‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 45 sur 68 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

DE L UEElËOJTIi.

érédilé, au (loint de vue physiologique, est la (rjiisniission de tout ce qui tient au pliysiijuc et au nioral des êtres qui engeudrent aux cires engendrés. On lui reconnaît deux modes :

1" L'hérédité permanente ou invariable, et l'hé dite variable.

La première, reposant sur une loi constante, se liaiiuit par la reprodiiclion de l'espèce, de la race, du genre, etc. : l'homme procrée l'homme; le cheval, le chien, et tous les êtres, soit du règne animal, soil du règne végétal, reproduisent des êtres semblable» k eux.

La seconde se manifeste dans la transmission de« qualités morales et [ihysiipies bonnes on mauvaises; mais, sujette h de nombreuses irrégularités, celle faculté trausmissivc peut augmenter ou diminuer, offrir des intermittences, se restreindre et mêire disparaître à la longue. Ainsi, les perfections et iraperfections, les dégradations, les monstruosités, b triste cohorte des maladies, etc., etc., peuvent se transmettre comme aussi ne pas se transmeilrc; n'étant point soumis a des lois connues, ce mode d'hérédité est sujet à des variations sans nombre.

L'auteur d'un très-remarquable et savant ouvrage sur l'hérédité, le docteur P. Lucas, reconnaît que représenlatious du type individuel se trouvent :

1° Dans les père et mère : — hérédilé directe;

2° Dans les collatéraux : — hérédité indirecte;

3° Dans les ascendants des [lère et mère : — M dite en retour.

4' Dans les conjoints antérieurs : — hérééU d'influence.

A. li'Uérédiié directe est admise sans coQiesli

is enrants tiennent tantôt du père et tantôt de U aère.

Ë. i/iiér^ditë indirecte se constate chez les eu-] s qui, n'ayant aucun des traits et dti caractère des ère et mère, oiïrent une ressemblance frappaiilc vec d'autres parents contemporains.

Kl. l^'béréiiité en retonr existe lorsque les enints ne resseniblent pas aux auteurs de leurs jours, nais sont le portrait de leurs grands parents. Ce saut le l'hérédité, d"unegénéralion à l'autre, et qui'lquel'ois i une dislance de trois ou quatre gcuérations, se «marque jiarticulicrement chez les métis de nègres it de blancs. Le nom ii'atavisme a été donné à celte rie d hérédité.

K iiérë<iité d'iniiiicDcc. Ici le phénomène est des plus remarquables : l'enfant ne ressemble ni ii la mère ni au père; mais il ressemble à l'homme qui a eu avec la mère un contact antérieur a la fécondation. Ainsi une femme mariée en secondes noces, trois ans après la mort de son premier mari, engendre des enfants qui ont tous les traits du mari défunt, et ne ressemblent en rien a celui qui les a procrées. Celle curieuse hérédité n'est point si rare qu'on le croit, surtout chez les animaux.

^Home rapparie qu'un àne moucheté d'Afrique fut Bouplé à une jument anglaise : un mulet (acheté ^^il de cet accon|ilenient. La même jument fut, Phs lard, fécondée par trois élatons arabes, dans

l'espace de irois ans, et tous les poulains qu'elle bas porlèrenl les taches de l'àne d'Afrique.

Le docteur Uarvcy, professeur au collège d'Âl deeu, a Tait un travail fort remarquable sur l'iuUuei (lu premier mâle qui couvre une femelle pucelle, il fluence qui transmet sa race pendant deux et tn générations, quoique la même femelle soit couvei ultérieurement par d'autres mates. — Plusieurs ph| siologistes ont observe que le même, fait se pasi assez fréquemment dans l'espèce humaine; ils cil un bon nombre de femmes veuves et remariées ql ont fait des enfants ayaut une ressemblance plusoi moins parfaite avec le premier mari.

L'iiérédilc est donc un l'ail autbentique, une loi dans la série des êtres vivants; la fécondation cneU la meilleure iireiive, attendu que la fécondation n'f autre cliose que la transmission de la matière or uisée ou spermalique à l'ovule de la femelle. î(( distinguerons, chez l'homme, l'hérédité physique et l'hérédité morale.

SECTIOH I

HEREDITE PnVSIQIIK:

Les transmissions héréditaires les plus générales et les moins variables sont ; le type physique oo conformation eiitérieure, les traits du vidage, la taille, les formes, la couleur, etc., etc., etc., d'ofirésulicni les

s de nation , de ramille, de père et de mère ensuite, par voie d'hérédité, la structure le développement des divers sys- 'économie, — les modes de reproduction, malies, — les caractères généraux de l'or lésignés sous les noms de tempérament, idiosyncrasie, qui portent avec eux cer» ions relatives à la durée plus ou moins l'exislcnce. — Les sujets issus dune fa- ; les ascendants sont parvenus h nn âge unissent des chances do longévité. Les suis aïeux n'ont joui que d'une sanlé débile ie plus ou moins courte se trouvent au ances opposées. La mon les moissonnera ure; et, s'il en est parmi eux qui parse soustraire à celte loi faiale, c'est k camions hygiéniques et de soins dont vent jamais s'écarter, e ou mauvaise constitution des parents est, es choses, celle qui se transmet le plus dià la progéniture ; des milliers de l'ails le ous les jours. Les éleveurs de chevaux bien que deux rosses ne peuvent procréer fival. Il en est strictement de même pour peux époux débiles ou d'âges (lispro()orengendrcront jamais de robustes enfants.

elle vérité que <levrail toujours s'up|jiiyop s le mariage. Si l'espèce humaine s'abûs grands centres de civilisation, la pre- D est k l'homme ; si, dans les capital»,

on rencontre tanl d'êtres chétifs, malingres, éliolé». coiitrcrails, ce n'est pas seulement aux excès où se plonge la jeunesse qu'il faut alLiiliuer celte dégradilion [)!iysi(jue, c'est aussi ^ la faible conslilutiOD ib père el mère, à l'inlempérance el à la disproportion des âges dans l'union. — Les Lacédémoniens coniJainnè" rcnl 'a l'amende leur rot Arclddamas ponravoirépoiist une lemnie petite el délicate, disant qu'elle ne pourrail donner qu'un roitelet aux mâles Spartiates.

Beauté thysique. — Dans l'ancienne Grèce, b bt'auté du visage el des formes se [)erpèluail dans certaines familles. — Alcibiade, le plus beau îles Grecs de son époque, descendait d'aïeux remarquiblcs par leur beauté. — Laïs de Coiinthe élaii, d'après Arisluphane de Bizancc (1), lille d'un nommé CiiAitHiDÈs, qu'on citait à Sycione comme le Ois d'.^phrodite. — La charmante Stratomce était (ille île Ih-mâiius Puiwrcèle, doul Athènes admirait 11 beauté, etc. Et chez nous, le conveutioniiel Barburoux, surnommé l'Apollon moderne, avait reçu le jour d'une mère qu'on citait comme une des plus belles femmes de France. — Il existait en Crète une ancienne loi qui ordonnait de choisir, chaque aonée. les plus beaux garçons et les plus jolies (illes. et de les obliger au mariage, afin de perpétuer le type de leur beauté.

(I) Voyet l'inlircssanl volame iolilulé LeU de CarmAe.M mfmt tuipur . on se trouvriil relatés les faits les plus curi«« | nhtifs aui courtiames de rancienne Grèce. Dn toL. 5 b. CkM fima, lil>raire, PaUis-RoyAl, k Pari*.

Ressembusce ùt TisACE. — La régalarité OD l'irrégnlarilé des traits, leurs charmes, leur laideur, sont héréditaires, c'est connu de tout le monde. Les personnes qui ont entendu le célèbre chanteur Nourrit doivent se rappeler la pièce des Deux Salem, ^omrit paraissait en scène avec son tils, et leur ressemblance était si frappante, que les spectateurs étonnes ne pouvaient distinguer l'un de l'autre.

