‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 46 sur 68 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

^H DU CËUDAT. — SE Lk CONTIRENCS ABSOLUE

^m ou COKTnE-flATDRE. — SDnEXCITATlON GÉHITALE. — EK11<

^^^B VÉHÉItlENS. — LUERTIRAGE.

■ (en

SECTION I

Céllbnt. Vcenx. de continence. — De tout' temps et chez tous les peuples, le mariage a été eolouré de respect et d'hommages; le célibat, au con-

faire, fut toujours en bulle au mépris. Et, si l'on sncontre, dans l'Iiisfoire de quelques nations, le céjal en honneur, il faut attribuer celte aberration de esprit humain au myslicisme, véritable névrose du Bfveau qui se propage de même que toutes les maladies contagieuses (1). Le mariage, c'est l'amour qui lyonne et fait naître la \ie; c'est l'expansion de Wtes les facultés affectives de l'être; le célibat, fesl l'cgoïsme, c'est la mort et le néant. Tous les lé- ^slateurs, philosophes et moralistes se sont élevés ïntre le célibat.

Saint Paphnuce ne craignait pas d'avancer au con- 5ile de Nicée que coucher avec sa femme était chas-

Élé et œuvre méritoire devant Dieu.

L'immortel J. J. Rousseau pensait que le célibat offensait la nature et faussait sa destination.

Voltaire disait que le vœu de célibat était le comble de l'hypocrisie, ft Luther jeta aux apologistes du célibat ces écrasantes paroles : « Il n'est pas en mon pouvoir de n'être point homme; il n'est pas aussi en ma puissance de vivre perpétuellement sans femme; car cela m'est aussi nécessaire que de manger, de boire et de satisfaire aux autres besoins du corps. L'homme doit rester tel que Dieu a voulu qu'il soit; user de la liberté qu'il nous a donnée pour aller contre sa volonté, c'est blasphème ou folie. »

(I) Lisez à ce sujet l'inléressant ouvrage des Mystère» du magndtisme, on se Irouvent consignées tes plus curieuses observalions sur les épidémies morales n.»; «»*. i^mnin, le moyen &ge.

El nous ajouterons: Tout élrc qui a un tube diges; lif mange cl digère forcémenl; après la digesiio comiiliMe vient la délécalion forcée. Cet être aurait' beau vouloir ne pas dél'équer, la nature le veut, et, pat force, il déféquera. De même tous les êtres qui po*sMcnt des organes génitaux sont flilalement soumis aux fondions de ces organes; et si, durant toute la |ié-^ riode d'activité génitale, on tnellait obstacle h fondions, de deux clioscs l'une : ou la nature donneJ elle-même, cours à ta fonction sexuelle, ou l'individo meurl au milieu des hideux transports d'une Uèvre génilale.

confincnco aitaoïac — La continence est, physiologiquemenl parlant, l'effort que fait l'individn pour résister a i'inslincl qui le pousse aux plaisirs ( l'amour. Entre la chasteté et la coutineuce il existe^ celle diiïércnce; la première est une. disposition naliirelleaux tempéraments tranquilles, landis quelagl■• conde fait supposer une lutte entre l'instinct et la v»> lonlé, lutte qui est toujours au ttésavanlogo delà santé. En effet, ce n'est jamais impunément qu'on che che à se dérober aux lois de l'organisation vivante. ^ Tout ce qui vit, depuis le végétal jusqu'à l'homme, estj

H fatalement soumis h la loi d'amour d'un sexe pi>ar|

H l'autre; l'homme seul, au milieu decetle innombralile

H famille des élres animés, l'honinie seul, par fanatisme,

H orgueil ou nmhiliou, voudrait se soustraire à cette loi, <

H disons plutôt, voudrait f;iirc croire qu'il peut s'y sou»

H traire. Mais les physiologistes, qui ue sont pas dap

^^c cesToenx de célibat perpétuel, engagent Icsliommes i- maries à se délier des célibiilaires ; cnr ils savent Hpia'il n'y a, en réalité, que les sujets Trappes d'imper- ■" fcclions, d'alrophie complète oii d'absence dos orpai' nés génitaux qui puissent, peiidanHoute la période ► virile, rester strictement fidèles à ces vœux; les aut. Ires suivent la pente de rinsltnct, mais en secret et ^^ans l'ombre du mystère. 0 hommes ! pourquoi se ^ftoclicr de boire lorsqu'on a soif, de manger lorsqu'on ^^ a faim, d'aimer quand on aime?

Ë Montaigne s'ccnait : « Qu'a donc fait aux hommes

l'action génitale, si naturelle et si nécessaire, pour la

^broscrireet la fuir, pour n'oser en parler sans vergoli^ne et pour l'exclure des conversations? On prononce N hardiment les mois tuer, voler, trahir, commettre un ii^ adultère, etc., et l'acte qui donne la vie h un être, on r n'ose le prononcerl.... 0 fausse chasteté I honteuse ï hypocrisie! »

I II est un âge où les voluptés de l'amour sont un besoin aussi pressant pour l'aiipareil génital que les aliments pour l'estomac, et où la continence ne peut être gardée qu'aux dépens de l'harmonie des fonc* lions. (>hez les tempéraments vigoureux, ardents, la continence perpétuelle prédispose et donne naissance

Ia lies altérations mentales, à des désordres génitaux, MU8 la hideuse forme du priapisme, du salyriasis, âe l'hysiérie, de la nymphomanie, etc. Alors ce sont Ji'8 transports délirants, des gestes obscènes : il y a folie, maisfoliedégoùlante, ordurière,et bien souvent '"oorl arrive au milieu d'cITravantes conxulsiott*.

W — im —

Consultons les travaux des plus habiles phy« siologisles et médecins sur cette matière : ils oom apprendront que non-seulement le cervelet et la moelle épinière président à l'organe véuérien, mais que le cerveau y participe, et que c'est pour cela que la continence absolue développe l'hyslérie, le priapisme, la folie erotique ou fureur génitale, etc., etc., et, bientôt après, l'aliénation mentale et — la mort.

