‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 19 sur 68 · IC-i DE l'onanisme CHEX LA FEMME · texte numérisé non relu

IC-i DE l'onanisme CHEX LA FEMME

ce sera la dernière fois... Celle malheureuse a su combé (1). »

Il me resle à signaler deux suiles fréquentes sinon constantes qu'il faut rattacher aux désordres moraux : l'aversion pour le mariage et la répulsion pour le coït, qui, poursuivant la femme jusqi dans le lit nuptial même, a désuni plus d'i ménage et jeté la perturbation dans bien des milles 1

La jeune fille masturbatrice déteste le mariag qui lui fait horreur, et ne s'y soumet la plupart du temps que sous l'influence d'une haute presion familiale ou de circonstances exceptionnelles. coït, en ce cas ne lui inspire qu'indifférence, et nui ou répugnance, et l'onanisme règne bientôt maître dans le lit des époux, au mépris du mod naturel de l'amour.

Ou bien, si la masturbatrice ressent quelqi plaisir avec son mari, cela ne lui suffit pas, quel qi soit le nombre des approches conjugales, parce qu ses manœuvres habituelles, ont, au détriment d| foyer ordinaire de la sensation erotique, dévclop( un centre spécial de volupté dont les sollicitation ne veulent pas être éludées. Témoin cette dame don Murât nous a conservé l'histoire dans le toi XXXVl du (( Dictionnaire des sciences médicales » l'article Nymphomame.

(1) Ouvr. cit. page 23.

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« Dés la première jeunesse, elle s'étail livrée aux (itlouchements illicites avec une sorte d'irrésistible pntraînemenL. A 17 ans, on la marie à un homme vigoureux et très porto aux plaisirs sexuels. Mais telle union ne la guérit pas de son habitude enracinée. Plusieurs fois de suite elle recevait les embrassements de son mari sans être satisfaite, et Bouvent même, sortant de ses bras après trois congrès et falijiuée de ces assauts répétés, elle s'abandonnail encore aux manœuvres onaniques. î

f Appnri'il respiratoire.

Toux, essouf/lemcnif;, etc. ■ — Les troubles fonctionnels de l'appareil respiratoire sont excessiveboent habituels chez les manuélisatrices, surtout chez les adolescentes et les jeunes femmes. Ce sont Bes essoufflements, des étouiïements, de la toux sèche, de la respiration précipitée, suspirieusc, des Bouleurs thoraciques vagues, des névralgies inter- Eostales, etc., phénomènes symptomatiques d'un Biïaiblissement organique général ou signes sympaliques d'une irritation nerveuse à point de départ Kénital, car l'auscultation ni la percussion ne dénolent de lésion capable d'en expliquer la production. I Ces troubles n'ont échappé à personne, et les auteurs les ont signalés.

Tissot dit que l'on rencontre, à la suite du la baslurbation, un atraiblisscment des organes de la

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sons ner^

rc?i>ir;tli()ti d'où n'sulteiil souvent des toux sèchea presqut! toujours des enrouements, des faiblesse de voix, des essoufllements dès qu'on se donne mouvement un peu violent.

Sclivvoriz tSi'ril : Cliez les uns on observe uni alli'iiilion diins ia parole, une succession de sons inarticulés, une discordance ; chez d'autres, ui faiblesse de voix, un enrouement, une toux sèch un cssounicinent des qu'on se donne un moutemei" un peu violent. Quelquefois il existe une perte Iota de lu voix.

Itustan accuse aussi, dans le tome VI du Diclit naire dr médecine, l'onanisme de gêner la respiration, de procurer des suffocations fréquentes, d« (loulmns sous le sternum et dans le dos, entre deux épaules.

Sans parier de l'incertitude, de l'embarras la parole, qui tiennent à l'extrême timidité et à honte (pli dominent les onanistes, notons le peu d'étendue, la raucilé de la voix, la faiblesse phonique, qui peut aller jusqu'à l'aphonie ; cil une gène fulturale, une sécheresse laryngée rémission fréquente du « hem >, symptôme de laryngite granuleuse, du Ctergymatts'tfimal (GrimnH de New-York), alfection due ici à l'épuisement se — nital, et aussi ordinaire chez l'onaniste que chez ceass qui, jv»r profession, exercent constamment l'orça phonateur.

pno-

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Parliculicremenl sensible aux agents exiérieurs, la maniiélisalrice , en général amaigrie et sans grande puissance de réaction vitale, se trouve dans des conditions très propres à voir naître en elle des ïronchitcs aiffuës ou chroniques et d'autres aU'ec- Sions de poitrine : pleurésie ou pneumonie par pxemple (Londe).