A Rome, il existait des familles qui avaient mérité, par la longueur du nez et la grosseur des lèvres, les surnoms de uasones, labeones, buccones.

Les nez aquiiins ont été pendant des siècles et sont encore hérédiiaires dans la familles des Bourbons et dans celle des Borroniée de Milan.

Les fronts bas, les mentons de galoche, les petits yeux, les grandes boiiclit's, se pcrpéliienl dans les familles. — Les Guises se resseiiiblaient par la bouche el les oreilles. — Les Montmorency se reconnaissaient à leurs fronts larges.

CoD, Bi:sTE, MEjimiEs. — La forme, la grosseur et la longueur de ces régions du corps se transinctlenl avec la plus grande facilité. Dans telle famille c'est une grosse tête que les (larenls transmelleiil à leur progéniture; dans telle autre c'est une petite lèle. Dans celle-ci c'est un long buste et des jambes cour. les; dans celle-là les mains cl tes pieds sont énormes, et dans celte autre leur pelilesse est remarfiiiablc. Il en est ainsi de toutes les parties de la eliarpenic liiimaine : leurs formes et leurs dimensions sont liéié* diiaires,

ii<ircait(^ lie la faille. — CcUe sorlc d'hérédité est des plus communes. Les conjoitils de petite taille cl les cotijoiuls de haute taille engendrent des êtres semblables à eux. Le père de Frédéric le Grand avail formé, sur ce principe, un régiment de géants. Ce roi ne perincKail le mariage de ses gardes qu'avec la femmes d'une taille semblable. — H y a quelques années, un journal anglais rclalaiL un fait qui prouve pertinemment l'hérédité de la laille : « Un homme de six pieds sis pouces, posant 402 livres anglaises, comparaissait devant le tribunal pour un engagement frauduleux. Los questions qu'on lui adressa firent connaître que son père avait six [licds trois ponces et sa mère sis pieds, Ses frères et sœurs, au nombre de quatre, ajoutés les uns aux autres, auraient produit ua être gigantesque de vingl-ciiiq pieds huit pouces et demi. »

Plusieurs célèbres éleveurs, parmi lesquels ou dislingue Backwell, Princeps, Fowler et le docteur Daonecy, sont parvenus, par des moyens fort simples, i arrêter, à développer la croissance de tel ou tel o^ ganc chez les animaux; à doubler, quadrupler tel lissu au détriment d'un autre, et les individus prove* nant de ces méiamorplioscs procréent des êtres semblables h eus.

t.'obo»ito,iapoiyKarcic, sont mallieureusemeot un héritage trop cerlain pour les enfaals d'une famille où règne celte maladie, qui dégrade la forme humaine. Sans doute, l'oisiveté, une nourriture abondante et le inaoqm d'cicrcice jieuvettV dévMlo\nvcr l'obésité cbcj

— il\ —

des sujets non prédisposés ;*)ais, en geindrai, c'est dans l'hérédité qu'on en trouve la cause.

uéréaité de couleur. — Les couleurs, dans louics les espèces vivantes, se reproduisent aussi (idèlemcnl que les formes. Elles se Iransmeltciit, dans chaque race, avec la même constance, et devicnneul héréditaires dans les familles. Les liorliculteurs. les ornithologistes et les agronomes savent tirer [larli du mélange des diverses familles, appartenant au même genre, pour obtenir les couleurs les plus variées. Le mélange des races de couleur et de race blanche a donné naissance, dans l'espèce humaine, à tontes les variétés que nous connaissons aujourd'hui. Ainsi, le blanc et le noir produisent le mtdiKre, le hianc et le mulâlre procrécnl le terceron, le blanc et le terceron engendrent le tpimieron; ce dernier, uni au blanc, donne naissaiice av. ijuinteron, et ainsi de suite, jusqu'à ce que, de dégradation en dégradation, la couleur du métis arrive à son type originel.

1! peut arriver aussi que le mélange de couleur dn

blanc el du nègre ait lieu chez plusieurs enfants et

n'ait pas lien chez plusieurs autres. Par exenifile : nn

îgre de Derlin, marié a une femme blanche, eut

îlle .sept lilles mulâtresses et quatre lils blancs. —

le gileliùrc de Paris eut trois enfants d'un nègre pur

ïng : le premier enfant fut un négrillon ; le second.

un mulâtre, et le troisième était aussi blanc que sa

Bère. (Voyez l'ouvrage de M. P. Lucas.)

Si de l'hcrcdiié de la couleur, type de l'espèce,

nous passons à l'héréilllé des teintes de la peau dans la race blanche, nous voyons ces Icinles se transmetlrfl dans les familles avec plus ou moins d'exactitude. Ainsi deux blonds engendrent ordinairement des blonds; deux bruns procréent des bnios; le mélange du blond et du brun donnent une nuance iotermédiaire, le cbâtain, etc., etc. j

BéTéaité de tempéraments. — La loi d'hcrîl dilé régil également les liquides et les solides qat' composent le corps bumain. La prédominance d« systèmes organiques, de laquelle naissent les lempéramcnts sanguin, bilieux, nerveux et lynipbalique, suit la voie héréditaire, mais éprouve toutefois certaines variations. Le croisement d'un tempérameotl avec l'autre produit une idmijncrasie ou modification de tempérament, généralement avantageuse. C'est pourquoi les mariages contractés par des sujets de tempéraments différents donnent de plus beaui fruits.

Hérédité de« mode* de reproducilon. — Celte hérédité se manifeste par une aptitude plus ou moins grande k la procréation.

Fécondeté. — Dans certaines familles, la fécondité est héréditaire. Lepelletier cite, daus son Tiailé dt Plajsiologie, une dame du Mans qui donna le jour i vingt-trois enfants. — Une paysanne eut vingt-huit enfants de deux maris. Le (ils et le petit-fils du grand Coodé avaient eu dix neuf enfants. — Les quatre pre

ienl ensemble quarante neuf enfants. — Louis (le Ilariay était père de dixluiil enfants. — Elie (le Jaucourl en avait engendré vingl-trois. — (siander donne l'observation d'une villageoise qui accoucha dix fois en quinze ans; ses parlnrilions, tou- ■burs multiples, produisirent vingt-huit enfants. Sa aernicre couche fut de trois filles, qui vécurent toutes Jes trois, se marièrent et produisirent : la première f^ente-six enfants, la seconde trente el un, et la troisième vingt-sept.

Dans son Traité de Pkysiohfjie, BurJach parle d'une femme qui procréa vingt-quatre garçons et six filles; ■es six filles eurent de différents maris soixante-seize enfants, dont soixante mâles. — Girou cite une dame qui eut vingt-quatre enfants; cinq de ses filles ont produit quarante-six enfants. Évidemment cette fécondité était héréditaire.

Par un effet tout contraire, la sicrilité frappe certaines familles, qui s'éteignent faute de descendants. Voyez, au chapitre Ste'riliiéy les moyens les plus rationnels pour combattre cette disgrâce génitale.

Ilérodilé de la mnerMlilp, OU vie de fontjiie durée. — Cette hérédité n'est contestée de personne; des milliers de faits ont prouvé de tout temps que la macrobie était un (irivilége dans certaines familles.

A Pravia, dans les Asturies, mourut, en 1844, un riche laboureur, h l'âge de cent dix-neuf ans

A Tj)losa, le C février 18i6, mourut une femme ;ée de cent cin«]uanle ans.

Daiisly (aniillc de Jean Uôuir, en Hongrie, le |ièi«J vécut cctil soixante-douze ans; la femme, cent soixanl(rl quatre; l'aine dus lils avait cent quinze ans a la motti du père, et le cadet com[)létail ini siècle. I

Eli Pologne, lin paysan des terres de Grojeck nioaJ ml à cent ciuquanle-sept ans, sou père en avait vécil cent cinquante. I

Dans les environs de Bergliem, en Norwége, Jnn Surringlon cul un enfant à l'âge de cent -cinquante ell un ans; il s'éteignit, dans la plénitude de ses facullè%l neuf ans plus tard. 1

Thomas Parr vil monter sur le tronc dix rois oui reines d'.Angleterre; il mourut a cent soixaDtc-iiuitl ans, laissant un fils âgé de cent vingt-sept ans.