Aristote avait observé qu'une continence trop longtemps gardée engendrait d'affreuses maladies.

Lusébie, femme de l'empereur Constance, mourat victime de sa chasteté.

Le prince Casimir, llls du roi de Pologne, éprouv; le même sort.

Jadis, un grand nombre d'hommes et de femmes,] doués d'un tempérament amoureux, qui erabrassaienti la vie monastique, par suite de déceptions ou de fanatisme, mouraient consumés par le feu géuilal. Et, de nos jours encore, combien d'individus des deuX^ sexes sont atteints, dans les couvents, de celte affection qui dévore! combien meurent victimes d'une continence impossible b leur tempérament!

Tous les médecins s'accordent à reconnaître quelt] continence réelle, chez les sujets des deux sèves, ' (iouésd'un tempérament nerveux-géailal, est un aclieminement à la folie. — Cabanis disait que les organes de la génération étaient souvent le siège de l'aliénation.— Esquirol a observé que la lubricité se reucoih trait presque toujours chez les fous sortant des couvents. — Lewet assure également que le nombre

fous et des folles erotiques, fournis parles couvents, devrait effrayer et faire réfléchir les individus Bran t de prononcer leurs vœux. Le docleiir Malhieu Stconle, dans ses Études diiiiques sur lu femme, qu'il a été souvent appelé à donner des soins a des fillci Blteinlcs de nymphomanie, 'a la suite d'exaltation re- "gieuse. Ce médecin pense, avec raison, qu'une fille chez laquelle la matrice jouit d'une grande activité, Bevienl facilement hystérique, et, si cette activité se trouve violemment comprimée, celte fille devient nytnphomane. — Hecquet rapporte que beaucoup de convulsionuaires, hommes et femmes, lui ont avoué avoir éprouvé de vives jouissances corporelles pendant leurs convulsions. Il fait, en outre, observer que, dans ces scènes scandaleuses où les individus mâles, nommés secouristes, venaient assister les convuîsionnaires femelles, on ne voyait que des hommes jeunes, ardents, et que l'eiticacilé de leurs secours dépendait ■e leur vigueur. Une convulsionnaire, ajoule-t-il, sous le prétexte de se mettre en croix, se dépouilla de ^jpus ses vêtements, et s'offrit toute nue à un eeclé- Biastique. N'est-ce point là un accès de fureur utérine ? Les nymphomanes de la Salpélrière n'en font pas davantage. Les ascétiques des deux seses avaien* tles hallucinations erotiques plus ou moins longues, ■t ces hallucinations provoquaient ordinairement la Bensation vénérienne ; aussi Bossuel appelait-il ces Bcènes des exlravayauces avioiireuses.

H C'est surtout chez la femme, douée d'une ardente imagination , que la continence et l'ascétisme çro-

Toqiienl l'esaltation cérébrale et l'orgasme génilal. Observez, dans l'antiquilc , les pythies, les sibylles, les liaccbanles, etc., n'offrenl-elies pas un désordre simultané du cerveau el du système génital? Et, à une époque plus rapproebée de nous, les IMarie Agréda, les Cadière, les Bourignon, les Marie Alacoqne, la mère Ballon, et tant d'autres pauvres folles oITraieot également, dans leur erfcrveseence ascétique, tous les symptômes d'un actiès d'byslérie, et leur amoi s'exhalait en parolus mi-picnses, mi-érotiques.

Un bien sot aïeuglemenl lit désigner, pendant pluf de six cents ans, sous le nom burlesque de minnlion, la saignée périodique à laquelle les religieux c( religieuses étaient forcés de se soumettre. Malade ou Lien portant, aucun des cloîtrés n'était à l'abri du coup de laucette; il fallait tirer du sang pour amortir l'aiguillon de la cbair. Croirait-on que ces saigncei périodiques se praliquaicnl encore, en 1788, dam les couvents des deux sexes? De plus on administrait, comme auxiliaires, des sirojis de nymjihéa d'agnus castus, de pourpier, de laitue; on faisait des lotions réfrigérantes, on ap[iliquait aux novices d lames de plomb sur la poitrine et les lombes, et oi les assujettissait h un régime débilitant. 3Iais tous ce*' moyens étaient une bien faible ressource contre l'orgasme vénérien qu'c[irouvaienl les sujets d'un tcm-4 péramenl amoureux; et ces mesures, contre nature, ne servaient qu'à troubler les Ibuclions digestive» et^ k développer le germe d'une affection erotique. ■

Les médecins qui se sont voués au traitement dttf

lies Jpffl onfl

— 2il —

s rencontrent assez fréquemment des femmes n d'intelligence et dominées par de fausses idées 'uses, clicz lesquelles la continence outrée a dépé la passion utérine. Parmi ces femmes, ordincnl de mœurs sévères, il en est qui, pendant s nympliomnniqiie, tiennent des propos lascifs livrent ii des actions dont l'obscénité jure avec liabitudcs antérieures et leur couduile irrcproe.

là, ces médecins ont conclu que, pour certaines ones a idées étroites et au moral laibie, l'édui religieuse outrée est une des causes de la maérolique. Cette vérité, conlirmée par rexpce, a donné lieu au proverbe : Le couvent et le Ssionnal sont le berceau de i'iijstérie et de la thomanie.

mplétons cette question par les sages paroles du :ur Lachaise : « Nous n'en saurions plus douter, sstruction des cloîtres et des couvents a été des bienfaits de noire régénération politique, ioire notera un jour, comme empreinte du sceau I vraie philosophie, cette grande époque qui a ces catacombes de l'Iiumanité. Le bruit des eaux a remplacé les chants lugubres et les géenicnts sacrés : sur ce sol où languissaient quelmalheureux séquestrés volontairement de la !té, cent ouvriers ont trouve du travail et de incc. La France a des couvents de moins, mais I des ateliers de plus; si la religion a perdu une lOD, une manufacture importante csl venue Wr

croître la prospérité nationale et le bien-être individuel. Lequel vaut le mieux de l'ancien ordre de choses ou du nouveau? Regrette donc qui bien faire croira, le temps passé ; souhaite qui voudra le reloiir de quelques institutions évidemment contraires m bonheur de l'homme, et que notre époque se flattiil d'avoir détruites pour toujours. »

SECTION II

Surexcitation génitale. — Excès vénérleni. — liibertiuaKe. — Il existe, dans l'un et l'auict' sexe, des (-^mitcranients caractérisés par une funeste activité génitale; nous disons funeste, parce que le* malheureux adligés de ce tempérament sont coï* tinuellement en proie aux plus violents désirs 8exa&"| et ne semblent vivre que pour assouvir leur passiez brutale.

