‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 15 sur 68 · CV · texte numérisé non relu

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DE L ONANISME CHEZ LA FEMME

■ l'utérus en parliculier, et peut ainsi devenir le point de départ de la métrite. »

■ La métrite parenchymateuse ou engorgement

■ inflammatoire chronique du tissu utérin reconnaît

comme cause efficiente et active la masturbation

dont les manœuvres répétées déterminent un afllux

sanguin presque constant dans le corps et le col de

ia matrice.

La métrite chronique muqueuse externe est souvent consécutive à l'engorgement du col, mais elle est parfois primitive; en ce cas, l'onanisme iginal, à l'aide d'instruments qui viennent direc- :ment irriter le museau de lanche, et l'onanisme îliloridien, par la congestion qu'il provoque, occalonnent fréquemment son apparition.

La métrite chronique muqueuse interne est une Teclion peu rare et que l'on a souvent confondue |vec la leucorrhée qui n'en est qu'un symptôme. *'est par un mécanisme identique à celui signalé pour les autres formes de métrite que la masturbation fait naître cette maladie.

Le relûchement, la chute, l'inversion du vagin ont ftté notés chez les manuélisatrices.

Le relâchement des ligiments utérins, assez frélUenl chez elles, provoque parfois des déplacements, des déviations de la matrice et s'accompagne ! phénomènes pathologiques divers.

Les auteurs en ont cité des exemples.

Hfi

DE L ONA!<ISME CHEZ LA KEMME

Dcslandes rapporte le cas d'une dame qui, ayant

commencé à se masturber dès l'âge di* utize ans, fut atteinte d'abord de (lueurs blanches abondan- 'es. Mariée à IH ans et bien que les satisfactions 'éiritimes ne lui manqirassent point, elle n'en continua pas moins ses pratiques solitaires malgré plusieurs grossesses, tellement sa passion onanique la possédait impérieusement. Aussi son aiVection utérine ne fit-elle que s'aggraver et se compliquât-elle bientôt d'un prolapsus utérin grâce auque' le col de la matrice descendait jusqu'à l'enlrce du vaiîin (l). ^

Cullerier, dans le Dictionnaire des sciences m^W cales, dit en propres termes que les maladies de matrice sont trop souvent la triste et cruelle conséquence des manœuvres solitaires {"2).

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Falire dans son Traité des maladies vénériem s'exprime ainsi avec des preuves à l'appui : « J'ai » observé une cause d'écoulement, dans les fem- » mes, qui m'en a imposé quelquefois, et me l'a fait B prendre pour une véi'ilable gonorrbée. On m'en- » voya chercher un jour pour une dame, âgée àet » 18 ans, qui, après six mois de mariage, ressen- » tait des douleurs dans le vagin avec un écouleï ment d'une matière fort abondante et verdâtre. a Fabre crut d'abord, comme il le dit trop longi

(1) Loc. cit. p. 350-51 {2) T. XIX, p. 5.

DE L ONANISMK CHEZ LA FEMME

ment pour que je puisse le ciLer in extenso à une! afleclion vénérienne et institua un traitement en] conséquence, t Cependant, loin que ces moyens, y> conlinue-t-il, apaisassent les accidents, ils les] » augmentèrent au contraire. Comme je n'avais jus- ■» qu'alors visite la malade que superficiellemenll » et qu'elle me dit sentir une grosseur à la vulvej » qui semblait vouloir sortir, je lu fis couclier et je] » sentis le col de la matrice descendre jusqu'au! » bord du vagin. En questionnant cette dame surj » ce qui pouvait avoir donné lieu, à son âge, à un » pareil relâchement des ligaments de la matrice,] » elle me lit, par l'inquiétude que lui causait sa! » maladie, les confidences les plus secrètes: elle » m'avoua que son mari l'excitait souvent au plai- » sir avec les doigts, et que le frottement qu'il » exerçait dans cette opération était quelquefois si > *> fort, que sa chemise en était tàciiée de sany. JeJ ^ vis alors que je m'étais trompé sur le caractère] > de la maladie, car je jugeai que la descente dej 5> matrice dépendait de la masturbation qui était » capable de causer les douleurs qu'elle ressentait *» et de produire l'écoulement. »

Voici une deuxième observation du même auteur où la métrile chronique s'accompagne non seulement «l'écoulement abondant, mais aussi de névralgies céphaliquc, iboracique et gastrique.

