‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 44 sur 68 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

SECTION I

CALMPr.DiE:

OD Ant DE PHOCIIÉER DE IIEACI ENFANTS.

Aax temps où la force el la beauté physique étaieni divinisées, on ne négligeait aucun des moyens qoe l'an et rex[)ériencc fournissaient pour obtenir ces qualités de la forme humaine. L'histoire nous apprend que l'art callipédique était cultivé non-seulement les niédecins, mais aussi par les femmes, et que, coijî jointement avec l'art d'embellir, il faisait une des priucipalcs occu|yations du gynécée. Or il est à prèsonier que les anciens grecs, si intelligents, avaient découvert, à force de persévérance, un des moyens qu'employait la nature pour sculpter l'èlre humain sur le modèle des Alcibiade et des Laïs.

L'art callipédique, ainsi que les autres arts, se perdit, alors que le colosse du paganisme, ébranlé dans ses bases, s'écroula pour faire place k un nouvel ordre de choses. Mais, hélasl avant qu'une civilisation nouvelle vhil remplacer l'ancienne, que de siècles se passèrent dans l'abîme de l'ignorance que creusaient incessamment la superstition elle fanatisme! La bar-

barie qui, pendant si longtemps, couvrit TKurope de sang et de ténèbres, la barbarie qui incendia la bibliothèque d'Alesandrie, auéantil à jamais te précieux dépôt des connaissances humaines, antérieures à notre civilisation.

Il fallut que l'homme se remit ^ l'œuvre pour ré> parer les pertes immenses causées par ce funeste incendie. De temps en tem[)s, à travers les épaisses ténèbres des premiers âges de notre ère, scintillait l'éclair de son génie. Le progrès, relardé par une classe ambitieuse, marchait à pas lents, l'ignorance peu h peu se dissipait ; quelques grands hommes déchirèrent un coin du voile qui cachait la lumière, et l'humanité fut éclairée au flambeau de la raison. ^^ Parmi les savants des seizième et dix-seplième Hlièclcsqui se distinguèrent dans les diverses branches ^dcs arts et des sciences, on cite plusieurs philosophes, naturalistes, médecins et physiciens qui s'occupèrent de l'art callipédique, Fernel, médecin du roi Henri II, étudia les moyens de procurer ta fécondité. — Jean Hitarte écrivit sur Vart de faire des enfants d'esprit; et Claude Quillet sur l'art de faire de beaux enfants. Ces écrits, où l'astrologie joue un grand rôle, doivent être considérés comme l'informe ébauche d'un art à son début. Vers la tin du dix-seplième siècle Procope- Couteaux, célèbre médecin, écrivit un livre sur l'art de faire des garçons.

Au dix-huitième siècle, André Millot composa un ouvrage, dans le genre de celui de Procope, avec ce titre : Ârl de procréer les sexes à volonté. Cet juvrage

fui lu avec avidité, mais on ne tarda pas li reconna! tre les erreurs dont il est rempli. — Robert, praticien distingué, profitant des travaux de ses devanciers, publia un volume sur la Mé^alanthro})ogénés\e ou an d'engendrer de grands liommes. On trouve dans cet ouvrage d'excellentes idées sur ta conduite que vent tenir les père et mère avant de se livrer à l'acl de la génération, et sur la conduite de la mère pendant sa grossesse. Les profondes ténèbres qui enveloppaient encore le mécanisme de la fécondation ne permirent pas à ce médecin d'aller plus loin.

Au commencement de notre siècle, le savant Virey traita aussi celte question, avec un talent remarquable, sans cependant pouvoir la résoudre. Les grands physiologistes de notre époque, dont les imnienscs travaux ont jeté une si vive lumière sur l'organisation et le mécanisme des fonctions de la machine humaine, se sont à peine occupés de l'art callipédiquc. Mais les laborieuses recherches de plusieurs savants médecins sur l'hérédilc des maladies et sur les diverses Xnxoà missions des parents à la progéniture ont rapprocl le but qu*ou désirait atteindre. Enfin les expériem et découvertes faites, par d'éminents naluralisti comlemporains sur X'ovo^xe et \' embvijogénie, sani avoir complélement levé le voile épais qui nous cache le mystérieux travail de la procréation, ont néanmoins constaté un assez grand nombre de faits qui permettent d'établir des règles \ la hauteur de la science. En adjoignant aux découvertes de nos maîtres le fruit de nos travaux ci de nos observations, nous entrerons "i no-

;ins

e tour dans le domaine citllipédique, et nous nous (îorcerons d'en établir la liicorie.

