‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 7 sur 68 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Formes.

Comme je l'ai fait pressentir, il est plusieurs formes de masturbation chez la femme. Je vais rapidement les passer en revue, en en faisant la classification.

On peut tout d'abord établir la grande division suivante, d'après la configuration anatomique des organes génitaux : A, masturbation vaginale; B, masturbation clitoridienne ; C, masturbation uréthrale,

A. — Masturbation vaginale.

Rarement étrangère et en commun, presque toujours personnelle et solitaire, elle est moins fréquente que la seconde. Elle consiste en manœuvres faites à l'aide de chandelles, de bougies stéariques, de morceaux de bois, de phallus, de légumes divers et surtout, chez les couturières, d'étuis à aiguilles.

Plus d'un chirurgien, dans sa pratique, a rencon-

DE l'oNAMSME chez LA FE^rME

ti

des jeunes femmes qui, en se masturbant à l'aide d'un des objets dont je viens de parler, eurent la mauvaise fortune de voir cet instrument leur échapper et pénétrer dans le vagin, sans qu'elles pussent le retirer elles-mêmes, à leur grande honte. On trouve, en effet, dans la science, nombre d'ol servations de ce genre, ainsi que des révélations d'abandon dans les organes urinaires de divers corpsj étrangers.

Peu répandue chez les enfants, la masturbation vaginale est plus spéciale aux jeunes lilles et auxj adultes, mariées, veuves ou célibataires, il (aut, eaj effet, pour en arriver à ce mode, que la manuélisa-j trice soit blasée sur les autres genres d'attouchements. C'est du raffinement erotique qui trouve sa| ison d'être dans une connaissance plus complète les plaisirs génitaux, puis(|ue c'est la simulation ssière du coït. Il semble avec justesse que c'est vice dont la cause siège plutôt dans l'esprit que ns le corps, et qu'il est nécessaire — pour qu'il sle — que l'âge ait déjà souillé davantage l'imaalion de celles qui s'adonnent à ces manœuvres.

Sch\vartz(l) rapporte le cas suivant :

« Une marchande de..., âgée de vingt-cinq à "yi vingt-six ans^ d'un tempérament vigoureux, se pollua pendant que son mari était de garde.

Il) TliùM dtéc, p. 27.

DE T.'ONAKTSME CHEZ lA FEMME

» L'instrument dont elle se servit se rompit, » eiïorts qu'elle lit pour le retirer furent inutiles" T> bientôt la chaleur et l'iuimidilé du vapin firei B dissoudre les ingrédients dont il était compos » L'engorgement du vagin et des grandes lèvre » les douleurs de la matrice, l'ardeur d'urine et » lénesme ne tardèrent pas à se manifestefl 5 L'anxiété, la crainte et la honte au retour » mari, ne firent qu'aggraver les souffrances de » malade, au point qu'elle se décida à faire chei » cher M"if H..., sage femme. Celle-ci, embarrasse )) au premier moment, voulut d'abord m'appelj » pour lui donner mes conseils; mais elle conçi » ensuite l'idée de prendre une aiffuille à tricoté î qu'elle plia à l'une de ses extrémités en forme » crochet, et elle parvint, avec bien de la peine,] » retirer par morceaux le corps étranger. Oiielqui » injections émollientes et résolutives, des lavj » menls et un régime antiphlogisliquc c-almère j les accidents. La jeune femme promit de ne poi^ » récidiver. »

Ktanl interne à l'Ilùtel-Dieu de Lille, en ISG^ j'ai vu une femme d'environ quarante ans, deraa der son entrée dans cet établissement. Elle pouva à peine s'exprimer, et sa ligure, en même tem| que la souifrance, dénotait une imbécillité presqi complète. Je la fis placer dans une des salles mon service, où elle mourut deux ou trois joi

DE L ONANISME CHEZ LA FEMME

près. Elle m'avait avoué, après bien des détours, que, depuis fort longtemps, elle s*adonn''dit à la aslurbalion vaginale. A Faulopsie, je trouvai une perloration du vagin, cause directe de la périlonite aigui' qui avait emporté la malade, perforation produite, sans nul doute par l'instrument dont se servait cette femme pour assouvir sa malheureuse passion.