DE L ONANISME CHEZ L.V FEMME

«Une jeune femme, mariée depuis cinq ans, » n'avait point eu d'enfants ; elle avait un écoule^^f i> ment fort abondant de matière verdàlre ; elle avait i ]» beaucoup maigri ; elle se plaignait continuellement

> d'un mal de tète insupportable, avec des maux 9 d'estomac et de poitrine ; ses cheveux, qui étaient

9 les plus beaux qu'on pût voir par leur longueur e^M » quantité, étaient presque tous tombés. » ^^

Fabre croit encore avoir affaire à une affection, virulente, mais le traitement qu'il ordonne ne pro duit aucun effet salutaire. « Enlin, reprend-il, » malade voyant l'inefiicacité des remèdes, crut" » devoir m'avouer que, depuis l'âge de l-i à 15 ans, » une femme de cbambre l'avait mise dans le goût

> de se satisfaire elle-même ; qu'elle s'y était li«j » vrée avec tant d'excès que, depuis son mariage,.]

> l'approche de son mari lui avait toujours été in-

> différente, et qu'elle était obligée quelquefois de ^

» quitter la compagnie pour aller contenter sa pas

» sion. Je reconnus alors la véritable cause de la » maladie et je lui fis si bien sentir les conséquences » dangereuses de son malheureux penchant, qu'elle » me promit d'y renoncer. î

Les masturbatrices sont sujettes aux mélrorrha— — gies (4). Ces pertes sanguines s'expliquent de di — '

(1) Dngèis, tians le Dictionnaire de Médecine et de CAirurgi^^^* pratique (I. IX, piigc 423), a signalé des écouleincn Is de par In vulve de jeunes Jillcs et mt^ine d'entanU en bas âge qi Be livraient à l'onanisme.

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DE L OMMSME CHEZ LA FESTHE

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[verses farons. Tantôt elles suivent une congestion due à des manœuvres répétées coup sur coup; tantôt elles sont symptoma tiques d'un défaut de plasticité du sang, de l'anémie ; parfois elles sont un sig:ne de mélrite chronique interne; et, enfin, plus souvent qu'on ne pense, chez tes adultes, elles accompagnent l'expulsion d'un germe, c'est-à-dire l'avortemenl embryonnaire.

Le cancer de la matrice, selon quelques auteurs, parmi lesquels je citerai Descuret, peut reconnaître l'onanisme pour cause. Je ne sais jusqu'à quel point cela est vrai. Toutefois il n'est pas invraisemblable que cette maladie voie son éclosion survenir plus vite sous l'inlluence congestive répétée <le la masturbation, ainsi que sous l'influence du ooït incomplet, je veux dire non suivi de l'éjaculation spermatique dans le conduit vulvu-ulérin, coït que l'on pratique, à notre époque, sur une large elle, surtout dans les classes aisées et riches, ans le but d'éviter une trop nombreuse descenance.

Le jet séminal, en venant humecter, baigner le ol utérin, doit l'impressionner d'une façon bienfaisante et favoriser le dégorgement des vaisseaux énilaux, puisque c'est là la terminaison naturelle |t pbysiologiquement prévue de l'acte vénérien ; ssi quand cette consommation est éludée d'une anière ou d'une autre, pcul-il en résulter des dé-

DE L ONANISME CHEZ L\ FEMME

sordres inlimes, des modifications, lentes mais fondes, dans la nutrition locale du col de la matrice et ]iar suile des néoirënèses cellulaires. Ce n'est év^H dcmnient h"! qu'une pure hypothèse pour la preu^P de laquelle il serait nécessaire de faire des recher^ ches particulières.