La belle procréation, au physiii«e et au moral, né- Êssile une Ibnlc de conditions et de circonstances, ont nous n'indiquerons ici que les i)riuci|)alcs. Les hcs se rencontrent dans râgo, le lempcramcnt. la onnc constitution des procréateurs , dans létal de anlé et les dispositions où ils se trouvent au moment ù ils procréent. Les autres se trouvent dans la po* ilion sociale, le genre de vie, de conduite, l'alimcnilion, les lieux (ju'ou habile, la saison, le mélange es tempéraments, le croisement d'individus apparîiianl a différents pays, à diverses contrées, etc., elCi.

Vous savons déjà que les mafiages cotitraclés à uh ^fe trop lendre on trop avancé ne donnent que des ■ésultats imparfaits; nous savons aussi que l'iiérélitc ou loi de transmission des qualités bonnes ou mauvaises alleiniira la progéniture dans plusieurs péncrations successives; c'esl-à-dire que les parents bien conformés, doués d'une bonne santé, transmct- Ironl ces qualités à leurs enfants, hormis les exoeplions. La position sociale, la profession, le genre de ne cl de conduite, relenlissenl d'une manière directe sur la progéniture. — Les mariages aisés, où .se iuve l'abondance des choses de la vie. doivent donde beaux fruits, et, s'd en est autrement, la cause est aux excès cl aux vires de la civilisation. —

COHDITIOns CÉHÉaALES.

Les mariages pauvres, qui vivcot de privations, en des lieux malsains, qui s'épuisent par im travail audessus de leurs forces, et qui manquent d'une nourriture suHîsanle pour réparer leurs perles, ces mariagcs-là ne peuvent que donner des êtres cliélifs, souvent déviés et contrefaits; c'est ce qu'où voilda les grandes villes, où se rencontrent, aux deux pôléT de la société, richesse et pauvreté extrême, tous le genres d'excès.

Le croisement des races, des individus de nations différentes , le mélange des tempérameots et constitutions, est une des conditions principales i caUipédie. L'alliance de deux constitutions, de deux tempéraments parfaitement semblables, ne donne pas d'aussi beaux fruits que celle de deux constitutions el tempéraments opposés. Ainsi deux époux lymphatiques engendreront un être du même tempérament, tandis que la femme lymphatique mariée à un homme bilioso-sanguin procréera des enfants d'une belle organisation. — Des observations recueillies depB plusieurs siècles confirment les beaux résultats (fi croisement des races et des individus de nations diffc; rentes. Dans les pays et les villes où les étrange abondent, la procréation est plus belle : c'est l'inver dans les contrées où les populations vivent et idch rent atlacliécs au sol natal. L'on a vériGé que l'alliance des Espagnols et des Anglais, des Français i des Orientaux, des Allemands el des Italiens, de Russes et des Caucasiens, donnait une procréalio aussi vigoureuse (ju'inlelligenle. Les nations turque

>t inv

et persane en foiiniissenl la preuve. En e(Tel, l'empire oUoman clanl composé de diffcrciils peuples et d'une (]uaulilé considérable d'esclaves grecques , géorgiennes, circassiennes et niingréliennes que l'on tiansporlail incessamnieal, il en est résiillé une nation d'hommes fortement constitués. — Les Persans, qui, dans le principe, étaient aussi laids que lesTalars, dont ils tiraient leur origine , ne se sont physiquement améliorés que par leurs mariages avec les Géorgiennes et les Circassiennes. Si nous voulions invoquer à l'appui de notre opinion l'ancien peuple main, qui fut si célèbre par sa force et son courage, qui envahit l'ancien monde cl s'allia avec toutes les nations conquises, nous prouverions que ce fut au mélange des races et ^ la gymnastique du corps qu'il dut la supériorité de son organisation jihysique. Une circonstance très-remarquable et qui prouve que les Romains avaient connaissance des bienfaits du croisement des races, c'est qu'ils avaient répandu le droit de bourgeoisie dans tous les pays conquis, afin

Ede favoriser les mariages des vaiucus avec les vainqueurs.

