‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 51 sur 68 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

St;CTION I

M QOELQCES AFrECTIO.^S EROTIQUES COMMODES ADX DEFI SEIEI CO?iSlliÉnÉE.S COHNE CAUSE DE STÉftU.ITÉ.

Nous passerons en revue cinq des principales affco lions qui meiieni en jeu le sysvème %éft\V».V.'.

Vérolomauie — Yhysterie — le pviapisme —]i \ satijriasis — el la nijmiihomanie, ou fureur ulcrioc. I Ces deux deruiëres aiïeclions oui aussi reçu le nutn de vestroinunie. .

On pcul établir ainsi la diiïércncc qui esisteeiilre] cesaiïections : — l'érolomanie, ou délire erotique, il son siège exclusivement dans laléle; les quatre autres afTections ont leur siège dans le système génital et le cervelet. 1/liystérique. la nyiiipliomaneel le satyriaqne sont victimes d'un désordre qui se traduit par Texcessive irritabilité el riiy|ierlropliie des organesgénilaus; les érolomanes sont le jouet de leur imaginalioncnl délire. En(i», rérolomaue est cliasle dans la manifestation de sa passion, tandis que I œstromane se livre il des propos et h. des actions qui alarment la pudeur.

ii'êrotomanic, OU délire erotique, attaque indilréremmenl les deux sexes. L'érotoniane se passionne pour un objet réel ou idéal ; il ne rêve qu'ainoor, bonheur, douces voluplcs, el, plein du feu qui l'embrase, il offre incessamment a cei objet ses ardentes adorations.

Si's yeux sont lanlôl vifs, animés, tantôt langoureux ou pleins de irislcsse, selon l'espoir ou l'inquiétude qui rni,'ilc. lîienlôl le délire éroliipic fait desprogrè le mniade tombe en de lu'olondes extases, penda lesquelles il parle, gesticule et poursuit les rêves l plus bizarres L'idée lixe l'opprime de idusen plus; il néglijJte, abandonuc parents et amis pour n cupcr que de son amour; enlièremeut absorbé passion, il ne prêle v\v\s ïkWtuwft isxvtwVvvjw ^>\

de

li rentonre, méprise loul, s'isole de toute! se montre jpahlc (les choses les plus extraordinaires. L'érololane est chaste daus la manireslalion de sa passion ; )ule racli\ite vitale est concenlrce au cerveau ; assez ircinent elle se communique aux parties génitales, trait suivant nous eu fournil un exemple :

Un jeune homme de vingt-trois h vingt-quatre ans, ilacé chez un négociant comme commis, s epril loul à

up de la lemme de son patron; mais il se serait cru inlàmo s'il cùl trompé la confiance île celui qui le railait comme son propre (ils, cl celle délicatesse de sentiments lui fil refouler son ammir dans les abîmes lie son cœur. Cependant la [lassion fiiisail toujours de 'rapides progrès, le dévorait nuit et jour, et le menaçait d'un dérangement de l'intelligence. La lecture de Phèdre lui tourna entièremcnlla tète ; ce pauvre garçon, dont la mémoire élait encore hérisgée de ses auteurs clnsbiqucs, s'imagina èlrc llippolyte; il vit l'iièdre lans la jeune épouse de son patron et lit un Thésée du bon négocianl. Plus amoureux qu'Ili[)]iolj'teclnon moins vertueux, il se jolie un jour aux pieds du [uétcoilu Thésée, et, dans une aposlroplie honu'ri()ue, lui dévoile ainsi son secret; — « Illustre Thésée, j'en jure par le Siyx.le crime n'est pas encore consommé; la cliasteléd'ilippoljle est la preuve aulhenliquc de la pureté de Phèdre; mais, si j'ai |)u jusqu'ici résister aux prières et aux larmes do la femme, je ne me »cns plus la force de continuer celte lutte acharnée entre l'aoïour cl le devoir, el je succomberai irès-çvob',vl\l«r

menl, si lu ne m'éioignes de sa présence. » Il n'cal pas besoin dédire quel fui l'élonneinent du négociaoll Tliéséo, qui s'empressa d'éloigner sirr-Ie-champ l'èro-l tomane du loil conjugal, où il aurait, sans nul doute,! occasioimé quelque désordre. I