Une femme vint consulter Dupuylrcn, — relate Deslandes, qui a puisé l'observation dans les Addi- lions à la Médecine opératoire de Sabatier, t. I) p. yO, — pour une incommodité qu'elle disait rea sentir dans le conduit vulvo-utérin. Le toucher (It^ aisément reconnaître qu'il y avait dans celle partie n corps étranger dont on ne put d'abord déterminer la nature, la malade s'obstinait à ne lournir lucun renseignement à ce sujet. Cependant, à lorce d'exploration, on parvint à reconnaître que e corps présentait une large ouverture et une vite profonde. Les parois luméiîées du vagin, reouvrant les bords de l'espèce de vase qu'il recelait, empêchaient de pénétrer jusqu'à lui et opposèrent une assez grande l'ésistance à ce qu'on pûl le saiir, le dégager et l'extraire après l'avoir culbuté ans la cavité vaginale ; eniin, on réussit et on put connaître l'objet mystérieux de tant d'elForts : c'était... quoi'.'... un pot à pommade (jui avait été inti'oduit par son fond, et au sujet duquel la malade

DE L ONANISME CHEZ LA FEMME

balbutia plusieurs (ables qui ne pouvaient avoir auj cun crédit.

Ce ne sont pas là des faits isolés : une femme de la campagne, des environs de Vicby, m'a conté que, dans son pays, plus d'une fois elle avait en-, tendu dire et vu clie-niême que les villageoises servaient, pour assouvir leurs désirs, de raves, dï carottes et de poireaux. 0 mœurs pures de champs !

A côté de celle forme nous placerons deux varié tés particulièrement raffinées et que l'on pourraifj nommer : la première, Maslurbation vagino-utérine^ la seconde Masturbalion utérine.

Masiurlialion ftigino-ulérine. — Celle manœuvre — heureusement inconnue cbez nous, je pense, — 3 dénote une habileté consommée dans l'art d'inven-* ter des plaisirs nouveaux, habileté inhérente à l'oisiveté dans laquelle croupissent les femmes d'ui certain rang au Japon et en Chine et les Odalisque qui peuplent les harems de l'Inde.

Ces grandes ennuyées, ces assoiffées d'amour^ dont le sens génésique, toujours et naturellement en éveil sous ces latitudes chaudes, est cncorfl excité par le défaut de travail, une nourriture aboo4 dante et aphrodisiaque, la vie énervante et clausj tréc du gynécée oriental : ces chercheuses n'ont qu'un but dans l'existence : jouir, délaissan|| les moyens vulgaires dont elles sont blasées, onl

DE L ONANISME CHEZ Li f-EMME

trouvé une étrange façon d'engendrer une volupté

Mjue leur marchande trop souvent — et pour cause

I — un maître rassasié, qui n'est pas un Alcidc, et

'qui n'a parfois de viril que l'aspeit et non point la

puissance.

I Elles font naître clien elles le spasme vénérien

[en déterminant un ébranlement lent et continu du

' système nerveux génital à l'aide d'un instrument

spécial. Il est composé de deux sphères métalliques

I — ordinairement en laiton doré — excessivement

lioinces, de grosseur exactement semblable et dont

[le volume peut être moins^ mais est rarement plus

I considérable qu'un gros œuf de pigeon.

f L'une de ces sphères, nommée le mâle, emboîte

une boule de métal pleine, c'est-à-dire massive,

qui, de quelques millimètres moins grosse, peut

rouler à l'aise dans sa cavité ; l'autre sphère est

tout à fait vide.

Si l'on place ces deux boules juxtaposées dans la

1 main, on ressent aussitôt une sorte d'ébranlement ;

on éprouve une sensation de frémissement d'une

durée longue et qu'entretient la plus légère contrac-

[tion musculaire, le mouvement le plus minime.

La sphère vide est introduite dans le vagin jusqu'au col utérin ; l'autre — le mâle — est mise à la suite de la première de façon à la toucher.

Le moindre mouvement des cuisses ou du bassin déplace et fait rouler le contenu solide dans la

ME I. ONANISME CHEZ I.A FEMME

sphère qui l'cnglolie ; rébranleinent qui en résuUeJ amplifié par la sphère creuse qui vibre à l' unisson,! se communique au système nerveux du va<ïin et de] l'ulérus : rèréthismc vénérien commence. Toute] mise en jeu de l'appareil devient inutile alors ; les] contraclions libriliaires du conduit vulvo-utériaj suffisent à entretenir le frémissement lent, continu,] uniforme, qui amène bientôt la femme au .sh/iîwioh] de Texcilation et lui procure un spasme d'une inten-J site délirante.

Quelques-unes de ces maslurbatrices ne s'arrêtent pas là ; cnli'aînccs par leurs désirs morbides, elles dépassent colle limite extrême et poussent la folie jusqu'à attendre l'éclosion, rapide d'ailleurs, d'accès hystériques, épilepliformes «m télaniformes, durant lesquels elles demandent instamment qu'on débar-J l'assc leurs ortianes de l'instrument qui au plaisir a| fait succéder la souffrance.

