‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 65 sur 68 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

FIME ALIXE!(TAIRE ET COSDl'ITE UTCIÉSIQUC DE LA VtOt QUI HE PEOT ALLAITER SOS ESTAIT.

SECTION I

Le régime des accoachées qui ne peaveot nourrir leurs enran(5,cst la partie la plus importante des soins qu'elles réclament; il faut non-seulemeot coml>aitre leur désir de manger, mais aussi le funeste préjugé qui fait qu'on les gorge d'aliments pour ré|ian?r leurs forces, car il arrive presque toujours que celte intempérance est la cause de plusieurs accidents, dont quelques-uns, comme la péritonite, peuvent devenir mortels. — Le régime alimentaire des nouvelles accouchées doit être doux et modéré; les bonilluns de Tolaiiile, les crèmes de rie, de gruau, les panades et soupes Itères composeront lear noarritare pendant les premiers jours: ensuite elles paneront aux riaudes blanches de poulet, de veau, d'agneau, puis enfin k la côtelette, et Gniront par reprendre leur nourriture habituelle. En général, on doit proportionner le r^ime h l'âge, an tempérament et aux forces digestives de l'accouchée. Ainsi, une femme robuste ne doit pas être réduite ^ la tisane et aux bouillons, lies pcrseanes (dibles doivent ausbi se garder d'un régime débiUtanl, qui ne ferait qu'augmenter kur (aibleue. U utMi ^

ralt naturel, au moment où la femme éprouve de grandes pertes par le? lochies et les sueurs, de la soutenir par des aliments n-parateurs lorsque son est»- I mac les digère bien; mais il faut les diminuer et raénw j les lui retrancher dès que ses digestions deviennent 1 luborieuses. Poiiriiiioi les paysannes c'cliappenl-elifsl si promplement aux suites des couches, tandis quel les dames des villes ont des relevailles si tardives!^ C'esV parce que les premières ne se dorlotent pas dans l'édredon et la soie pendant des semaines entières; c'est qu'elles reiircitncnl leurs travaux et vont j respirer le grand air, aussitôt qu'elles en ont la force,] tandis que la petile-maitresse reste enfermée dans une' alcôve obscure, au milieu d'un air chargé de miasmes, d'odeurs malsaines, el craint de fatiguer trop tôt ses membres délicats, de donner h son poumon un air trop vif... 0 femmes des villes! femmes qui vivci dans le luxe et l'abondance, sachez que le repos prolongé dans un lit de duvet, que les soins exagéré qu'on prend de votre santé, à la suite des couches,^ sont, en partie, la cause des incommodités qui vou» assaillent. L'accouchement n'est point une maladie,! c'est un travail naturel dont les fatigues doivent dis-J paraître en quelques semaines.

SECTION II

RÉGIME ALIMENTAIHE ET COnODlTE DE LA MÈRE QUI AU-AlTt {

SOH ENFilNT.

La femme qui t\otttù\. àiÀV 'sft\\\<t.t %«\%w«tts,<OT\»jvt.l

sa santé, parce tfK h ■aadre indisposhioa retentit sar la qoaoïiié et la qualité de son lait. Elle évitera les vicissitades alnttiphériqtB, le pnsa^ d'an air froid à on air trop diaad et rke versa. Dans la saison d'iiiver. elle doit bien se coamr et protéger ses seins contre le froid extérieor. En été. son véteiuent sera plus léger, mais elle éditera les matinées et les soirées

Éont la fraichenr pourrait loi être oaisible. \ L'observation et l'eipérience prouvent, chaque jour, que la bonne ou mauvaise qualité du lait dépend du régime alimentaire que suit la femme, et que le nourrisson est toujours victime des erreurs ou des excès que commet sa nourrice. Le lait, sortant du sein, oflre à l'analyse des propriétés analcçues à la nature des substances dont la femme a fait usage. Si la nourrice mange ou boit des substances purgatives, l'enfant est purgé; si elle boit de l'absiothe ou toute autre substance amère, son lait contient un principe amer. Ces faits irrécusables montrent la liaison intime qui existe entre les aliments et la sécrétion du lait; combien on doit être scrupuleux sur l'alimentation et l'adminislralion des médicaments!