On ferait une longue liste des centenaires qui ont ))Oussé la vie au delb des limites ordinaires; ces citations suffisent, et nous terminerons par l'anecdote suivante, devenue populaire :

Le ol juillet 15â4, le cardinal d'Armagnac, passant à pied dans une rue de Paris, aperçut un vieillard de quatre-vingt et un ans qui pleurait devaol sa maison. Le cardinal lui demanda (|iiel était le sujet de ses larmes? — C'est, répondit-il en lui montrant nu aulre vieillaid, mon [lère qui m'a hattu. — L'érnincnce alla s'enquérir aupiès du père, âgé de cent cirii) ans. de ce qu'avait pu l'aire son fils, et reçut cette réponse :

— C'est parce iju'il a manqué <lc respect a son grand-père. Ce dernier entrail dans sa cent trentième aanée.

Il IVÎ

II<^rC(litC DES VICES DE CO.NFOIIMATIOM ET liOKSTnCOSITÉS.

— Klailieureusenient pour l'espèce liiimaiue, ci'Ue

)rle (riiéréditc n'esl (]iie Irop réelle. Sans être aussi

Sonslanle que les autres que nous avons décrilcs, les

Iransmissioiis vicieuses ne s'oliservenl encore que

rop fréquemnienl. Néanmoins il esl très-rare qu'elles

jUcignenl tous les enfants d'une même famille : !e

^dIus souvent la transmission n'a lieu que sur un ou

^■lueiques enfants, les autres en sont exempts.

^^ Les vices de conformation, les anomalies d'or^ani-

^^alioD, les difformités, les nuuilaiions et les niuns-

H^uosités peuvent se transmettre comme ne pas se

transmettre; les exemples de parents sexdi^ntaires

l^procréanl des enfants semblaLles à eux ne sont pas

^^ares. Pline rnjiportc que Caius Iloralius transmit b

ses filles seulement sa polydacljlie.

Maupeiliiis a véritié que Jacob Ridie tenait ses six

j^doigls de sa mère ; que Victoire B.irré avait liérilé de

^■ioa père de l'ectrodactylic dont elle était affligée, et

"qu'elle transmit son infirmilé uses fils seidemcnt.

Le physiologiste Durdacli cnumèrc une foule de j ^faits seiublal)!cs.

^b Vau Derbacti cite une famille espagnole dont (|ua- ^ranle membres étaient dotés de doijjts surnuméraires. — Le docteur Marc a connu une famille dans la» quelle, depuis trois génératious, les hernies ombilicales se léguaient aux enfants mâles. — Mauriceau cite un père boiteux qui transmit sa claudication h trois de ses tilles et a un tiis. — Uirou de Unzareingue cite une foule d'observations de parents conirefaUsx

bossus, boiteux, déviés, qui onl transmis leurs iofir-fl mités k plusieurs de leurs enfants. Cet auteur Tiii H observer que bien souvent les transmissions des dif-H formilcs sautent une génération, c'est-à-dire onl liei T de l'aïeul au petit-lils. — Les becs de lièvre se Irans 1 mettent avec la plus grande facilité. — La cécité, hH surdité, lanosmie ou nian(]ue d'odorat, les ca<;onw-H îbies ou vices de prononciation, etc., poursuivenlB opiniâtrement certaines familles et ne les abandonnent 1 qu'après une longue suite de générations. — Les mu- 1 tilattons accidentelles éprouvées par les parents se I transmettent moins facilement; cependant il existe I d'assez nombreux exemples de ces transmissions, ^fl Boerbaave et Bliimenbach ont laissé plusieurs obser-H valions à cet égard ; ce dernier parle d'un ouvrier qtiiW s'abattit le doigt indicateur d'un coup de hache et 1 engendra deux enfanls présentant la même mutilation. I Sa femme étant morle, l'ouvrier se remaria, et eut I encore deux filles et un garçon à qui le môme doigt I manquait. — Tulpius a vu une jeune femme qui, s'a- 1 musant à donner le sein à un enfant de cin<| ans, eut le mauiclon soudainement emporté par un resserrement convulsif de màdjoircs. Les filles dont celle femme accouclia dans la suite eurent toutes un sein dépourvu de mamelon ; seulement, aux unes, c'était le sein droit, aux autres, le sein gauche qui présentait ce défaut. — Dans une famille où la claudication était héréditaire, un membre qui a écbappé ii celle ditfor- y mité se maria ; il eut deux garçons bien conformés elfl UDeiille boileuse. L'un de ces garçons s'élant, b son '

tour, marié, engendra iinefitle très-boiteuse et un lits qui l'élail beaucoup moins.

Certains vices, certaines disgrâces des organes sensoriaux se transmettent. Ainsi ïanosmie ou perte de l'odorat, la myopie, l'anestliésie de l'œil, !a surdité, la cécité, sont quelquefois héréditaires.

Les agacements nerveux, les aversions, les antipathies, se Iransmellent aussi. Jacques d'Angleterre frissonnait et défaillait à la vue d'une épée nue, parce queMarieSluart, sa mère, étant grosse de lui, avait vu des seigneurs écossais tuer son secrétaire avec des armes semblables, et qu'elle-même avait reçu plusieurs légèrts blessures.

Qui n'a lu on entendu raconter l'histoire de ce jeune homme dont la mère avait une telle aversion ponr les lavements, defiuis qu'on lui en avait administré un presque bouillant, qu'elle tombait on syncope à la vue de la plus petite seringue? ^ou fils, à qui elle avait légué cette invincible aversion, étant tombé malade, entra dans un hôpital où ce remède lui fut prescrit; malgré ses refus, ses cris et tons ses eflbrls pour le repousser, on le lui administra de force : quelques minutes après, le malheureux avait cessé de vivre.

Si l'intempérance, l'ivrognerie, la haine, ta colère, la jalousie et toutes les mauvaises passions se transmellcnt, il faut le dire bien haut, les bienfails de l'éducation sont aussi susceptibles de transmission ; mais c'est l'éducation phrénologique qui opérerait des prodiges, si elle pouvait être imposée par Vau.l.(Sïvl.i

el onlrer dans nos mœurs. Ce genre d'édiicalion, ccrt fois [ilus que l'éducalioii siijiersiilieiise donnée anj jeune âge, modércrail la siirexcttaliou cérébrale, ri primerail les passions, câlinerait les inslincls foi gueux, délruirail les ponclianls aux crimes et rendrai! à la société tant d'iiiilivi<lus perdus pour elleelqa porlent le désordre dans sou sein.

SECTION II

HEREDITE: MOUAI.1:

lIÉnÉfHTÉ DES APTirCDES ISSTINCTrvES ET INTELLECTCBllB. I

La loi des transmissions iiérédilaires ne s'appliqo pas seiilenic'ul à l'organisalion physique, elle s'cltml aussi aux facultés instinctives et morales de l'imlividu. Les cliasseuis irileUi^erits e( observateurs uj .reconnu la vérité de ce proverbe : Bon chien cluisie{ race, pour exprimer que les bonnes qualités du jeui chien dépendent presque toujours des qualités son père ou de sa mère. Il eu est de niénie diQ riiomnie.

L'hérédilé intellectuelle nous semble une censé quence logique de l'hérédilé physique. En effet, ^i I Irails du visage, tes qualités et dél'uuls corporels, I lempéranieut, la conformation cérébrale, se tr«usin(| (enl, les dispositions et fucnllés morales devront uu^ se trausmellrc, puisqu'elle.^: sont, en grande parti

irésul

ésultal de l'organisalion physique. II est certain, l nous l'avons rlénionlré, que tout ce qui Itcnl ani ualilés et vices cor|)orels, comme la force, !a sanlo. i courage, etc., la faiblesse, les im|)eifections [iliyiqoes, les maladies, tout suit la loi des lran?missionf lérédilaires : les forts engemireiil des foris, les faibles ngcndrent des faibles, les individus chélil» et maingres procréent des élrcs semblables b eux.