S'il n'était pas trop long pour nos lecteurs, nous fouillerions les annales de chaque pt'iqile et prouverions que ceux qui se sont croisés avec des peuples éloignés de leur sol se sont perfectiontiés a» physique et an moral, tandis que les peuples chez lesquels les mariages avec des étrangers étaient interdits son restés petits, obscurs, et onl fini par s'éteindre sans se transformer : les anciens Guèbres el les çeû^Va.a

feî t

•auvagM d'Amérique peuvent servir d'exemple, l'or ce (jiit iirécAde, nous ne voulons point conclure ^a'il K'iil néccssniic h l'Européen daller chercher rttie (ciiiidc eu Asie ou en Améri()uc; mais nous pen- Honn ipi'il est trna-avanlafçeux aux habitants des villes db ne marier avnc des femmes de la campagne ou d'une nuire villi\ Ainsi donc les Iiommes qui veulent avoir uni' heltc pro<;éiiilnre devront s'allier avec de» fenimt'H d'une ville éloignée, ou, s'ils s'unissent a» «k'N rciuMics (11' li'itr ville même, ils choisiront cell" qui proviennent d'une race croisée. C'est seulement par ces «u'tes de mariages qu'on peut perfcctionaer l'homute, de même qu'on perfectionne, par lecroù meut, les races d'animaux domestiques.

Si lit porfeclihilité humaine n'est pas un rêve, si j

xiw doit tMrc un jour effacé par les vertus, les

leurs ixMuplaitvs par le Itieu-êlre, ce sera lorsque!

massi' tlos hommes, plus éclairée et moius s«nsoelle,

l'iM'ie lie la procréalkm comme ane iS-

lavo ei non comme m ■ment de pn

<-'>-( lorsque les procréateMs, se coosid

k-sètrvs procréés, ne se fiffcranl pont

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lâcle aa déTeloppement des facultés morales, et le proverbe : Meus sana in eorpore sano [Espril sain dan$ un corps sain) est d'une rigoureuse exaclilude. Nous croyons donc que, si la législation s'occupait avec sollicitude et persévérance de ramélioralion physiiiue de respèce humaine, l'amélioration morale serait la conséquence naturelle de la première.

L'acte de la reproduction, chez les animaux, est home à quelques saisons de l'année; ce temps passé, rinslincl du rapprochement des sexes s'endort pour se réveiller de nouveau h des époques plus on moins ulicrcs, Chez l'homme cet instinct est permanent; il suKit de la vue d'une femme pour exciter ses désirs. Mais, quoique l'homme ail le privilège de se lier à l'amour en toute saison, il est pourtant des Ipoques plus ou moins favorables au but du mariage. Ainsi les fortes chaleurs de l'été qui énervent et les froiils intenses de l'hiver, devraient être des éjioques néfastes, car les enfants conçus en ces temps défavorables sont de moins belle venue. Au contraire, la lécondalion qui a lieu au printemps ou au comntoncemeni de l'automne donne un plus beau fruit.

On ne doit jamais se livrer à l'acte de la reproduction après un ébranlement nerveux produit par des passions violentes, la fureur, la haine, le désespoir. On doit également s'en abstenir h la suite de vives doalours physiques ou morales. Il faut attendre que tecaliueait rétabli l'équilibre dans l'organisation.

CosiiMTio.>Ét muiviDUELLEs. — Il cst établi, ,cn principe, qite l'unioa de deux êtres cbétifs ne produit gêné-

— 148 -iT

ralemeut que des fruits analogues, c'est-à-dire peu vigoureux, el qu'au contraire deux êtres pleins de force el de santé engeuilient de robustes enfants. Si l'on olijeclait qu'il arrive parfois que des parents jeuucs el bien constitués donnent le jour k des enfants faibles ou maladifs, nous répondrions qu'il ne sufiit point aux époux d'avoir été pleins de force et de santé la semaine dernière, il faut l'être au momonl même de l'union sexuelle : car, si cette union a lieu au moment où rtiomme el la femme sont épuisés par un excès quelconque, la fécondation se ressentira nécessai^j rement de cet état d'épuisement. Les père el mè pourront reprendre, dans la suite, leur santé, leur vigueur première; mais Tenfant resicra faible, et sa débilité sera due a l'imprudence amoureuse des auteurs de ses jours. Nous ajouterons, el rcxpérience confirme, que deux époux, ayant toutes les apparences ' de la force et de la santé, engendrent bien souvent, des enfants d'une constitution délicate, et cela par qu'ils ont consommé l'acte reproducteur lorsqu'ils se trouvaient dans un état d'épuisement nerveux, occasionné, soit par des travaux physiques ou intellectuels trop longtemps soutenus, soit par de vives impressions morales, par la fatigue du tliéàlre, du bal, des soirées, etc.