La nourrice doit rejeter les aliments acres, salés, astringents, de haut goût, ainsi que les boissuns fortes et les liqueurs spiritueuscs. Le pain bien cuit, les viandes rôties, succulentes; les crèmes faites avec du lait, des jaunes d'œuf, de la farine d'orge et dn sucre; des poissons et des légumes frais; les fruits bien mfirs de la saison, etc . .sont les aliments les plus favorables. La uourrice évitera de douuuc le scva

k l'enfant immédiatement après avoir mangé ou s'être livrée k un exercice fatigant.

Pour conserver la quantité et la bonne qualiti nm lait, la femme doit éviter les émotions vives, let accès de passion violente, telles que haine, eolèi jalousie, frayeur, etc. On a vu souvent le lait d'une nourrice être supprimé ou dénaturé par une subite frayeur ou un transport de colère. L'oisiveté, le trop long repos, de même que la fatigue, sont également fuir. Les femmes du monde feront bien de ne pas fréquenter les soirées, les bals, les théâtres d autres lieux de réunion malsains, où la chaleur est lourde, l'air épais et vicié par une foule de personnes Le sommeil est tout h fuit nécessaire h la mère qui allaite; ordinairement fatiguée par les soins prodigués a son nourrisson, elle doit se coucher de bonne heure, pour réparer les perles faites pendant b journée.

Une mère nourrice doit veiller k la propreté de son corps et de son linge qui demande a être fr quemmcnt renouvelé. Ses fonctions exonératri doivent se faire librement; la constipation ou la diai rhée sont contraires à son lail. Elle restera sevri des plaisirs sexuels pt^odaut la lactation ; l'excitalioff produite par ces plaisirs peut amener les règles, cl, (le ce moment, la femme ne saurait continuer son rà\ de nourrice; car son lait perd chaque jour en qu tilé et en qualité. Si la femme est très vigoureu: si l'apparition des règles n'iallue point sur la boni Cl /'abandaiice à\x Wa, eWe ç^wv çft^vvAvxw l'albiie-

de

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cnt ; dans le cas contraire, il faut donner rcnfant k une autre nourrice ou le sevrer s'il est assez fort.

Lorsqu'il y a sécrtîlion de lait exiiburantc, ou que seins sont tendus et gonflés par ce liquide, on doit

obvier tout simplement par un régime alimentaire ipproprié à cet état ; tel, par exemple, qu'une nourri-

re végétale composée de chicorée, d'épinards et lUtres légumes herbacés ; des fruits cuits, des coufi-

res, etc., ci pour boisson une décoction decbicnlent légèrement nitrée. Quelques jours de ce régime uffîsent pour modérer la sécrétion lactée. Le conseil u'on donne de faire teter la femme par un jeune iliien ou de pratiquer des succions artificielles pour enlever le surcroit de lail est d'autant plus mauvais qu'il produit l'effet contraire h celui qu'on attend.

n eflet, plus un organe est stimulé, plus il sécrète; plus un sein esl soumis à la succion, et plus il fournit de lait. Ce moyen esl donc k rejeter. Les topiques astringents appliqués sur les seins doivent 6lre proscrits comme Irès-daiigereux.

Les soins a donner au mamelon de la nourrice peuvent se résumer da us les suivants : — Les femmes dont le mamelon ne ressort point ou n'est pas assez développé, remédieront à celle im|)crfeclion au moyen 4c suçoirs de verre, de ventouses à pompes ou |iar la succion de jeunes chiens. — Les mamelons trop sensibles seront recouverts d'un étui de cire molle. — On les lavera avec un mélange i!e vin et d'eau ferrugineuse, lorsqu'ils soûl llasques cl manquent d'éreclililé. — Enlin, on emploiera l'huile d'amandes

douces en onction, le cérat, le beurre frais, lors- H qu'ils auront éié excoriés, crevassés par la succion H de l'enrant ; il est bon aussi de les recouvrir d'un p^H lit capuchon de baudruche huilée pour les garaulir^| du contact de l'air. ^M

Lorsqu'une nourrice voit diminuer son lait, ell ^M doitconsuller le niodecin pour qu'il en recherche la H cause et puisse la combattre. Si la diminution du lut H a lieu sans aucun (rouble dans la santé, c'est encore H au régime alimentaire qu'il faut avoir recours: une H nourriture substantielle, des consommés très-rappro- H chés, des viandes succulentes, etc. La promenade, leH grand air, des exercices variés, dans la maison, le ■ calme du moral et de douces distractions font pliul que tous les secrets les plus vantés. Cependant, nouiH donnerons la formule suivante comme éprouvée eo| pareille circonslatice. 1

POUDHE rODR AOGIIEMTEII LE UIT DES NODRIIICES.