Chaque siècle, chaque peuple, offre des traits vigueur génilale ]iUis ou moins prodigieux. Dcpui&] fameux travail d'Hercule, qui féconda, en une nu' cinquante jeunes filles, et celuide l'empereur Proclu^ qui, en quinze jours, rendit le même service à eefl vierges sarmates, l'histoire cite une foule de hérS en amour, dont les exploits, grossis par la tradi(io«J nous sont arrivés comme des fables auxquelles odB refuse de croire. Cependant, on ne saurait nier qii existe des hommes et des femmes qui vivent coi nuellement sous l'influence des organes génitaux, ifldividus de celle oalvire sa teaconirent ordiuaii

mt parmi les sujets pauvres d'intelligence et les liots.

Galien cile un esclave africain, espèce de brute tnpropre à tout service, hormis celui des femmes ; sa figueur sexuelle extraordinaire le ûl acheter fort cher E)ar une Mcssaline de l'époque.

■ Phases rapporte l' histoire d'un prince maure qui, B trois jours, donnait satisfaction 'i quarante femmes Bnt était composé son sérail.

■ Une femme s' étant jetée aux pieds d'un roi d'Ara- ^0, pour implorer son secours contre les ardeurs de son mari, le prince manda celui-ci et apprit de H bouche qu'il caressait régulièrement dix fois • femme chaque nuit. Le roi lui défendit, sous peine te la vie, de la caresser désormais plus de six ibis. KId montagnard des Pyrénées-Orientales épousa "ccessivement onze femmes dans l'intervalio de uinze ans. Ses embrasscmenls étaient si multiplies t si fougueux, que toutes ses femmes moururent al- Bintcsde désordres graves dans les parties vnlvo-utc- 'ïncs. L'autorité s'opposa à ce qu'il contractât un douzième mariage.

Les faits de cette nature et leurs analogues sont fort rares et tout "a fait exceptionnels. L'excessive iciiviié des organes génitaux, dont nous venons de parler, dépend d'une hypertrophie ou exagération nutritive et nerveuse de ces organes, qui conduit ordi- Wirenient à une lin funeste. Alors, ce n'est (dus la «culié génésique dans sa vigueur, c'est une hideuse "sladie nommée salyrutsUs.

On rencontre quelquefois des jeunes hommes n% se font une sotte gloire de leur inlrcpidilé dans lice amoureuse ; ils ont fourni huit et douie carrièi ils sont prêts îi le prouver... Ces dires sont tout sii plemcnt des fanfaronnades et rien de plus; si vantards avaient la moindre idée de la structure testicule et de la sécrclion du sperme, ils n'oseraii jias dire une semblable absurdité. — Le lecleor n'i qu'à jeter de nouveau un coup d'œil sur le cliafiiii de cet ouvrage où se trouve la description ilii le: cule et de ses fonctons : il verra que la sécréiion sperme exige un temps fort long, puisqu'il faulqK celte liqueur traverse des canaux d'une longueur (i« 250 mètres avant d'arriver aux vésicules séminal» qui sont leur réservoir : or, il est pliysiquement impossible que l'homme puisse consommer huit, ditel douze emhrassemenls dans l'espace de quelqi heures, ou alors ce sont des çmbrassements perte de liqueur séminale. L'homme le plus vig< reux, le plus favorisé génilalcment, ne saurait foi nir plus de cinq a «ix éjaculalions eu quelqi heures, et encore les dernières éjaculalions ne t qu'un fluide séreux, une sécréiion prostalique compagnce d'ardeur et de cuisson. L'individu Tépéterail ces excès Tmirait par rendre du saog lieu de sperme.

L'homme le plus enclin aux plaisirs sexuel!

trouve réduit, après quelques copulations, à une M

r'd'i m puissance momentanée- l'organe énervé nep

satisfaire ses désirs ; il est forcé d'attendre que la

ro ail réparé les perles des lluides nerveux el sëmU MaGn de pouvoir de nouveau se livrer à l'acle vé- Reii. Les individus de ce lempérament ])crdenl de >nue heure leurs facullés viriles, et voul grossir le imbre des libertins impuissants. C'est probableent a celle décadence génitale que ces vers de fDy fuut allusioa : ,

Du tronc qui nourrit sa fraicbeur La l)rauclie mie fois di-laciiéc Ne reprpiidiii plus sa vis^ueur.

