi je l'accusais, liais si les larmes de sa chère enfî ne laissèrent plus un seul doute dans son esprii les promesses de la pauvre petite commencèrent à rassurer.
■» Dès ce moment, l'enfant prit une camisole manche unique, sans ouverture. Le désir de vi lui donna le courage de combattre des habitudes invétérées chez elle ; la surveillance de sa ni .devint inévitable et plus efficace; aussi les acci-^ dents ne lardèrent-ils pas à se dissiper. — Bains^ frictions, exercice modéré, régime analeptique ^ viande rôtie, vieux bordeaux, devinrent des auijH liaires puissants. — La santé se rétablit; la brûlure se cicatrisa promptement; les ulcérations disparurent et ne se renouvelèrent plus. Les forces revinrent avec l'embonpoint, et cette pauvre enfant, de mourante qu'elle était, devint en quelques mois
DE l'oNAHISHE chez LA FEMME
d'une santé magnifique et d'une beauté ravissante,grâce à Féneipe qu'elle sut déployer pour résister à Ses incessantes sollicitations.
» Sa brûlure l'a sauvée (1). i»
(i-"^ De rulcération de* cicatrices récentes symptomatique de 'a -anym^^iomanie ou de ronanisme. Broch. de 24 pag. J.-B. *aiJLlière et fils, édit. Paris, 1872.