Maslurliaiiou iilérine. — Le mode précédeni d'onanisme est inconnu chez nous, disais-je ; toute-fois il faut avouer que, dans nos pays, il existe des! femmes dont la dépravation peut être comparée celles des Japonaises, des Chinoises et des Indoues.l Quelques manuélisatrices invétérées, ne ressentant plus aucune jouissance soit par des manoeuvres vaginales, soit par des attouchements clitoridiens, on^ eu, la lubricité aidant, la pensée de titiller à l'aidfi de corps étrangers la muqueuse de la cavité utérine

DE l'onanisme chez la femme

ïle-mèine. Nous aurons l'occasion dans le cours ce travail de citer plus d'une observation de ce Enre.

B. — Mastnrbntion i-litoriilienne.

Plus fréquente que la précéflenle, je la subdivise

1c personnelle, 2" étrangère.

1» Maatuiiiatioii rUtorûlionte personnelle. — Laj lanuélisalion individuel^' et solitaire est, de toutesj es formes, la plus commune : on la rencontre aussi ^ien chez les femmes que (-hez les jeunes filles et s enfants.

Elle consiste en chalouillements, tilillalions ou rolteraents plus ou moins rapides, sur le dos du gland clitoridien ou sur le prépuce de cet orp:ane Jreclile, imprimés, à l'aide du doigt ou d'un instrulent quelconque et excessivement variable, jusqu'à l^roduction du spasme vohqitueux.

11 est des cas où des mouvements particuliers et, pour ainsi dire, calculés d'avance remplacent, dans même but, la main ou tout autre objet. C'est ainsi que la mise en jeu de la macbine à jcoudre, en s'asseyant d'une certaine faron, que le rottement des cuisses l'une sur l'autre, ou des paries génitales sur le coin d'un meuble, le bras d'un luteuil, le bord d'un matelas ou d'un oreiller, que ^iverses contorsions du tronc, enfin, suffisent à ielques personnes.

POL-iLLET, Onanisme, 7* édit. 3

DE L ONANISME CHEZ LA FEMME

Voici deux observations empruntées par le Journal des sages-femmes (1) à la Revue sdenlifique publiées quelques temps après l'apparition promit (le notre travail dans la Tribune médictde.

n Les faits de celte sorte — dit l'auteur, en pa lant de la masturbation chez les enfants en hi Age — ne sont pas, je le sais, absolument nou" veaux, car on a, depuis longtemps, signalé rbat lude de l'onanisme chez les très jeunes enfant mais la chose parait en soi si extraordinaire, raison précisément de ces conditions exceptionnels de l'ilge du sujet, que l'on ne saurait trop, mon avis, multiplier les témoit;nages propres établir la parfaite authenticité du fait et à bien d^ terminer les circonstances, daos le but d'y port remède.

ï II s'agit, en effet, non seulement d'une quï tion de moralité privée et quelquefois publiqu| mais encore d'une question qui touche aux int rets les plus immédiats et en quelque sorte les pl( vitaux de la société, puisqu'il y a dans cette funes^ habitude une cause prématurée et radicale de me talité des nourrissons ; mais j'ai hâte d'arriver aï faits.

» En novembre 187.'1, un de nos distingués cofl frères d'Epernay, M. le docteur Palle, m'adressa

(1) N» 10, 16 mars 1876,

^^^■^ DE l'onanisme chez LA FEMME Sf)

I une petite GUe de 17 mois qui avait contracté depuis

lon^'teinps des habitudes d'onanisme. Non seulement

^■elle se livrait à ces manœuvres vicieuses avec ses

^Tnains, mais se servait aussi de ses cuisses et de ses

^iambes pour exécuter des mouvements de Irotte-

^^ent destinés à provoquer peu à peu le spasme

vénérien ; elle ne réussissait que trop souvent, car

cette funeste habitude avait déjà amené dans la

Rinté générale de i'enlant et dans son habitus extéieur des modilications profondes et non sans graité : irritabiUté extrême du système nerveux, perte e l'appétit, amaigrissement excessif, faciès caractéristique par la pâleur anémique, le cerclage noirâtre ^des yeux et leur enfoncement dans leurs cavités orbî- ^feires, tels étaient les phénomènes essentiels et en f relief présentés par celte enfant

» Six mois après enviroUj c'est-à-dire en juillet

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