£l l'on arrose en vain l.i Heur Quand lo racine est desséchée.

dez la femme, les cbosos se passent diiïérem- )t : la déperdition étant inlinimenl moindre, piiis- U'elle ne possède point de sperme, et l'acte pouvant 'effectuer sans érection, elles sont aptes à exercer le 9ït à toute heure, à tout moment. Elles peinent •sisler plus ou moins longtemps aux fatigues des oluptés sexuelles, et bcimcoup même n'éprouvent lire incommodité de leurs excès (pi'une lassiune ardeur et un gonflement des parties

histoire ancienne, surtout l'histoire romaine, nil de nombreux exemples des ardeurs vénérien-. et des fougueux transports de plusieurs femmes laule et do basse condition.

ans l'ancienne Grèce, l'bryné. Éléphantis, Mélite, Ityto, Phyiénis, et une foule d'autres courtisanes, I célèbres par leurs •téporlcmenls. Les dcbau-

chés des deux sexes s'avisèrcni d'insliluer les mys tères de CoUijlo, à l'iiislar de ceux de Cérès ; et daot ces fêles nocturnes il se passait des choses suf lesquelles l'aniiquité a jelé un voile. Le poète Eupo- Us, ayant dévoilé, dans sa comédie des Bayjtes, quelques-unes des oi^ies du culte de Cottyto, fut tué pat Âlciluade, qui avait cru se reconnaître au nombre des débauchés que signalait le (loête. — A Rome, an milieu des dissolutions de tous genres où se vautraient les grandes dames, rien ne put égaler l'in: tiable salaciléde Mcssaline, qui, sous le pseudon de Lysisca, parcourait les lieux de prostitution, défiant tous les hommes qu'elle rencontrait; de Mcssi line que l'on chassait des lupanars au point du joi excoriée, lasse des assauts qu'elle avait souteoai mais non rassasiée, lassata sed non satiata. Api les excès de celte bacchante impudique, on cite d de Cléopâlre, Faustine, Poppée, Agrippine, N( mène, Valéria, Julie, Césonie, Tarpéia, Sémirai Vestilla, Qiiartilia, qui ne se souvenait pas d'avoir vierge, et tant d'autres qui acquirent, par leurs croyables excès, une si triste célébrité 1 Plus ta Jeanne de Naples et Lucrèce Borgia renouvclèreDt les sanglantes orgies de Messaline.

Mais tirons, un épais rideau sur le tableau de fureurs utérines, et terminons par quelques obse lions modernes qui prouvent que la femme aWli d'une prédominance génitale supporte mieux que l'homme les excès vénériens.

Sous le règne de Théodose, une femme cutern

vingt- deux maris, morts à la suite des excès auxquels les forçait cette baccbanle insatiable.

Le colonel Pot... rapjiorle qu'une ijroslitiiée, rnlevée par des soldats el portée au corps de j'arde, mit sur les dents les trente lionimes qui composaient le poste, sans paraître nullement fatiguée.

Bertrand Rival cile une demoiselle de 3Iaëstricht, belle et sage, qui, pendant notre première révolution, fut forcée de subir la luxure de vingt-huit hus.sards. Elle en fut quitte pour une irritation vaginale et quelques écorchures qui se guérirent en quelques jours.

Un médecin, attaché à l'un des dispensaires de

Éaris, m'a montré une femme de quarante ans. qui, ppuis vingt-deux ans, faisait rëgtilièroment en vingtquatre-hcures dix olTrandes k l'amour.

On ne saurait contester qu'il est une immens^t quantité de femmes qui se plaignent de n'être pat ktisfaites par lem's maiis, tandis qu'on rencontre ■irt peu de ces derniers qui aient à se plaindre de Burs femmes sur ce point.

Il résulte de ces faits que la femme résiste plus longtemps que Tliomme aux combats amoureux, et e c'esl toujours sottise et imitrudcnce -a celui-ci di luloir prouver physiquement te contraire.

SECTION m

SES RATAGES Qu'eXERCG SUR L'ÉCO.NOHrG h'kttVi SU CQIf ET DB LA MASTtlRBATlOH.

L'abus des plaisirs sexuels dégrade, en pea temps, l'esprit ei le corps; il semblerait que, «leU les excès, aucun ne soit aussi doulourouseinenl (> que l'excès véndrien. D'abord l'afTaiblissemenl organes génitaux chez l'homme, la (laccidilcdum( bre, ics perles séminale^ involontaires, l'atroidiie testicules, la paralysie de la vessie, etc., etc. El, c la femnic, une surexcitation génilale, suivie de flui blanches, d'autant plus ruineuses qu'elles sont ab dantes. Bientôt survienncnl des névropathies, palpitations, des syncopes et des désordres ut< qui réagissent sur l'organisation eniière. Les di lions se font mal et la nutrition devient insufVi k rcûtrelien de la machine : tout languit. Le mal reux a la face décolorée, les yeux caves et prei éleinls; les tempes, les Joues creuses, cl les p mettes saillantes; les oreilles sont desséclices, lies ; l'ouïe, l'odorat et le goût se perdent peu ë { Le cerveau partage uécessairenient cette débililô nérale : la mémoire s'alVaiblit, l'attention devient possible, le jugement el toutes les lacullés inie luelles se dégradent, s'ciïacent, elle sujet tombe a mélancolie, riiyslérie, l'hébétude, l'idiotisme

orribte maigreur dessèche son corps qui se voûte et donl il peut à peine soutenir la charpente. Enfin la

I consomption générale termine la vie du mallieureux qui n'a pu se soustraire aux excès de la passion géui- Ule.

C'est parliculièremenl chez les sujets qui se livrent ivec acliarnemenl à la mastutbalion que les &ym|)tôaies de consomption olfrent un effrayant caractère. \l^s victimes de l'ardeur génitale sont hideuses ii voir, elles inspirent le dégoût et la pillé; et, si une violente secousse physique ou morale ne vient arrêter leur L lionteux manège, c'en est fuit de leur inutile existence : I chaque jour elles font un pas de plus vers la tombe et f s'élcigneut dans un complet marasme.