Lorsque l'érotomanie ne cède point aux plaisireddl mariai^e, on doit recourir aux bains lièdes prolongés,! aux boissons délayanles e( nilrées, au régime végt'talj aux laxatifs, etc.; les distractions, les voyages. lestraJ vaux physiques, la chasse, Téquilation, la gymnastique, elc, et tous les exercices qui, mettant en jeo les forces physiques, sont propres ii distraire l'esprit de sa préoccupation constante. Un excellent moyen, c'est de faire naître une passion exempte de tout danger; par exemple, la passion de la musique, de b peinture, de la photographie, etc. Du mometil que l'esprit se fixe sur un autre point, rérotomane est guéri.

t.* iiywtéric, nommée aussi maladie vaporeuse — vapeurs — aUaques de nerfs, est due à rexcilalion, à la souffrance et peut-être aux besoins de l'utérus ou matrice. Cette excitation se projiage rapidement aux nerfs cé[ilialo-ratl)idions; ce qui a fait croire à quelques médecins que l'Iiystérie partait du cerveau; mais ce sont des cas tout à fait exceptionnels; son véritable siège est dans la matrice, et de la matrice l'excitalioii s'irradie an cerveau.

L'invasion de l'Iiystéric n'a lieu qu'après l'âge de puberté et disparaU ov(ivnauftmftvAîi.V'V!gi de retour;

qui élablil d'une manière positive riiilluctice de la alrice sur celle maladie.

Les aulopsies cadavcriqdcs de femmes allointes hystérie ont toujours accusé des désordres dans le f'Stèmc génital.

L'Iiyslérie aiïecle mille formes, depuis la plus lé- [ère attaque de nerfs jusqu'aux terribles accès éfiiteptirines. La plupart de ces agacements nerveux, de tristesses, de ces al);illeuienls sans motifs iiu'couvent les femmes délicates, louchent h riiyslérie. s palpitations, ces bouffées de chaleur, ces prurits 'ulvaires, ces borborygmes, ces sourds malaises, ces upirs sans cause, sont autant du nuances d'hystée; car celte maladie n'est malbeureusemenl que op fréquente parmi les femmes des grandes villes, i vivent dans un milieu où l'imagination et les sens trouvent d.ins une excitation perpétuelle. Les nombreuses causes de l'hystérie se rencontrent lans le tempérament même de la femme, et dans tous les agents intérieurs ou extérieurs propres à iigmenter la vitalitùde l'utérus. Ainsi, les excès vénéietJS ou les désirs comprimés; l'exaltation cérébrale, souvent renouvelée, soit par la lecture, soit par la vue de choses erotiques; r.miour non Satisfait, l'état de élibat quand on désire le mariage; l'abus des bains auds, des chaufferettes ; la position assise trop longtemps gardée, la compression du corset ; l'irréguladcs règles, etc.. etc. ; mais surtout l'abus des ctiauts nerveux, parmi le«piels se placent en preière ligne : les vives impressions morales, le (au*-

lisroe, les folles terreurs de la siipersiiiion, la cou- I tcmplalion ascétique produisant des hallucinaliom, I des extases, la catalepsie, l'anesltiésie, elc., etc. (I), ■

D'après les plus grands incdicius observateurs, Il I vie ascétique, l'éilucalion religieuse au delà des litni-J tes raisonnables, la privation du mariai^e. sont Ictl causes les plus ordinaires de l'iiysléric. Observez bien" le moral de ces CeuiiHes vaporeuses, \ous découvrirez une surahondancc de la faculté imaginative et unu dégradation du jugement ; ce sont, en général, drtl êtres éinincmmcnl nerveux dont la crédulité a clé] |iréparéc dès l'eiitance.