L'incontinence urinaire, notée quelquefois ché les adolescentes, s'explique par l'alonic nerveuse? la faiblesse locale qu'engendrent les manœuvres^ erotiques. « J'ai été — dit Giraudeau — souve^| T> consulté pour déjeunes demoiselles sujettes à l'in- » continence d'urine, dont la masturbation était » cause. »

La péritonite Iraumalique circonscrite ou génér lisée est survenue plus d'une fois à la suile d'une perforation vaginale par un instrument masturbateur qui pénètre temporairement ou demeure dans l'ab- domen. Nous avons cité déjà un cas du premierra genre ; voici une observation de la seconde espèce.

Il sagit d'une femme de 28 ans, qui tourmenta tée, disait-elle, par une difficullé d'uriner, — l ^ femme n'avoue jamais que la moitié de la vérit^^ — cherchait à taire pénétrer dans le canal l'urèthre un crayon de bois de cèdre. Penda qu'elle se livrait à celle manœuvre elle fui tout coup surprise par l'arrivée de quelqu'un et crayon lui glissa des mains. En s'asseyant que/^ ques instants après, elle éprouva dans le eô

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DE L ONANISME CHEZ L\ FEMME

Kauche de l'abdomen une douleur excessive comme Bî un corps étranger lui eut perforé celte région, fet bien qu'un homme de l'art f'ùl appelé aussitôt, il ne put découvrir aucune trace de blessure. De rréquénles attaques de péritonite suivirent cet acoident, et quand, huit mois après, le docteur Ericlisen fut appelé près de la malade, il la trouva très amaigrie, sans cesse tourmentée par une vive douleur dans l'abdomen et en proie à des vomisemenls répétés. Aucun symptôme n'annonçait une Vnaladic de la vessie ou de l'intestin; du sang avait fcien une fois été rendu par l'anus, mais on l'at- Iribua à la présence d'Iiémorrlioïdes, dont elle avait souircrt auparavant. En examinant ta malade, on reconnut que la pointe du crayon faisait saillie dans la paroi de l'abdomen du côté droit, à une égale distance de l'ombilic et du ligament de Poupart... Un ces circonstances M. Erichsen fit une incision lur la paroi abdominale, rencontra la pointe du crayon, qui pénétrait entre les libres du fascia transversalis, et le saisit pendant qu'un doigt introduit dans le rectum projetait en avant le corps étranger. Ce crayon ainsi retiré avait cinq pouces et

demi de longueur

La malade mourut de péritonite le quatrième jour de l'opération. On reconnut à l'autopsie que crayon avait pénétré dans l'abdomen par le agin, qu'il avait perforé, à sa partie .supérieure

DE L ONAMSME CHEZ LA FEMME

et postérieure, près de l'insertion du coi utérin {\) Les abcès du vagin sont engendrés aussi pai des instruments vulnérants ou par le séjour dans 1 conduit vulvoiilérin d'un corps étranger qui en dé termine l'inllammation et la perforation.

Il y a quelques années, une villageoise entrait l'hôpital***, dans le service chirurgical du docteur'**, acluellcnjent professeur à la jeune Faculli de***. Celte lille présentait une tumeur diffusi dans un des côtés du bas-ventre. Plus tard, il si forma un abcès qui s'ouvrit et dont la longue sup — puration emporta la malade. Un diagnostic avait — ~ il été posé? Je l'ignore; en tout cas il était d

haute fantaisie, car l'autopsie démontra seule, ai grand élonnement du chef de service, une perfc ration vaginale et la présence d'un bouchon de carafe dans un vaste foyer pelvien. L'habile maître,». ^ — dont je ne veux pas par délicatesse livrer le nomar:*^ au verdict de ses confrères, — devant une affection»'^*^ ' du bassin, à la vue d'une tumeur volumineuse,^: ^ avait simplement oublié de pratiquer le toucher*-^ vaginal, comme le singe du fabuliste qui ne pense pas ;i allumer sa lanterne; cette manœuvre nécessaire, même à défaut d'un aveu de la malade, lur eîit donné la clef de ce qu'il appelait un mystère pathologique, et lui eût permis, malgré son incapa-

(1) Journal de Médecine et de Chirurgie pratique, t. XXVI^B|^ i' série, p. 77.

^cue chirurgicale iioloire, de soulager la lillelte et

I peut-être de la sauver, en enlevant à temps le

, corps étranger du vagin.