I Nous engageons instamment les victimes du liber« ^ linage de bien graver dans leur mémoire les lois de ^ la nature relatives à la reproduction des espèces

I vivantes. — Dans le règne végétal, aussitôt après la fécondation, les organes mâles se fanent, les organes femelles disparaissent pour faire place au fruit, et la fleur, qui servait de lit nuptial, se détruit (1). — Dans ^* règne animal, il existe une foule de familles, parmi •l insectes, qui meurent aussitôt après l'accoupleffleiit : le moment de l'union sexuelle est le terme de ^. icur existence. — Chez les animaux, l'acte du coït ^^cst suivi d'une perte de forces qui se traduit par une f 'orie de langueur et d'afliiissement vital : leurs couj^l^urs SQ leniissenl, leur voix s'altère, la mue com-

^^»f ') Voycx l'intéressaul ouvrage , Les parfums et Us fleuri.

mence, et leur chair, participant ë cette dégradalioD, perd une partie de ses qualités, devient moins succuleule et moins nutritive. Tous les êtres subissea donc celle loi physiologique : L'acte qui perpétue ïed pèce tue l'individu; ou, en d'autres termes : Cbaque fois que l'iudividu procrée ou consomme l'acte delà procréation, il donne une portion de sa vie pour allumer une vie nouvelle; et, s'il ne laisse pas le tcmpi à la nature de ré[>arer les pertes qu'il vient de fain la vitalité endommagée décroît en raison desnouvelia pertes qu'il a l'imprudence de faire. Bientôt il lonM dans une complète déliililé, et la vie rabandonu a son tour. — Ces vérités méritent qu'on s'y arrête

La conclusion de ce chapitre est celle-ci : La conliv nence outrée, de même que l'incontinence, l'abus i cessant des plaisirs sexuels, sont deux extrêmes égalo ment réprouvés de la nature et de la morale, la' continence perpétuelle, si elle est [lossible, devient b source d'une foule de maladies affreuses et de cruclici vésanit'S- Les exci)s vénériens sont la ruine du corps et de l'esprit. Rien ne détériore aussi |(rofondémeiil le physique et le moral que l'abus du coït. El dans les grandes villes, on rencontre tant d'étr chétifs, étiolés, traînant languissammeut les débri d'un corps usé, c'est le libertinage qu'il faut en accu ser. C'est encore au libertinage, 'a la débauche, qii'S faut attribuer ces hideuses maladies qui attaquent le.s sources de la vie, se perpétuent daus les familles, s'attachent aux générations et dégradent l'espèce.

Le jeune homme qui, coniiant dans sa vigueori

Vvuse des plaisirs vénériens, s'énerve bientôt et se ' prépare les regrets d'une vieillesse prématurée. L'im- ' puissance, la llaaque débililé et quelquefois la paralysie fie l'organe génital arrivent comme conséquence , de ces abus.

^■La jeune fille ou la Jeune femme qui, s'afTrancbisflant de la chasteté et de la pudeur nnlnrclles à son sexe, se livre à des déportenienls ou à des manœuvres solitaires, perd, en peu de temps, sa fraîcheur, sa santé, et devient un objet de mépris ou de pitié. C'est k l'éducation physique et morale, c'est aux voyages, aux distractions vives, aux fortes occupations qu'il faut avoir recours pour détourner l'aclivilé vitale, concentrée sur les organes génitaux, et lui donner , uoc autre direction.

^B Si les individus, encore sur le bord du gouffre dévorant du libertinage, prévoyaient l'affreux avenir qu'ils se préparent, s'ils parcouraient les salles d'Iiôpilaux où languissent et s'éteignent, à demi pourries, les hideuses victimes du vice et de la débauche, oh ! sans doute, ils s'arrêteraient sur le penchant de fabime en frissonnant d'horreur.

On a, en outre, observé que le libertinage anéanfissait et pervertissait les qualités morales de l'individu, qu'il dévelop|>ail la ruse, l'hypocrisie, lalùcheté, el portait k la cruauté. Tibère, Néron, Caligula, Domitien,Héliogabale,l!orgia, etc., etc., et tant d'autres monstres ii face humaine, qui se plaisaient à faire couler des flols de sang au sortir de leurs sales débauches, en soûl d'horribles exemples.

Enfin les philosoplies ont signalé, avec raison, le libcilinage comme la source impure de tous les >ice«, el son extension dans les classes populaires comme un symptôme de la dégradation des hommes et le signe précurseur de la cliute des empires.

Cil A PITRE XIX

SECTION I DE LA LEDCOËHHÉE (fLDEDRS BLUICBES) (1).

Cette triste aflcction, qui fane en quelques années la fraîcheur de tant de jeunes femmes, est trùs-com* muue dans les grandes villes. Les statistiques, a ccl égard, sont réellement déplorahles : sur 100 femmes, 80 en sont frappées à divers degrés.

Aux lecteurs étrangers ^ la ]diysiologie,nons ferons savoir que les mcmhranes muqueuses qui tapissent toutes les ouvertures, tous les conduits du corps, sécrètent, lorsqu'elles sont irritées, un mucus verdàtre,

(1) Lencorrhc'e, de deux mois precs qui signifient éeoiilfmenl blmic. Celle affcctinii est aussi dé.sii,'née par les mois : vaginite, ulerû-vaijinile, i(iiand le vagiu et h raalricc piirlii'ipenl à 1 écoulement. Les noms de mucilc gt'niUile, catarrhe vaginal, ou écoulumcnt rauijueui de la vuhe lui ool également élc donné».

liane ou jaunàlre, selon le degré el la période d'inflam- Ination. Le coryza ou rhume de cerveau, la bronchite, la gononhée. etc., sont des espèces de leucorrhée, ou écoulements blancs, fournis par les membranes muqneuses.

La leucorrhée génitale, chez la femme, provient soit de la muqueuse du vagin, soit de la muqueuse de l'ulériis el queI(|uefois de ces deux membranes ii la

Les causes des (lueurs blanches sont nombreuses, nous ne citerons (|ue les principales :

Le tempérament lymphatique à l'escès, représenté par ces organisations molles, apathiques et gorgées de sucs blancs; — les lempéranieuls nerveux trèsirritables; — l'étal chlorolique, hyslorique,ctc.;

Les climats brumeux, les localités humides, les alternatives fréquentes de chaleur el d'humidité; les habitation? privées de lumière et où l'air reste confiné;

Une alim' ntalion trop excitante ou de mauvaise jlilé; l'a' us des épiées, dos féculents, du laitage, fruits V ris, des boissons acides, alcooliques; la kc et le thé dont on fail un usage habituel; les diïstions laborieuses; cniin toul ce qui excite violemment ou débilite l'économie ;

llXes constipations opiniâtres, les lavements irritants; ^Bsage éminemment funeste des cbiiuffereltes ; l'abus H^ bains chauds; la compression du corset en- Helienl les flueurs blanches cl vicie l'haleine et la rend fétide;

Les faiigues du corps el de l'esprit, les veilles prolongées; la position assise constante; le manque d'exercice ; les irrégularités dans la menstrualioD;

Les passions tristes, les violentes émotions; les aberrations nerveuses du système génital ; les pen. sées hibri(]iies ; les titillations sexuelles ; l'hystérie, la nymphomanie ;

La suppression d'une évacuation périodique, d'un exutoire, d'une maladie chronique, d'une aiïectioo cutanée, etc., etc.

