‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 47 sur 68 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

BE i.A:«APna«ni8iE

00 IRDIFFEnEKCE ADX PLAISIRS BE tAHOUB.

Le nom â'anaphrodisie, de frigidilé en amour, a clé donné à cet étal d'inertie des organes génitaux et d'indifférence morale où se trouve l'individu pour lout ce qui concerne l'acte repioducleur. Il ne faut pas confondre l'anaptirodisie avec l'impuissance : la [tremière est l'absence totale des désirs vénériens,' comme l'indique l'étjn'ologie du mot, tandis (pic dans l'impuissance il y a désirs vénériens, mais irapossibilité physique de les satisfaire.

On distingue Tanaptirodisic en deux esp6ccs : l'une, naturelle ou constitutionnelle; l'autre, accidentelle ou éventuelle.

L'anaphrodisic naturelle prend son origine daa«

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un tempérament lymphalique au suprême degré, daoi une constilutioD froide, molle, inerle k tout excitai sexuel. Cette forme de l'anaphrodisie est très-rare' et ne se rencontre que chez les femmes d'une (laccidilé complèle, gorgées de lymphe, empâtées degrai& dilfluente, et dont les sens obtus restent muets aui agaceries de l'amour.

La seconde forme de l'anaphrodisie, celle qui se rencontre le plus généralement, est le résultat d'une foule de causes, d'iiifluences diverses, agissant sut le phjsique ou sur le moral, ou sur ces deux systèmes à la fois. Tarmi ces causes, les plus ordinaires sont les maladies génitales, les excès vénériens ou la continence outrée, la masluibation, le clitorisme habituels; l'abus des liqueurs spiritueuses et des mets excitants, comme aussi un régime alimentaire tout k fait débilitant ; les veilles, les éludes prolongées, | les méditations profondes; les chagrins, les passions tristes et débilitantes, la crainte, la frayeur, le désespoir, etc., etc.

Les auaphrodisies de ce genre ne sont point incurables, lorsque, toutefois, le sujet est jennc encore; elles trouvent leur remède naturel dans la suppres^ sîon des causes que nous venons d'énumérer, et danff un régime approprié à la constitulion de Tanaphrodile; nous donnerons plus loin le détail du traitemei quileur convient.

Nous ferons observer ici que l'indifférence a' plaisirs de l'amour, très-rare chez l'homme jeune bien portant, est assez commune chez la femme; d'a-

bord parce qu'au nombre des pièces qui composent son ap|)areil génilal ne se trouve pas l'organe sécrétant l'humeur prolifique. La physiologie nous apprend que la résorplion de cette humeur, lorsque les vésicules séminales sont pleines, et son mélange au sang, développent chez l'homme les violents désirs de l'union sexuelle; ces désirs, ordinairement accompagnés d'un ércthisme génilal, ne se dissipent quepiir l'émission d'une certaine quaulilé de semence. — Ensuite, parce que le tempérament lymphatique étant le plus généralement dévolu à la femme, elle apporte rooiusd'ardeur, moinsdc fougue, dansl'embrassement amoureux. Un reste, cette diî^posilion n'est pas exc•lu^ive à la femme; elle se rencontre chez toutes les femelles d'anituatix vivipares; ce sont toujours les mâles qui recherchent activement el lourmenlent la femelle: celle-ci semble rester passive et ne fait que se prêter aux clans amoureux du mâle. Cet élat de choses était nécessaire à la fécondation; car les emporleiuenls de l'auiour, les transports délirants, lui sont nuisibles; les femmes ardentes, affectées de passion utérine, sont générulemcnl impropres "a la géncralion; elles restent stériles jusqu'au moment où l'art et plus souvent la nature sont parvenus à refroidir les ^deurs utérines.

■ Ainsi donc, le sexe féminin, hormis les exceptions, serait d'une nature plus tranquille et moins disposct; aux combats amoureux que le sexe masculin. — Les femmes lymphatiques avouent, de bonne loi, que sur vingt embrassemeuts vénériens, il s'en trouve ua à

peine ob elles éprouvent le spasme de la voinptc; plusieurs même ont confié k des intimes que bien souvent elles siniubicnl ce spasme dans les bras de leurs maris, pour deux mollis: le premier, afin s'attacher l'homme, qui aime à voir son plaisir lagé ; le second, pour ne pas s'entendre accuser d'iodiftcrcnce, de froideur, à chaque embrassement. Ces femmes ont raison d'en agir de la sorte: une innocente supercherie est permise lorsqu'il s'agit de faire des heureux.