^H La cystite et la néphrite, selon Descuret, peu-

^Bnt avoir la masturbation pour cause. Cela n'est

^^s douteux lorsque l'on rédéchil aux manœuvres

^e certaines onanistcs, et aux corps étrangers que 1

^■op souvent elles s'introduisent dans la vessie,,]

Fainsi que nous Talions voir plus loin.

I Des titillations trop fréquentes sur le clitoris |

Bat capables, — dit justement Deslandes, — del re acquérir à cet oi^ane des dimensions énormes, j , ^sl-à-dire de produire la clilorismie. |

Selon l'oitillaud, la masturbation clitoridienne' l^arovoqucrait même l'engorgement squirrheux, la J ^■Êgénérescence cancéreuse du clitoris. IVous laissons ^H son illustre auteur la responsabilité d'une telle | ^affirmation.

Les calculs urinaires, les fistules vésico-vaginales i les conséquences de ces états morbides sont i loin d'être rares chez les masturbatrices. Bien des j malheureuses ont vu, avec honte et étonnemenl, les inslruniunts les plus divers qu'elles utilisaient! dans un but erotique, abandonner tout à coupleur îin durant leurs pratiques sur le méat urinaire i l'intérieur de l'urèlhre, et gagner la vessie j pour y devenir l'origine de désordres de toute ïèce. Les exemples de ce genre ne manquent

^re» M lônANisME chez l\ ikmme

pas dans la science, comme le prouvent les extraits qui suivent :

Moreau, chirurgien en chef de l'IIôlcl-Dieii de Paris, racontait dans ses cours d'opérations qu'il avait extrait de la vessie d'une femme une petite pomme d'api incrustée de matière calculeuse.

— Une jeune fille s'introduisit par l'urèthre, dans la vessie, un étui de bois dont on se sert pour mettre des aiguilles. On lui en fit l'extraction au hout de trois mois ; il était entouré de substance pierreuse. On retira en rnème temps plusieurs petits calculs de In vessie, dont quelques-uns étaient de la jirosseur d'une noisette, et l'on lit sortir par le moyen des injections plusieurs graviers. Cette fille j^uéril et n'a plus ressenti aucune incommc dite (1).

— Une jeune fille d'environ seize ans, se frottj le méat urinaire avec la tète d'une longue épinglJ noire à cheveux. L'ayant inlroduile dans l'urèthrJ l'épingle lui échappa et pénétra dans la vessie.. Au bout de «luelques mois, tombée dans le rasme, cette ,mallieureuse confessa l'origine de mal. On la sonda et l'on reconnut une pierre dj la vessie. Ce calcul de la grosseur d'un œul poule fut brisé et extrait après des tentatives

(l) Btjnôvoli, Dissertât, gt Obierrat. l. XXn, p. »W.

DE L ONANISME CHEZ VX FEMME

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gués, pénibles et fort douloureuses. Ouiiiil à

[J'épingle qui était placée d'arrière un avant et la

pointe vers le pubis, on la relira aussi. Elld mesu-

rail .j pouces de long et était incrustée de niatièrc

-■alculeuse. La fille guérit (1;.

— Morgagni, d'après Clioparl, rapporte plusieurs observations sur des aiguilles d'os dont les Italiennes se servent pour les cheveux, et que les lilles iscives s'introduisent dans l'urèllire et laissent -happer dans la vessie. Les douleurs que <ies filles trouvent ensuite dans les voies urinaires les obliînt d'en déclarer la cause : mais il en est qui, par pudeur ou par d'autres motifs, lâchent de déguiser vérité et de faire croire que ces aiguilles sont issées des voies de la déglutition dans le ventre "t dans la vessie. Leur récit ne peut tromper ceux lui connaissent la voie naturelle cl facile par laluelle ces aiguilles cl d'autres corps plus grosbiert euvenl pénétrer dans la cavité de ce viscère. loiDichen cite ce (ail d'une Vénilienne qui, se '<^tUint le méat urinaire avec une aiguille d'o8, laissa échapper dans b vessie, dont on ne pal ' retirer qu'en dilatant l'urèlre.