Le moment où l'on se livre a l'acte vénérien a une inducnce décisive sur la vie de l'être futur; les procréateurs devraient porter toute leur attention sur ce poinl capital. Le simple bon sens fait discerner que l'état pliysique el moral des époux, pendant l'acte, doij

nécessairement retentir sur la fécondation. De nombreuses observations à cet égard ne laissent plus aucun doute sur les transmissions des bonnes ou mauvaises qualités de ceux qui engendrent aux êtres engendrés. La fécondation pendant un paroxysme de colère, une violente fkmleur, un étal d'i- K'csse, etc , etc., produit toujours ries fruits infécurs. des enfants qui, s'ils vivent, seront le plus souvent une accusation contre les parents, par leurs disgrâces pliysiqucs et morales.

kSi les parents sains et robustes qui engendrent s être faibles, après en avoir engendré de forts, voulaient se rendre compte de cette anomalie, ils se rappelleraient, sans nul doute, qu'ils n'étaient nas dans de bonnes conditions bygiéniques lorsqu'ils

Bht procréé un enfant eliétif. De plus, il est notoire qnela fécondation qui a eu lieu dans les jours de débaucbe et d'excès donne des èircs aussi débiles de corps que faibles d'esprit. La fécondation pendant l'état d'ivresse produit des idiots. Enfin, une vérité incontestable, qui devrait sans cesse être présente à l'esprit des époux, c'est que les enl'ants procréés dans

■n état d'indisposition, de maladie, de grande fatigue ou d'épuisement uerveu.v, ne sont, le plus souvent,

^ue des fruits avortes qui ne font qu'apparaître à la

|ne. ou qui traînent péniblement le fardeau d'une existence doulotircuse et de courte durée. Malheureusement pour l'iuimanilé, ces faits se renouvellent tous les jours dans les classes dissolues de la société et se rencontrent assez fréquemment parmi les gens que

leur éducation devrait rendre sages et prévoyants; en- ÛD, si le nombre des avortoiis, des enranls débiles on coiilreriiits, est moins grand qu'ils pourrait l'être, c'est que la nature se refuse souvent 'a la récondation dans ces moments d'épuisemeut, d'excès et de débauche.

Nous rapporterons ici un exemple tiré de ÏHistoin des Mélamorphones Immuines, a(in de bien pénétrer I lecteur des avaniages que retire la progéniture d'iii^ mariage contracté selon les lois physiologiques.

«M. Tliéo|)liile V***, iiomrue du monde, qui n> vail reçu de ses parents qu'une Irès-faible santé, ar-.^ riva jusqu'il l'âge de trente ans sans songer à se mil rier. D'une intelligence aussi développée que sa' constitution pliysique était cliélivc, il avait jugé que son état valétudinaire lui défendait le« plaisirs (la mariage. Cependant le désir d'avoir des enfants et de vivre au milieu d'une famille dont il serait l'idole devint si vif, si pressant, qu'il se décida subitement k prendre Icuime. Son médecin, consulté, lui donna des conseils qu'il suivit ponctuellement.

« M. Tliéopliile V*** alla choisir en province un femme de viugl-qualre ans, fraîche, bien constituée pleine de force et de santé. Après dix mois de mi ?iage, il eut le bonheur de se voir père d'une joli? lille, qui ressemblait a sa mère par sa bonne consti* tution. Sa femme lui donna encore deux autres enfants aussi beaux que le premier. Mais, il faut le dire, !H. Théophile avait suivi strictement le régime des hommes qui veuleut avoir une belle progéniture. Âvaal ùe s'approcher de sa femme, il s'était soumis,

pendant un mois, aux règles de la conliuence et h une alimentation forlifianle. Une fois sa femme enceinte, il s'était interdit toute caresse amoureuse qui eût pu

ièner le travail de la gestation. »

[ Le même mariage va nous montrer la triste innencc qu'exerce, sur la progéniture, l'état anlihy- Siénique des parents.

■ « Forcé de quitter sa femme pour remplir une

Bission (iiplomaliquc, M. Théophile revint, après

Quelques mois, fatigué, é[)iiisé de veilles, de soirées,

de parties aristocratiques auxquelles sa position so-

Jalc l'obligeait de prendre part. Le soir de son arri-

ée, il eut l'imprudence de s'approcher de sa femme;

fccondalion s'ensuivit ; mais le finit qu'elle donna

î ressembla en rien aux premiers. Ce quatrième en-

Dl, malgré tous les soins dont fui entouré son ber-

sau, resta toujours malingre et chétif. On eût dit

De ses parents épuisés ne lui avaient pas transmis

ne assei forte dose de vitalité ; il crût cependant,

ais fluet, étiolé, semblable à une plante qui s'al-

nge comme un fil et se dessèche bientôt. M. Tbéo-

ïile, s'accusant intérieurement d'avoir donné le jour

un être si faible, eut la douleur de le voir mourir

anl sa cinquième année. Celte perle fui pour lui

I constant remords, car il avait l'expérience du

hsé, et l'homme sage, avant de céder à ralirait du

jisir, doit en calculer froidement les conséquences. »

Répétons encore ici qu'une trop vive ardeur en

nour, de même que les excès vénériens, nuit à la

ondalion. La salacité ou b soif immodérée des

voluptés sensuelles sont également les ennemis d'na belle procréalion.