Nous venons de dire que la raison physique de cette iudilTérence de la femme se traduisait par le tempérament lymphatique et par l'absence des organes du sperme; si nous recherchons maintenaut la cause morale, nous la trouverons dans l'extrême susceptibilité de son caractère et diverses circonslauccs de sa vie de relation. La femme est un être émiuenimeul délicat et capricieux ; la moindre coii- (rariélé, la plus légère indisposition sufTit pour arrêter ses amoureux élans. Toutà l'heure elle cprouvail un désir;... un nuage a passé... et ce désir s'est subitement éteint. — La femme aime It préluder aux |eux de l'amour par de douces caresses, par de tendres agaceries; elle demande à être excitée par d'harmouieuses paroles, alin que le moral, réagissant sur le physique, la dispose à s'évanouir dans une voluplaeu^H étreinte. Si l'homme se conduisait ainsi avec I^ faume, bien certainement celle-ci, à moins de frigidité complète, tressaillerait de plaisir; mais il est prévue toujours autrement: le mari est égois

ipaticDt, grossier dans son amoar ; sans consulter

dispositions bonnes ou mauvaises dans lesquelles

^eul se trouver sa femme, il veut salisfaiie ses be-

Kains ; il le veut, et il faut qu'elle s'y soumette.. . Queluefois la femme trouve un préteste pour se soustraire cel embrasscmenl brutal; mais le plus souvent elle 'y prèle passivement, afin d'être plus tôt débarrassée Ides imporlunités d'un liomme qui ne voit, dans l'acte bonjugal, que la satisfaction d'un besoin. I Les femmes anaplirodites se rencontrent parmi ces femmelettes blondes, pâles, énervées, n'ayant presque j^iat de mamelles et dépourvues de poils au pubis ; elles ont la voi-^t grêle, les yeux ternes, un regard sans chaleur, une grande noucbalance dans les mouvements, etc. Vers Tàge de trente à trente-cinq ans, ces femmes deviennent généralement très-grasses ; elles offrent une constitution molle, une carnation I blafarde et des formes empalées.

^B Nous allons passer en revue les principales causes ^de l'anaphrodisie accidentelle, afin de faire mieux comprendre au lecteur les moyens de traitement les plus rationnels.

1* lieu maladlcM du ■jatënic génital. — Certaines affections des organes génitaux rendent le coït (loulourcu)L et même impossible-, alors la crainte de la douleur éloigne les désirs et conduit peu à peu i» l'anapbrodisie. — Chez l'homme: les afrcciions dartrcuses, syphilitiques et cancéreuses du i)éiiisou des testicules : ratïaiblissement ou l'inertie de ces or»

ganes, l'altéralion et les désordres de leurs fonction répiiisemenl, quelle qu'en soit la cause, la débili^ par (les jouissances excessives, elc. — Citez la fmn l'ampleur Irop considérable du canal vulvo-ulérin, Id maladies de la vnlve, du vagin et de la ruatrice, le Uni loucorriiéir[ue ou flueurs blanches abondantes, «jm détériorent la niuqneuse "vaginale, eiïacent sa senâ| bilité, détruiseul l'éreclilité des petites lèvres du q toris, les rendent (lasques et finissent par Icsdépouir 1er de toute irritabilité. — Le seul remèile a raiia-. phrodisie entretenue par ces alfeclions est de les cou battre par un traitenieot médical ou chirurgical et d'en opérer la guérison complète.

«° lipti excès l'énérlens, IntnnHlurtonflon.le clKoriDinie — Lu débilité des organes génitaux est souvent le résultat des excès vénériens et de l'abus, plus dangereux encore, des plaisirs solitaires. En errcl, ces excès plongent les organes dans une llasque stupeur; les érections ne peuvent plus avoir lieu chez l'homme et chez la femme; les parties, usées par le frottement, ont perdu leur sensibilité et restent désormais muettes aux voluptés de l'amour.

Le traitement de l'anaphrodisie pai' excès des jouissances vénériennes, ou le libertinage, est le luénie que celui de l'impuissance par é|)uisement. (Vojeî au chapitre Imtmissance .) Un régime alimentaire esscnliellemcnl réparateur et forliliant, des t'rictious excitantes sur les lombes et à la [larlie interne des cuisses, les bains froids, les douches, la gymnastique

mastique^

^■ne privation absolue des jouissances vcnéncnncs, ^Bes stimulants moraux, tels que b société des Temnics ^M)irituelles, agaçantes, les lectures erotiques, enfin ^w musique molle, regardée, p.ir plusieurs médccius, ^Komme uu excellent aphrodisiaque, composent un ^Bnsemble de moyens propres à combattre victorieu- ^sement l'espèce d'auaphrodisie dont nous venons de

Karler.