Les femmes devraient lire attentivement et bien retenir ce qui suit : Les fiueurs blanches fatigueot l'économie entière et ruinent la santé ; elles développent des gastralgies, des tiraillements d'estomac, des ga2 dans toute la longueur du tube digestif. L'appétitfl se dénature, se perd ; les digestions deviennent diflii- ^ ciles; la maigreur envahit le corps que les forces abandonnent chaque jour. Plusieurs maladies nerveuses s'abattent sur laleucorrhéique et amènent des désordres de l'iulelligence. La chlorose, les syncopes, J les palpitations, les élouffements, etc., sont trè»*f souvent la suite inévitable d'une leucorrhée abondante el chronique.

La leucorrhée s'ofTre sous deux aspects, l'un »ifft,\ l'autre chronique ; nous ne parlerons que du derfl nier. ~

Parmi les aiïreux désordres occasionnés par les Hueurs blanches liabituelles, on dislingue : la tuméfaction du col de la matrice, qui devient, parfoisA variqueux; la muqueuse vaginale, rendue mollasse

par une sécréiioa coDlinuelle, ne larde pas k s'excorier, à se délériorer. Les parties externes soni flasques, (létrics et ardoisées ; riiumcnr leucoriliéique, jaunâtre, verdâtre ou blancliàtre et d'odeur nauscal)Oiide, (lue incessammenL de la vulve. Le corps de la personne est grêle, cliétif, sans Corées ; sa peau est d'un blanc de cire, ou blafarde, inanimée; les yeux sont entourés d'une auréole bleuâtre, le dessous de la paupière inférieure est boursouflé ; tout annonce une organisation délabrée, un sang qui se décompose et se tourne en eau, comme on le dit vulgairement.

A la longue, les flueurs blanclies portent une funeste alteinle à la santé; elles causent des désordres locaux qui commencent par la simple excoriation et peuvent arriverai! cancer! te cancer, cette terrible maladie contre laquelle échouent tous les remèdes, même la cauléiisation la plus profonde.... Malliourcuses femmesl qui vivez dans l'incurie, avec ce que vous nommez vos fleurs blanches, sachez bien qne vous n'avez pas de plus cruel, de plus dangereux ennemi.

Il est des flux leucorrhéiques dont l'âcreté détermine toujours l'irritation des parties soumises à leur action. Ainsi l'homme qui a l'imprudence de coilcr avec uue feuiine alleinle de celte espèce de leucor- ^née, conti'acte, le plus souvent, une gonorrhée fnfi't douloureuse, et dont l'intensité est en rapport avec l'âcreté de l'humeur leucorrhéiqne et la durée du loïl.

Chez les peuples d'Orient et parliculièremenl chez

les Juirs, la remme tluente était séquestrée et l'acte génital avec elle déclaré abomiiuilile. Pour mieux incruster dans les cœurs la pratique de cette mesure] éuiinemmeiit hygiénique, les léffislalcurs de ces penpies en ilrent un article de religion. Aussi les Orientaux sont-ils exempts de la plupart de ces affreuses maladies qui dégradent l'esiièce liumainc.

Aux deux extrémités de t'écliellc sociale, dans nos pays, les Hueurs blanches se rencontrent et sévisseut] également sur la classe riche et sur la classe panvre.] — Vous, liellcs dames, qui vivez dans une molle oisivelc, au mihcu de toutes les fantaisies du luxe ; vous qui respirez d'enivrants parfums, qui stimulez voire estomac par des mets recherchés, pat des boissons chaudes ou glacées ; qui abusez de tous les excilants physiques et moraux ; qui dormez le jour et vivez la nuit; qui ne donnez à vos membres délicats que le triste exercice du bal et des soirées ; 6 belle» dames de salon! vous subissez la conséquence de celle vie factice, par des flueurs blanches qui vous étiolent, vous énerveniet retentissent, hélas 1 sur la constitution de vos enfanls.

Vous, malheureuses créatures, qui croupissez sur le fumier de la misère, qui n'avez que des liaillons poyr vous couvrir ; vous d(uil la nourriture est insiif- (isanle cl de mauvaise qualité ; vous qui ne recev jamais un rayon de lumière dans tes bouges que voi babiloz ; qui nagez dans l'ordure et ne respirez qu'ui air chargé de miasmes ; vous, dont les géniloires infectes peii\eal élre coraçatés. ^>iTi. é.u\i\s,ï. d' \u^ias, la

ns

gticorriide dévore incessamment votre misérable existence, ot la mort iiinissonno, à leur berceau, la plupart des enfants à qui vous donnez le Jour.

DES DIVERSES UETHODES DE TRAITEUE:<T.

