C. — Ma.«turbntion uréthrale
Toute la vulve est douée d'une exquise sensibilité, iiais celte sensibilité est plus grande en certains points vulvaires et nous dirons même un BU diflerentc. C'est cette diversité qui explique Ta non-uniformité des pratiques masturbatrices. Telle femme, en elfel, qui n'éprouve que de l'énervement et des accès hystériques de pleurs ou de
DE L 0?IAMSlfE CHEZ Li rEVME
rire par des manoravres diloridieiuies, res$«nl. contraire, le spasme croUqoe avec intensité par des titillations exercées à l'entrée da ^'agin, au niveau par conséquent des glandes de Barlholin, et vâig versa.
Ceci peut à la rijrueur nous rendre compte certains actes onaniques que l'on considérera sans cela comme de véritables aberrations. Ca nous devons le signaler avant de parler des niod^ accessoires ou extra-génitaux de pollution, le clitorii le vagin et l'utérus ne sont pas les seules parties nilales que les femmes soumettent, dans un but volupté, ù des frottements et à des lilillalions. méat urinairc, avec son bourrelet érectilc et U deux glandules dont on voit les orifices à droite etj gauche, h l'entrée du canal urélliral lui-même, soi pour rerlaines manuélisalrices des organes ^de la v(i liiplé, «li's foyers par excellence et presque exclusil do plaisir erotique.
Est-ce à la présence des orifices des glandules i niveau du méat uriiiaire qu'il faut attribuer la sens bililé spéciale localisée en cet endroit, comme o2 l'ixiil devuii' rapporter une sensibilité analogue l'enlivi» <lii vagin à l'existence des canaux excréteud dos glandes vulvo-vaginales? Est-ce à Férectililé dj tissu (pii conslilue l'iirètlirc et son extrémité vul vaire ? C.i's deux causes concourent évidemment ai méuie but et lont, selon nous, du méat uriaaire et dl
DE l'onanisme citez LA FEMME
■les
commencement de l'uréllire un centre de sensation voluptueuse que certaines femmes, plus nombreuses qu'on ne le pense, dêveloppcnl abusivement juir des alloucliemenls répétés.
Quelques-unes vont plus loin. Dans l'espoir d'une jouissance nouvelle et plus aiguë, elles se titillent les profondeurs de l'urèthre avec les corps les plus disparates, sans songer un seul instant qu'aux suites ;çraves de l'onanisme elles ajoutent un danger imminent, je veux dire l'abandon dans les voies urinaires de l'instrument dont elles se servent. Nous citerons, dans une autre chapitre, bien des cas qui prouvent que la masturbation uréthrale n'est pas une forme onanique exceptionnellement pratiquée.
Pratiques accessoires. — Ces modes différents et principaux de pollution féminine s'accompagnent souvent de manœuvres accessoires du côté des nymphes, telles que tiraillements, frottement, lèchements, torsions, etc., d'oii résultent des allongements, des flétrissures, des hypertrophies des petites lèvres, lesquelles, chez beaucoup de rnasturbatrices, dépassent grandes, se décolorent, se cutanisent et nuisent par leur aspect disgracieux à l'harmonie des formes énilales, tout en étant l'origine de diverses incorninodités (1).
11 nous faut noter, en terminant ce chapitre, que
^^ Il n
t^M (1) Mimniu. — Leçons sur les tléfomuiUong vulvaires et f anales. l'ari*. 1885.
DE l'onanisme Chez la kkmsie
preliminairement ou simullancmenl à la masturbation génitale, quelques blasées n'hésitent point, dans leur ingéniosité morbide, à recourir à des pratiques vraiment ctianjies; nous voulons parler de la souillure mammaire et anale.
On sait l'intime connexion qui relie les seins aux organes de la <;énération, connexion telle que l'érection d'une de ces parties est généralement suivie de l'orgasme de l'autre. Eh bien, certaines femmes, connaissant cette corrélation, ne craignent point de la faire servir à l'assouvissement de leurs monstrueuses envies el offrent sans vergogne à des baisers linguaux et à des manipulations étrangères, ou se contentent de chatouiller elles-mêmes l'extrémilé érectile du sein, le mamelon, ce troisième foyer d'innervation sexuelle, selon Cli. Mauriac.
(t Infiniment moins actif que les deux autres, — dit cet auteur, — il possède ou acquiert, dans des cas très exceptionnels, une telle faculté d'éréthisme voluptueux que sa titillation unie ou bi-latérale peut provoquer, dans toute leur plénitude et leur intensité, les sensations du spasme génital, avec l'émission du liquide vulvaire qui l'accompagne. Pour être rare, le fait n'en est pas moins authentique. On a vu quelques femmes, d'une ardeur extraordinaire, se masturber de cette fa(;on, sans négliger pour cela les autres moyens naturels ou artificiels de paroxysme vénérien.
« Aussi faut-il ajouter l'onanisme mammaire à l'onanisme vag;inal et à l'onanisme clitoritlien. Le dernier est plus fréquent que le second el surtout que le premier. Du reste, ils ne sont point incompatibles, et, loin de se contrarier, ils se succèdent ou se combinent suivant les préférences, les besoins ou les aspirations du moment (I). »
Torturées par des désirs dont la source vient moins d'un besoin physique que d'une aberration mentale consécutive à une habitude invétérée de jouissance *;énésique, de mallieureuses délirantes vont plus loin, et pour solliciter ou aviver un éréthismc trop lent à venir, mais nécessaire à la consommation de l'acte erotique, se livrent à des attouchements anaux, à une véritable pollution rectale. Pour se faire, elles utilisent les doigts, voire même des corps étrangers qui, parfois s'é-
ichappant de leur main, nécessitent, pour leur extraction, l'inter^'cntion chirurgicale. Témoin l'histoire de cette lille célibataire qui fut forcée de
, recourir aux pinces de Saucerolte pour se faire
[retirer du rectum une fiole d'eau de mélisse des Carmes, de cinq pouces de longueur sur un de
; diamètre.
