CHAPITRE XV
CIIK7. LEQUEL DE L HOMMI; OU DE lA FEJIBE tE PL EST- IL LE PLDS VIF?
Cette question, d'ailleurs assez oiseuse, si souif agitée par les anciens cl les modernes, n'est plus dJ soraiais sujette îi discussion.
B'L'emlirassement vénérien absorbe entièrement les facultés physiques et morales de l'homme ; de tous les actes de sa vie, c'est celui qui exige la [ilus forte dépense de fluide nerveux. Chez lui, l'apogée de la jouissance sexuelle se manifeste par un transport convulsif, un spasme général auquel succède immédiatement une détente et un affaissement de forces musculaires.
D'après cette suprême manifestation, les physiologistes, au nombre des(|uels se range le savant Millier, admettent que l'homme éprouve un plaisir plus vif, mais aussi beaucoup moins longlem|is soi(i (eau que celui de la femme, cl ils se fondent sur les assertions suivantes :
L'homme agit presque toujours en maître; il provoque l'acte vénérien lorsque ses oi^anesy sont disposés, et la femme est obligée d'accorder sans que SCS organes soient montés au même (liapason ; il en résulte qu'elle se montre passive daus l'acte, s'il est de courte durée. Si l'acte, au contraire, se prolonge, le frollemenl des petites lèvres, les titillations du clitoris, les doux frotlements éprouvés par le vagm, montent l'excitation de lOul son appareil génital au plus haut degré, et la volupté ne tarde pasa jaillir de cette excitation générale. Douée d'un système sexuel plus étendu que celui de l'homme, d'une imgination plus vive, d'une sensibilité plus grande, la femme tressaille, frémit sous l'étreinte amoureuse cl savoure la jouissance pendant tout le temps que dure l'excitation vénérienne.
Cher l'homme, l'excilalion du plaisir n'a que la durée de réjaculalioDi et, h la suite du mouvement convulsif, qui a ébranlé tout son être, succède un affaissement, un collapsus général toujours en rapport avec la violence du plaisir qu'il vient de goûter. Croire que la femme est plus ardente ; qu'elle éprouve plus de plaisir que l'homme est une erreur, et celle erreur vienl de ce que la femme esl toujours prête à la copulation, par la conformalion de ses organes sexuels, tandis que l'homme ne peut effectuer l'acte vénérien sans érection préalable. La femme lascive est le plus souvent entrainée par un libertinage d'imagination un par une exaltation cérébrale qui la pousse à la répétition fréquente de l'aclc amoureux, sans qu'elle en soit fatiguée; alors il lui faut plusieurs hommes, car un seul ne saurait avoir assez de vigueur pour la contenter. Mais cela ne prouve nullement qu'elle ressenlc un besoin plus pressant que l'homme, et que ses jouissances soient plus vives. Ce qui prouve, au contraire, que les besoins de l'homme sont plus impérieux; c'est que l'homme attaque toujours, el c'est toujours a lui que les tribunaux ont affaire, pourvio- lence envers la femme.
Du reste, l'inleusité du plaisir, chez l'un et l'antn sexe, est subordonnée au tempérament, à l'âge, h la continence, aux dispositions actuelles de l'indiviiin; le délire des sens, les voluptueux transports, sont également subordonnés à l'imagination, aux facultés affectives, à l'amour que l'homme et la femme ressealeat j'un pour l'aulTe.
En résumé, le jilaisir qu'éprouve l'iiomnie est plus ■Rirt, mais aussi plus viT; te plaisir de la femme cet moins vif, mais de plus longue <iuréc. Celle o]iini(m n'esl, d'ailleurs, que le corollaire de l'axiome : Plus tes plaisirs sonl vifs, plus ils sont courts.
L'antiquité, si ingéuieuse dans ses allégories, nous apprend que Tyrcsias, qui avait possédé tes deux sexes, fui pris pour juge, par Jupiter et Junon, 'a l'effel de savoir lequel de l'Iiomme ou de la femme éprouvait le plus de plaisir dans l'acte sexuel ? Tjrésias réptmdit que c'était la femme. Junoa, formalisée de celle réponse, se vengea en le privant de la vue. Le fameux devin voulut dire, sans nul doule, que la somme du [itaisir goiité par la femme dépassait, quant ï\d durée, la somme du plaisir éprouvé par l'homme, ^cela est strictement vrai.