Diderot, qui t'uhninait contre la pauvre éduraliou donnée aux jeunes lilles, disait : « La femme porlM au dedans d'elle-même un organe suscitant dans soH imat^inatiim des faulùmcs de toute espèce et desspaJ mes terribles, La femme hystérique, dans sa jeunesse, devirul dévole dans sa vieillesse. »

Les ouvrages de médecine fourmillent de faits qui sont autant de preuves de ce que nous avançons Tons les liyslérograplies s'accordent a dire que l'aci cè.« d hystérie, chez les reiijçieuses, les femmes dévo les el les filles célibataires, s'accompagne, le plus souvent, d'iiallncinations, d'extases erotiques, ctceUi^ parce que l'utérus ré;igil puissamment sur le cerveau^ la main d'un homme est serrée, avec transport, pai

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(!) Lisczà ccsujei le trcs-ciirieiii ouvrasse :îfj/s«^i'es du. M»meil et (lu uuiijm'thitie . ou se Iroiivcnl niineiics il leurvaleo' p)jysiuk);;i.|iie Ions les jirodiges pas.sr's el rtiliprs, sans inémej MCCjiJer les esprils tiapçRVirs ev vfeàïtVtw».

|iiy$téri(]iio, laudis que lit main d'une fomnic est k eiiie pressée.

li'accès liyslériqiiese loniiiiie oiilinaiiemotit par des

àillenicnls, des pandiciilaiions et aiilro.s signes de

pntc nerveuse: mais le signe le plus constant esl

sécrétion plus ou moins alimidaotc du mucus va-

inal el des glandes vulvo-uteriiics.

La majeure partie des ri-uimes lijsléri(pies, en srtii de la pudeur qui leur est iialurelle, ont la l'alé de dissimuler, pendant r;i(Tès même, leurs senïlions génitales. Néanmoins, les diverses conlidenccs j'elles l'onl b leurs auiies intimes, el queliiiiel'oish Burs médecins, prouvent assez le rôle important que >uc le système génital dans l'iiystérie.

Traiioiu«nt. —Loin d'cmpiéler ici suf le domaine le la médecine, nous pensons que le liailemcut de pelle alluction appartient exclusivement à l'Iiy^fiène, M que rem[)loi des agents pharmaceutiques ne serl pas à grand'cliose. — Lors(|uo l'iiyslérie a sa source, dans une |)assioM contrariée, niMllicnivnse ou imposable Il satisfaire, on ne doit e.«|iért'r sa guérison que par les distractions, les voyages, l'exercice physique M tous les moyens qui peuvent amener un ouldi com- Jlel de la cause. — Lorsque l'iiyslérieesl eulreleiiue par le libertinage d'une imagination déréglée, par les )lles frayeurs que développent les idées supcrstilieues, par une vie conteniplalivc, etc., le Iraiicmcnt doit être CîiiiLTemeiit moral; c'est la médecine de l'esprit qu'il faut mettre en jeu. — L'liy.îléric, et

c'est la plus commune, qui a sa source dansl'a|»[i{'[ tence sexuelle, dans les désirs vénériens, se gaàk] presque toujours par le mariage; surlout si leiia-|jj,| riage est au gré de la femme hystérique.

i^e priariMinv est une érection violente dp» nianenlo du membre viril, le plus souvent sansten vénériens. L'individu aiïeclé de priapisme, lui d'éprouver du plaisir dans le coïl, n'en retire que fal gucs el douleur, el, quul([uerois, de graves liénioi gies s'ensuivent. Lorsque le priapisme n'est pas syinplônie d'mie maladie du cervelet, il est dii, î à une iriiialion directe de la partie, soit 'a despolii incendiaires, mimmêes aplu'odisiaqucs ; sous 11 inlUience, le memhre phlogosé lurj^it el conserve l térerlion douloureuse. Les insensés qui. pour sa faire leur lu.\ure, ne craignent pas de boire des lions phosphorées on canlbaridées, en sonl ordi renient victime?.; car le priapisme causé par canlharides ou le phosphore est presque loujfl mortel.