Louis XIV demandait à son médecin pourquoi !( enPanls qu'il avait de sa femme élaicnt chélifs ouili formes, tandis que ceux que liii donnaient ses mai tresses élaienL beaux et vigoureux. — Sire, lai i pondit le médeciu, c'est parce que vous ne donnei la reine que les rinçures.

Les époux devront aussi se ra[tpcler que loi les jours du mois ne sont pas favorables à la col ceplion. C'est pendant les cinq ou six jours qi précèdent les règles et dans le premier jour delei apparition que la fécondaiion est plus facile, piusct tainc; parce que l'œuf humain, arrivé à sa niaturil sort de l'ovaire et s'engage dans les trompes ulériix parce qu'alors tout le système génital delà femme i trouve dans un état d'orgasme des plus favorablesa mouvements aspirateurs de la matrice. A mesn qu'on s'éloigne de ces jours, la fécondaiion de\T«l de plus en plus incertaine et finit même par être il possible jusqu'au mois suivant.

Dans l'un comme dans l'aulre cas, les épouipe vent tirer parti de ces indications.

On a observé que l'amour au milieu d'à pagne riante, sous un berceau de fleurs, dans aoi^ IKirtemcnt orné de statues et d ■ charmants tableur donnait une plus belle |irogénit)ire que l'amour d; les lieu^ tristes et sombres; soit que cela lieaori l'inOuence de l'imagination de l'bomme et d' femme, dont les plaisirs sont doublés par les n

sants objets qui les environnent, soit que cela tienne là l'expansion des sens délicieusement émus par une [belle nature, toujours est-il que le fait existe.

Entre mille traits fraiitianlsqui prouvent cette heuïreuse iiiHuence, nous citerons l'observation du célèbre iiédecin Galénus : « Un préleur romain, petit, laid Ici bossu, lit à sa femme un enfant exaclement taillé [sur le modèle d'Esope. Effrayé à la vue de ce petit nonslre, et craignant de devenir le père d'une poslérilé aussi dilTorme, le Romain alla consulter Galélus, qui lui conseilla de faire placer trois statues de 'amour autour du lit conjugal : une au pied, les ieux autres de chaque côté, de façon que les yeux le la jeune épouse fussent incessamment récréés par es charmantes figures. Le préteur se conforma strictement aux avis du grand médecin, et sa femme mil au jour un enfanl dont la beauté surpassa toutes ses ^espérances. »

Denys, tyran de Syracuse, fil suspendre le portrait )i] beau Jason devant le lit de sa femme, dans le but "d'obtenir un bel enfant.

Les Grecs, ce peuple si renommé pour la beauté pby.sique, prodiguaient, dans leurs gynécées, les ^■knarbres et les peintures représentant les dieux, demi- ^nicux et déesses sous les formes les plus élégantes, ^■es plus gracieuses. Les statues d'Apollon, de Nar- ^Hetsse, deCastoretPollux, etc., celles de Vénus, d'Hébé, ^■^e Minerve et de toutes les charmantes déesses com- posant leur cour, éiaient prodiguées dans les gynéi, les jardins et les places publiques. Ces moyens

ai

^es Hdii

leur avaient réussi ; [jourquoi ue suivrions-nous pas

luur exemple?

SECTION II

EÉGIME niïSlQPE ET MOHAL AUQUEL DOIVENT SB SODMETTBg LES PHOCnÉATEVRS.

L'homme cl la femme devront se préparer quinze jours iravance à la procrdalion, en s'abslcnanl des plaisirs vénériens. Ce temps esl nécessaire à l'honime pour (]ue la liqueur prolifique ait acquis son plus haut degré d'élahoratiou ; h la femme, pour que son syslèrae génital soit parfaitement disposé à recevoir et à releuir.

ils useront modérément l'uu cl l'autre des choses de la vie, se coucheront de honnc heure et se lèveront malin. Ils éviteront tes causes de passions et d'émotions violentes qui éhranlenl le syslème nerveux et portent le désordre dans les fondions vitales.

Ils l'erout usage d'une nourriture saine et ahondanlc, mais ils régleront la quantité d'aliments sur les forces tligestives de l'estomac; car les e.\cès dans le boire et le manger reteu lissent sur l'organisme entier.

