‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 14 sur 68 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Conséquences.

Georgel (1) croil que les auteurs qui ont écr^ sur l'onanisme, et particulièrement Tissot, en oC beaucoup exagéré les effets.

V. Roubaud (2) dit, dans lé même sens : c Tou i> les auteurs qui ont pris la masturbation pour sU' T> jet de leurs études se sont plu, dans une intenlior^^ ' » louable sans doute, mais qui, bien souvent, n';^ » pas atteint le but qu'ils se proposaient, se son-^^ » plu, dis-je, à rembrunir les couleursavec Icsquelle^^^^ » ils peignaient les mau\ qu'entraîne cette funesl— ^6 19 habitude. L'ouvragre de Tissot est resté, sous c » rapport, un livre classique.

» Si ce n'était pas sortir de mon cadre, il sera.^ » facile de prouver combien ces peintures soinl D tout à la fois exagérées, inutiles et même dang: • » reuses ; la stricte vérité est suffisamment bideu

(1) Voir Physiologie du système nerveux.

(2) Ouvrage cilé, p. 550-557, t. II.

jqvour qu'il ne soit pas nécessaire de la charger » d'images purement imaginaires. »

Je suis loin de me ranger à l'avis de ces auteurs, moi qui suis persuadé que les conséquences de la masturbation habituelle sont mortelles quelquefois, terribles souvent, fâcheuses toujours ; et sans ^ m'altarder à réfuter des arguments qu'ils ne donnent ^Bpas à l'appui de leur dire, je me contenterai d'oppo- ' ser à la leur, l'opinion de Réveillé-Parise et celle de Lallemand, savants consciencieux dont on ne peut suspecter la valeur.

« A mon avis, ni la pesle, ni la guerre, — écrit Réveillé-Parise (1) — n'ont de résultat plus désas- ^treux pour l'humanité que ta funeste habitude de a masturbation. C'est l'élément destructeur des sociétés civilisées. Je ne connais pas, enfin, de fléau plus épidémique, plus contagieux que cette corruption sociale, car le nombre des individus qui 'adonnent à cette passion, dès leur plus tendre ieunesse, est immense. Combien de malaises, d'inmmodités, pour lesquels on ne se présente pas îu médecin, que l'on supporte en secret ou que l'on '''aite soi-même !

Combien de praticiens qui ne se donnent pas la peine de remonter aux causes immédiates ou •^'o ignées des maladies qu'ils observent, qui se

^■t] Reçue médicale, ^»i3, p. 98.

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bornent à les traiter sans se demander leur cai

première ! »

— « Mais ceux, — dit Lallemand (1) — qui c^^nt reproché à Tissol d'avoir exagéré la vérité, d'av^^cir manqué le but, et même d'avoir lait plus de îi^:::^al que de bien, ceux-là, certes, ont été bien injus ~tfis

ou ils ont parlé de ce qu'ils ne connaissaient p as.

^our moi j'ai vu plusieurs fois la même fureur, les mêmes misères suivies de la mort; et les nombreu ses conlidences que j'ai reçues de ceux qui s'était— ^nt corrigés me font croire qu'aucun livre de ce gei^Bore n'a été plus utile à la jeunesse, jj

Ceci jugé, une |)reinière question se présente immd, que je ne puis passer sous silence ; celle de sa^^^'oi^ si les suites de la raanuélisalion sont plus graves ou les mêmes que les effets résultant des excès véa riens naturels. .le ne puis liésitcr à répondre que conséquences de l'onanisme sont plus funestes cju*' celles du libertinage. Et si l'on me demande poW"" quoi, je citerai cette réponse de Londe qui est just* à tous les points de vue : ^Ê

« Cela tient à ce que les masturbateurs or*^ T> plus souvent l'occasion de se procurer la sens?»* » lion vénérienne que les personnes qui se livrer»^ » au coït, puisqu'il suffit aux premiers d'être » instant seuls ; cela tient encore à ce que c

s oa

(1) Traité des perles séminales, 1. 1. 2' partie, p. 314.