— Une fllle de Panne, âgée d'en»irûn vingt aa», (>uchait avec une autre fille qui lui introduinil dan» purèthre une grosse aiguille à tête d'ivoir«. (j;Ut

Ih Journal de mééaeitu 4e FarU. L JU, p. 89.

DE L ONAIflSME CHEZ LA FEMME

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aiguille, de la longueur du doigt, tomba dans ^^ ■ vessie. Peu de jours après, cette fille n'urina qU^* goutte à goutte et avec de très grandes douleurs- La honte de déclarer son aventure lui lit cach^'' son mal pendant cinq mois. Enûn, maigrissant ^^ ayant de la lièvre, elle eut recours à un chirurgie qui, ayant porté le doigt dans le vagin, sentit un^ ^ dureté, découvrit un bout de Taiguiile qui av percé la vessie et le vagin, et se contenta d'erapoi porter des matières pierreuses qui incrustaient c corps étranger. La malade n'étant pas soulagée on appela un autre chirurgien, qui introduisit u sonde dans la vessie et y sentit un corps dur. Po soulager de vives douleurs, il fit prendre à la m; lade beaucoup d'huile d'olive, et quelques jou

après, I aiguille, qui était incrustée de malièr C

pierreuse, parut à l'orifice du vagin par le trou fa^Bt à la vessie. On la tira avec la rnain ^^ans l'aid^He d'aucun instrument. La fille cessa de souffrir e 3t fut en état d'agir, mais il lui resta une fistule vés^Scale qui donna lieu à une incontinence d'urine (Ac^sidémie des Sciences de Paris, ann. 1730 (1).

— Une fille de Padoue, Agée de 19 ans, atteint-^ disait-elle, d'une démangeaison à la vulve, ^d frotta le méat urinaire durant la nuit avec la tfe '•e d'une longue épingle de fer. Cette épingle pas- ^5*

(1) Choparl. Ttaitè det maladies des voies urinair es, ttnnofc--«« par Ségalas. Paris. lSo5.

AMSUE

ïans l'urèthre et gag^ia la vessie, d'où la jeune lille essaya vainement de la retirer. La bonté lui fil Caire son aventure durant huit mois, mais le dépérissement dans lequel elle tomba et les instances sa famille l'amenèrent, à cette époque, à confesl'origine de ses soulTrances.

L'n chirurgien appelé pour lui donner des soins lata l'urèthre, introduisit le doigt dans la vessie reconnut l'épingle qui avait servi de point d'orine à un calcul. On crut devoir faire l'opération la taille par le haut appareil et l'on retira de la brte la pierre et son noyau métallique. Mais la me fille mourut au bout de trois jours (1). — « Dans le mois de juin 1 855, — dit le D' Denuce ins un mémoire publié par le Journal de médecim. Bordeaux, — je fus appelé auprès d'une jeunei Glle de 18 ans, ouvrière on chambre, demeurant! le Saint-IIyacinthe-Saint-Michel à Paris, et qui,] •puis trois jours, était au lit, souffrant, disait-elle,

coliques atroces. J'examinai d'abord le ventre^ li n'était point douloureux à la pression. La perîslance de la malade à placer le siège des dou- >urs qu'elle éprouvait dans la région hypogastri- [ue m'engagea à pratiquer le toucher vaginal. Jd'J is fort surpis de sentir dans la paroi antérieurej |u vagin une pointe dure et acérée qui soulevait

\(t) Académie des sciences de Paris, année 1758.

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DE L ONANISME CHEZ LA FEMNE

ro-vaginale : à l'aide d'une seconde pince, je nsà la saisir dans le vagin et à tirer le crochet ut entier par cette voie. Je dois ajouter qu'ayant is la précaution cJe maintenir pendant deux ou

K jours une sonde dans la vessie, le pertuis ferma et la malade g;uéril sans aucune trace de tule.