Un grand nombre de trailctnents, tant internes qu'externes, ont élc mis en nsaj^e pour cornballrc les flueurs blanclics ; telle mclhude, jugée meilleure, remplaçait telle antre, et celle-ci se voyait dépossédée, ^ son tour, par une nouvelle, qu'on assurait être beau> coup plus ctlicace que l'aucienric ; et toujours ainsi, sans beaucoup de profil ponr le malade. Si l'on veat se donner la peine de regarder en arrière, on verra que la médecine tourne toujours dans le même cercle; elle est beaucoup plus éclairée qu'elle ne l'était jadis, sur le siège et la marcbe dos maladies; mais, quant au traitement, elle n'est guère plus avancée. Je demande mille pardons au docte corps d'émettre ici mon opinion : ce n'est pas le médecin qui guérit, c'est la force vitale qui tend toujours à expulser l'agent morbide. Le rôle du médecin devrait se borner simplement il favoriser l'expulsion de cet agent. ■ L'expérience a prouvé que le traitement des diverses maladies chroniques, et en partie des flueurs blanches, doit être entièrement hygiénique. L'observation de mille faits fournit aussi la preuve que les prétendues guérisons des flueurs blanches par les caustiques et autres moyens violents ne sont point réelles el gîte, chez les malheureuses fevûwves v\\v\Qw\.

été spéculisées, fouilldes, brûlées, caulérisées, la maladie reparaissait au bout de peu de temps. Un médecin, profond observateur, disait que, depuis la barbare invention du apt'ailian , les afTcclions du vagin et de la matrice avaient inulliptié d'une manière effrayante : c'est l'exacte vérité; jamais, à aucune époque de l'humanitc, on n'a vu autant de femmes attaquées de ces maladies.

Nous croyons, avec beaucoup de sages médecins, que la leucorrhée génitale exige un traitement basé sur l'âge, le tempérament, le genre de vie, les habitudes, l'état physique et moral du sujet, sur la nature et la quantité de l'écoulement, enlîn, sur la simplicité, la durée et les complicalions de la maladie. Le but du traitement est de ramener les muqueuses vaginale et utérine k leur état normal, et l'on ne saurait atteindre ce but qu'en combattant les allérations organiques et les désordres généraux qui ont perverti les fonctions; car la maladie leucorrbéique ne borne point ses ravages aux parties génitales, elle retentit sur l'économie entière.

TBIITEUENT GéNÉRAL.

Le régime alimentaire et l'exercice physique d'un très-gi'and secours. Des aliments substantiels et de digestion facile répandront une grande quantité d( sucs nutritifs dans le sang appauvri. L'exercice pby sique modéré, l'air [)ur de la campagne, réveilleront J'appélh et les forces i\\geï,\.\\e%. Le.?, baius domesli-

^nes, les frictions, les promenades, les distractions, la tranquillité morale, etc., concourent à se rendre maîtres de la maladie. 11 faudra renoncer aux bais, soirées, théâtres et autres lieux où l'air est vicié [jar les émanations de la multitude ; les plaisirs de l'amour seront interdits pour quelque temps. L'abandon du corset meurtrier et le rejet de l'abominable chaufferette sont tout à fait de rigueur. L'habitation à la campagne et la vie des champs procureront d'immeascs avantages.

^Ê trâitehekt local.

Des bains de siège aromatiques, astringents, de courte durée et répétés deux ou trois fois par jour ; — des frictions sur la partie interne des cuisses avec une brosse de (lanelle; — quelques ventouses sèches 8ur les mêmes régions ; — des injections et fumigations vaginales plusieurs fois répelées pendant la journée. Les injections se pratiquent avec une décoction astringente dans laquelle on a versé cinq à six ^gouttes de laudanum, Lorsque ces injections restent eans elTet, on emploie la préparation suivante :

JEaii de roses 500 gr.

Acide tauni(|ue 5 Teiulure d'iode 1 On peut, dans certains cas, remplacer la teinture d'iode par la même quantité de sulfate de cuivre; |uelques praticiens s'en sont parfailcmcnUtomvés. —

La femme Iciicorrliéique doit être d'une grande pro»prêté; elle se servira, pour ses ablutiuns, d'nne décoction de plantes astringentes et Ioniques. — L bains froids pendnnt la saison d'été, les bains de nier, les bains d'eaux ihcrmales ferrugineuses, sont aassi' des moyens à employer. Mais, nous le répétons, toas ces moyens resteraient infructueux s'ils n'avaient pour auxiliaires l'exercice pbysique, le bon air, une alimentation choisie» une règle |)0ur la veille et le sommeil, le renoncement aux plaisirs cncrvanlg du monde, enlin un régime et une conduite hygiénique dans toute leur rigueur.

Telles sont les indications les plus rationnelles pour combattre le flux leucorrhéifiue, et la femme qui les remplira de point en point aura la satisfaclion de trouver au bout le succès désiré.

SECTION II

DE tA coaoRnnÉE.

La gonorrhée, appelée aussi blennorrhée, chrade- i pisse, etc., est une espèce de leucorrhée ayant soafl point de départ dans le canal nrinnirc; elle est commune aux deux sexes, mais plus particulièrement à l'homme. Nous ne parlerons ici que de la gonorrhéfrj non sypbililiquc chez l'homme.

Celte douloureuse affeclion a son siège dans la.] membrane muqueuse qui tapisse l'urètre; sa canse /a pins ordinaire se Ivouxe daï\sVetovt.4\'ec une femme

Itleinte de flaeurs blanches ou dont le vagin secrète une liiimeur acre, ou encore au flux menstruel.

On rencontre des hommes dont le gland et le méal urinairc sont d'une sensibilité telle, qu'a la moindre copulation avec une femme malpropre, ils contractent un écoulement gonorrhcique ; ces hommes-lh devraij?nl avoir la précaution de se graisser le gland ^et le méat urinairc avant de s'approcher de la Comme. Les alimeiUs cpicés, l'abus du thé et des bières 'fortes occasionnent aussi de semblables écoulements. Lorsque la gonorrliée provient du contact impur d'une femme atteinte du mal vénérien, la maladie est plus grave; on la nomme bknnorrhaijie suphilitique. Les symptômes de la gonorrbée ne paraissent généralement que trois ou six jours après le contact. HOn éprouve d'abord une légère démangeaison à l'ori- ' ficc du canal, puis de la cuisson, des picotements. LJBientôl l'irrilalion gagne, envahit tout le canal; la Bcuisson devient plus intense; le besoin d'uriner se "fait sentir, et l'on souffre plus ou moins lorsqu'on satisfait ce besoia.