Us s'abstiendront de tout travail de corps et d'cs<S prit capable de les faligiier. La promenade, l'exercic» modéré, le séjour à la campagne donnent aux poumons un air pur à respirer, cl procurent il'agréables diS' Iraclions

[les quinze jours écoulés, ils se consulleront, pour |Bir si l'un et l'aulre se trouvent dans un état parlde santé, exempis de tout malaise, de toute indisition ; car, si l'un des deux se trouvait légèrement Ifiposé, il faudrait attendre que l'équilibre fût ré-

fnfin le moment et le lieu le pins propices h une procréation sont, d'après nous, le matin, au lever or, et dans le lit, lorsque l 'orj,'anisalion a puisé rgiedansun sommeil réfiaraleiir. C'est alors que kinme doit embrasser tendrement sa femme et )B-ci lui ren<lre amourousumeiil ses caresses alin igmcDler la joie et les forces affectives de son H; c'est alors que les deux époux, réunis par une tcieusc étreinte, doivent déployer cl confondre I ce que leurs cœurs récèlent d'allacliemenl, de heur et d'amour.

^h ne se bornent point les règles callipédiques, et, lux préceptes que nous venons de tracer on n'en ;nait d'autres non moins essentiels, le succès reslit incomplet : tels sont, par exemple, la conduite sique et morale de la femme durant sa grossesse; la conduite physique et morale du mari h l'égard sa femme; — rallailemenl du nouveau-né; les >s hygiéniques dont il doit être enlniiré pendant iremière enfance; plus tard, sonalimenlalion.son cation corporelle, les exemples qu'il aura devant yeux, etc., etc., toutes conditions indispensables allipédie.

lawurrE he i.\ femme ekcsinte. — PendavWVowVe «ki

— ir)0 -

gestation la femme doit mener une conduite des plus régulières. La tranquillité du cœur et de l'esprit lui est iDdispcnsable. Les émotions violentes, quelle qu'en soit la nature, joie, douleur, crainte, frayeur, etc., sont nuisibles au développement du fruit qu'elle porlc dans son sein,- tandis que la sérénité nriorale, une douce quiélnde, lui sont au contraire favorables. — Elle s'éloignera donc de toutes les causes qui pour raient troubler celte Iranquillilé physique et morale; et si. parliasard, elle venait ii être troublée, la raison cl les conseils de ses amis devront ramener aussitôt, le cnlme dans ses sens agités. — Elle fuira ce qui est] triste pour rechercbercequi est gai. Ses yeux devponl] toujours se porter sur des objets agréables, propres à ^ dévelo])per en elle de douces inipres.sions. Si quelque mouvement de tristesse venait l'oppresser, elle amè-| nerait toujours sa pensée dans le cercle des idée.'? riantes, des heureux souvenirs. — S'il lui arriïc des contrariétés, des agacements nerveux, elle senl assez sage pour appeler la raison à son secours et Icjj chasser. — Elle devra se préserver de toutes les ci^ constances extérieures qui peuvent altérer sa sanlé. Si, indépendammcut de toutes ces précautions, elle tombait malade, il serait de rigueur de consulter surle-champ un homme de l'art, afin d'y porter un prorapt remède.

La femme enceinte ne saurait trop se pénétrenle de cette vérité : Tout ce qui l'affecle, en bien ou eu mal, soit au physique, soit au moral, retentit inévilableméTit sur le fœtus. Et, cocime nous le prouverons

I chafiitrc Hérédité, les qualités, les défauts corpo-

;l8, les instincls, les senitmcnts. les apliludes intcl-

ctuciles el les diverses nuances de caraclère des

ifanls. dépendcnl en grande partie de l'étal phy-

quc et moral dans lequel s'est trouvée la mère pcn-

inl la durée de la grossesse. ISous ne saurions trop

igager les femmes qui nous liront \\ bien graver ce

issagc dans leur mémoire; elles doivent en com-

rendre toute l'imporlauce..

Lorsque îa femme est artiste ou connaît un art, elle

jit le culliver, comme amusement, comme distrac-

on,et jamais jusqu'à la fatigue. Un exercice modéré,

lir pur. tes promenades à la campagne, etc., lui

iront très-utiles. Enfin elle usera avec modération

le plaisir» qui ne pourront lui être nuisibles et se

Ktlra continuellement en garde contre les excès.