^cela I
CONSEILS AUX FEUHES.
L'homme aime à voir son bonheur partagé ; ses jouissances vénériennes s'angmentenl de celles
I'éjirouve la femme, et, lorsque l'ivresse du plaisir saisit en même temps que lui, il semhlerait que la ! lui échappe et s'éteint au milieu des plus douces luplés. C'est dans ces moments d'érélhisme qui écèdenl le spasme amoureux que l'amanl s'écrie : Aux feux de mes tran.spnris allume ton ardeur, ' 0 femme! dans mon s.ini; veise îi ilols le bonheur... Kl malgré le désir qui baisse la paupiùrc, Dans ce combat d'amour si lu meurs la dcmléve,
Sur Ion sein, dans les Lras liumidcs du plaisir. Que les yeux langnissanls me regardent mourir.
$i l'on rencontre des femmes trop amoureuses, il y en a beaucoup plus qui pèclient par l'excès codîraire, et mellent une indifférence, une frigidité «laiis l'acconiplissemenl du devoir conjugal, à glacer an mari, qui en est quelquefois intcricurenienl scandalisé. Pour peu que cela se renouvelle, celui-ci viH clierclier aux bras d'une maîtresse le désir amoureuP qu'il n'a pu trouver chez sa femme. Ue Ih, l'éloignément, l'abandon, les reproches, les chagrins, les brusqueries et lous les désordres qui s'ensuiveut.
L'homme est brutal, c'est vrai : sans s'inquiéletj de l'état physique et moral dans lequel peut se ver sa femme, il veut, il exige qu'on lui accorde ce qu'il désire. Un refus ferait naître sa mauvai humeur et parfois un orage !...
0 femmes ! suivez ces conseils : Cédez aux besoins de voire mari pour mieux vousTallacher. Malgré votre aversion momentanée pour les plaisirs qu'il sollicite, efforcez-vous de le satisfaire , agissez de ruse et simulez le spasme du plaisir : celte innocente supercherii vous est permise lorsqu'il s'agil de s'allaclicr un maiî Crojez-moi, accordez de bonne grâce et sans hésiter ce qu'on exigerait de force. Vous le savez, liéUs! l'homme, embrasé de désirs, csl fougueux, parfois brûlai !... Ayez le bon esprit d'éteindre dans vos caresses les ardeurs de celte Cèvre génitale : c'est le seul moyen de vous débarrasser de ses iinportunités.
— iSO —
O femmes ! suivez mes conseils, ils vous assure- •ont la paix et peul-élre le boDheur dans le mariage.
COBSEILS AUX ItOHHES.
Messieurs les maris, qui lenez à conserver l'eslimi? Je voire femme, soyez, a voire lour, moins despotes dans vos volontés. Avant d'exiger en maître ce que voire appétit convoilc, roucoulez en amoureux. Con- Boltcz son état ph}si(]iic, ses dispositions morales j Wpeclez les jouis néfaslcs; ne l'importunez pas de vos désirs dans ces moments d'agacemenl nerveux où ^nie esl triste et les sens sont peu disposés au plai- ^. Lorsque vous voyez indiiïérence et répulsion, soyez assez sages pour reniellre à plus lard. N'emporlez jamais de force et brusquement ce qu'on vous refuse; car, prenez-y garde! ta femme, irritée, peut ^Uer cltcrcber aux bras d'un amanl ce qu'elle ne trouve pas dans son mari. Réfléchissez-y, messieurs, ce point mérite toute votre attenlion.
Soyez toujours aimables auprès de vos femmes; provoquez avec douceur et tendresse l'éveil de leurs sens endormis ; charmez d'abord leurs oreilles par les noies harmonieuses du laugage d'amour; employez simultanémenl les excitants de l'âme et du corps, et qiiand, par vos caresses et vos délicieux
f éludes, vous aurez dissipé riudilférence et allumé jrs désirs, oh 1 alors vous n'aurez plus k vous plaine tic leur froideur.