L'identité pbysi(]uc implique l'identité morale, *esl-;i-dire que telle forme dti corps indique telle ualité du caraclèrc, et que les cnfanls jéllécbiront 'autant plus exacleinent les qualités de leurs père et nère, que leur ressemblance corporelle, avec eux, era plus frappante. L'éducation, les milieux dans lesjuelson vit, font varier celle règle; mais il y a eu priaitivemenl des penchants et des goftts semblables.

L'hérédité de l'intelligence, de la force ou de la liblesse du moral n'est pas plus contestable que les utres. Il est désormais reconnu que les parents oués d'une bonne organisation cérébrale, d'un esiril naturel et cultivé par réducalion, engendrent gééralement des enfants intelligents, capables ; tandis ue les parents plongés dans une grossière ignorance onnent le jour à des êtres le plus souvent stupides. -On compte beaucoup de familles qui, de généraon en génération, ont fourni des sujets de grande ipacité, de haute inlelligence; comme, dans d'autres iiiilles, l'esprit borné, l'abrutissenicnt, l'idiotisme, imbécillité, se transmettent de mère en fils et de père I Olle.

— La famille de Milliade donoa des héros; celle de Périclès, de profonds poliliques.

L'art oratoire élail si naturel chez les Hortensius, chez les Ciirion et chez lesLélius, qu'il se iransnidlait non-seulement aux enTants mâles, mais enco» aux ûlles.

— La famille de Pépin fut Irès-féconde en grands hommes, depuis Pépin Landen, Pépin d'Hérislal. Charles-Marlel, Pépin le Bref, jusqu'à Ciiarlemagne, qui fut la plus haute et la dernière expression du gcoie de la famille.

Lisez l'histoire, el voyez si les crimes et la débaiicbe ne se transmettaient pas dans les familles des JeanXU. des Benoit IX, des Sixte IV et des Borgia'/ — Et cliei les Visconti, ces despotes de Milan, voyez si la férocilt ne se transmet pas avec cette ardente soif de tortures à vous glacer de terreur. Un Luccbino qui fait dévorer des hommes par ses chiens. — Un Darnabas, son niveu, qui invente des tortures atroces pour récréer ses yeux. — Un Galéas, frère dn précédent, qui raffine sur la cruauté de Barnahas et montre ses goûls alxh miuahlcsdans la torture de quarante jours dont il fui l'inventeur. Plusieurs ouvrages, entre autres lcs.4ntiquilés d'itatie, donnent la description de celte torture. Les cheveux se dressent, un frisson général, uoc horripilalion nerveuse vous saisissent 'a cette description, et le lecteur, vouant k l'exécration des monstres semblables, demande juslice à Dieu contre lanl ilo scélératesse et d'abominations. — Chez les Médicis. C'esf |a soif du pouvoir qui se iransmeliail. -^ CIjm

les Stuarts, c'élail i'enlélemenl. le bigotisme et l'orgueil. — Chez les Valois, c'était une exagération de ules les passions.

Toute la lignée des Guise fut pétrie d'esprit et de

olitesse, mais d'orgueil : brave, téméraire à l'excès,

iUe semblait vivre pour les armes et les factions. De-

is François de Guise jusqu'à celui qui se mit à la

[été du peuple napolitain, tous furent d'une hardiesse

'esprit, d'un courage au-dessus du commun des

ommes.

La famille des Condé se fit aussi remarquer par les

cultes de l'intelligence, la grande aptitude h l'ar

ilitaire et par la bravoure. Biais, h côté de ces dons,

B aperçoit des vices odieux du cœur et de l'âme, des

ices qui se transmettaient de même que les bonnes

ualités, comme pour ternir la gloire de cette grande

famille.

Les Pitl,lesBren(ano, les Mirabeau, etc., sontaunt de types de l'hérédité des plus éminentes qualités, entourées de défauts, de vices ou de travers.

La famille des Cassini produisit des nialhémalîciens. — Celle de Bernouilli des astronomes. — Les fannilles des Jussieu, des Geoffroy Saini-Hilaire voient, de DOS jours, se perpétuer, dans leur sein, de savants laluralistes. etc., etc.

Ce n'est généralement que lorsque les parents s'affaiblissent peu "a peu ou qu'ils détournent l'esprit de leurs enfants de sa direction naturelle, que l'hérédité se délaye et s'éteint.

Oo objectera, sans doute, qu'il y a «ne fo\i\ft d'e-v-

ceptionsh ceUe loi, et qu'un grand nombre de païi r Jntelligt'nls ont procréé des êlres d'un espril aiM ; 80US (lu médiocre. Cela arrive, c'est vrai, mais iit frcquemmenl qu'on pourrait le croire. Ensuite ( Lméiliocrilé, ce peu de dévelop|ienient de l'esprit, dépendre d'une multitude de circonstances et « flucnces accidentelles tout à fait indépemianlei l'organisation première. Qu'un enfant bien confd |*€érébra!cment, par cxem|ik', et qui donnait les L belles espérances, soit assailli par des maladies l^livre à des plaisirs solitaires réagissant sur le veau, son intelligence s'en ressentira nécessaire! et s'arrêtera dans sa marche, avortera peut-é mais, alors, est-ce la faute de l'iiérédité? Non, demment non.

On objectera encore que les bommes les pini marquablcs des temps anciens et modernes, lei crate, Platon, Aristote, Buffon, Walh, Gtivier, < n'ont point transmis une parcelle de leur vaste il ligence k leur progéniture. — Distinguons : il ne s' pas, chez ces grands hommes, des facultés int luelles seulement ; ils avaient reçu de la nature i que chose de [>lus, le (jénie! et le génie n'est transmissible : il ap[»araît, de loin en loin, au n des sociétés comme ces globes de feu errants l'espace. La naissance d'un génie semble e.xigi effort de la nature, et la nature ensuite, coma elle était fatiguée, se repose plus ou moins longl avant de renouveler un pareil effort.

Un des plus étranges idiénomènes de Vhétt

: ceini derintermHleaoe.Oa sait qaerinlcrœiitenrê

I ime suspension ptas ou moins longae de monvc* lents organiques de noire économie, soit en ctal de iDté ou de maladie: ainsi le repos est la sus|H^nsion

i Taction: le sommeil est l'interruption de la veille : État de calme entre dens accès de fièvre tierce ou

névralgie périodique sont de^ intermittences. Do kémc l'hérédité a ses iulerruplions, ses intcrmit-

aces; elle saute une génération pour atteindix> l'anquelquefois elle sommeille pendant plusieiiis ^nérutions et se réveille tout k coup, pour se monter dans toute sa force, comme si elle n'avait éprouvé lieu ne interruption.

Mais c'est parmi les végétaux que rinlermiltciice de Hérédité se manifeste le plus fréquemment. Les bo- ^ tanistes, étonnés de sa fréquence, ont dohné h celle

ii le nom ô'atavisme ou hérédité des ancêtres, loi ■■"■"^

Nous allons essayer ici de donner an lecteur l'cx- ^ pHcation physiologique de la mystérieuse iidluence qu'fxerce le père sur les procréalioiis femelles el de ^inlluence qu'exerce la mère sur les procréations ^■ftles, tant au moral qu'au physi(|ue.