DE L OS.WNISME CHEZ LA FEMME

^peux-ci l'encéphale est dans une tension pmdî- ) gieuse, et forcé, pour éprouver la sensation véné- » rienne, de se créer un excitant qui lui manque, » de se former des perceptions, d'éprouver des ré- » miniscences, en un mot de se présenter des pein- » tures voluptueuses qui ne sont pas sous les yeux » dans le moment pendant lequel a lieu la mastur- » bation (I). »

Une seconde question est celle-ci : la femme ressent-elle comme Thomme et au même degré les effets pernicieux du coït et de la masturbation? Malgré la haute science de l'auteur que je viens de citer et qui répond par la négative, je ne puis m'empècher d'émettre un avis contraire au sien. Si, en effet, le plus généralement comme on le remarque chez les prostituées, les excès de coït S)nt sans effet chez la femme, c'est que cette dernière, dans ces circonstances, ne perd ni physi- «juemenl, ni moralement — fluides génitaux, influx jaervcux, forces volontaires. — Car, être passif dans l'acte vénérien, la femme peut, sous l'influence de sa volition, s'aflranchir quand il lui plaît de toute participation , corporelle et morale , au congrès sexuel. En ce cas peu d'écoulement du liquide vulvo-vaginal, peu de déperdition de l'influx ncr-

IX et volontaire, et surtout point de soubresauts

) nouveaux éléments d'hygiène, p. 148, 1. 1,

DE L ONANISME CHEZ I.A FEMME

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coïtaux épileptiforraes puisque le spasme fait d» -Cjéfaul. Voilà pourquoi les prostituées peuvent impi»némeiU faire leur métier fort longtemps et serv-%, de moyen à des excès qui tueront l'homme mat^ ^g/s ne retentiront point sur leur organisme. Toutefc;» ^q il n'en est plus de même quand la femme partici^— ji au coït en consommant l'acte, et surtout quand (S^^m^H. se livre à l'onanisme. Celui-ci n'a qu'un but, qu^n^jp/^

que soient les modes d'agir : celui d'engendrer • /^^ i

volupté. Or autant de fois il y aura sensation co luptueuse, autant de fois l'encéphale se sera surnr «/jj pour la faire naître dans des conditions hors natu^B^p. Donc i! faut admettre que chez la femme, covrÈiiie chez l'homme, les effets de la masturbation feront tôt ou tard éclater des accidents morbides ; et ces accidents, à mon avis, seront plus marqués chez /a femme à cause de sa nature à prédominance cssenliellcment nerveuse.

■Ceci admis, je vais parler des afTections qui rfeiiltent des manœuvres génitales.

Elles sont ; .\. Locales et de voisinage; — B. fi^" nérales.

A. — Affections locales et di; voisinage.

Les alïections locales et de voisinage occasior» ~ nées par la masturbation sont nombreuses : les unc^ * sont bénignes, les autres offrent une certaine grs

vile.

DE LONAKISME CHEZ LA FEMUE

1° Bénignes. — Citons la flaccidité et la décoloram de la muqueuse génitale, les excoriations de la llve, du clitoris, de l'entrée du vagin et l'érythêine î ces organes, premier ôc^vé inllammaloire dunt s conséfiuences sont de la congestion, de l'irriiion et du prurit qui attirent l'attention de la atienle du côté des oi^anes génitaux et engagent irteraent la manuélisatrice à recommencer ses tnaœuvres.

Viennent ensuite :

La déchii-ure de l'bymen, lésion peu considéuible •ar elle-mcme, mais qui peut, lors du mariat,'e, «nner beaucoup à penser au mari clairvoyant, et endre ainsi malbeureui deux êtres qui ne leus.-ent oint été sans cela ;

L'érylhème et parfois l'eczéma de la partie supéro- «terne des cuisses, engemJivs par un écouleni<;nt fsenliel ou consécutif;

La leucorrhée idiopalhique, née sous l'influLnce un trouble d'ordre local ou général dans Tinnerïlion des glandes mucipares génitales ;

La vulvite et les abcès dos grandes lèvres qu'elle eut entraîner; les manœuvres erotiques enfantent Btte maladie d'une Fiianièrc complexe, tant en mnicslionnant fréquemment les organes sexuels qu'en Tilanl mècaniquemoiil la vulve ;

La vaginite engendrée, elle aussi, par l'artion irrilalive directe d'un corps étranger, par l'éréthisme

Pouiurr, Onouismo, '•" édit. T

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DE L ONAMSME CHEZ LA FEMME

sanguin habituel ou par la détérioration générale l'économie ;

L'hypersécrétion des glandes vuivo-vaginalos d ou f.omprend facilement le genèse ^i l'on réiléc que la masturbalrice, ne cherchant qu'une cho; le plaisir, s'efforce par des arrêts répétés dans fl pratiques de le prolonger le plus longtemps p^wj. sible, circonstance tout particulièrement TavorEai/e à l'appatilion de riiypersécrélion des glandes çîg, Carlholin ;

L'inflammation phlegmoneuse et les abcès ces glandes et consécutivement les fistules ; q ces maladies se développent à la suite d'une vu vile intense ou sous l'action directe de la maslui balion.

N'oublions pas enfin la vulvite chronique et la vS ginite chronique avec leur symptôme principal l'écoulcmenl leucorrhéique. Ces afTections sont telle ment fréquentes chez les manuélisalrices que Des landes a pu dire que sur 20 cas de leucorrhée o" d'infiammalion de la vulve ou du vagin, 15 ou 1provcnaient de la masturbation.