(1) Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique, t. XXIV, p. 500-501. Paris, J-P. Bomiéro et lUs, 1877.
CilAI'lTRE III
Causes
Avant de faire le dénombrement méthodique de causes, fort variées dans leur nature et très nom^ treuses, de la manuélisation, je crois bon de rêler un instant pour faire une pelile digressioaj anatomo-physiologique qui ne sera pcul-èlre poit inutile dans l'exposé qui va suivre.
Les nerfs qui animent les organes sexuels de Isj femme viennent de deux sources : ceux du vagin proviennent des plexus liypogaslriques ; ceux di clitoris dépendent des plexus sacrés. Les nerfi ischio-clitoridiens, branches du tronc lionleux inJ terne, rampent sur la surface dorsale du cliLoris, efl après avoir envoyé de nombreux filets dans le corp caverneux, se perdent dans les replis que for ment supérieurement les nymphes pour entour le cHloris à la façon d'un prépuce. C'est particulièrement dans ce prépuce, où se fait l'épanouissement des filets terminaux des nerfs ischio-clito-
DE L ONANISME CHEZ L,V FEMME
!ns, que M. le professeur Sappey place le siège de la sensibilité vénérienne.
Il est établi en physiologie que la sensation voluptueuse, normale chez la Icmme, n'est produite le plus généralement que par les mouvements continus de titillation ou de frottement imprimés ^par le pénis au clitoris qui vient, à la suite de son r érection, se mettre en conUict avec le membre viril. L'imagination est une aide puissante ; mais, seule, elle peut tout au plus, durant la veille, déterminer la congestion physiolos,'ique dont la conséquence sera l'érélhisme génital.
On admet aussi que, presque toujours, l'homme
srmine plus rapidement l'acte copulateur que la
Smcne, être en ces circonstances, pour ainsi dire^
issif. Il en résulte donc, souvent, que la femme
5t seulement excitée jilus ou moins par l'imagi"
nation, le désir, l'espoir de la volupté et le contact
intime de l'homme, quand l'éjaculation, chez ce
dernier, vient mettre brusquement lin au congrès
U^exuel.
^H Cette lenteur relative dans la production du ^Bpasme vénérien semble avoir été méconnue ou f Tuai interprétée par certains auteurs, qui n'hésitent pas à affirmer que la femme est moins que I homme portée au plaisir de l'amour (1) ; (1)V
(1) Voy. Londe, Hygiène dt l'encéjihale, t. I. cli. § 6.
DE l/OÎ(AÎJISME CHEZ IX FEMME
ce qui est encore bien loin d'être démontré.
Ksl-il, en effet, besoin de noter, contrairement
à l'opinion de Londe, la salacilé féminine des paj
chauds, connue de toute antiquité :
v1-;ii;j-])liii(;iis fd'ininas Venons iii laiiliim XaniBUcas esse, ; Beruilutus, uL cum hircis rem babeant 1
Faut-il retracer les noms, fameux dans les nales de la débauche, de la reine d'Assyrie, Sem\ rainis, de la fille d'Auguste, Julie, de l'épouse Claude, Mcssaline, de la mère de Néron, A(ji-ip pine, de !a Icinme de Marc-Aurèle, Faustiiie, d'EuséOic, lu compagne légitime de Constantin?
Améric Vespuce, en parlant des habitantes Nouveau-Monde, n'a-l-il pas écrit :
Ail fiiiniiïdiim iiovî orbis orani jiij|nilit, ubi nniTif^rfs bbirlii atleô ernrit doviiiclae, ut, hacchantum more, in naiitas furerintj
Le D"" Guilleineîiu, dans sa Pohjfjénésie, ne noi) apprend-il pas qu'à Pakiiii, dans la Péninsule ii Malacca, les hommes sont obligés de se mettre dq ceintures pour se défendre des entreprises dui féminin ?
Voilà pour les contrées à température élevée j sous les latitudes tempérées et froides, la fille d« Régent, ditchesse de Bernj; ÉUsabelli Petrowtun Russie et la femme de Pierre III, Catherine II, qo comptait jusqu'à douze amants à la fois, n'ont?
^H DE l'onanisme CUEZ LA FEMME 51
Hrs pas égalé et surpassé en érolisme les hommes les plus lubriques ?
■jLa suite montrera que ces données peuvent fflaer ;'i déterminer des causes peu connues de lanuèlisation.
jCs causes d'onanisme sont de cinq ordres :
CAUSES PHYSIliUES. — l). CAUSES SOCIALES. G. CVUSES INTELLECTUELLES ET MOUALES. — CAUSES MIXTES. — E. CAUSES RELIGIEUSES
A. — Causes iili) -^iqucs
le les divise en : 1° Particulières ; — 2° Morbi- > ; — â" Mécaniques.
° Causes pfiijsiqîie^s ]Hi)iiculières. — On peut orc les appeler prédisposantes naturelles ; ce sont les tempéraments et les idiosyncrasies. Il est certain que les femmes à tempérament biliososanguin, billoso-nerveux ou nervoso-sanguin, à prédominance ou idiosyncrasie génitale sont, toutes choses égales d'ailleurs, plus portées à la manuélisation que les autres ; bien que l'on dise que les femmes frêles et lymphatiques sont plus lascives. Ce qui n'est qu'un préjugé.
III est certain aussi que tes climats secs et chauds Misposent davantage à l'onanisme que les cli- Is froids et humides.