^^ Le père el la mère sont représentés (ian.s leur pro-

Ïiiture sous des rapports dilTcrents. Ainsi le pèfo osiiiel à ses lilles les formes de la tête, de la charlÊt pectorale et des membres supérieurs; tandis

SECTION m

que la conformation du bassin, de l'abdomen etdelH extrémilés iofcricures leur est transmise parla mère^H Pour les ftls c'est le contraire ; ils tiennent de llH mère par la conformation de la tcte et des extrétnjl(!^| supérieures; ils ressemblent au père par le torse elH les extrémilés inférieures; d'où il résulte que les gar-T çons procréés par des femmes intelligentes seront A intelligents ; quelcsûlles procréées par des pères Hi^Ê pabics hériteront de leurs capacités. H

Les enfants jumeaux du sexe masculin ressemblent^ il la mère ; les jumeaux du sexe féminin ressembli-nl 1, au père; lorsque les jumeaux sont de sexes différeots^H l'un ressemble au père et l'autre à la mère. H

La progéniture provenant d'un vieux père et d'ao»H jeune mère, tout en héritant de la débilité du père, 1 ressemble beaucoup à la mère, et vice versa. ^

Vicq d'Azir, Linné, Sinclair, Girou de Buzareingue;'^ Burdach et Mûller pensent que la mère influe davantage sur la plasticité de l'embryon et le père sur la vitalité.

Il résulte des nombreuses observations recueillies par les natnialisles, physiologistes et médecins, qu'en général ta mère transmet ses qualités morales k ses iils et le père transmet les siennes à ses (illes. Les interversions de cette hérédité ne seraient que des exceptions. C'est ce que nous allons démontrer |tar une série de faits historiques.

La plupart des femmes, célèbres par leur intelligence, dont l'histoire nous a conservé les noms, réfléchissaient le génie de leurs pères.

Les trois fdlcsdc PylhagorcMya, Arignote elDarao

forent irès-remarquables par leur esprit philoso- |»liique; mais ce fat à Daiiio Jugée ta plus inlGlIigente, que Pylliagore conlia ses ouvrages; ce sontLysiset Diogène-Lacree qui nous l'apprennent.

Cléobule, un des sept sages de la Grèce, légua à sa fille Clcobulie ses vertus et ses talents.

L'élégant Arislippe, disciple de Socrateet clicf delà secte cyrénaïque, engendra Arélé, la plus célèbre des femmes de son temps par l'étendue de son savoir.

Le divin Platon descendait de Solon par les femmes.

Thémisto, l'amie d'Épicure, vantée par Cicéron, était fille de Zoïte de Lampsaque,

Argie, Théognide, Arlémise et Pantaclée, intelligences d'élite, dont la vie a été écrite par Pilon, devaient le jour au philosophe dialecticien Uiodorc Cronos.

Myro, qui se distingua dans le genre lyrique, était iilie d'Homère le jeune.

Pamphila, que Diogène-Laèrce et Aulu-Geile citent comme très-érudile, avait pour père le savant grammairien Slotéride.

Antipaler, gouverneur de la Macédoine, l'un des grands politiques de son temps, consultait sa fille Phila dans les circonstances difficiles.

Lélia, tille de l'orateur Lélius, hérita de son père du don de la parole.

OurleDsius transmit également 'a sa fille Horlense coo élouuence et sa brillante éloculioa. Oa sa^v^ v\\]a

celle femme courageuse plaida et gagna la cause dN IQ dames romaines devaiU les rarouche& triumvirs.

La mëredesGraccUusélait lille deScipion.

Porcic, dont le courage et le suicide sont uoiqiei dans l'hisloire, devait le jour a Catun,

Dans Livic on reconnaît Tibère, et dans Agrippiu l'mfàme Néron.

La fille de Caligiila était aussi cruelle que son |ière, Marc-Âurète hérita des vertus de sa mère, et Con< mode des vices de la sienne.

lîéliogabale fui le digne fils de Sœmie, sa mèrt

Clodion tenait son esprit belliqueux de sa mère.

Clolaire II était emporté comme sa mère.

Cliarlemagne fermait les yeux sur les désordres (fe ses filles, parce qu'ils lui rappelaient les siens.

La fille acariâtre de Louis le Ilulin donna le jour Charles le Mauvais.

Louis XI hérita de sa mère du goût pour les rinage3, tes vœux et autres dévolions singulières.

Le fiimcux Jean-sans-Peur fut impérieux et fier comme Marguerite de Brabant, sa mère.

Charles le Téméraire ressemblait h sa mère par son caractère méhant et soupçonneux, qui contrasiail avec la franche loyauté de Philippe le Bon, son pt-re.

Gengis-Khan avait pour mère une femme belliqueuse.

Tanierlan descendait de Gengis-Khan par les feii> mes.

Alphonse IX, roi de Castille, célèbre par soa zèle pour la religion, avait une mère dévote.

Èl^onore, reine de Navarre, fut aussi ambitieuse tie Jean II, son père.

Callierinc de Mëdicis fut aussi aitilicieuse, aussi issiniulée que son |(t're, el, de plus, superslilieuse L cruelle: on sait qu'elle prépara la Sainl-Barllicimy. Catherine eut deux lils dignes d'elle: CliariesIX, ui arquebusa les|iroleslanls. el Henri iti, qui litas» »ssiner les Guise. Sa fille, Blarguerile de Valois, rapciait son père par ses mœurs galantes.

Dans Jeanne d'Albrel on reconnaît le brave et >>al Henri IV. — lleurietle de France ressemblait

Heuri le Grand par sa francliise el sa bonté.

Louis Xlli et son frère Gaston fiirenl en tout sem' tables à leur mère, Marie deMédicis.

Aiiued'Aulriclie transmit il son (ils, Louis XIV, son ixe et sa fierté, de même qu'elle transmit à l'informé, connu dans rtiisloire sous le nom de Masque tfer, son goût pnur le beau linge.

Le régent avait l'originalilé d'esprit de sa mère, et transmit ii sa lille, la duchesse de Bcrri, ses mœurs )lue8.

>n Pèdre le Ci'uel hérita du naturel implacable do lère.

ïenri VIII, qui fit mourir sur réchafaud deux de épouses, eut deux llls d'un caractère débonnaire . deux tilles aussi cruelles que lui.

Arélé, Hypatie, madame de Slaêl el George Sand ^ eu toutes les quatre des [diilosopbes pour pères. iPlichel Noslradainus, houiuie vrainitnl exlraordi' aire pour son temps, et par sa science el ^ar sa çro-

fonde sagacité, se Tanlait de descendre d'une Irib juive qui avait le don de prédire.

Les faits d'hérédité fourmillent dans la poésie, musique, la sculpture et la peinture.

Le poêle Escbyle comptait huit poètes et qaaiqJ musiciens parmi ses ancêtres- La mère de Bernardo lasso avait le don des ver Torquato, son petil-fils, en eut le génie.

BuiïoD citait souvent la riche imagination de mère.

Les poêles Burns, Jonson, les deux Chénier, Gœlhe, Waller Scolt, Byron et notre grand poêle Lamartine ont dû le jour à des femmes remarquables parleur esprit et le colorisdu langage.

La fille de Molière rappelait, par son esprit, celui de notre premier comique.

La plupart des grands sculpteurs de l'ancieno Grèce descendaient d'une famille de sculpteurs ; il en était de même pour les grands peintres.

Vanloo était le frère, le petit-fils et l'arrière-petitflls de peintres. — La mère de Van Dyck possédait un talent remarquable pour peindre les fleurs. — La famille des Veniet fournit depuis longtemps des peintres distingués.

Beethoven avait pour aïeule maternelle uneexccl- Icnle musicienne. — La mère de Mozart donna les premières leçons h son fils. La sœur de ce célèbiHj compositeur participait au talent de son frère. — Uh essaim de compositeurs est sorti de la famille de iciff \ Sébastien Bach.

La parelé, l'éiendue et le limbre de la voix se pansmeltent. It existe des fattiitles de chanteui'S Comme des familles de musiciens. L'on a observe (|iie pères doués d'une belle voix la Iransmetlaicnl :os fréquemment aux filles qu'aux garçons. Le couire a lieu pour la mère : ce sont les fils et rarement filles qui héritent.