Semences de fenouil 1 gr. i

Écorces d'ornngc 1 ^Ê

|]arkinate de magnésie 8 ^Ê

Sucre 2 fl

Pulvérisez le tout en poudre fine. — A prendre en

trois doses, dans du bouillon, du lait ou du chocolat.

SECTION III

COBPOSinOH DU LAIT.

l,e lait est un li(\aide blauc, d'une saveur agn

ble et d'une ieniitc pea HipéaeBr à «dk et r« Le laii se a

i* LefaUfmiMl

ST Le off«te««a

3* Le «irai M

Kurs sels en Examiné an ies nageanl da 1 enveloppe est de leur intérieur U L'analyse do lait de Régoault, doûw les

Caséum et icU ianUlo. ijf

Beurre . . SJI

Sacre de lait cl lek mIiIIe>. 4.«

IM

Le lait contient dose toales les natières fropit» k no aliment complet : matières grasses, maliétes sa* crées, sel et eau. Le froaage repaésetc l'alioieut té ; le beurre ei le swre rdéoeat cartom^.

/>M /nifd^ femme avec eelmi de qnelfvn animaux domestique*.

Femme Tache Cbèm Satttt

^Eau 89,« 87.4 82.0 90,5

* Caséum, elc. . . 3.9 5.6 ».0 1,7

Beurre 2.6 4,0 4.5 1,4

Sucredelait, etc. . 4,9 5,0 4,5 6,4

Le lail peut oiïrir des variations dans les cliilTrcs do «es {larlies constituâmes et qui dc|)cudciil luiijuursdc

la composition des aliments digérés. Ainsi, une nonrrilure végétale augmente VéUmenlhydro-carboné; une nourriture animale fait prcilominer l'élémenl atoti, dn voil quelquefois dos nourrices bien porlantes, iiyant Iicaucoup de lait et donl les nourrissons dëpérissenl; cela tient, le plus souvent, à l'augmentation de la [lartie bulyreuse du lait et à la diminution de la matière sucrée. Le meilleur moyen de rétablir l'équilibre est un régime composé d'aliments riches en matière sacrée.

SECTION IV

n£ciVE ALIUENTAIRE OU DqDVEAn-Iië.

Le lait maternel est la meilleure nourrittire qu'on puisse donner k l'enfant, puisque c'est sa nourriture naturelle. Quelques heures après avoir reçu le jour, l'enfauL annonce par ses cris qu'il a besoin de teter; sa mère doit lui présenter le sein, afin que l'enfant puisse en tirer le coloslrum ou premier lait, qui, étao légèrement purgatif, détache, ainsi que nous l'avoa déjk dit, le meconium ou euduit glutineux dont les io teslins du nouveau-né sont engoués. Pendant les pn niiers jours, renfaut telle peu et souvent. Au bouldij huit à dix jours, le lait devient plus épais cl plus n| tritif; alors l'enfant tette moins souvent, mais cepea dant a.sscz pour ne point laisser de repos à sa uièr Celle-ci devra donc, dès les premiers mois, habitua son nourrisson îi des jirises de sein réglées; aveci peu de persévérante tl î.w\% vi\\«fe ^j-Va sauté, de l'en

ot, oopeul lui donner riiabitiide de ne demander sein que lorsqu'il en sent le besoin ; car, il ne faut pas s'y méprendre, l'enfanl, aussi jeune qu'il soit> cherche à oblenir, par ses cris, ce qu'on croit pouvoir lui refuser, el, si la mère cède à ses petits caprices, Ile subira, plus tard, la despotique exigence de son nourrisson.