L'homme affecté de gonorrbée commençante qui, sans en tenir compte, se livre comme avant aux plai-

keirs de la table et de l'amour, aggrave beaucoup son mal. D'abord, l'irritation s'accroit on raison desexcè» et revél en peu de jours tous les caractères d'une violente inflammalion. — Les érections deviennent ^.fréquentes cl Iros-donlourouscs ; rémission de l'urine ^s'accompagne d'une sensation de brûlure intolérable. Quelquefois, l'irrilaliou se propage à la vessie, cl il

en résulte une inconlinence d'urine; d'aulres fois le coDlraire a lieu, on éprouve une rétention. Il peut arriver encore que la gonorrhce gagne les leslieiilcs cl les gaiij^iions du pli de l'aine, ce qui est toujours fàcheus. Enfin une gonorrhce virulente, cxaspi'rc* par une mauvaise conduite et des excès, peut déterminer les complications suivantes ;

Bubons, ou inflammalion avec tuméfaction dft ganglions lymphatiques du pli des aines ;

Chancres, ou érosion de la peau du gland et de l'orilice du canal uréiral.

IiijUimmalion de la ijlande prostate ;

ïhjsnrie ou diiïicuUé d'uriner;

Uànaiuric ou pissenient de sang;

Rt'trécissement du canal ;

Pelles séminales ;

Ophthalmie blenuoirha(jiqne, etc., etc., etc.

Ces complications, généralement funestes à l'inlégrilé des organes et à la santé j;énérale, exigent un traitement médical des plus sé\ères. C'est pourquoi les individus atteints de gononhée doivent la traiter dus le début, alors que sa guérison est facile.

Traiienicnt. — Le traitement de la gODorrhd non vénérienne est des plus simples : se mettre à tiu rt'gime rafraicliissanl et vcj,'é1al ; diète de mets exti lants et de hoissous stimulantes. Boire copiensemei des tisanes d'orge ou de chtendent nilré; prend quelques bains et s'abstenir complètement tics plai-j sirs sexuets et de tout ce qui peut réveiller le désir.

Les injections avec lesulTate de Einc seraîeni uès- IGcaces, au début de la gonorrhée, lorsque l'irritaion est concentrée dans la fosse naviculaire du gland, li on savait les pratiquer sans irriter le canal. Voici somment il faut s'y prendre : On forme, avec du Snge, un gros tampon ; ce tampon étant placé i) la racine de la verge, on s'assied dessus de manière à établir une compression sur le canal ; cette comression a pour but d'cmpècbcr l'injcciioa d'aller jusque dans la vessie qu'elle irriterait. Cela fait, ou introduit dans l'orifice du canal la canule arrondie d'une petite scringnc, remplie d'injection ou sulfate i<Je zinc, et l'on pousse graduellement le piston avec l'index de la main droite, tandis que le pouce et l'index de la main gauche tiennent le gland et s'opposent, par la pression, k la sortie de l'injection. La seringue étant retirée, on laisse le liquide agir pendant quelques minutes; puis on lui donne issue en cessant la pression. On recommence deux ou trois fois cette injection et l'on trempe ensuite la verge dans un verre d'eau tenant deux grammes de zinc en dissolution, Trois fois par jour, le matin, à midi et le soir, on renouvelle les injections, ce qui porte leur nombre b neuf. Trots jours de ce iruilenienl sufliscnl pour faire avorter une gonorrhée commençante.

Mais si la maladie est arrivée b la période iiillam» matoire, les itijcclions seraient plutôt nuisibk's qu'utiles; on devra suivre le traitenienl qu'on en)|)luio pour combattre les inflammaiions des muqueuses : bains, demi-bains, émollients; boissons délayantes!

régime diéléliqiic. lavements émollients, et ai lesérec* lions claicnl par trop douloureuses, on ajouterait aun lavements (](icl<]iies gonlies de laudanum et l'on prenJ drait une ou deux piltulcs opiacées; on ne doit reJ courir aux applications de sangsues que lorsqu'il y II irrilaliun de la proslate ou de la vessie. Les capsuicil de Laume de cnpalni seront administrées sur la- On de^ la maladie, pour supprimer l'écoulement.

Il existe une niélhode d'injcclion avec le nilralc d'argent qui. dil-on, jugule la gonorrliceen quelque! jours. Nous conseillons aux gonorrliéiques de se méfier de celte mclliode, attendu que les remèdes violents laissent toujours des traces lâcheuses sur les endroits où ils ont passé.

Hoyonii firt^acrvatin» de la sonorrli«>e. —

Plusieurs moyens ont été proposés dans lo but de pouvoir affVonler Vénus impunément, c'est-à-dire sans crainte d'être conlagionné, si la femme est douteuse. Les uns consistent à lolionner les parties de la femme soit avec de l'eau chlorurée, soit avec uo^h clccoctiiin d'écorce de grenade, ou une solution d^| tannin, soit cnlln avec 500 grammes d'eau dans la- (juelle on a fait dissoudre ô centigrammes de sublimé corrosif. Nous croyons que le meilleur préservatif, pour l'homme, est le condom, après s'être onctionné préalablement l'organe copulaleur avec un corps grai^ huile, pommade, cold-cream, etc., et d'en avoir faJ^ entrer un peu datis l'orilice de l'urètre. Il faut cucort n'accorder au coït que juste la durée de temps néotSr

saire pour la salisfaclion du désir, et avoir soin de se laverimmédialement a grande eau, pour enlever tontes les matièresqui pourraient, par leur absor|)tion, favoriser l'infection. C'est là, scion nous, le meilleur préservatif. Du reste, l'homme et la femme devraient êlre assez sages, assez loyaux pour ne point s'.approclier l'un de l'autre lorsque l'un d'eux se trouve cbns une situation suspecte.

Page 1