— « Une blanchisseuse de dentelles, àjiée de 21 is, venant de se mettre au lit, s'était livrée, à des anœuvrcs de masturbation en se servant, à cet et, (i'nnc croisoire, aiguille en os, fusilbrme, Dusse d'un côté, pointue de l'autre et lonsiue de centimètres. Ces manœuvre.^ s'étaient prolones jusr|u'au moment où, gagnée par le soniïil, lu jeune fille s'était endormie, laissant en ice la main et l'instrument de ses plaisirs solires. La nuit fut bonne et le lendemain l'ouvrière lit même repris ses travaux habituels quand ilques douleurs sourdes, jointes à l'absence de aiguille, lui donnèrent l'idée de l'accident qui it arrivé pendant son sommeil. Elle supporta oins ses soullrances avec courage, mais, Ibrla fin de garder le repos, elle vint, le Luijour, consulter M. Cron et lui fit l'aveu de s'était passe. Ce chirurgien sonda iinmément la malade pour constater la présence du s étranger et, cette notion acquise, il procéda traction de l'aiguille qui, après diverses tea-

DE L ONANISME CHEZ LA FEMME

lalivcs infructueuses, fut retirée de la inanièn suivante : la malade fut plongée dans l'anesthésii et une injection d'eau ayant été faite dans la vessie,j M. Bron introduisit un doigt dans le vagin, et un pince il anneau dans la vessie. S l'aide des deu' mains, il reconnut que l'aiguille se trouvait en avant un peu à gauche, à la partie supérieure du pubisset refoulait par son extrémité opposée la paroi pos térieurc de la vessie. Guide par ce diagnosti M. Bron maintint le doigt indicateur gauche s' la saillie perçue profondément dans le vagin pour se renseigner sur le résultat de ses manœu vres et les favoriser, pendant que de la ma droite il saisissait la croisoire avec une pince y anneaux et se rapprochait autant que possible «zde son extrémité antérieure. A ce moment, combina, mil la pression du doigt indicateur gauche avec '•Jn double mouvement de piopulsion en arrière et traction en bas opéré par la main droite, il fit culer, comme il le désirait, la croisoire qui se cl| plaça et fut extraite sans autre inconvénient cori.sé-" cutif qu'une cystite légère qui ne dura que deux ou trois jours (1). »

Les cas que je viens de relater ne sont pas U seuls que l'on connaisse ; en voici quelques auires encore :

(i) Journal médical de Lyon. Observation reproduite p»*" Journal de Médecine et de Chirurgie, t. .\.\.\]V, p, 3C9.

DE L OKAMSMI:: CHEZ LA FEMME

^— A l'Hôlel-Dieu de Lyon, Cartier a vu une fille <ie 40 ans environ qui s'éluil introduit dans ia Messie, par le canal de l'urèlbre, un »Hui rempli

illes.

de la difllcullé

ce que éprouvant Uriner, elle avait voulu, disait-elle, dilater le canal. ^^artier praliiiua l'opération de la taille. Quand il ^|eisit l'élui il s'aperçut qu'il était placé transversar lement, et il dut avec les teneltes changer sa direc- I lion. Appliquant alors l'instrument sur la partie I moyenne de l'étui pour éviter l'ouverture de ce ' dernier, il le retira facilement et la malade se rétablit promptcment (I).

— En 1G92, Lamolle fui consulté par une vieille lie dévote ([ui s'était introduit une grande et rosse épinplc dans la vessie ; il sonda trois fois ivec beaucoup d'attention et de patience, et il senit l'épingle très distinctement. Au quatrième exaen, répingle s'engagea par hasard dans les trous la sonde, alors le chirurgien porta le médius dans le vagin pour soutenir l'épingle, tandis que de la main gauche il attira et la sonde et l'épingle, dont l'extraction fui paraissait impraticable.

— En 1751, selon Morand, Lachèse fut consulté

ar une fille de 20 ans qui, la veille, s'étanl inlro-

•'"Ù un cure-oreille dans l'urèthre, l'y avait perdu.

Pdroit I

^observât, de chirurgie, p. 169.