3" La continence rigoureuse et longtemps gardée longe les organes génitaux dans un engourdissement, une atonie qui conduit à l'anaplirodisic ; quelquerois c'est le contraire, ces organes deviennent le siège d'un mouvement (luxionnaire dont le résultai amène l'orgasme véuérien. A l'époque de l'ardente jeunesse, la continence est tellement contraire aux ■lois de la nature, que les plus graves désordres dans ^la sanlé en sont la suite : preuve évidente que les excès opposés sont également nuisibles h noire économie. Ces désordres se traduisent tantôt par l'anaplirodisic et l'impuissance, tantôt par rérolomanie, riiystérie, la nymphomanie, l'épilcpsie et autres I hideuses vésanies. Nous avons déjà énuméré, dans un des précédents chapilies, les funeslos eiïuts de la continence; il ne nous reste plus qu'à répéter, avec tous les médecins physiologistes, cette vérité : Si la privation absolue des jouissances vénériennes produit Bcessairemenl de graves désordres, aussi bien que de CCS jouissances, il est de lu sagesse et de la l^isou de se tenir éloigné de ces deux t\Ufeïû$a. —

Traitement. — L'anaphroJtsie par continence abso* lue trouve ordinairement un remède elTûcace dans la satisfaction o]>|iorUine et modérée des désirs véué riens, lorsque toulefois l'âge et la constilution du sujet ne s'opposent point à la guérison.

4° L'abus des liqueurs spiritucuses, de tnéme qne l'abus des mets échaulTunls, sont une cause d'aDi> phrodisie : les liqueurs fortes, en surexcitant les liouppes nerveuses de l'eslomac, développenl niomenlanémcui, puis élciguenl la sensibilité de cet op gane, qui réagit sjnipalliiquement sur les organM génitaux. Il est un proverbe qui signale les amis de Bacclius comme très-peu capables de porter leur» offrandes aux autels de Vénus, et les buveurs d'eau comme de vigoureux cbampions dans les luttes amoureuses. Eu effet, l'homme qui concentre sa vie dans les aliments et les buissons, qui n'a d'autre dieu que son ventre, peni peu h peu ses forces génitales, et arrive h l'anapbrodisie. — Le défaut d'une nourriture suffisante, ainsi qu'un régime alimentaire débilitant, conduisent également 'a l'anaplirodisie. i

Le meilleur moyen de combattre la faiblesse géaiH taie est, pour le ]iremier cas, la tempérance dausie boire et le manger; pour le second cas, une alimeO' lation excitante, Ionique et plus copieuse.

5* Les excès dans les travaux d'esprit, les médit tiens profondes, les veilles prolongées, les spécula*] thns ojiiniàlvcs de \a \)«itt'!Aift,'i'îv<^«<^ceniram toute»]

tl.

les forces vitales au cerveau, en privent les'orgnnes do. lagéncration, qui languissent et pertlcnl pou h peu leur aptitude h fonctionner. Aussi voit-on, généraleïïient, les hommes d'étude, les savants, être frappés d'anaphrodisie, cl les idiots montrer une vigueur génitale extraordinaire.

Le remède naturel de cette espèce d'anaphrodisie se trouve dans la cessation de tout travail, dans les distractions et les voyages. Le séjour îi la campagne cl les pratiques du jardinage ont produit un excellent effet chez un homme de lettres de nos amis.

Les chagrins, les passions tristes, débilitantes, comme la haine, la jalousie, la crainte, la frayeur, le désespoir, etc., sont autant de causes d'anaphrodisie plus ou moins complète, selon l'âge et la constitution des individus. Dans les cas de frigidité par contention d'esprit et affection morale, il faut d'ahord détruire la prépondérance de la vie intellectuelle sur la vie animale, chasser les chagrins, éteindre les passions débilitantes, et porter ensuite la stimulation sur les organes génitaux.

La crainte et la honte de rester en affront devant une femme lascive est une des causes les plus fréquentes d'anaphrodisie ou plulôL de syncope génitale, surtout chez les hommes de la seconde jeunesse.

La malpropreté de certaines femmes, le dégoût et la répugnance qu'elles inspirent, ahattent subitement l'érection. Beaucoup d'hommes, qui s'étaient montrés ressauts b l'attaque, se voient forcés de rétrograder;

aïs cette syncope génitale n'est que momentanée et

devrait faire rougir de honle la lèmme qui Ta proTO-

quce.