Attirons particulièrement l'attention sur Fécoule raent blanc génital des petites filles, sur la natui duquel on ne saurait trop se mettre en garde, sui tout au point de vue médico-légal. Gel écoulemei peut, en effet, en imposer chez les enfanls faire croire au viol, comme cela s'est déjà pr^

sente. Je citerai, à ce propos, quelques extraits (l'un rapport d'expert, sur une prévention de viol mal fondée, où l'on trouvera, en même temps, un tableau vrai des désordres que l'onanisme amène dans les organes externes de la génération chez les

! enfants « Le sieur B... nous a rapporté que le 0, à 7 'heures du matin, sa fille, âgée de 14 ans, étant a restée seule dans sa maison, le sieur E..., son > Toisin, y était venu, qu'il l'avait jetée sur un lit et » en avait abusé malgré sa résistance.

» Louise B..., interrogée par nous, ne nous a • répondu qu'avec beaucoup d'hésitations, mais a » fini par coniîrmer le récit qui venait de nous être » Tait.

I « Examen de la jeune B... — Louise B..., non I encore réglée, est d'une petite taille d'une consti-

■* tution chétive, éminemment lymphatique ; elle a le

» teint pâle, les yeux cernés.

» I. Les organes sexuels très développés sont

» déjà llétris et décolorés, les grandes lèvres très M épaisses et flasques sont écartées à leur partie in- ^ férieure. j

» IL La vulve, dont l'entrée est fort élargie, est » évasée en forme d'entonnoir, au fond duquel est " refoulée la membrane hyraen considérablement

UE L OSAMSME CHEZ LA FEMME

T> rablnmcnl relàcliée, mais sans drcliiiure, et fc )> iiianlune sorte d'anneau autour de l'orilice béa u du vagin, dont les dimensions sont telles, qu' » peut y inti'oduire facilement le doigt; la fourche ^"^1 » est déprimée, mais non déchirée. h

« IM. Il n'existe, du reste, sur ces parties aucui^B

» excoriation mais elles sont lubréliées çy — >at

> l'écoulement d'une matière blanchâtre qui nou 5 a » paru de nature leucorrhéique. ^M

» ConcJnsùni.s... — Il est évident que la jeune » Louise n'a pas été drtlorée... mais la Hétrissvire » des organes, la disposition infnndibuliforme de l^ » vulve, la dépression et la déformation de l'hymeÉ^ 11 la dilatation de l'orifice vaginal, attestent une ba- » bitude déjà ancienne d'attouchements, et, sans V doute, d'introduction dans le vajrin d'un corps plu-* » ou moins volumineux...

t L'écoulement dont les organes sexuels sont » siège ne peut provenir d'un attentat commisse » lement trois jours auparavant ; il existe di? «depuis longtemps; ce sont des Ilueurs btancii' » occasionnées par des habitudes d'onanisme (IJ. (L'examen microscopique des taches de la cliemii de Louise B... démontra la vérité du précède*^' rapport.)

(1) J. Briant et K. Cliaudé, Manuel oompUt de médecine gaie, pages 770-771.

DE L0NAM8ME riIEZ L\ FEMME

î' Graves. — Les aiïections sus-désignées sont relalivement peu importantes à côté des suivantes dont la gravité ne peut échapper à personne. Nommons d'abord la méirite aism".

L'inflammation aiguë de la matrice est une conséquence peu rare de la raaslurbatton Iiabiluellement pratiquée et surtout répétée peu avant, pendant ou immédiatement après les règles. Les manœuvres onaniques, lorsqu'elles n'agissent pas localement comme dans la masturbation utérine, entretiennent la fluxion de la matrice, l'augmentent, l'exagèrent. Sur l'organe gestateur vient retentir l'irritation constante d'un point de l'appareil génital, dont on sait Jes rapports vasculaires intimes des diverses parties ^ui le composent.

H» A côté de cet acte physiologique, le coït, comme Pause de la raétrite interne, — disait A. Guérin (1) ians une de ses ler-ons à rilôlcl-Dieu, - — il en faut ïiter un autre, l'onanisme, qui lient à une véritable maladie de l'esprit et qui est une cause d'indamma- Lîon fréquente, sur laquelle l'attention n'a pas été assez lixée. Il existe dans les deux sexes; et Scanzoni nous dit que, dans tous les pensionnats d'Allemagne. -'est un vice répandu à un point tel, qu'on pourrait citer les exceptions.

> Chez les jeunes garçons, il aboutit aux diathé-

(1) Annales de la Gynécologie, juillet 1874, page 11.

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