E.e «atyrinniii, cette hideuse aiïection, hcurei ment fort rare, est caractérisé [lar une lut^escena continuelle des parties génilales et par une lasciWl< dégoûtanle qui demande à être incessamment salis faite. On croit que cette maludie a son siège dans li cervelet, el que de h elle s'irradie au système génital. Une fois ce système envahi, l'individu devient méconnaissable; son imagination ne se nourrit

les lascives, son sommeil est plein de rêves croli- , et rréqneinmeiil in[ei'rom|)n par des polliilions. 'éveil, le corps se trouve épuisé, mais les désirs eiilenl d'intensité; la face est rouge, la bouche aute. l'œil étincelant. Kii [iroie aux ardeurs de hair, obsédé par une insatiable salacilé, le salyiie se livre à des propos orduriers, à des actes sùlants, et clierclie, n'importe par quels moyens, souvir sa passion brutale.

>u nombre des causes du satyriasis, on indique le pérament Ijilioso-saitguin, la puberté, une trop ne absliiiencc, les lectures et couversalions éroes, ta vue de choses lascives; certaines allecs de la peau, la gale, les dartres, surtout la lèpre-, i observé que les darlreux et lépreux éprouvaîeut prurit dont la violence provoquait de fréquentes rêctions, et [larfois l'émission spermatique. Les afictions calculeuses, les substances aphrodisiaques, l endii tout ce qui peut exalter la vitalité des organes énilaiix, deviennent une cause de salyriasis pour les ersonnes qui y élaient prédisposées. Une observaon extraite du Dklionmiire de médenne donnera une lée de la délirante salacité des satyriaques :

Un pauvre homme d'Orgon, en Provence, atteint u plus finieux satyriasis qu'on [xiisse voir, nous pria e venir le visiter, dit le docteur Cabrol ; déj'a, par le onseil d'une vieille femme, il avait pris une potion ûle avec des semences d'ortie, des ciboules et deux fticliines de caniharides; lorsque nous le \va\e6.,

celle jiolion l'avait rendu si furieux à l'acte voiiérieii, que sa leiiinic exiénuéc nous jura, sur son Dieu, qu'il l'avait clievauclice quaire-vingt-dix-sept fois en deui nnils; outre cela, le pauvre iioinme spermalisa trois fois en noire présence. Ce spectacle nous attrista, ei, malgré les remèdes que nous nous liùlàmcii de lui prescrire pour abattre colle frénétique ardeur, le mal' heureux trépassa après notre visite. »

li» nymphomanie, ou fureur utérine, est ï\i femme ce que le salyriasis est à l'homme; seulement, la femme vivant plus que l'homme sous la dépendance de son système géiiilal, la nymphomanie s'observe plus fiéquemmoiu (jue le salyriasis.

On altribuail autrefois !a fureur utérine à une exiltalion localisée au syslème nerveux du canal vuUoulérin cl cliloridien; mais il esl aujourd'hui généralement reconnu que celle hideuse affection dépend à la fois, et de l'activilé extrême du cervelet et de TcmItalion vitale des organes génilaux.

Les causes prédisposantes de la nymphomanie sont le cclibal forcé, l'aspirulion aux jouissances véaé- Tiennes sans pouvoir les satisfaire, les souvenirs volupliieux toujours présenls à la pensée; l'usage des stimula iils génitaux; les dartres au voisinage et daos l'intérieur de la vulve, au pourtour de l'anus, l'excessive longueur du clitoris, etc.. Les symptômes sodI la trisleste, l'isolement, la turgescence et le prurit des orgiincs génitaux, elc. La nymphomane s'efforc* d'if bord de résister a\\>, bï\iiVMA% Aé.%\ïs <\ui l'assio-

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