6° Il existe, chez les jeunes gens, une espèce d'an-

aplirodisie accidciilclle, occasionnée par l'excès d un amour sentimenlal, alors que rimaginalion poétise l'objet adoré. On aime avec passion ; le cœur palpiie violenuneut, le corps tressaille, la tète brûle et fiélire, mais l'organe reste muet... Dans un pareil ioslanl, c'est en vain que l'homme s'efforcerait de donner une preuve physique de son amour. T ya effervescence au cerveau, où tout le fou de la vie s'est concentré; mais l'orgaoe viril est comme frappe de stupeur,

0 faul savoir, près de celle qu'on aime, Donner tin frein san transports du désir, La folle ardeur abrège te plaisir, El li'op d'amour peut nuire à l'amour même.

k de

Les hommes de science et de lettres qui se livrent à un travail intellectuel excessif, peuvent être frappes de syncope génitale ou d'anaphro<)isie accidcnlel'e, par la raison que, la contention d'esprit, la préoccupation profonde, faisant du cerveau !e centre de l'aclion vitale, les organes génifiiux se trouvent prives de la vitalité nécessaire à leurs fondions.

Le lecteur tompreudra facilement que, dans les diverses luiajdirodisios que nous venons de décrire, l'imlication curalive la plus naturelle est d'éloigner, de détruire, s'il se peut, la cause de l'alTectioD, et

rimprinier ensuite un genre de vie ou de conduite jnlièrement opposé à celui qui avait débilité les organes génitaux; c'est-à-dire que le trailemenl doit igir à la fois sur le moral et sur le iihysique. L'anaphroiiisie par excès des plaisirs vénériens et

ftar débilite génitale étant la plus commune, cliez es hommes surtout, nous terminerons co chapitre par l'exposition d'un traitement qui offre toutes les chances de réussite. — La première condition est de eoadaœner au repos l'orgatie fatigué et de le sevrer complètement de tout contact amoureux; de l'immerger plusieurs fois par jour dans une eau froide, rendue Ionique par l'addition de quelques cuillerées de teinture aromatique, ou Lien dans une légère décoction refroidie de farine de inoiilarde ; ce dernier moyen aétépréconisc |iar plusieurs médecins comme excellent pour tirer la ]»artie virile de sa flaccidité. — La seconde condition se trouve dans un régime alinieniaire essenlitlleun'nt tonique et réparateur, fcs viandes rôties pénétrées de tous leurs sucs; les mets truffés, le gibier, le poisson et les o^ufs frais, les

iustacés, le chocolat ii la crème, elc, et, pour hoisb, quelques petits verres d'un vin généreux, réparent peu a peu et fortifieront les constitutions Ibiliiées. Un médecin ([ui s'est occupé spécialement du traitement de ranajdirodisie conseille, pour dé- [eaner, l'omelette suivante :

(Euh frnis 4

MocUe de liœuf. 30 gr.

Battez longtemps et ajoutez :

f»Ui>* cu'iTfi jiiM|D'a consistance d'ooielcde, A II] il (lu iir'j<:ii(i(;r, buvez un petit verre de vio apbro(li<j »hi\Hn. (Voyez au formulaire.)

I/iilirn(;i)t connu sous l« nom de racàhout des Ar heu eut un excellent analepli(|ue dont on peut ausâl ftilru UKOKO! on voici la Tunnule :

Cocoo 60 gr.

l'èciiUv (lo |iominps de torro 150

Mvn 50

Vmiillfl 8

8um« 225

Mi^oi (>x«rteincnl toutes ces sul>stances.

1.0!» piiui'ipunx moYons auviliaircs de ce négne lt)t»iOHt»in' loiiilianl sont : lo séjour à la campcac Hi |>i»inoii«do , rexcrriro des armes, de la 4« h oh»»«o, (te la d»ase ; ks loîas froids. fN |\»r(ioU, Uns doudics reçoes avec ■fa^geMm, ks 9im\t^^i>i>* *r\>nu(M|»<« sar l«s «cgMes fàHOo; k« liwlKy«$ s«r les mms «t b fmik. màtaat 4b MI^Mi; It «M««i«ft «pièB le kwi: les

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ne cède. enpeadeicsBps, àtMseesiBojcttSMnîinés. et que l'homme ne retrouve poîol soa apiitwla sa vigueur géoiules.

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