Quant à la luberculisation pulmonaire, nul ne ioute <jti'el[e ne soit une conséf|uenco journalière de |a masturbation, comme elle en est une des excès de ïït.

Quelle que soit l'essence de celte maladie orga-

iique, l'expérience prouve que ton les les causes

|ui alTaiblissent les individus y prédisposent plus

)u moins. Or l'onanisme s'attaque aux nerfs, aux

auscles, au sang qu'il agiobulise, en un mot, à

jut l'organisme, dont il détruit l'harmonie fonc-

bonnelle, qu'il délabre, qu'il plonge dans la mi-

M're physiologique ; il peut donc déterminer la

production tuberculeuse et en hâter le processus

aorbide.

C'est ce que n'ont pas méconnu les patholo-

sles qui classent, avec raison, la masturbation

jlu premier rang dans l'étiologie de la phthisie.

s'est ce que n'ont pas méconnu davantage les

lygiénistes. Becquerel, entre autres, qui a dit :

La phthisie, pour peu (pi'il y ait prédisposition

iez les sujets, est souvent le résultat de l'ona-

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les

nisme ; dans d'autres cas l'onanisme produit luimême la prédisposition à la luberculisalion. ■ L'observation suivante nous montre le développement de tubercules non seulement dans les poumons, mais aussi dans une articulation et dans méninges.

« Une demoiselle, âgée de dix-huit ans, d'une forte constitution, d'un tempérament sanguin, ayant de l'embonpoint et de la fraîcbeur, contracta l'hab^— tude de la masturbation. ^|

» Six semaines s'étaient à peine écoulées depuis le début de ses n'ieheuses manœuvres que les traits de son visage s'altérèrent; elle maigrit sensible^ ment, sa peau se décolora. Elle éprouva des palpai talions avec un resserrement spasmodique de la poitrine et une toux sèche, qui fut bientôt sui\ d'un crachement de sang.

î Elle était triste, abattue, répandait des larm^ involontaires.

» Quelques remèdes furent employés sans succê Les règles se supprimèrent. La maladie s'aggravaiC Je soupçonnai l'onanisme comme cause première de tous les accidents. La mère, à qui je m'ouvris, récria vivement en me protestant de l'innocence i sa fdle qui recevait alors la cour d'un jeune homm^ avec lequel elle devait se marier à une époque encoB «loîgnéc.

» On lui fit passer quelques mois de l'été à

DK I, ONANISME CHEZ LA FEMMK

Kampagne, et elle eut à soulïrir cruellement d'une ■umeur blanche du genou, ce qui l'alTaiblit beaucoup. Elle était en Irailement pour cette maladie ^uand tout à coup des douleurs de tête trrs violentes se déclarèrent accompagnées de vomisse- ■oents, de fièvre, puis de délire et de mouvements Ëonvulsifs. Elle fut en danger. Pendant une nuit on ■urpril la malade dans l'exercice de ses manœuvres fcnaniques. On m'en prévint à ma visite et je devins ■eu de temps après le témoin de celte affreuse habiiude.

■ » J'interrogeai cette inforlunée ; elle m'apprit ■u'elle se livrait à la masturbation depuis dix mois ■t qu'elle n'avait jamais pu s'y soustraire pendant les maladies.

I 7> Je lui adressai des remontrances et lui promis lue j'engagerais ses parents à la marier aussitôt lu'elle serait rétablie. Mes remontrances et mes nromesses furent inutiles. Elle se livra avec fu- Bur à sa passion devant ses parents, devant les Ksislanls, qui s'occupaient sans cesse de retenir Ks mains. J'ordonnai qu'on les fixât avec des lens. Elle fit alors des mouvements de corps pour Bppléer aux mains qui lui manquaient. On la relut. Elle entra en fureur, tint des propos obscènes m s'abandonna aux imprécations les plus grospères. Dans la journée, le ventre se gonfla. La luit, le délire fut complet, les convulsions devin-

m io

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rent afl'reuses cl la malade expira bientôt dans lg coma (1). »

Appareil digestif.

Pas plus que les autres, l'appareil digestif épargné ; bien au cpntraire : généralement, en efl'et, l'estomac est le premier organe qui souffre des excès génitaux. La digestion est difliciie, laborieuse, bien que l'appétit soit vorace. Tantôt il y a vomissement ou diarrhée lientérique, tantôt consljH pation opinirltre, souvent perversion dans le goût (pica, malacia), toujours gastralgie. La chymification est incompItHe, et, partant, l'absorptioa intestinale imparfaite ; alors l'assimilation, poi^| réparer les perles continues de l'organisme, a recours à une résorption interstitielle exagérée, qui amène progressivement un amaigrissement coii^ sidérable et une faiblesse générale, suivis, un moment donné, de marasme et de fièvre he tique.