Les enfants nés de parents bavards sont généramcnl bavards. Le docteur Lucas cite l'exemple une fille de service dont la loquacité arrivait jusqu'à manie. Elle parlait aux personnes à ne pas leur donner le temps de respirer; elle parlait auxbètcs, elle parlait aux meubles, aux murs, et, quand elle ne savait plus 'a qui s'adresser, elle parlait tout haut h elle-même. C'était une insupportable maladie. I! fallut la congédier. « Ce n'est pas ma laule, dit-elle à son maître, cela me vient de mon père. »

Ces exemples, qu'il serait lacile de multiplier, prouvent positivement l'iulluence immédiate du père sur Ja fille et de la mère sur le lils. Dans le cas où cette influence fait défaut, on ne doit jiuint la nier pour cela ; car, si l'on remonte aux ascendants, on la reiFOuvera dans l'aïeul, le bisaïeul ou trisaïeul.

Après cela, il est de fort nombreuses exceptions à celte rè^le générale.

Beaucoup d'hommes illustres dans lessciences elles arts n'ont point d'aïeux remarquables ; il sutTit qu'ils descendent de parents sages, tempérants, saius de corps et d'esprit, et dont le cercle intellectuel marche eo 9'élargissaul de géuéraliou en gcnétation.

Beaucoup de grands hommes commencent et fi-j Dissent la gloire de leur famille. Les hommes icsj plus capables peuvent engendrer dos êtres ineptes; maison ne trouve pas d'exemple de parents tout ii fait ineptes qui aient procréé des hommes de bault] capacité.

SECTION IV

DEBEDITE IHOHIilDE

on TnANSMISSION SES DITEnsES I(AL\DtES.

La question de l'hérédité des maladies n'est plu»" en litige: c'est un fait admis. Lhcrédilé morbide com[irend quatre modes: le transport de la maiadie; — la prédis|)osilion ou aptitude ; — le germe ou l'état latent, — et le développement complet ou signe caractéristique.

Parmi les nombreuses maladies dont le funeste hé« ritage s'atiache à la progéniture, sont les maladie*] contagieuses, les diallièses scrorulcuses, darlreusesi | véucriennes, cancéreuses, etc., les vices d'organisation, les alfectious des voies urinaires, la plithisie, l'apn[)iexie, etc., etc. Les névroses, en général, Ici'] Dévro|ialliies de tous genres, les désordres de l'intelligence, l'idiotisme, l'aliénation mentale, se transmet- 1 tent, hélas ! |)lus fréquemment que les bonnes qualités. Cette transmission des désordres cérébraui ti égakarcul lieu du père à la lille et de la mère au gu»

— iOl —

»n. M. Girou, dans son Traité de la ydnéralion, cite plusieurs faits concluants à cet égard. Lorsque, dans une famille, le père ou le grand'père est aliéné, il y a beaucoup à craindre pour les filles. Si c'est la mère que frappe l'aliénation, il est très-probable qu'elle se reproduira danslestilsou un des fils.

Pauvre nature humaine [ ce n'était pas assez des disgrâces physiques et des iurirmilés qui t'accablent, il fallait encore que tu fusses sujette aux dégradations morales, 'a la foliel... il fallait-, pour mettre le comble à les misères, que cette terrible maladie devînt Lérëditairc...

L'hérédité des instincts criminels n'est malheureusement que trop certaine. Levol, le suicide, l'assassinat et touslescrimes suivent la loi fataledes transmisbons. Il est un livre immense où les scènes du crime Tonl rapportées avec détails, où l'on peut suivre l'effrayaute généalogie des voleurs et des assassins : ce livre, c'est l'histoire. A chaque page, l'histoire nous montre, hélas I les descendants des hommes criminels irlicipor aux affreux penchants de leurs pères. Liez J'histoire des Alrides, des lléiaclides, des Éa- Jes,e.tc., toujours l'assassinai... Lisez l'histoire des Fois d'Egypte et d'Assyrie, depuis rsinus jusqu'à la (in d<'s Séleucides, toujours l'assassinat... Lisez l'histoire ws rois de Perse, des kalifes, des sultans : toujours ^^ssassiuat qui se perpétue dans les familles avec une Korrible continuité. Lisez, entio, la GineUe des TribupUfux, lorsqu'elle déroule à ses abonnés les fds d'un jrauie épouvantable : vous remarquerez t\vve, ï.\ V<t%

juges ont poussé leurs iavcstigalions jusqu'aux ascendants de l'accusé, ils ont découvert un père, ud aïeul ou un bisaïeul crimiDel. L'hérédité du crime, aussi palpable que les autres transmissions, a fait dire a riiistorien Hammcr-. «. Dans la même génération, rinfiinlicidesuitdeprès le parricide, et le poignard du pelit-lils venge, sur le père, l'assassinat de l'aïeul. ■ Tout cela n'esl-il pas épouvantable à révéler?... Mail que faire 1 telle est la loi d'hérédité. Sans être de ceni qui voient dans le fils d'un père criminel un crimiinel en herbe, nous engageons pourtant nos lecteurs b se défier des personnes qui comptent, dans leur famille, des individus qui ont l'orfait à la nature eti I l'honneur. C'est une mesure de précaution qui peut avoir son utilité.

Observée dès son point de départ, l'hérédité mor> fcide a ses prédilections, ses irrégularités de marche et ses limites: on la voil rarement affecter tous les individus d'une même famille, surtout si celle-ci est nombreuse. La route qu'elle parcourt n'est pas toujours directe : tantôt elle suit une ligne non interrompue; tantôt elle saule une génération pour tomber sur la suivante; d'autres fois elle quitte un sexe pour 6'aita(|uer à l'autre, et quelquefois la souche mère pour la brandie collatérale. Exemples: un père et une mère, nés de parents phlhisiques, jouissent d'une parfaite santé, tandis que leurs enfants sont consumes. les uns après les autres, par la [ililliisie, ce terril>le fléau qui moissonne tant de jeunes existences! — Un père épilcplique transmet .son mal k sa tille, lanJil

— lf)5 —

ue celle-ci le donne à son fits. — Dans quelques l'amiiles, la goutte el les rliiimatismcs s'éteignent pour renaître chez des neveux éloignés. — Dans quelques autres, l'hérédité cesse pour ne {dus reparaîire. Cette marche mystérieuse des transmissions héréditaires est restée, jusqu'ici, inex|)]icahle et cachée aux t yeux des hommes de l'art.

L'hérédité est certaine lorsque l'enfant apporte en naissant le germe de la maladie; l'hérédité est beau-

- coup moins grave lorsqu'elle n'est qu'à l'étal de pré-

- disposition. Dans un cas comme dans l'autre, c'est k r l'hygiène médicale de détruire le germe ou la prédis- ^position. C'est donc au médecin éclairé qu'il faut Pavoir recours, car lui seul est apte à combattre et à

terrasser l'ennemi.

SECTION V SES VOTENS A OFPOSEn k l'iIÉHÉDITÉ HOnDIDE.

existe deux traitements pour combattre l'hérédité : l'un antéiiewr ou projitnjlacliqne, applicable aux fiaiicës avant le mariage; l'autre pvsiéiietu-oii curatif, applicable aux enfants procrées.

H Interdiction du mariage aux individus alteinli Hp'une maladie héréditaire grave, lorsqu'elle est incu*

TBAITEMEHr PnONlYUCTIQUE,

rahie, parce qu'ils la transmettront inriiilliblement !i letii" i)r(>geiiilure. — Par une étrange anomalie, la loi, qui admet des vices rédhibiloircs pour les animaux, garde le silence sur les mêmes vices dans le contrai de mariage ; de telle sorte que l'espèce brute esl plus avantagée, sous ce rapport, que l'espèce humaine. Le plus souvent, et l'on pourrait dire toujours, les familles qui désirent marier leurs enfants, ont bien soin de cacher les ulTreuses maladies dont ils $ODt atteints : une fille scrofuleusel leucorrhéique, névropathe, hystéi'ique, est mariée à un jeuue homme qui la croit saine. — Un jeuue homme épileptique, dartreus, impuissant, syphilitique, est uni iiune fille qui se garderait de l'épouser si elle avait connaissance de la maladie secrète de son futur. — Sont dans U même catégorie les personnes affectées de surdité, de presque cécité, d'exiases, d'hallucinations, d'aliénation mentale comtuençante, de passions furieuses, etc. Marier de tels individus, en gardant un profond secret sur leurs vices constitutionnels, esl une infâme tromperie, un crime que la loi devrait punir et justicier parla rupture solennelle du contrat.