Apn^s diverses tentatives, il sentit le corps ger à l'aide d'une algalie, mais ne put le retirer d la vessie avec les pinces ordinaires. De crainte d'in llammation, il saigna la malade plusieurs roi=g cl fit injecter dans le réservoir urinaire des émoi — lienls cl des huileux pour relâcher les parties et fa- . cililerrextrarlion du cure-oreille. Au bout de deu=^ mois, après plusieurs essais, il amena ce corps ai dehors, l'urèthrc ayant été préalablement dilaté. Lîmalade n'éprouva par la suite aucune inconimodili^ Le cure-oreille, malgré son court séjour était i crusté de sels calcaires dans une grande partie sa longueur (1).

— Une fille, de 31 ans, — relate M. Pamard dai les Annales de médecine jjratiquc de Montpellier (2 — se masturbait avec un sifflet d'ivoire long de tn pouces et demi et gros de cinq lignes au milieu el la tête, par laquelle elle l'introduisit dans le caim de l'urèthre ; ce corps s'engagea si avant dans canal que la jeune fille ne put te retirer. .\près avo sondé cette personne, le chirurgien porta, mais vain, unt- pince à pansement dans le canal: il prif ensuite des pinces à polypes avec lesquelles il saisii le corps par une de ses extrémités et en lit l'extrac lion.

— Une demoiselle de 20 ans avait introduit daOi

(1) Mémoire de l'Académie de chirurgii, t. III, p. 013. (2; Octobre 1808, p. 287.

DK L ONAMSMi; CHEZ l\ FEMME

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-Hui de bois des Inde

i'essic un clui de Ijois des Indes rempli d'épin- ■£lcs et d'aiguilles a coudre. M. Itigol injecla la V^essie d'eau miellée el incisa l'urèllire des deux ■Côtés avec le litholonie caché ; l'élui, placé en Ira- ^^ers derrière le pubi:;, fui, au moyen du doigt, Miangé de position, aprijs quoi on le saisit el on

t'amena au dehors ; il avait trois pouces et demi de pongueur et un pouce et demi de circonférence. La

•TTialade guérit (1).

— Une fille de 17 à 18 ans avait l'habitude de

s'introduire un gros morceau de bois dans le canal Be l'urèthre. Un jour ce morceau de bois pénétra

*rop profondément, ne put être retiré et parvint

^ans la vessie. M. Faure dut, pour l'extraire, prali- ^luer l'opération de la taille vaginale (3J. m — Une fille de 28 ans, pour calmer le prurit intense HUe lui occasionnait, disait elle, des dartres sié-

iK'"ant sur les parties génitales, se frottait le lieu

«'lleclé à l'aide d'un étui. A force de frotter pendant

plusieurs mois le méat urinaire, elle l'agrandit au

point de pouvoir y introduire l'instrument dont elle

tese servait, ce qui produisit une incontinence d'u-

■rine; enfin elle l'enfonça tellement qu'il glissa dans

■ la vessie. Ce corps y séjourna pendant trois mois ■sans autre accident qu'une strangurie. M. Rétif fut ■Appelé; il introduisit le doigt indicateur dans le va-

■ (h Annaies de médecine pratique de Montpellier, Bonce 181U. KliL^dtm, aoùl 1:^10.

DE L ONAMSME CHEZ LA FEMME

gin pour s'assurer de l'existence du corps ger; en le dirigeant du côté de la vessie, lit dans cet organe une tumeur oblongue et du^ Le canal de l'urèlhre étant très dilaté, il lui fut possible d'y porter le doigt, et d'insinuer jusque dans la vessie une pince avec laquelle une des extrémité , de l'étui fut saisie et amenée au dehors, mais on ne put extraire le corps étranger parce qu'il était entouré de matière calculeuse à son centre. On se décida alors à faire la taille par le haut appareil. L'opération pratiquée à la manière ordinaire, le corps étranger fut retiré à l'aide de pinces à pansement. La malade succomba le vingt et unième jour apr^ l'opéralion (1). ^Ê

Les corps étrangers introduits dans le vagin par la masturbation ont des suites généralement gnves et quelquelois mortelles. Leur extraction, d'autre part, nécessite des manœuvres chirurgicales d'une certaine difficulté et même d'une grande importance, d'autant que souvent ces corps, lorsqu'ils séjournent depuis longtemps dans les organes tau.v, s'encroûtent de substance calcaire, s'enclavi perforent même les cloisons vagino-vésicale et to-vaginale.