►Mémemo pouu l'homme. — Chez la plupart des nations

l'antiquité, la femme enceinte passait pour sacrée.

loi portait des peines très-sévères contre ie mari

i maltrailail sa femme du jour où elle élait fécon-

. Au temps de leurs républiques , les Grecs

les Komains avaient décrété le respect dû aux

mmes enceintes : quiconque se trouvait devant

es dans les rues ou sur les places publiques devait

saluer et letir céder le pas. Sacrale et Anaxagore,

ëcepteur de Périclès, se rangècenl contre le mur,

iiis une rue élroilc d'Albènes pour laisser le passage

re à une femme du peuple en élal de grossesse.

I consul Mummius, vainqueur de Corinthe, se ren-

mt sur la place publique, fit ranger ses licteurs et

baisser les faisceaux devant une femme enceioie qui Iraversail la [ilace. Ce consul voulut montrer par lii tout le respect qu'on devait à la fumnie qui porte dans son sein un citoyen futur.

Aujourd'hui nous avons d'autres mœurs, et n respect n'existe plus que dans la classe bien élevée. Grand nombre de pauvres femmes d'artisans et du peuplesontvioleuléeseL souvent mallraitces de leurs maris. Dans la classe moyenne, il n'y a guère que l'homme dénaturé, brutal, qui ose maltraiter la mère de son enfant, et, il faut le dire, les cas sont rares.

Celte digression, quoique hors de notre sujet, aura son but d'utilité si, étant lue d'un mari brotai. elle peut le faire rougir de son odieuse couduilo.

Conduite; tin mari cu«erii un remme «»• ceinte. — Vous, hommes dignes du nom de père, vous qui placez votre bonheur dans celui de votre femme , dans la santé et la bonne constiliilion de vos enfants, retenez bien el pratiquez les préceptes suivants :

Entourez la femme enceinte de tous les soins, de tous les égards qu'elle mérite. Ayez pour elle mille prévenances, mille aimables attentions. Quand vous lui parlez, ayoz toujours le visage riant, le regard affectueux et des paroles de tendresse sur les lèvres. Soyez avec elle d'i^ne humeur toujours égale. ÊviteXi tout ce qui pourrait la contrarier ; soyez, en un mot, l'esclave de ses volontés et même de ses caprices. lorsque toutefois ils ne peuvent être nuisibles à la mère et h son fruit. Dans le cas où la satisfaction de

e& désirs serait incompatible avec tolre position et kgcrcux pour la santé, raisonnez-la doucement, emonlrez-lui. sans blesser son amour-propre, u'elle doit cbasser de semblables désirs qui seraient inestes à la mère, à l'enfant et par suite au mari ui aime sa femme. Dissipez ces sortes de désirs n faisant naître d'autres désirs pins en harmonie vec sa position. Faites appel à son amour maternel ! ce nom sacré, qui fait tressaillir la femme, vous bticndrcz facilement ce qu'on vou^ aurait refusé de

PIC autre nianière.

!i , comme il arrive assez fréquemment , votre !mnie éprouve des agacements nerveus, des moments 'ennui, de tristesse, respectez ces étals passagers et e l'importunez pas de vos questions, de vos inquiéides ; laissez-la seule si elle l'exige, et attendez que jn indisposition se soit dissipée, pour lui prodiguer c nouveau voire sollicitude.

Procurez-lui sans cesse d'agréables distractions our cnlrelcnir dans son moral une joie douce et onstaiilc. Enfin déployez toutes les ressources de Dire rsprit pour lui plaire, et loulcs celles de votre rnour pour la mettre à l'unisson de votre cœur. Alors, >}ez-en sur, vous serez écoulé de votre femme; vous >urrez la diriger, sans opposition, sans obslacle, îrs l'heureux but que vous désirez alleindre; et les ifanis qui naîtront ne laisseront rien à désirer sous

rapport physique et moral.

Ce n'est point encore assez des préceptes que nous snous de tracer, il faut encore leur en ad^oiiidre

d'aiilres, non moias essenliets à la callipédie : leli] sont, par exemple, la conduite hygiénique de la femn pendant sa grossesse, l'altaitemenl du nouveau-né^ les soins éclairés dont il doit être l'objet, son a1imeii<| talion, et, plus tard, les exercices gymnastiques qui| feront partie de son éducation corporelle, sont de conditions indispensables à sa belle venue cl an vcloppement de ses organes. Ces importantes lions seront traitées au chapitre consacré k la gn sesse et \ l'accouchement.

Qu'on en soit bien persuadé, c'est en perfeclioananl l'être physique qu'on arrive à perfectionner l'élre j moral ; et, si l'homme considérait le mariage coinioe} un engagement sérieux envers la société, comme nnej énorme responsabilité envers les enfants qu'il doit] procréer ; si, au lieu de ne voir que des voluptés sea suelles dans la fonction génératrice, il regardait celWl fonction comme la plus importante relativemeal à| ses résultats, il laisserait de côtelés conditions d'argent, pour prendre une femm<? dont les qualités phj>| siques et morales lui assureraient de beaux enfants.