Plusieurs peuples, que nous regardons comme a^ riérés, ont cependant des lois plus morales que les nôtres sur ce point. Dans le code des Hindous et (les Chinois, on lit cet article : « Si un père donne co mariage sa tille alfligée de quelque défaut capital, sans en prévenir répouscur, celui-ci a le droit Je faire annuler l'acte du méchant qui l'a trompé. »

Interdire également l'union des sujets dont la coo-

sanguinilé es( (rop rapprochée, parce que ces unions donnent toujours des fruits Jércciucus; et, déplus, elles redouLleiil toutes les iulirmilcs existant déjà dans les familles (|ut ont une même boucIic. L'histoire nous montre, en efiet, les aristocraties, réduites à se recruter dans leur propre sein, se dégrader peu k peu, tomber dans l'imbécillité, et disparaître. Los observations invariables des plus célèbres physiologistes ei éleveurs ; Muller, Sinclair, Piron, GeofTroi, Hartmann, Backwel, Princeps, Sbrigbt, etc., nous prouvent que les accouplements consanguins réussissent mal, et que, si l'on persiste à les continuer, espèce, race, vigueur, santé, fécondité, tout se dégrade et «'éteint.

Choisv les sujets à marier, — c'est-à-dire ne conjoindrc, autant que possible, que ceux qui sont exempts de graves maladies héréditaires. Si la pauvre constitution d'un sujet, si son étal de santé débile n'est pas incompatible avec le mariage, on doit, et c'est une nécessité, un devoir, on doit lui cherciier l'alliance d'une constitution contraire à la sienne, afin que la richesse de l'une combatte la pauvreté de l'autre. En un mot, c'est un croisement semblable à celui que nous pratiquons avec tant de sollicitude pour nos races d'animaux domestiques.

Choisir les â(jes, — parce que les mariages précoces, de même que les mariages tardifs ne donnent que des fruits faibles et peu viables.

Choisir le lieu, — pour se livrer à l'acte de la procréation. Celte recommandation n'est pae aussi in-

(lifrérente qu'on serait disposé à le croire ; la plupart tics |)liysio!ogislcs et des éleveurs la regardent, aa contraire, comme exerçant une grande influence sur la fécondation, et par conséquent sur la constitution future des enfants. Le docteur Prosper Lucas, dans son traité ex professa sur l'hérédité, fait ressortir vivement celte circonstance. Ainsi, par exemple, les époux qui craignent de transmettre î» leurs enfants les scrofules, ta phliiisie, la débilité organique, \i constitution arclii-lyniplialique, etc., doivent quitter les lieux bas, humides, privés d'air et de lumière, pour une localité plus salubre. Il suffit quelquefois d'une simple mutation de rue, de quartier, de ville, pour soustraire les enfants à nailre "a l'iiérédilé roo^ bide. Une recommandation non moins essentielle, c'est de ne pas se livrer, immédiatement après avoir changé de localité, à l'acte de reproduction; il faut laisser à l'action pernicieuse du séjour antérieur le temps de s'épuiser. Les deux époux devront donc attendre huit à dix jours avant de se rapprocber sexuellement,

THAITEHEKT CURiTlF APPLICABLE Ml ENFAHTS.

1° Prévenir le développement du mal héréditaire, j fi'il n'est pas encore éclos. Dans ce but, il faut sobs-J traire l'enfant à toutes les conditions qui ont dégra<Ié la coiislilution des père et mère, telles que liabitalion insalubre, mauvaise alimentation, habitudes vicieuses, etc., etc.

I* Combattre par tous les moyens médicaus et liykiques le vice hérédilaire aiissilùl qu'il fait iuva- I. Oii doit baser l'énergie du Irailemcnt sur l'an- Bnclé du vice dans la famille, sur la gravité, la be, le tempérament du sujet, l'élat de ses forces; m, sur toutes les circonstances qui peuvent éclairer liagnostic. Un point essentiel que le médecin no I jamais perdre de vue, c'est de ne se souvenir de Ircdité que pour appliquer avec plus de méthode, 8 de constance et d'ensemble tous les moyens il juge les meilleurs pour obtenir un résultat iplet.

relies sont les indications générales fournies par ^rience; arrivons maintenant aux indications biales.

It^slmc. ~- nablfnden. — A«aoclatloii ma-

Eonlaie. — Parmi les moyens en usage pour DÏr et combattre l'hérédité morbide, le premier >te à placer le sujet au milieu d'un concours do jonstances tout à fait opposées h celles qui peu- I développer le germe qu'il porte et qui, en ne temps, soient propres à modifier les organes disposés. Ainsi le sujet menacé de scrofules doit lier les pays froids et humides pour aller vivre B les pays chauds et secs; il se nourrira de kdes rôties, de légumes aromatiques, usera de ■sens toniques, se livrera aux exercices du corps, i gymnastique, etc., etc.

ie second moyen, presque toujours coucoaaéd^

succès, csl l'associalion matrimoniale. Tout le inonde sait, cl rcx|icrictice le prouve, qu'on peut perfeclion ner ou dégrader les races d'animaux domestiques par^ le choix des sujcis qu'on (iiil accoupler ; il en est aU Bolument de même |>our l'homme. L'union de deux êlres débites, dont l'un est porteur d'un vice iiéréilitaire, ne peut que donner de.^ fruits chélifs et misérables. Un tempérament robuste uni à une constitution faible supplée en quelque sorte a la vigueu manquant à celle-ci, et les fruits que fournil celti union se trouvent dans des conditions satisfaisant à la première génération; à la seconde génération, si l'association matrimoniale a été faite selon les règles indiquées, la progéniture est superhe.

Ainsi l'alliance d'un tempérament lymphatique au dernier degré à un tempérament sec ou bilioso-saugnin est très-propre à modilier, à détruire le principe , scrofuleux que le premier apporte.

I<es contraires «e gaérisucut par le* coit> trairt>M. — C'est en appliquant cet axiome aux alliances matrimoniales qu'on trouvera le seul renièd« efficace a opposer aux vices et aux maladies hérédi* taires qui font de si grands ravages au sein des fimilles.

Donnez à cette jeune fille Icucorrhéique. et a cette autre fdie prédisposée à la pliihisie, des mari». sains, vigoureux, doués d'une riche organisation sao^j guinc; mariez ce jeune homme faible, délicat, me nacé de quelques aiïectiuns nerveuses, a une forte

d'un tcmpéramoni sanguin, pleine de scve et de lié : alors vous pouvez espérer l'extinclion de l'hé- Jilc morbide, et, de plus, une progéniture saine, jobusle, qui se perfectionnera de génération en génébion.

■ Après un mur examen de ce qui vient d'être dit, p aura acquis l'intime conviction que les familles aUligécs de maladies liéréditaires doivent, plus que les autres, élargir le cercle de leurs alliances, et même iller clierclier au loin, dans d'autres climats, s'il est possible, des époux à leurs tilles et des témmes à Ie4ir& lils.

tloj'cn» de combattre l'Ii<^rédll<i morbide mcdisKcmcnt aprdM 1m niiinKance. — Lors- |oe l'enfant est né, et qu'il apporte le funeste héritage que lui ont légué ses parents, il faut commencer {tar s'enquérir si c'est du père ou de la mère que provient le vice. Si c'est de la mère, on doit de suite H sans hésitation donner une bonne nourrice au noureau-né, parce que le lait de sa mère recèle des prinîipes morbides, dont l'action, quoique obscure, n'en ist pas moins récite. A l'enfant débile prédisposé au rachitisme, il faut choisir une nourrice parmi ces belles brunes, ni grasses ni maigres, mais bien ■imusclées et déployant une grande activité phylîque. Le médecin sera appelé a régler le régime le l'enfant après le sevrage, et plus tard l'éducation jtiysique.