Tantôt ces corps étrangers sont des parties d'éli des épingles, des aiguilles à coudre ou à chev(

(1) A.Rùlif, Dissertation sur les corps étrangers l'nliv dans la vessie, etc., Paris, ISll,

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« fétus de paille, des épis de céréales ou de grainées, des morceaux de légumes, des fragments de lugies, de chandelles, de bois, des petits flacons à leurs, tantôt des verres à boire, des bouchons de istal ou de liège, un pot à confltures, etc., etc.,

Nous avoas donné dans le cours de ce travail verses observations de corps étrangers du vagin : . voici quelques autres loul aussi curieuses. — Une fille se présente chez un praticien et lui iinande de la délivrer d'une douleur insupportable IX parties génitales.

Au loucher on reconnaît un corps dur et inerte tuée à la partie supérieure du vagin, dont la inemrane muqueuse était gonflée de telle sorte qu'elle imblait embrasser ce corps et le retenir avec force.

fallut beaucoup de soins et plus d'une tentative lur parvenir à le saisir et à l'extraire et l'on reconttt alors qu'il consistait en un gros bouchon de ège.

Il est hors de doute, malgré la dénégation que la onte inspira à la patiente, que c'est en se servant 'un goulot Je bouteille pour satisfaire aux égare- •enls de son imagination qu'elle éprouva l'accident Ont nous venons de parler (1).

— « Pendant que j'étais interne à rilôlul-Dieu,

UJ Fournier et Béguio, Dict. ca tiO vol., l. XXXI, p. 107-8.

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— (5cril Lisfranc(l), — une femme coucbée dans la flivisiun de Dupuylren éprouvait des douleurs violentes dans le bassin. Un écduicment piinilenl, lélide, élaiL fourni par les organes de la généralion. Celte femme ne voulut donner aucun renseignement sur son élal; elle répondait toujours d'une manière évasive aux questions qu'on lui adressait.

5 L'oriDce inférieur du vagin qui ne renferinait pas de corps étranger était rétréci par le boursoul^^ meut de la membrane muqueuse. Cette lumélaclion remontait à une assez grande hauleiîr dans le canal vulvo utérin ; elle formait à la vulve une très légi're saillie. Le doigt porté piofondément dans une large cavité en sentait les parois très dures el ne pouvait constater la présence du col de l'utérus. La sonde de femme donnait la même sensation, les percu??ions qu'elle exerrait produisaient un son creux très re^ marquahle.

1) Dupuylren introduisit profondément les morS' assez larges d'une pince, à laquelle il fit exécut< des mouvements de bascule en sens divers, à rn^ sure qu'il exerçait sur elle des tensions lentes et { duées.

» Il parvint ainsi à extraire sans le briser pot de confitures, légèrement conique, dont la

(1) Clinique chirurgicale de la Pitié, tome H.

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tite extrémité sortit la dernière de la capacité dans laquelle une passion criminelle l'avait engagé. On fit immédiatement des injections émollientes, presque froides.

» La malade, Itonteuse et confuse, sortit de l'hôpital le jour même de son opération. Nous apprîmes qu'il ne survint aucun accident ; la guérison fut complète. »

Les Annales de (a Société médko-ckmirgicale de Bruges contiennent une observation à peu près semblable à la précédente et que reproduit le Journal de Médecine et de Chirtwtjie (deuxième série, année iSoO).

— Le D"" Janssens fils, d'Ostende, fut appelé près d'une femme qui ne pouvait extraire du vagin un verre à bière qui y était engagé en entier et la laissait en proie aux plus horribles douleurs. En pratiquant le toucher, on reconnut que le cul du verre correspondait au museau de tanche.

Dans la crainte de blesser les organes importants qui sont en rapport avec le vagin, tous les efforts de M. Janssens tendirent à extraire le corps étranger sans le briser; mais c'était là le point difficile en raison de la fragilité de la substance et du poli du corps étranger. Cependant, après des tentatives multipliées et infructiteuses, l'idée d'appliquer le forceps à celte extraction, comme s'il s'était

agi de la tète d'un enfant, étant venue à ce prali-

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