Enfin il se livrerait modérément aux plaisirs de l'amour et ne s'énerverait pas au niilieu de learsl abus, car il en serait empêché par celte rénexioD:[ Tou'wrs les enfants payent par la faiblesse el les viceJJ de leur constitution, par leurs maladies el les amer' tûmes de leur chétive existence, les excès de leunj parents.

SECTION m

LES EHFAHTS DE L AMOUR SONT-ILS TLliS FAVORISÉS QVE LES ADTBES AD PHYSIQUE ET AU MORAL?

ne question a é(é résolue négativement par la tinlogic et revpérience. — Parmi les enfants de oiir, il Cafil établir cette différence : les uns sont uil de deux êtres qui s'adorent ; les autres sonl Jrééspar l'homme qui assouvit un besoin, sans Miver d'amour pour la l'emnie. Ces enfants étant iduliériiis ou naturels, examinons ce qui se passe i l'acte génital en dehors du mariage, est presque toujours furtivement et à la dérobée les deux sexes peuvent communiquer ensemble. jeime fille ou la femme mariée tremble égale- 1 en face de l'acte illicite qu'elle commet. Le dévénérien ne saurait dissiper ses craintes, pas ne l'amour qu'elle porte à l'homme pour qui elle icrd, et le plus souvent l'acte se consomme sans ïlle ail éprouvé le moindre plaisir. D'autres fois, le peut être interrompu ou incomplélcment achevé la (frayeur que cause le moindre bruit; et, dans s, les spasmes, les contractions des divers ori génitaux, nuisent plus ou moins à la féconda-

aintenant, suivons la femme ainsi fécondée ; anas l'état physique et moral dans lequel elle se

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trouve. D'abord elle commence par être assaillie de remords, dévorée d'iiiquiéludes. A mesure que son \entre grossit, ces remords, ces iiKiuiéludes, rcdo* blenl, s'exaspèrent et retentissent sur tout lesyslèr nerveux. La seule pensée (pte la lionle va rejaillir su elle si sa faute csl connue la plonge dans un éh\ d'agitation conlinncl. Plus tard, elle se serre laceiiilure, se comprime le ventre à défaillir. Les organes digestifs, gènes par cette compression, ne pcove recevoir ta quaiililo d'aliments nécessaires à la uit-' trilion de la mère et du l'œlus ; le développement ( celui-ci, rencontrant des obstacles, ne peut se rajij librement; la privation de sucs nutritifs suffisant! jointe à la gêne qu'il éprouve, arrête ou pervertit I diverses évolutions par lesquelles il doit passer avaul de voir le jour.

Si à toutes ces circonstances défavorables ajoute encore l'étal de douleur profonde et le dése poir où tombe la pauvre lillc lorsqu'elle se voit abat) donnée de l'homme qui l'a rendue mère (ce qui ar-' rive quatre-vingt-dix-neuf Ibis sur cent), on aura conviction que les enfants naturels de celte catégori sont loin d'être pins favorisés que les enfants nés en légitime mariage.

Si l'on oppose, d'un autre côté, les conditions favo râbles dans lesquelles naissent les enfant.s légitime la constitution et la santé des parents étant égales 'M part et d'anlre, on sera forcé d'avouLT que les eufaoU légitimes doivent naturelleitjcni l'emporter sur ceu de l'amour.

Les rares exceptions qui peuvent avoir lieu à cette règle générale ne détruisent on rien itoire Ihéorie ; et si parfois des enl'anljs de l'amour, dovuniis hommes, 86 sont distingués par leurs qualités [ihysiques ou morales supérieures, remoiileï à rorigiiic, et vous i verrez qu'ils sont nés de parents qui, sans être iégit liiiicmeut mariés, vivaient ensemble, au milieu do ^^toules les immunités conjugales. Du reste, si l'on ^Hponsulle les registres d'enfanls trouvés, on s'aperçoit ^^qu'ils ne sont nullement en laveur de la fonsliluiion I physique. Sur cent entants exposés, un bon quart dis- I parait avant l'âge de quatorze mois , uu autre quart \ porte des signes de diiïormités, de mauvaise consti- \ tution, de rachitisme, et, dans la dernière moitié, on ;ul avancer que les deux cinquièmes n'arriveront mais à être de beaux sujets. Tout cela vient de la ule des parents.

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