LI)ans le cadre de l'éducation physique appli(\uce

aoi enranls alteinls de vices héréditaires, scrofuleux, rachiliques, déviés, contrefaits, etc., la gymnasiiqiie médicale lient le premier rang ; c'est un moyen donl les résultats sont prodigieux, et que les parents éclairés ne doivent jamais négliger. La gymnastique médicale et le repos sagement combinés redressent presque toujours tes vices d'organisation : d'abord en forlitiant les tissus et les organes qui ont une tendance à se débiliter, à s'atrophier; ensuite en modérant l'action et la nutrition des organes prédisposés à un excès de vitalité. Mais ces moyens, pour être cooronués d'un plein succès, doivent être dirigés par on médecin orthopédiste et gyuniasiarque, ou du moins par un physiologiste qui se soit spécialement occupé de celte branche de l'art (1).

L'un des praticiens les plus habiles, pour le redressement des difl'ormilés humaines, est aujourd'hui le docteur Jules Guérin, directeur d'un élablissemeol orthopédique près de Paris. Une commission oooh mée en 1848 par le gouvernement, dans cet établissement, a déclaré que M. le docteur Jules Guérin avait bien mérité de la science et de l'humunité. Cet

(1) Dans l'ouvrage inlitHlé Iltjgiéne et perfectionnement de la beauté humaine, ouvrage dos plus inléressanls, se trouve na chapitre enlicrcment consacré is la gymnastique, résumanl toiil ce que "on a ccril cl ce qu"on peut écrire sur cet art. La lecture de ce chapitre, remarquable par les aperçus nouveaux et la nelletê des détails, instiuira le lecteur de tout ce qui cou» cerne les exercices gjinnasliqiics dans la variiUéde leurapplicaliou el les beaux résultats qu'on peut en tirer.

{Noie de l'éditeur.)

image, rendu par un corps savant à rortho|)é-j

ste distingué, dispease de tout éloge.

Les n)aladies hérédilaires no s'annoncent pas inliffércmmcnt îi des époques indéterminées : semblable aux seraenccs des végétaux attendant, pour gerner, la saison qui leur est assignée par les lois nalu- ■elles, de même le germe morbiilc liérédilaire , ielon sa nature, allend pour se développer les âges |ui lui sont favorables. Ainsi le rachitisme se manifeste dans l'enfance, les aftéclions du cœur et de la M>itrine pendant la jeunesse; le rhumatisme, la foutte, les calculs vésicaux.les mélrites ou inllanimalions de matrice, les hémorroïdes, l'hypocondrie, 'es manies, etc., dans l'âge mûr; enfin, le squirrc,

foplexie, dans la première vieillesse. Vers l'apclie de ces âges, les individus prédisposes doit être scrupuleusement observés et soumis h m traitement prophylactique si l'imminence l'inliquait.

Parmi les affeclions constitutionnelles qui se Iransoeltcnl à la progéniture, il n'en est peut-être pas de tlus commune que l'infection vénérienne, et cela bce qu'il existe fort peu d'hommes qui, pendant Rr vie de garçon, n'aient reçu quelque htcssure |0s les combats de Cylhère ; en d'autres lermes, qui ienl contracté, avec des maîtresses oh des courles, ce mal qui s'inocule avec une si effrayanto idité.

Eo général, lorsque l'infection a lieu sous forme iMSoigoe, un léger traitement semble suffiïc, ev.VQw

ne s'occupe guère de ses suites. Les jeunes gens ne rédécbissent pas, ou pliilôl igiiorenl qae celle affreuse maladie, loin de se guérir comme les autres, s'atlaclie opiniâtrement h la constitution, et. lorS même qu'aucun symptôme extérieur n'en fait pressentir l'existence, efle couve sourdement daus ]& organes pour se développer, plus tard, avec uoe redoutable intensité. Dicn longtemps après la première infection, elle se manifeste sous forme de rliumalisme, de goutte, de douleurs vagues, osléocopes, de taches cutanées, déboulons ichoreu.x, de rliagadcs, pustules, ulcères, etc., etc., sans qu'on songea en attribuer la cause à l'infection d'autrefois. Tous ItT remèdes que l'on fait, toutes les drogues que l'oil prend, sont inutiles, parce qu'il faut détruire l|, cause au lieu d'attaquer le symptôme, et parce qui n'y a qu'une seule méthode efficace pour guérir l'iii fection.

Les enfants engendrés par des parents alteiuls de syphilis offrent toujours des signes plus ou moin obscurs, plus ou moins apparents, de ce funcsie héfl tage. Tantôt l'aclion du virus est lente, imperce|ilible, chez ces innocentes créatures; tantôt elle mardi avec une vitesse cffrayatile, et contre laquelle les el! furts de l'art échouent le plus souvent. De là, tetS multitude d'êtres chétifs, noués, contrefaits, adligé de maladies dégoûtantes, et tramant une existence qui finit par leur deveuir à tharge. — S'il est une opinion avérée, c'est, sans contredit, celle qui signale Ihéivàilé syphirnu\ue comme le mal qnî aitai|ue le

« profondément les sources de la vie, et qui dédc le plus l'organisation humaine dans sa sanlé et beaulé ; on ne saurait donc trop seliaterde le com- Ire, afin de prévenir ses alïïeux ravages. .a sypliilis fut autrefois un (Icau terrible pour l'hiinitc, et quoique aujourd'hui la médecine et l'hyne en aient considL'raljlcinont rcsircint le cercle, 6 n'est encore mallieiircusemenl que trop coramè. — Depuis près de cinq cents ans, un grand ttibre de spécifiques ont été préconises contre ce iu, et aucun n'a mérité ce titre; on a même ob- 'vé que ces prétendus spécifiques étaient pires que bal. Que d'accidents, que d'altérations organiques, feonrrait dire que d'empoisonuemenls n'a pas ocnnnés le mercure !

De savants médecins cl d'iiabiles praticiens, après >ir étudié la maladie vénérienne sous toutes ses mes et sous tous ses aspects, après avoir niùreiHI examiné et comparé les divers traitcnienls diricontre elle, é6al restés d'un accord unanime sur cacité d'un seul traitement, celui qu'un a nommé \ode dépnrative. En effet, non-seulement la mée en question expulserait de l'économie ce danus ennemi, mais elle débarrasserait encore les nés de tout agent morbitique. Nous croyons donc, ces médecins, et celte croyance est autorisée une longue expérience, que les remèdes les itlu-i ïccs îi opposer au virus sypliililique sont hnk'jm i/r*- (/« sawj. Mais tous les dépuratifs du monde 'raient incllicaces, s'ils ti 'étaient swlcutts vm uù.

régime hygiénique propre à régënérer la constilulion de l'indiviclu ; or, c'esl au médecin à ordonner et à diriger ce régime. j

Nous ajouterons qu'il serait à désirer, comme actel de prudence, de sagesse et de moralité, que tous le? individus qui ont été atteints du mal syphilitique, même sous la forme la plus légère, se missent à l'usage d'un dépurateur quelques mois avant de conlrac- 1er mariage. Ils se débarrasseraient, par ce moyen, du poison qui corrompt leur sang ; ils s'évileraieol les poignants regrets, les tristes amertumes de donner le jour à des enfants qui porteront, hélas! les hideux stigmates de l'infection de leurs parents.

Maintenant que Thérédité de santé et de maladie^ a été discutée et démontrée, nous allons passer à d'autres questions non moins importantes.

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