Appareil circnlatoire.

Du côté de la circulation, on remarque des pa pilalions nerveuses inlermiltentes, revenant moindre exercice physique, à la moindre émotifl morale. Aussi Georget a-t-il pu dire : un accidc

H) Mnrtin (de Lyon) Méwoires de médecine i>ratique, Ly

DE I, ONANISME CHEZ LA FEMME

fréquent et qui ne m'a jamais trompé sur sa nature, ce sont des palpitations de cœur, accompagnées de gène dans la respiration, de léj^ers étouiï'emenls.

On note encore des mouvements désordonnés de l'organe central, une vérilaljle folie du coiur, selon l'expression de Bouillaud, des lipothymies assez fréquentes, quelquefois des syncopes, surtout à la fin du spasme provoqué. Il n'est pas rare de rencontrer chez les onanistes des alï'ections organiques larvées du cœur qui ne se traduisent à leur naissance que par de i'essoufilement, des suJïbcations passagères, une gêne précordiale ou des accès de toux, symp- , tomes dont il est alois impossible de trouver l'orijine : mais auxquels vient bientôt s'ajouter le corlège habituel des signes caractéristiques des maladies cardiaques.

Ces troubles circulatoires, de inèaie que les désordres respiratoires sont des causes puissantes de la mélancolie et de l'hypocondrie qui cnipoignen' les onanisles bien qu'en réalité ils n'offrent point ja gravité que ces malheureuses leur attribuent. le ne dois pas oubliei- ici l'anémie, si fréquente :hez les femmes, et dont la cause, cependant Schappe si souvent aux praticiens. Elle peut être joussée jusqu'à la cachexie. Tantôt elle est diieclent occasionnée par la manuélisatioii ; souvent elle n'e^l que la suite, le complément nécessaire des

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troubles digestifs, provoques eux-mêmes par l'airaj blissement ou l'ébranlement morbide de l'élcmi

nerveux.

Appareil moteur.

La dépense incessante et ruineuse d'influx d« veux que fait la manuélisatrice, le délaul d'assimil" tion qui ne lui permet pas de réparer ses pertes et la force à devenir aulophage, font que le système musculaire se ressent des habitudes désastreuses de la pollution fçénitale. Le.s muscles deviennent (la^É ques, s'amoindrissent, perdent leur puissance co^^ tractile et leur forme. L'exercice le plus minime les fatigue, les lasse, les endolorit. Les chutes sont ce cas, fréquentes. Les membres inférieurs, en effet, fléchissent, llajjeolent sous le poids, trop lourd pour eux, du tronc et de la tèle; les membres supéricujji sont hésitants, peu si'irs dans la préhension et soutien des objets ; tout le corps se ploie comme une sorte de caducité précoce.

Système osseux.

Le rachitisme et la carie vertébrale, — qui traînent à leur suite des déviations et des déforr lions nuisant à l'harmonie du corps, — sont fré — ' quemment, chez les enfants^ consécutifs à la mas — turbation. Tissot et Iloslan en ont vu des exemples -^ Vanier a écrit dans son ouvrage sur Lm cause moral-^

UK L ONANISME CllKZ LA FEMMK

la circoncision : » L'inilucncc du mal peut srendre dans rorganisme une autre direction ; il ^eut porter son action destructive sur le système )sseux. On voit alors se produire des déviations et

lèrne des déformations considérables de la colonne irertébrale (1). »

Nous aurons l'occasion de citer plus loin une observation où l'onanisme a produit une déformaion osseuse.

— J'aurai terminé la longue énuméralion nosojraphique des suites de la masturbation lorsque l'aurai nommé quelques autres alTeclions signalées par divers écrivains. L'apoplexie {Curli;:), l'indurajtionj les abcès, ie cancer du cerveau (Descurel), les Smévrysnies, les ruptures du cœur fltostan), la gasrite, l'hépatite, l'entérite, le diabète sucré (Curlis), ^nt été considérés comme conséquences de l'ona-

5me. Mais, comme les preuves manquent pour étalir la véracité de ces assertions, je m'abstiens prudemment d'une affirmation, laissant tout entière lux auteurs cités la responsabilité de leur dire.

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