La quanlitë de lait h donner au nouvenu-niî est à considérer, de même que la qualité, immédiatement après sa naissance, on lui ingurgite un peu d'eau sucrée, pour lui faire rendre des glaires ; ce n'est qu'après cinq ou six heures qu'on doit lui ofliir le sein. C'est ordinairement de deux heures en deux heures qu'on lui donne à teler pendant le jour, et deux ou trois fois seulement pendant la nuit. On a évalué h 45 grammes la quantité de lait absorbé par l'enfant, chaque fois qu'il telle. Un enfant de trois mois, en absorbe jusqu'il 750 grammes par vingt-quatre heures.

Pendant toute la durée de la période d'allaitement, le lait doit être la .seule nourriture de l'enfant. Les bouillies de fanne et de latl de vache, dont la vieille routine impose l'usage, sous le vain prétexte que le lait de la mère est insul'tisant, rendent les enfants voraces, surchargent leur estomac, hallonneut leur ventre cl occasionnent des indigestions. Si Ton continue à empâter le canal digestif de bouillies, des inflammations d'intestins se déclarent et le nourrisson maigrit, au lieu de profiter. Beaucoup d'enfants succombent sous l'influence de cette nourriture, et ceux c^ui en

réchappent n'offrent que trop souvent des signes Je rachitisme. Tous les médecins sont d'avis que la bouillit! doit être rejelée, et qu'on doit la remplacer J par une panade faite avec des biscotes ou des croule»! de pain, ou encore de !a mie de pain durcie et réduiiel en poudre, dans le cas, bien entendu, où le lait de la nourrice ne peut plus suflire ci l'appélit de l'eafaoL D'ailleurs, une mère éclairée, raisonnable, doit savoir* que, tant que son enfant se porte bien avec le lait in sein, il est non-seulement inutile, niais dangcreui, de lui donner une alimentation plus substantielle.

SECTION V DES DIVERS HODES d'aLUITEISEKT.

Allaitement par une nourrice. — Le lait d'une nourrice est généralement moins approprié aoi organes de l'enfant que celui de sa ntère, puisque ce lait n'a pas été sécrété pour lui. Nous verrons tout à l'heure combien est difliciie le choix d'une boDue nourrice.

Allaltcmeut par nn animal» — 11 arrive quel- .juefois que le défaut de nourrice oblige d'avoir retours à une chèvre, comme l'animal qui convient le jiieux à ce genre d'allaitement. On a vu des chèvres, surtout les blanches, s'attacher singulièrement au jeune eafanl , accovvtVï a se?» tm «tV'ijVis.eï elles-mêmes

leurs telines dans la bouche de l'enfant couché dans son berceau.

W Allaitement arddclei. — Cc genre d'allaile* ment consiste à nourrir renTanl avec du lait de vache, nouvellement trait et coupé de moitié d'eau d'orge ou de gruau. On sucre légèrement celte boisson, qu'on fait prendre il l'enfant au moyen d'un biberon. Le lait doit toujours être tiède; il ne faut point e faire bouillir, parce que le laitbouiili est indigcsie. On cesse de couper le lait avec de l'eau quand l'estomac de l'enfant peut le digérer pur. Enfin, lorsque l'époque du sevrage approche, on le met au régime des panades, comme il vient d'être dit plus haut.

Choix d'nne nourrice. — Le choix d'une bonne nourrice est de la plus haute importance, puisque la santé et la belle venue de l'enfant en dépendent. Ce choix e\ige des ijualités physiques et momies qu'on ne rencoiilre pas toujours réunies ; on ne peut réellement se prononcer sur la bonté d'une nourrice qu'après l'avoir éprouvée, et constaté les bons effelsde son lait sur la santé du nouirisson. Il est prudent de faire visiter par un médecin la nourrice qu'on veut prendre; une nourrice qui serait affligée d'une maladie de peau, d'un vice de constitution ou d'une infection générale, transmettrail infailliblement sa maladie h son nourrisson. Quelques médecins ont même prétendu que certains défauts de caraclère se suçaient avec le lait. Voiii, en résumé, les qualités et conditions que doit posséder une bonne nourrice *.

Il est toujours préférable qu'elle soit récemment accoucliée, parce qu'il y a inconvénient à donner au nouveau-né un lait trop ancien. On devra la choisir! plutôt brune que blonde et jamais rousse; la peau de] ces dernières cxbale quelquefois une odeur assez forie] qui repousse l'enfant.

Ape, de vingt-quatre h trente ans; — tem[.»cramenl sanguin ou lymplialico-sanguin; — peau douce, unie, exemple de boulons, de rougeurs et d'exhalalious fortes; — dents blanches, baleine pure, lèvres roses; '

— visage frais; — poitrine large; mamelles bien développées, sans élre trop grosses, et parsemées de petites veinules bleuâtres; mametoa de moyenne grosseur : les nourrices à gros mamelon seront i-cielées; J

— le lait doit être blanc azuré, doux, de bonnV con-" sistance: «ne goutte mise sur l'ongle doit couler lentement et laisser une trace onctueuse, blancliûtrC; -^^^ embonpoint médiocre; — bunieur enjouée, caractèrt! i aifeclueux, beaucoup d'attachement pour le nourrisson; — ordre, propreté, activité, bonne conduite. Telles sont les qualités qu'on doit exiger.

Enlin, le meilleur moyen de reconnaître les bonnes qualités physiques d'une nourrice, c'iest de voir si toi propre enfant est frais et bien portant, et si cclrâ qu'on lui donne prend son sein avec plaisir. Danslé cas où le nouveau nourrisson prend le sein et le quille éfn poussant des cris, cherche 'a le reprendre encore cl de nouveau l'abandonne, c'est le signe certain qnê' ce lait ne lui convient pas; il faut prendre une autre nourrice.

NOURRICES A LA CAUPACnS.

^orsqu'oD met renfant en nourrice k ia campagne, il faut choisir parmi les femmes qui jouissent d'une certaine aisance, qui liabilenl une contrée salubre, une maison où règne la profirelé et dont le mari soit exem|it du vice d'iiilempérance. Pendant tout Je temps que la femme allaite, elle ne doit avoir aucun contact sexuel avec son mari.

Les soins que réclament les enfants en nourrice, hors du toit paternel, sont très-importants pour leur belle venue; c'est pourquoi les parents devront leur faire de fréquentes visites , et s'assurer, par euxmêmes, s'il ne leur manque rien, s'ils sont tenus [iropremeut. Pour avoir la certitude qu'on ne les trompe point, les parents devront, de temps eu temps, arriver à limprovisle chez la nourrice, et visiter l'enfant dans l'état où il se trouve, c'est-à-dire avant que la nourrice ait été prévenue de leur arrivée.

Le choix, et la surveillance des nourrices sont plus dilïiciles qu'on ne le croit généralement; les médecins sont eux-mêmes (rompes par la dissimulation et les artifices qu'emploient beaucoup de femmes malheureuses, pour se faire accepter comiiie nourrices. On en trouve qui mentent sur leur l'ijje et l'époque de leur accouchement; d'autres vous montrent de beaux enfants qu'elles n'ont pas nourris; quelques-unes fonl jciincr leur nourrisson pour présenter un sein engorgé de lait, et qui ne Test que mouientanémeni. Le défaut

de moralilé est encore plus dinicile à découvrir, si m De Icâ soiimel pas à une minulieusc investigatioQ.il

f n'est pas rare de rencontrer des femmes ivrognes, tiiéi- liantes, emportées, vindicatives, qui cachent leurs iléfauls sous un masque hypocrite. L'antiquité cou-

Inaissail fort bien les malhenrs attachés k une manvaise nourrice; Diodorc raconte que l'infâme Néron avait sucé le lait d'une nourrice ivrogne; d'où lui était venu le sobriquet Biberius Nero. On a dit que la nourrice de l'exécraLle Caracalla avait l'iiabilude d'humecter son mamelon avec du sang, pour que sou nourrisson aimâl mieux le prendre.

Les nourrices mercenaires existent en France depuis l'i84; elles élaieut soumises 'a une police |iarticulière, sons l'inspection de quatre recommnnderessts. Ce fut à M. de Sarlinc qu'on dut, en 1770, la créalioo du premier Bureau do nourrices h. Paris. Aujourd'hui ces bureaux sont Irès-muUipliés et soumis 'a une stricte surveillance.

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